Auguste Julien Bigarré
Auguste Julien Bigarré, né le au Palais, sur l'île de Belle-Île-en-Mer en Bretagne, et mort le à Rennes, en Ille-et-Vilaine, est un général français de la Révolution et de l'Empire.
| Auguste Julien Bigarré | ||
Auguste Julien Bigarré en 1818. | ||
| Naissance | Le Palais, Belle-Île-en-Mer (Bretagne) |
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| Décès | (à 63 ans) Rennes (Ille-et-Vilaine) |
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| Origine | Français | |
| Allégeance | ||
| Arme | Marine Infanterie |
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| Grade | Général de division | |
| Années de service | 1791 – 1836 | |
| Conflits | Guerres de la Révolution française Guerres napoléoniennes |
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| Faits d'armes | Ouest-Irlande-Sambre-et-Meuse-Helvétie-Rhin-Grande Armée-Naples-Espagne-Saxe-Campagne de France (1814)-Bataille d'Auray (1815) | |
| Distinctions | Grand officier de la Légion d'honneur Chevalier de Saint-Louis) Baron de l'Empire |
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| Hommages | Nom gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile, 30e colonne | |
| Autres fonctions | Représentant d'Ille-et-Vilaine | |
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Biographie
modifierSon père appartenait à la magistrature. À 12 ans, Auguste Bigarré s'embarque comme mousse sur un chasse-marée qui fait le cabotage entre Bordeaux et Brest.
À l'âge de 14 ans, il s'embarque comme marin pour les Antilles à bord d'un navire nantais, La Raisonnable. Il fait quatre voyages à Saint-Domingue où il combat les soulèvements des esclaves. Comme marin de commerce, il est engagé comme canonnier au camp du Bourdet et fait ses premières armes à 16 ans. La carrière de marin de Bigarré prend fin en , quand son bateau est de retour à Paimbœuf.
De retour en France, il est nommé en 1793 sous-lieutenant au 9e régiment d'infanterie (ci-devant Normandie). Il est blessé d'un coup de feu à l'épaule à Quiberon sous le général Lazare Hoche, qui le nomme lieutenant. En l'an V, il est capitaine de carabiniers dans la 1re Légion des Francs et fait partie de l'expédition d'Irlande, sous les ordres du général Humbert. C'est à bord du vaisseau Les Droits de l'Homme qu'il combat pendant douze heures contre un vaisseau britannique et une frégate. Ce vaisseau ayant fait naufrage dans la baie d'Audierne, le , Bigarré rejoint la côte bretonne à la nage.
Après cette expédition malheureuse, il fait plusieurs campagnes sous les ordres de Hoche et de Moreau. Il est fait prisonnier par les Autrichiens, puis libéré après la paix de Leoben. Lors du coup d'État du 18 fructidor an V, il suit la légion des Francs à Paris. Cette légion devient la 14e demi-brigade d'infanterie légère. Muté en Suisse, à l'armée d'Helvétie commandée par le général Brune, il est à la bataille de Soleure et entre à Berne le . Il est à nouveau blessé, en septembre, lors d'un combat, la mâchoire fracturée par une balle.
Capitaine de carabiniers au 1er bataillon de la 14e légère en 1800, il sert sous Moreau en Allemagne. Le , à la bataille de Hohenlinden, il s'empare d'un obusier et d'une pièce de huit. Blessé d'une balle au bras, il est cité à l'ordre de l'armée au combat de Lambach, dans la brigade du général Drouet. En 1801, il est à Luxeuil pour soigner sa blessure quand il rencontre l'épouse du Premier consul, Joséphine, venue en cure avec sa fille Hortense. Auguste en profite pour faire sa demande d'admission dans la Garde consulaire.
Nommé capitaine dans les chasseurs à pied de la Garde des consuls, il arrête aux Tuileries, un jour de garde, un ancien soldat, qui garde rancune à Napoléon pour une injustice commise à son endroit tandis qu'il fait alors partie des guides et veut assassiner le nouvel empereur. Devenu familier de la Malmaison et des Tuileries, Bigarré est de garde à Notre-Dame pour le sacre, le , puis à Milan lors du couronnement de Napoléon comme roi d'Italie. Peu après, il est nommé major au 4e de ligne et rejoint le camp de Boulogne sous les ordres de Joseph Bonaparte, colonel du régiment. Il fait avec ce grade les campagnes d'Ulm et d'Austerlitz. Dans cette dernière bataille, il s'empare d'une batterie, mais perd une des aigles de son régiment enlevée au sergent-major Saint-Cyr, neveu du futur maréchal, après que ce jeune homme ait reçu 14 coups de sabre sur la tête et sur les mains. Pour réparer cet affront, vers la fin de la bataille, le 2e bataillon du 4e de ligne, ayant à sa tête le major Bigarré et le commandant Calez, s'empare du régiment russe de Moscou, de son colonel et de deux drapeaux. L'Empereur fait rendre une nouvelle aigle au régiment et nomme Bigarré officier de la Légion d'honneur.
Joseph Bonaparte, devenu roi de Naples, appelle Bigarré comme aide de camp auprès de sa personne. Il passe alors au service du royaume de Naples. Nommé colonel au 1er régiment de ligne napolitain le , il est chargé d'organiser le 2e de ligne. Il est général de brigade le . Au départ de Joseph pour l'Espagne, il le suit avec le même titre et assiste aux diverses batailles commandées par le roi Joseph. Il participe notamment, comme observateur auprès du maréchal Soult au Portugal, à la bataille d'Oporto. En 1812, il est envoyé à Paris en tant que porteur de messages du roi Joseph. À son retour, il apprend la prise de Madrid et rejoint Joseph à Valence. De nouveau envoyé en messager à Paris, il arrive après la campagne de Russie, qui, lorsqu'elle est connue en Espagne, donne une plus forte impulsion à la guerre. Sous la poussée de Wellington, Salamanque est évacuée les 25 et . Après la débâcle française de Vitoria le , Bigarré est nommé lieutenant-général le .
De retour en France, il reprend du service dans l'armée française et rejoint l'Empereur en août. Le , il est affecté au commandement d'une brigade du 11e corps, sous les ordres de Macdonald. Il est nommé général de brigade à titre français le . Il fait avec ce corps la campagne de Saxe et termine la campagne à l'armée du Nord.

Au début de la campagne de France de 1814, il est placé à la tête d'une brigade de la Jeune Garde sous Boyer de Rébeval, en formation à Paris. Puis, en février, sous les ordres du maréchal Victor, il est blessé à la meurtrière bataille de Craonne, le . Le maréchal Ney vient le complimenter de la part de l'Empereur sur la bravoure avec laquelle sa brigade a tenu la droite de l'armée russe en échec. Nommé général de division à titre provisoire le , il reçoit de Napoléon le commandement d'une division de la Jeune Garde sous les ordres du duc de Trévise. Blessé à nouveau à Fère-Champenoise le , il participe néanmoins à la défense de Paris jusqu'au .
Après la chute de Napoléon, le roi Louis XVIII l'envoie commander le département d'Ille-et-Vilaine et lui donne la croix de Saint-Louis ainsi que celle de commandeur de la Légion d'honneur.
En 1815, après le débarquement de l'Empereur à Golfe-Juan, il est élu député d'Ille-et-Vilaine ( - ) et reçoit le commandement de la 13e division militaire à Rennes. Il ne peut empêcher l'éclatement de la guerre civile dans le Morbihan. Placé sous les ordres du général Lamarque, commandant en chef des armées de l'Ouest, il bat les royalistes à Redon le et le chef chouan Sol de Grisolles à Auray le , trois jours après Waterloo. Dans une rencontre avec les chouans, il reçoit un coup de feu à travers le corps, mais continue à diriger l'action depuis sa civière.
La Seconde Restauration lui ôte son commandement et Bigarré reste en non-activité jusqu'à 1830. À cette époque, il prend, de son propre chef, le commandement de la 13e division. Il est maintenu à ce poste par Louis-Philippe Ier qui le nomme grand officier de la Légion d'honneur le , puis inspecteur général d'infanterie en 1835 et 1836.
Il s'est marié en 1802, à Colmar, avec une demoiselle R…, mariage dissous en 1813. En 1817, il épouse civilement Alexandrine Lebon, née à Paris en , fille d'un avocat.
Il meurt sans postérité à Rennes, à la suite d'une longue maladie, le . Il a laissé des Souvenirs, rédigés vers 1830, publiés en 1893 et réédités par la suite, accompagnés d'un appareil critique.
Aujourd'hui, une place de Belle-Île porte son nom. Une plaque commémorative à la citadelle comporte la mention :
« Baron Bigarré, Auguste-Julien,
né à Belle-Ile le ,
sous-lieutenant au 9e Régiment d'Infanterie -
colonel du 1er de Ligne Napolitain
- général de division,
décédé à Rennes, le 14 mai 1838
- Ouest -Irlande - Sambre-et-Meuse - Helvétie - Rhin - Grande Armée - Naples - Espagne - Saxe - France. S'est distingué à Quiberon, Soleure, Unterwalden, Hohenlinden, Lambach, Austerlitz et Fère-Champenoise. »
Mémoires
modifier- Mémoires du général Bigarré, aide de camp du roi Joseph, Paris, Kolb, , 320 p.[1].
Décorations
modifier- Légion d'honneur :
- Ordre royal et militaire de Saint-Louis :
- Chevalier de Saint-Louis 1814 ;
- Commandeur de l'Ordre royal des Deux-Siciles.
Titres
modifier- Baron de l'Empire (1810),
- Comte de l'Empire (, annulé le ).
Hommage, Honneurs, Mentions…
modifier- Il fait partie des 558 officiers à avoir son nom gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile, 30e colonne.
- Il a été inhumé à Rennes où une rue porte son nom.
Armoiries
modifier| Figure | Blasonnement |
| Armes du baron Bigarré et de l'Empire
Écartelé : au 1, de sinople, au lion d'or ; au 2 du quartier des Baron militaires de l'Empire ; au 3, d'or, à l'ancre de sable ; au 4, d'azur, au navire voguant sur une mer et acc. en chef à dextre d'une étoile, le tout d'argent.[2],[3] |
Notes et références
modifier- ↑ Natalie Petiteau, Écrire la mémoire : Les mémorialistes de la Révolution et de l'Empire, Paris, les Indes savantes, coll. « La boutique de l'histoire », , 310 p. (ISBN 978-2-84654-304-0).
- ↑ « Source: Armorial du Premier Empire, Vicomte Albert Révérend, Comte E. Villeroy ».
- ↑ « La noblesse d'Empire »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?), sur thierry.pouliquen.free.fr.
Sources
modifier- « Auguste Julien Bigarré », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
- « Auguste Julien Bigarré », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, [détail de l’édition]
- « Cote LH/236/44 », base Léonore, ministère français de la Culture
Liens externes
modifier- Archives nationales (CARAN) – Service Historique de l’Armée de Terre – Fort de Vincennes – Dossier S.H.A.T. Côte : 7 Yd 635.