Assassinat de Lorène

L'assassinat de Lorène, est la mort de celle ci, alors âgée de quinze ans, poignardée par un de ses camarades , en salle de classe au Lycée Notre-Dame-de-Toutes-Aides, le à Nantes (Loire-Atlantique, 44). D'une violence inouïe, ce crime provoque un émoi national.

Assassinat de Lorène
Pays Drapeau de la France France
Ville Nantes
Date
Nombre de victimes 1 (Lorène)

Ce drame met en lumière une certaine violence qui peut également toucher les élèves, lors d'une période où certains enseignants sont violentés, et pour certains, tués.

Profil de Lorène

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Âgée de quinze ans au moment du drame, Lorène est scolarisée au Lycée Notre-Dame-de-Toutes-Aides, situé à Nantes. Elle est en seconde. Qualifiée de « timide, réservée et souriante » par ses camarades, elle ne se fait pas remarquer. Elle fête ses quinze ans un mois avant sa mort.

Profil de l'assaillant

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Âgé de seize ans, et scolarisé en seconde, Justin est plutôt isolé : fragile, considéré comme mal dans sa peau, il est assez introverti et communique très peu. Il est domicilié dans un appartement de Sainte-Luce-sur-Loire, chez sa mère, et possède deux téléphones portables. De parents divorcés et d'origine Turque, il a eu une adolescence difficile. Sur l'initiative de sa mère, il fréquente à six reprises, la Maison des adolescents de Nantes.

Selon le Procureur de la République de Nantes, celui ci est extrêmement solitaire, et est sujet à « clairement une certaine fascination pour Hitler »[1]. Mal dans sa peau, il laisse apparaitre une fascination pour l'idéologie nazie, qui lui vaut une convocation auprès du sous directeur de l'établissement, en présence de sa mère, la veille des vacances de Pâques.

Lycée Notre-Dame-de-Toutes-Aides

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L'établissement est un lycée privé situé dans un quartier calme de l'est nantais. Il accueille entre un et deux milliers d'élèves, de la sixième à la terminale selon certaines sources, et accueillant des élèves dès la maternelle selon d'autres sources. Réputé calme, c'est l'un des plus gros établissements catholiques du département. Chaque classe, se voit attribuer une salle qui lui est propre.

Manifeste transmis à ses camarades

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Vers midi quinze, l'assaillant transmet juste avant son méfait, un courriel, avec en objet « 21 », et comportant en pièce jointe un long manifeste de treize pages, transmis à tous les élèves, par courriel, le document s'intitulant « L'action immunitaire ».

« l'adolescent [l'assaillant] avait envoyé par e-mail à son établissement scolaire une sorte de « manifeste » d’écologie radicale, dans lequel n’apparaissait aucune référence au nazisme ni à l’ultradroite. Ce document évoquait « la mondialisation [qui] a transformé notre système en une machine à décomposer l’humain », et revendiquait une « révolte biologique » afin que « l’équilibre naturel, même cruel », reprenne « sa place » contre « l’écocide globalisé » »[2], selon Le Monde.

Le document est « flanqué d’une rune en forme de la lettre Y renversée, couleur sapin - un symbole associé à l’ultradroite », selon Le Figaro.

Ce manifeste, visiblement envoyé via l'ENT à l'ensemble des lycéens, qui le qualifient de « "Un document de 13 pages assez incompréhensible. Il part de mondialisation, d'agression, dans la mondialisation." Ce document, "une sorte de dissertation" » auprès des journalistes d'ici Loire Océan[3].

Le Figaro relate que « Disséqué par les enquêteurs, son manifeste de 13 pages évoque un « écocide globalisé » et brasse, pêle-mêle, des thèmes altermondialistes, technophobes ou encore écologistes, entre droite radicale et ultragauche. Le document s’achève par une analyse d’un tableau peint en 1568 par Pieter Brueghel l'Ancien, intitulé Le Misanthrope. »[4].

L'intégralité des élèves scolarisés dans l'établissement, ont reçu l'e-mail. Ce document sera décortiqué par les différents organes de presse.

Assassinat

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Les faits ont lieu au lycée Notre-Dame-de-Toutes-Aides, à Nantes, le , à la pause méridienne. Le matin même, l'assaillant était présent dans l'établissement, en cours de SVT.

Préparation

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Vers midi trente, une quinzaine de minutes seulement après l'envoi par courriel du manifeste aux autres élèves du lycée, il s'introduit dans le bâtiment de l'établissement.

Plusieurs témoignages, recoupés, permettront de retracer le parcours de l'adolescent :

Il est alors masqué, le visage dissimulé, et vêtu d'une tenue noir ou sombre, avec des chaussures de combat. Il monte les étages, équipé avec deux armes blanches, dont un couteau de chasse, d'une lame d'environ 20cm, et un canif.

Scarifié au front, il commence à graver au couteau, dans le mur, des inscriptions évoquant le suicide. Sur l'une d'entre elles, il émet le souhait d'avoir la gorge tranchée. Se préparant à entrer dans une première salle, il se démasque et cache ses armes quelques instants.

Il pénètre alors dans une première salle de classe, alors en cours de mathématiques. Il reste immobile, sur le seuil de la porte, et prétexte chercher une camarade pour justifier son irruption. Il cherche en fait vraisemblablement Lorène, qu'il repère secrètement. Il fait alors demi-tour, se dirige vers les toilettes de l'étage, avant son passage à l'acte.

À ce moment là, dans les toilettes, il dégaine son plus long couteau (lame de 20cm), remet son masque pour couvrir son visage, et se réoriente vers la salle du cours de mathématiques qu'il avait visité quelques instants auparavant.

Assassinat de Lorène

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Une fois la porte ouvert, il repère immédiatement Lorène dans les rangs. Sans dire un mot, il se jette sur elle, la larde de coups de couteaux, dont les premiers font chuter la victime. Dans cette violence extrême, il s'acharne sur sa victime, la touchant à la carotide et la jugulaire, veines vitales à l'organisme humain. En quelques instants, Lorène, au sol, très grièvement blessée, décède sur place. Le nombre de coups de couteaux assénés à la victime donnent une idée de la violence subie, et dont les camarades tristement assisté, sans rien pouvoir faire, quittent immédiatement, en panique, la salle.

Selon le Procureur, « Le mis en cause a donné 57 coups de couteau au total, sur le haut du corps [de Lorène], sur le crâne et dans la gorge, les plus mortels étant ceux donnés dans la veine jugulaire et la carotide. »[5], montrant le caractère insoutenable de l'horreur que vit la victime, et dont plusieurs élèves sont témoins directs.

Violence dans les minutes suivant l'assassinat

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Dans une panique totale, les élèves présents quittent aussitôt la salle, ayant peur pour leur vie. Pendant ce temps, pris de confusion, l'assaillant se dirige un peu au hasard dans le couloir, et franchit la porte d'une salle de classe donnant un cours d'anglais. De là, il cible trois étudiants se trouvant à proximité immédiate de la porte d'entrée, donnant des coups de couteau sans viser d'élève en particulier. Trois sont touchés, un à l'épaule, et un grièvement d'une dizaine de coups, qui s'en sortira. Il attaque dans une autre salle, une jeune fille, au dos.

Toujours dans un affolement général, les élèves, criant, ont alerté les membre du personnel, dont un chargé de l'informatique. Alors à l'étage supérieur, celui-ci redescend pour prendre connaissance de la situation : il aperçoit l'agresseur, masqué, menaçant, et poursuivant ses attaques au couteau. Arrivant derrière lui, l'informaticien s'empare d'une chaise pour assommer l'agresseur, le frappant à plusieurs reprises au crâne et au dos. À peine à terre, l'assaillant commence à se relever, se saisit de son couteau et se met à viser l'informaticien, qui s'enfuit immédiatement.

Entre temps, l'énorme panique régnant dans le bâtiment alerte immédiatement l'ensemble du personnel : le directeur joint un peu avant midi quarante-cinq la police, par appel au 17.

Toujours dans les couloirs, l'assaillant cherche à en découdre avec l'informaticien, commençant à lui courir après, couteau en main. Une sorte de course poursuite a lieu entre les murs de l'établissement, dont les élèves, complètement pétrifiés, se sont, pour beaucoup, enfermés ou cachés. Cette frénésie s'arrête quand, alors qu'il poursuit l'informaticien, l'agresseur se retrouve coincé dans sa course, dans une forme de sas, dans les locaux. L'informaticien commence à échanger avec son assaillant, de manière à le raisonner, pour le calmer. Ce dernier fini par poser ses armes, et est maîtrisé par le personnel de l'établissement[4].

Entre temps, à midi cinquante, environ vingt minutes après le début de l'horreur, une première patrouille de police, composée de deux gardiens de la paix, accompagnés d'un brigadier-chef, découvre la scène. Gisant au sol, l'assaillant est maitrisé par l'informaticien. Les policiers prennent en charge l'adolescent immobilisé, et découvrent l'ampleur du massacre. La plupart des élèves se sont enfermés dans les salles de classes, tétanisés. Ils seront dans un premier temps évacués dans un gymnase, pris en charge par les services-secours.

Interaction entre Lorène et son assaillant

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L'agresseur est connu pour n'avoir que très peu d'amis, être solitaire et n'avoir qu'une seule amie dans son lycée : Lorène. Selon l'enquête, l'agresseur a rencontré cette dernière lors d'un voyage scolaire à Rome, à une période non précisée. Peu d'informations ont été clarifiées de leur relationnel.

Précautions immédiates

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Les lycéens de l'établissement sont immédiatement confinés dans le gymnase, vers treize heures, à l'arrivée des secours. De nombreux équipages de secours, police, pompiers et médecins interviendront. Deux psy du service des urgences viennent compléter les effectifs. Une cellule psychologique est ouverte immédiatement[6]. Les élèves seront évacués au compte gouttes, à partir de 15h30. Les classes de secondes, présentes à l'étage au moment de l'assassinat, y sont encore confinés une heure plus tard.

Vers 17 heures, la Sécurité Civile est sur place.

Enquête

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Dans les heures suivant le drame, une cinquantaine d'enquêteurs recueille les premiers témoignages : plus de soixante-dix personnes sont entendues, parmi lesquelles élèves, personnel scolaire, et les familles pouvant apporter un début de réponse. L'enquête est attribuée aux enquêteurs de la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Nantes.

Selon Le Parisien, le domicile de l'assaillant, situé à Sainte-Luce-sur-Loire, est perquisitionné. Les deux téléphones du suspect, et son ordinateur personnel, y sont saisis, selon Le Figaro.

Suites judiciaires

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Une fois arrêté, l'adolescent de seize ans est placé dans un établissement hospitalier sécurisé, dans une « Unité pour malades difficiles ». Le , soit dix-huit mois après le drame, en présence de son avocat, le Procureur de la République de Nantes lui notifie sa mise en examen pour « assassinat, tentatives de meurtres et violences aggravées ».

Réactions

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Le jour même du drame, la nouvelle prend un impact national. De nombreuses réactions dans les médias ont lieu. Les Ministres de l'Intérieur Bruno Retailleau, et de l'Éducation Nationale Elisabeth Borne, se rendent sur place le jour même, à 17h30[7].

Entourage

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Les parents de la défunte refusent catégoriquement une médiatisation de l'affaire, craignant une récupération politique. Ils insistent pour que le patronyme et la photo de leur fille ne soit pas dévoilée. Fait rarissime, l'acte de décès ne fera pas l'objet d'une publication sur Internet pendant plusieurs mois, ce qui est très exceptionnel. Malgré cela, le collectif Némesis publiera un cliché non flouté de Lorène, sur Facebook et Instagram, déclenchant une polémique. Les autres rédactions flouteront le rare cliché de la victime qui circule sur les réseaux.

Par la suite, la famille de Lorène lance une association dans le but de financer des structures qui accompagneront les jeunes en mal être, dans leur santé mentale. Par le biais d'une cagnotte, ils récolteront approximativement 80 000 euros[8]. En complément, le comité des élèves du lycée organiseront un événement sportif, Run for Lorène, qui réunira près d'un millier de participants dans un parc Grand Blottereau de Nantes, sur un parcours de deux kilomètres[9].

Conséquences sociétales

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Près d'un an après l'assassinat, un autre drame secoue un autre lycée dans la même région, ayant occasionné un blessé grave. Les parents de Lorène prennent la parole pour la première fois, dévoilant leur patronyme, publiquement dans la presse, auprès de l'AFP, déplorant que « rien n'a changé »[10]. Au fil des mois qui passent, davantage d'informations, patronymes comme événements, seront clarifiés par les médias.

Références

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  1. ↑ https://www.leparisien.fr/faits-divers/lyceenne-poignardee-a-nantes-ladolescent-auteur-des-coups-toujours-hospitalise-est-mis-en-examen-pour-assassinat-22-01-2026-B6RPHYY2URADLAAGT47TJUCHMA.php
  2. ↑ « Lycéenne poignardée à Nantes : un adolescent mis en examen pour assassinat », Le Monde,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  3. ↑ « Nantes : un mort et trois blessés, après une attaque au couteau dans un lycée - ICI », sur ici.fr, (consulté le )
  4. 1 2 Simon Cherner, « Drame à Nantes : le récit d’une attaque à la violence inouïe », sur Le Figaro, (consulté le )
  5. ↑ https://www.liberation.fr/societe/police-justice/lyceenne-mortellement-poignardee-une-information-judiciaire-ouverte-pour-assassinat-de-lorene-a-nantes-20250506_IEVOM2R66NAQ3HZSFSIB7QV5F4/
  6. ↑ « TÉMOIGNAGE. Huit mois après le drame du lycée Notre-Dame-de-Toutes-Aides à Nantes, les psys d’urgence refont le récit | Ouest-France », Santé,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  7. ↑ « Coups de couteau au lycée à Nantes : une élève décédée, un lycéen interpellé », Ouest-France.fr,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  8. ↑ « Les parents de Lorène, poignardée dans son lycée à Nantes, lancent une association pour la santé mentale des jeunes », sur BFM, (consulté le )
  9. ↑ « "Lorène aurait adoré être là aujourd’hui" : une course en hommage à l'élève tuée dans un lycée de Nantes », sur France 3 Pays de la Loire, (consulté le )
  10. ↑ « Attaque au couteau à Nantes : «Rien n'a changé» depuis la mort de Lorène en 2025, alertent ses parents », sur Le Figaro, (consulté le )