Assassination Records Review Board (ARRB)

L'Assassination Records Review Board (ou ARRB) ou Commission d’examen des documents relatifs aux assassinats est une instance crée par le congrès américain en 1992 suite à la sortie du film JFK du réalisateur Oliver Stone en 1991 et une demande devenue pressante de la part de l'opinion publique américaine dont l'intéret sur l'assassinat du 35ème président des États-Unis avait été relancé par le film[1].

Elle a fonctionné de 1994 à 1998 et rendu son rapport final la même année[2].

Création

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L'ARRB est créée directement par le congrès américain en 1992 par le Président Bush avec la loi du John F. Kennedy Assassination Records Collection Act (Loi publique 102-256) suite à l'intense émotion provoquée par l'arrivée sur les écrans du film JFK du réalisateur Oliver Stone en 1991 retraçant l'enquête du procureur indépendant de la Nouvelle Orléans, Jim Garrison sur les activités de Lee Harvey Oswald et l'assassinat de John F. Kennedy[1].

Ce film relance le débat alors toujours intense aux Etats-Unis sur la confiance accordée par la population américaine aux conclusions officielles donnée par le gouvernement fédéral en Septembre 1964 via la Commission Warren. Ce scepticisme, ambiant et persistant, est lié à l'élimination physique même de l'assassin présumé, Lee Harvey Oswald le 25 novembre 1963 dans les locaux mêmes de la police de Dallas chargée de le protéger dans l'attente de son procès, par Jack Ruby, tenancier lié à la mafia via un lieutenant de Carlos Marcello, le parrain de la Nouvelle Orléans, moins de 48 heures après l'assassinat du président[3],[1].

C'est dans ce contexte que le congrès américain décide la création de l'ARRB, le président Bush actant une ouverture anticipée des archives le 27 Octobre 1992. En effet, les archives de la Commission Warren avaient été scellées pour des raisons de Sécurité Nationale, l'équivalent de la raison d'état en Europe, jusqu'en 2039 et celles des rapports d'enquête du HSCA jusqu'en 2029[1].

Toutefois, une ouverture partielle des archives permettant l'accès à 100 000 pages avait été effectuée en 1978 avec la loi sur la liberté de l'information[1].

Un total de 125 000 dossiers en provenance de la CIA, du Secret Service et du FBI représentant plus de 2 millions de pages, doivent alors être triés, classés avant d'être ou non rendus accessibles au public[1].

Toutefois, il faut noter que les administrations conservent toujours le droit au nom de la Sécurité Nationale de noircir en partie ou complètement les documents rendus accessibles au public, seuls leur entête restant lisibles[1].

L'ARRB est composé de 5 membres qui doivent pour chaque document fédéral transmis par les agences gouvernementales décider ou non de sa publication. Elle mène également des interrogatoires sous serment de témoins directs ayant participé aux événements du 22 novembre 1963 et les jours suivants[2].

Missions

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A la différence des commissions d'enquêtes exécutives comme la Commission Warren en 1963 et parlementaires comme le House Selected Committee on Assassinations (HSCA) de 1976 à 1979, l'ARRB n'avait pas pour objectif de reprendre l'enquête et déterminer le ou les commanditaires de l'assassinat de John F. Kennedy.

Sa mission a été de collecter et de procéder à la publication des documents encore classés et maintenus confidentiels soit par les agences de renseignements (CIA, Secret Service, FBI) et soit par la décision gouvernementale pour des raisons de sécurité nationale jusqu'en 2039 par les éléments d'enquête de la Commission Warren et jusqu'en 2029 par le HSCA[1].

L'ARRB a procédé à l'interrogation sous serment de témoins directs des événements comme ceux ayant participé notamment à la prise en charge en urgence au Parkland Hospital ou à l'autopsie et ce afin d'apporter un éclairage sur les éléments documentaires disponibles[2].

Résultats

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L'ARRB publie son rapport final le 30 Septembre 1998, remis au président Bill Clinton, et se dissout le jour même après cinq années de travail[4].

L'ARRB a permis de rendre publique la grande majorité des dossiers de la commission Warren. A noter que les dernières pièces les plus récentes l'ont été en 2017, à l'exception de 2 % et des documents pouvant remettre en cause la sécurité nationale d'après les agences de renseignement[5].

À noter toutefois que les administrations fédérales conservent le droit d'occulter par marqueur toute information considérée comme sensible. De fait, plusieurs milliers de documents déclassifiés et mis à disposition du public sont largement expurgés par des coups de marqueur noir, seule leurs en-têtes restant uniquement lisibles[1].

Parmi, les nouveaux éclairages apportés par l'ARRB, il est possible de citer :

Les dépositions sous serment, recueillies par l’ARRB, de témoins ayant assisté soit aux soins d'urgence au Parkland Hospital de Dallas soit à l’autopsie elle même, contiennent de nombreux éléments qui remettent en cause l’authenticité des photographies et des radiographies officielles réalisées lors de cette autopsie[6].

Parmi ces témoignages, on peut notamment citer celui du photographe John T. Stringer présent le soir du 22 Novembre 1963 au Bethesda Naval Hospital pendant l'autopsie et également de celui Saundra Key Spencer. Cette dernière qui a traité les photographies de l'autopsie le week-end de l'assassinat a affirmé sous serment que les clichés actuellement conservés aux Archives nationales ne sont pas ceux qu'elle avait développés. De même, John T. Stringer a déclaré que les clichés pris n'étaient pas ceux qu'il avait effectués[7],[8].

Les agents du FBI, James Sibert et Francis O'Neil qui furent présents pendant l'autopsie, firent un rapport qui diffère largement de la version de la commission Warren notamment sur la place des blessures et notamment dans le dos du président indiquant qu'un trou de balle était localisé à 13 cm sous les épaules et deux pouces à droite de la ligne médiane de la colonne vertébrale, fait corroboré par les vêtements du président[9].

Les témoignages des médecins Charles Baxter, Ronald Coy Jones, Robert M. Mclelland, Malcom Perry, Paul C. Peters intervenus moins de 10 minutes après les tirs sur Dealey Plaza font également d'une sortie de balle à l'arrière droit du crane du président avec perte d'un tiers des tissus cérébraux et un arrachage massif d'os dans la zone occipitopariétale de 7 cm et avec un point d'entrée à la tempe droite et une trajectoire tangentielle suggérant un tir de face[10],[11],[12],[5].

De plus, en 1997, l'ARRB a découvert que le commissaire Gerald R. Ford (ancien président des Etats-Unis aprés la démission de Richard Nixon suite au grave scandale du Watergate en 1974) avait modifié la version initiale du rapport Warren indiquant à l'origine : « une balle est entrée dans le dos et un point situé légèrement sous l'épaule à droite de la colonne » en « la balle est entrée à l'arrière de son cou légèrement à la droite de son cou ». Ce que le rapport final de la commission Warren retranscrit par : « une balle est entrée à l'arrière à la base de son cou à droite de la colonne », l'objectif étant de rendre la théorie de la balle magique plausible, dans le cadre de la prise en compte d'un seul et unique tireur[1].

References

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 LENTZ Thierry, L'assassinat de John F. Kennedy : histoire d'un mystère d'Etat : Histoire de l'affaire Kennedy, Paris, Editions Nouveau Monde, , 446 p. (ISBN 978-2-84736-508-5), p. 41-101
  2. 1 2 3 (ang) Mary Ferrell Foundation, « Assassination Records Review Board (ARRB) » Accès libre, sur https://maryferrell.org/ (consulté le )
  3. ↑ (ang) ARRB, Final Report of the Assassinations Records Review Board, Washington, , 207 p. (lire en ligne), p. 1-7
  4. ↑ (ang) Mary Ferrell Foundation, « ARRB Final Report » Accès libre, sur https://maryferrell.org/docset/arrbrept (consulté le )
  5. 1 2 (ang) Jim MARRS,, Crossfire, New York, Basic Book,, , 612 p. (ISBN 978-0-465-03180-1)
  6. ↑ (ang) Mary Ferrell Foundation, « ARRB Medical Testimony » Accès libre, sur https://maryferrell.org (consulté le )
  7. ↑ (ang) Assassination Records Review Board (ARRB), ARRB Testimony of John T. Stringer, 16 Jul 1996, Washington, , 56 p. (lire en ligne)
  8. ↑ (ang) Assassination Records Review Board, ARRB Testimony of Saundra Kay Spencer, 5 Jun 1997, Washington, , 24 p. (lire en ligne)
  9. ↑ (ang) Assassinations Records Review Board, ARRB MD 44 - Sibert and O'Neill Report on the Autopsy (11/26/63)--"Gemberling version", , 6 p. (lire en ligne)
  10. ↑ (ang) Assassination Records Review Board, ARRB Testimony of John T. Stringer, 16 Jul 1996, 55 p. (lire en ligne)
  11. ↑ (ang) Assassination Records Review Board, ARRB Testimony of Charles Baxter, Ronald Coy Jones, Robert M. Mclelland, Malcom Perry, Paul C. Peters, 27 Aug 1998, , 35 p. (lire en ligne)
  12. ↑ Thierry LENTZ, L'assassinat de John F. KENNEDY : Histoire d'un mystère d'État : Un corps qui ne veut pas parler, Paris, Nouveau Monde Éditions, , 446 p. (ISBN 978-2-84736-508-5), p. 143-170