Avant-garde (journal)
L'Avant-garde est un média français, fondé en [1] par un groupe de jeunes socialistes ralliés aux idées communistes. Il est lié à la Fédération des jeunesses communistes de France, devenue le Mouvement des jeunes communistes de France.
| Pays |
|
|---|---|
| Langue | Français |
| Périodicité |
Hebdomadaire en version numérique Trimestriel en version papier |
| Genre | Presse politique |
| Date de fondation | 1920 |
| Ville d’édition | Paris |
| Propriétaire | Mouvement des jeunes communistes de France |
|---|---|
| Rédacteur en chef | Tom Landry |
| ISSN | 1252-5014 |
| Site web | lavantgarde.fr |
Histoire
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Origines et entre-deux-guerres
modifierL'Avant-Garde naît avec la Jeunesse communiste, issue en 1920 du ralliement de la majorité des Jeunesses socialistes à l'Internationale communiste des jeunes[2]. Originellement appelé L'Avant-garde ouvrière et communiste ou L'Avant-garde ouvrière et paysanne, le journal aurait compté 826 numéros jusqu'en 1939[réf. nécessaire].
Le journal est l'une des principales sources des premiers travaux universitaires consacrés à l'Histoire du Mouvement jeunes communistes de France, notamment pour l'étude de ses campagnes contre l'occupation de la Ruhr et de ses actions anticolonialistes au début des années 1920[3].
Interdit en 1939 comme l'ensemble de la presse communiste, il paraît ensuite dans la clandestinité, de façon moins régulière. Des militants de la Jeunesse communiste chargés de sa diffusion clandestine sont arrêtés et le matériel saisi par les autorités[4],[5].
De la Libération au début des années 1960
modifierLe premier numéro légal paraît quelques jours après la libération de Paris[6]. À l'automne 1944, le journal plaide pour l'abaissement du droit de vote à 18 ans[7]. En 1945, il devient l'hebdomadaire de l'Union de la jeunesse républicaine de France (UJRF)[8].
Pendant la guerre froide, sa rédaction compte une quinzaine de permanents[9]. À partir de 1948, il n'est plus vendu en kiosque et sa diffusion repose sur les seuls militants[10]. En 1949, alors que l'UJRF est mobilisée contre la guerre d'Indochine, le journal, sous-titré « organe de combat des jeunes travailleurs », fait l'objet de poursuites judiciaires[11].
La diffusion du journal occupe une place centrale dans l'activité militante. Les statuts de l'Union de la jeunesse communiste de France adoptés en 1956 en font un devoir pour toutes les organisations de l'union et prévoient la désignation de correspondants du journal[12]. Les numéros du 1er mai, tirés en plus grand nombre, donnent lieu à des « ventes de masse »[13]. En 1958, le journal lance les « Relais de la chanson », une compétition musicale qui connaît un large écho pendant une dizaine d'années[14]. En 1961, il se vend en moyenne à 14 000 exemplaires, pour un tirage de 18 000[15].
Nous les garçons et les filles (1963-1969)
modifierÀ la suite d'une décision du bureau politique du Parti communiste français du , L'Avant-Garde est remplacé, avec L'Avant-Garde rurale, Filles de France et Avenir, par un magazine unique destiné à l'ensemble des jeunes communistes, étudiants exceptés : Nous les garçons et les filles (NGF)[16]. Lancé fin avril 1963, ce mensuel de 64 pages au format magazine, imprimé en héliogravure, porte Jean-Paul Belmondo en couverture de son premier numéro ; son titre fait écho à la chanson de Françoise Hardy Tous les garçons et les filles[17]. Sa formule s'inspire ouvertement de Salut les copains : la photographie et les vedettes de la chanson y occupent une large place, aux côtés de sujets politiques[18].
En 1963, les ventes oscillent entre 73 000 et 104 000 exemplaires, dont souvent plus de la moitié en kiosque ; elles dépassent encore 42 000 exemplaires en 1966, soit plusieurs fois les ventes cumulées des titres que le magazine a remplacés[15],[10].
Le bilan de l'expérience fait débat chez les historiens. Philippe Buton et Fabien Marion y voient un échec, le succès en kiosque masquant selon eux l'effondrement de la vente militante ; Guillaume Roubaud-Quashie nuance ce jugement en comparant ces chiffres aux ventes des journaux antérieurs[19]. Pour Jedediah Sklower, la formule hybride du magazine ne convainc ni les jeunes éloignés de la politique ni les militants attachés à un « journal de combat », ce qui conduit la direction à revenir à une ligne plus politique à partir de 1966[20].
Robert Lechêne est rédacteur en chef des premiers numéros[21]. Claude Lecomte dirige la rédaction d'octobre 1964 à janvier 1969, puis Nicole Vigreux lui succède[22].
Avant-Garde depuis 1969
modifierEn 1969, le titre Avant-Garde est rétabli et devient le journal commun de l'Union de la jeunesse communiste de France, de l'Union des jeunes filles de France et de l'Union de la jeunesse agricole et rurale de France[23]. Il reste mensuel jusqu'en novembre 1977[24]. Nicole Vigreux conserve la rédaction en chef jusqu'en janvier 1971, date à laquelle Jean-Claude Le Meur la remplace ; en mai 1975, Sylviane Ainardi succède à José Fort comme directrice politique[22].

Le journal accorde une large place aux campagnes de solidarité internationale de la période, en faveur du Viêt Nam, d'Angela Davis ou du Chili de l'Unité populaire[25]. Sa nouvelle formule, lancée fin 1973, se clôt sur un grand entretien avec Angela Davis[26].
Les ventes reculent au début de la décennie : au premier semestre 1972, elles tombent à près de 12 000 exemplaires, en baisse d'environ 18 % sur un an[27]. Face à ces difficultés, notamment financières, le mouvement constitue à l'automne 1972 des « brigades de la vérité » chargées de la diffusion, initiative abandonnée en avril 1974[28]. En 1977, le journal redevient hebdomadaire sous le titre L'Avant-garde hebdo, dans le contexte de la rupture du Programme commun et à l'approche des élections législatives de 1978[24].
Au cours de son histoire, le journal organise des fêtes, appelées « fête de la Jeunesse ouvrière »[29] ou « fête de l'Avant-Garde »[30].
Notes et références
modifier- ↑ JC « une septuagénaire en pleine forme », article de L'Humanité.
- ↑ Quashie-Vauclin 2011, § 4 et 10.
- ↑ Quashie-Vauclin 2011, § 10-11.
- ↑ « La répression de la propagande communiste », Le Petit Parisien, no 22924, , p. 2 (lire en ligne
, consulté le ). - ↑ « Découverte d'un centre communiste », Le Matin, no 20492, , p. 1-2 (lire en ligne
). - ↑ Roubaud-Quashie 2020, p. 212.
- ↑ Roubaud-Quashie 2020, p. 190.
- ↑ Guillaume Quashie-Vauclin, L'Union de la jeunesse républicaine de France, 1945-1956, Paris, L'Harmattan, (ISBN 978-2-296-09206-8).
- ↑ Roubaud-Quashie 2020, p. 104.
- 1 2 Roubaud-Quashie 2020, p. 423.
- ↑ Sklower 2022, p. 130.
- ↑ Sklower 2022, p. 123.
- ↑ Roubaud-Quashie 2020, p. 370.
- ↑ Roubaud-Quashie 2020, p. 425.
- 1 2 Roubaud-Quashie 2020, p. 422.
- ↑ Roubaud-Quashie 2020, p. 416 et 421.
- ↑ Roubaud-Quashie 2020, p. 421.
- ↑ Sklower 2023, p. 275-279.
- ↑ Roubaud-Quashie 2020, p. 422-423.
- ↑ Sklower 2023, p. 287 et 292.
- ↑ Sklower 2023, p. 288-289.
- 1 2 Roubaud-Quashie 2020, p. 563-564.
- ↑ Roubaud-Quashie 2020, p. 515 et 560.
- 1 2 Sklower 2022, p. 121.
- ↑ Sklower 2023, p. 292-294.
- ↑ Roubaud-Quashie 2020, p. 527.
- ↑ Roubaud-Quashie 2020, p. 515.
- ↑ Sklower 2022, p. 133.
- ↑ « Grande fête de la Jeunesse Ouvrière », L'Humanité, no 12448, , p. 1 (lire en ligne
). - ↑ « Fête de la jeunesse et fête de l'Avant-garde », L'Ouest-Éclair, no 12645, , p. 5 (lire en ligne
).
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Guillaume Quashie-Vauclin, « La jeunesse dure longtemps. Quarante ans d'historiographie des organisations de jeunesse communistes françaises », Cahiers d'histoire. Revue d'histoire critique, nos 116-117, , p. 195-227 (DOI 10.4000/chrhc.2396, lire en ligne)
- Guillaume Roubaud-Quashie, Les jeunes communistes en France (1944-fin des années 1970) : Les mutations d'une expérience politique en milieux juvéniles et populaires, vol. 1, Paris, Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, Thèse de doctorat en histoire sous la direction de Michel Pigenet
- Jedediah Sklower, « Un « organisateur collectif » : la presse et la gouvernementalité militante jeunes communistes en France », 20 & 21. Revue d'histoire, no 155, , p. 117-134 (DOI 10.3917/vin.155.0117)
- Jedediah Sklower, « Une propagande dialogique ? La presse jeune communiste et la culture jeune dans les années 1960 », Sociétés & Représentations, no 56, , p. 273-294 (DOI 10.3917/sr.056.0273)