Aurzîye
Aurzîye (/oʁ.zi:j/[note 1], en français : « Argile ») est le quatrième recueil de poésie wallonne de Jean Guillaume. Il parait en 1951 à Namur.
Contexte d'écriture
modifierLe recueil
modifierListe des poèmes
modifier- Djèl's-a stron.né dins leû gayole[note 2] (« Je les ai étranglés dans leur cage »)
- Mi (« Moi »)
- L'èfant (« L'enfant »)
- Fèvri (« Février »)
- Vint' cinq' di mârs' (« Vingt-cinq mars »)
- L'eûre (« L'heure »)
- Dairin galant (« Dernier galant »)
- Pus d'zos (« Plus bas »)
- Djoûrnéye (« Journée »)
- Lès deurs (« Les durs »)
- Nos mwârts (« Nos morts »)
- Noûs visadjes (« Visages neufs »)
- Dji so… (« Je suis… »)
- Su l' soû (« Sur le seuil »)
- Flotchîyes (« Flocons »)
- Payisadje (« Paysage »)
- Nos-oûtes (« Nous autres »)
- L'oradje (« L'orage »)
- One sâye[note 3]
- Djon.nèsse (« Jeunesse »)
- Pa l' fègnèsse (« Par la fenêtre »)
- Lauvau (« Là-bas »)
- Todi (« Toujours »)
- Boutéye (« Poussée »)
- Après l' chîje (« Après la soirée »)
- Prétins (« Printemps »)
- Rèsconte (« Rencontre »)
- Octoûbe (« Octobre »)
- Maule (« Mâle »)
- Vaurlèts (« Valets »)
- Doûceû (« Douceur »)
- Avri (« Avril »)
- Sins lârmes (« Sans larmes »)
- Di zèls à mi gn-a pont d'astantche[note 2] (« D'eux à moi »)
Thèmes et lexique
modifierSelon Bernard Thiry, on peut retrouver dans Aurzîye les trois thèmes majeurs qui balisent l'œuvre poétique de Guillaume : l'enfance et le souvenir de ses parents, la question des origines et l'interrogation sur soi-même, l'inspiration religieuse[A 2].
Éditions
modifierLa première édition d'Aurzîye parait en 1951. Elle est produite par l'imprimerie Jean Servais à Namur[3].
Cette première édition est constituée de 43 feuillets sans pagination ni reliure. Elle est tirée à 145 exemplaires[3].
Le recueil reparait intégralement en 1989, dans l'édition alors complète[note 4] des Œuvres poétiques wallonnes de Jean Guillaume coéditée par la Société de langue et de littérature wallonnes et le cercle littéraire dialectal Lès Rèlîs Namurwès (sous sa marque éditoriale Les Cahiers wallons)[4],[5].
En 2003, un enregistrement intégral d'Aurzîye est compris dans l'édition audio des Œuvres poétiques wallonnes produite par Jean-Louis Préat et Léon Wuillaume pour les éditions Fidélité, alors propriété de la Province belge méridionale de la Compagnie de Jésus. L'enregistrement a été effectué par Jean Guillaume lui-même, antérieurement à son décès en 2001[5].
En 2021, une portion du recueil parait en version bilingue wallon-italien dans I grandi carri, une anthologie des meilleurs poèmes de Jean Guillaume. Neuf des 34 poèmes d'Aurzîye y sont sélectionnés par le traducteur, Jean Robaey[6],[note 5].
Réception critique
modifierAurzîye vaut à Jean Guillaume le Prix biennal de littérature wallonne du Gouvernement (pour l'édition 1946-1951 consacrée à la poésie)[7].
Ce prix lui est attribué par un jury composé des personnalités suivantes : Roger Bodart, Joseph Calozet, Joseph Coppens, Marcel Fabry, Jean Fauconnier[note 6] et Joseph Houziaux[7].
Postérité
modifierEn 1950, le poème Octoûbe (« Octobre ») est repris dans l'Anthologie du Prix biennal de littérature wallonne[8], dans laquelle un chapitre est dédié à Jean Guillaume par suite de l'obtention du prix en 1949 pour son premier recueil Djusqu'au solia[9],[note 7].
En 1961, le philologie Maurice Piron sélectionne le poème Todi (« Toujours ») pour l'anthologie Poètes wallons d'aujourd'hui qu'il compose pour la Collection UNESCO d'œuvres représentatives et qui parait aux éditions Gallimard[11]. En 1979, le même choisit encore trois poèmes d'Aurzîye[note 8] pour son Anthologie de la littérature dialectale de Wallonie[12].
Le poème Vaurlèts (« Valets ») figure aussi dans l'anthologie Līmēs II (1992)[13].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Prononciation retranscrite selon la norme API.
- 1 2 3 Le premier et le dernier poèmes du recueil ne comportent pas de titre. Nous indiquons ici leur premier vers, suivant l'usage en vigueur dans l'édition de référence[1].
- ↑ La traduction du poème One sâye est manquante dans l'édition française de référence.
- ↑ Les recueils d'inédits Pa-drî l's-uréyes et Tchôtès cindes ont paru postérieurement à cette édition.
- ↑ Il s'agit des poèmes suivants : Djèl's-a stron.né dins leû gayole[note 2] (« Je les ai étranglés dans leur cage »), Mi (« Moi »), Fèvri (« Février »), L'eûre (« L'heure »), Pus d'zos (« Plus bas »), Payisadje (« Paysage »), L'oradje (« L'orage »), Boutéye (« Poussée ») et Octoûbe (« Octobre »)[6].
- ↑ Absent lors de la délibération pour cause de maladie.
- ↑ Bien que le prix est déjà repris par la Ville de Liège en 1949[10], certaines sources le désignent encore sous l'intitulé « Prix “Noss' Pèron” de littérature wallonne », d'après l'hebdomadaire qui l'a fondé en 1926.
- ↑ Les trois poèmes d'Aurzîye repris dans l’Anthologie de la littérature dialectale de Wallonie sont Mi (« Moi »), Octoûbe (« Octobre ») et L'eûre (« L'heure »)[12].
Références
modifier- Bernard Thiry, « L'Œuvre poétique wallonne de Jean Guillaume », dans Baptiste Frankinet et al., Hommage à Jean Guillaume (1918-2001), Liège, Société de langue et de littérature wallonnes, coll. « Mémoire wallonne » (no 24), (ISBN 978-2-930505-33-6), p. 7-70.
- ↑ Thiry 2021, p. 41.
- ↑ Thiry 2021, p. 17.
- Autres références
- 1 2 Œuvres poétiques wallonnes 1989, « Table des matières », p. 221-222.
- ↑ Œuvres poétiques wallonnes 2003, p. 20-24.
- 1 2 Œuvres poétiques wallonnes 1989, « Bibliographie », p. 207.
- ↑ Œuvres poétiques wallonnes 1989, p. 163-200.
- 1 2 Victor George, « Jean Guillaume, Œuvres poétiques wallonnes », Wallonnes, Liège, Société de langue et de littérature wallonnes, nos 4/2003, 4e trimestre 2003, p. 12-13 (ISSN 1374-9412).
- 1 2 (it) « Indice : IV. da Aurzîye / Argilla », dans Jean Guillaume, I grandi carri (trad. Jean Robaey), Bologne, Bohumil edizioni, (ISBN 9788895074566), p. 116-117.
- 1 2 Fabry et Calozet 1953, p. 121.
- ↑ (wa + fr) Octave Servais (dir.), Anthologie du Prix biennal de littérature wallonne : XXXVe anniversaire, Liège, Ville de Liège, , p. 70.
- ↑ « Le R. P. Guillaume emporte le prix de “Nos Peron” », La Meuse : Journal de Liège et de la Province, , p. 2 (ISSN 2736-755X, lire en ligne
). - ↑ « Les lettres wallonnes : Le « Prix Biennal » de la Ville de Liège », La Wallonie, 30e année no 168, , p. 6 (lire en ligne
). - ↑ (wa + fr) Maurice Piron, Poètes wallons d'aujourd'hui, Bruxelles, Labor, coll. « Espace Nord » (no 198), (ISBN 2-8040-1973-X), p. 112-113.
- 1 2 Piron 1979, p. 593-595.
- ↑ (wa + pcd) Marie-Thérèse Counet (dir.), Jean-Luc Fauconnier (dir.) et Albert Maquet (dir.) (ill. Jean Wittebroodt), Līmēs, t. II : Choix de textes en langues régionales romanes de Wallonie, Bruxelles, Traditions et Parlers populaires Wallonie-Bruxelles, coll. « Tradition Wallonne » (no 5), (lire en ligne
[PDF]), p. 49-50.
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
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: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Éditions de références
modifier- [Œuvres poétiques wallonnes 1989] (wa) Jean Guillaume, Œuvres poétiques wallonnes, Liège et Namur, Société de langue et de littérature wallonnes et Les Cahiers wallons, coll. « Collection littéraire wallonne » (no 6), , 222 p.
- « Aurzîye », dans Œuvres poétiques wallonnes, , p. 163-200
- [Perspectives 1989] Jean Guillaume, « Perspectives », dans Œuvres poétiques wallonnes, , p. 203-204.

- (wa) Jean Guillaume, Œuvres poétiques wallonnes, Namur, éditions Fidélité, [2003].Édition audio de référence, incluant 3 disques compacts et un livret de 26 p. ; Aurzîye est enregistré sur le disque 3.
- [Adaptation française 2003] Jean Guillaume, Œuvres poétiques wallonnes : Adaptation française (brochure publiée à l'occasion de la sortie du coffret de disques compacts Œuvres poétiques wallonnes), s.l., [éditions Fidélité], [2003], 24 p.

Recensions
modifier- Gaston Compère, « Bibliographie : Aurzîye (J. Guillaume) », Le Guetteur wallon, , p. 80 (ISSN 1784-1763, lire en ligne
). - Albert Henry, « Lettres wallonnes : Poésie », La Vie wallonne, t. XXVI, , p. 229-231 (lire en ligne
).
Études
modifier- Jean Lechanteur, « La Poésie wallonne au XXe siècle », dans Rita Lejeune & Jacques Stiennon (dir.), La Wallonie, le Pays et les Hommes, t. 3, La Renaissance du livre, (lire en ligne
), p. 191-210. - Georges Smal, « Renouveau de la poésie wallonne dans l'œuvre du R.P. Jean Guillaume, S.J.-R.N. », Les Cahiers wallons, 55e année no 9, , p. 133-152 (ISSN 2030-6091, lire en ligne
)? - Baptiste Frankinet et al., Hommage à Jean Guillaume (1918-2001), Liège, Société de langue et de littérature wallonnes, coll. « Mémoire wallonne » (no 24), , 101 p. (ISBN 978-2-930505-33-6).
- [Thiry 2021] Bernard Thiry, « L'Œuvre poétique wallonne de Jean Guillaume », dans Hommage à Jean Guillaume, , p. 7-70.

- [Thiry 2021] Bernard Thiry, « L'Œuvre poétique wallonne de Jean Guillaume », dans Hommage à Jean Guillaume, , p. 7-70.
- Julien Noël, « Oserait-on mettre à plat lès fotches di mès tayons ? : À propos du poème « Mi » de Jean Guillaume », Wallonnes, Liège, Société de langue et de littérature wallonnes, nos 2/2025, 2e trimestre 2025, p. 24-27 (ISSN 1374-9412).
Autres ouvrages
modifier- [Fabry et Calozet 1953] Marcel Fabry et Joseph Calozet, « Prix de Poésie wallonne (Période 1946-1951) : Rapport du Jury », Bulletin de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, t. XXXI, no 3, , p. 113-121 (lire en ligne
[PDF]). 
- [Piron 1979] (wa + fr) « Jean Guillaume », dans Maurice Piron (préf. Jean Remiche), Anthologie de la littérature dialectale de Wallonie : Poètes et prosateurs, Liège, Mardaga, (ISBN 2-87009-556-2), p. 586-595.

- [Gilliard 2007] Émile Gilliard, Dictionnaire wallon : Niyau d' ratoûrnûres èt d' mots walons d'après Moustî èt avaur la (payis d' Nameur), Liège, Dîre èt scrîre è walon, , 690 p.
