Ayouki Khan
Ауоuki (mandchou : ᠠᠶᡠᡴᡳ, translittération : Ayuki) ou Ayoush (mongol : ᠠᠶᠤᠰᠢ, MNS : Ayush), né en 1641 et mort le 19 février 1724, est un khan torgut qui règne de 1669 à 1724. Sous son autorité, l'influence et le prestige du khanat kalmouk atteignent leur apogée.
Biographie
modifierAyouki est le fils du dirigeant kalmouk Puntsouk, qui gouverne de 1661 à 1669. Il passe cependant toute son enfance au sein de la famille de sa mère chez les Dzoungars, dans le Turkestan oriental. C'est en 1654 qu'il retourne auprès de sa propre tribu, les Torghuds, alors installée sur les rives de la Volga. Au début de son règne, il contraint les nouveaux arrivants du peuple Qoshot à la soumission, ce qui lui permet d'unifier l'ensemble des Kalmouks sous sa seule autorité[1].
Il mène une politique diplomatique pragmatique, oscillant constamment entre plusieurs grandes puissances régionales. Il prête formellement allégeance au tsar russe en 1673. Pourtant, dès l'année 1680, déçu par le traitement que lui réservent les Russes, il se tourne à plusieurs reprises vers la Crimée et la Turquie ottomane. Sa légitimité s'étend également sur le plan spirituel puisqu'il reçoit en 1690 un sceau officiel de khan de la part du régent du cinquième dalaï-lama[1].
Les relations avec la Russie s'améliorent par la suite, si bien qu'en 1708, le tsar le reconnaît officiellement comme khan et commence à lui fournir des canons ainsi que des armes à feu. Parallèlement, Ayouki consolide ses liens avec ses anciens voisins en unissant sa fille au dirigeant dzoungar Tsewang-Rabtan Khung-Taiji entre 1697 et 1698, recevant pour épouse en échange Darma-Bala, la cousine de ce dernier[1].
La fin de son règne est assombrie par des conflits familiaux. En 1699, irrités par le manque de respect que leur témoigne leur père, ses fils aînés déclenchent une révolte. L'un d'eux s'enfuit chez les Dzoungars en emmenant avec lui 15 000 foyers. L'aîné de la fratrie, Chagdarjab, finit par se réconcilier avec Ayouki en 1701 grâce à l'intervention d'ambassadeurs russes[1].
Ayouki désigne officiellement Chagdarjab comme héritier présomptif en 1714. Cependant, la mort de cet héritier en 1722 déclenche une lutte de succession acharnée. Dasang, le fils aîné de Chagdarjab, mène une rébellion qui est finalement vaincue en novembre 1723. Malgré cette victoire militaire, la question de la succession reste totalement incertaine au moment de la mort d'Ayuuki Khan, le 19 février 1724 et Tseren Donduk lui succède[1].
Annexes
modifierNotes et références
modifier- 1 2 3 4 5 (en) Christopher Pratt Atwood, Encyclopedia of Mongolia and the Mongol Empire, Facts On File, (ISBN 978-0-8160-4671-3, lire en ligne), p. 27