Turkestan oriental
Le Turkestan oriental (en ouïghour : شەرقىي تۈركىستان Sherqiy Türkistan), également appelé petite Boukharie, Tartarie chinoise ou Turkestan chinois, est une région d'Asie centrale située dans le bassin du Tarim, actuel région autonome du Xinjiang en Chine.


En Occident, elle a été appelée Tartarie chinoise, Dzoungarie et, depuis la seconde moitié du XIXe siècle, Turkestan chinois.
Histoire
modifier

Cette région a vu passer différentes cultures, dont la plus ancienne est probablement la culture de Karassouk, à l'âge du bronze.
Cette région s'appelait Xiyu (territoires de l'Ouest) sous la dynastie Tang, dont l'empereur Tang Taizong en fit la conquête au VIIIe siècle ; un khanat ouïghour y fut établi à la chute du Khaganat ouïghour, alors établi sur l'actuelle Mongolie, vers 850.
Cette région fut ensuite intégrée dans l'Empire mongol, puis le Khanat dzoungar s'y établit en 1634, ce qui lui vaudra le nom de Dzoungarie englobant ce qui constitue aujourd'hui le nord-ouest du Tibet, le Turkestan oriental et l'ouest de la Mongolie-Intérieure. L'empereur Qianlong de la dynastie Qing, craignant l'expansionnisme de l'empire de Dzoungarie,conquiert ce khanat en 1757-1758 et l'appelle Xinjiang (Nouvelle Frontière). L'affaiblissement de la dynastie Qing au XIXe siècle aboutit à la proclamation en 1866 d'un émirat à Kachgar dans une partie du Turkestan oriental déclarant son allégeance à l'Empire ottoman. La chine réagit et met fin à cet émirat dès 1877 et en 1884, le Xinjiang devient province chinoise[1].
Depuis 1884, le Turkestan oriental devenu Xinjiang, subit le colonialisme chinois de façon modéré qui laisse la population musulmane se laisser influencer par les idées nouvelles issues du panturquisme des Jeunes-Turcs et du premier Congrès des peuples d'Orient réuni à Bakou par l'Internationale communiste en 1920. Cela aboutit à la création d'une première république islamique du Turkestan oriental en 1933-1934 suivie d'une deuxième en 1944-1949 soutenue cette fois par l'URSS[1.1].
Les Huns, Tokhariens, Xiongnu, Tadjiks, Turcs (aujourd'hui principalement Ouïghours et Kazakhs), ainsi que les Mongols (principalement Oïrats), Xibe, Mandchous et Hans ont peuplé et peuplent encore en partie, cette région.
Terminologie et nationalisme contemporain
modifierLe terme « Turkestan » provient du persan signifiant littéralement « le pays des Turcs ». Cependant jusqu'à la conquête et l'unification de cette région par les Mandchous de la dynastie Qing (dernière dynastie ayant régné sur la Chine de 1644 à 1912) où elle prendra le nom de province de Xinjiang (littéralement « nouveau territoire »), on distinguait historiquement et culturellement deux régions distinctes : La Dzoungarie au Nord, composée majoritairement de steppes et peuplée de peuples nomades (Kazakhs, Dzoungares, etc.) et le bassin du Tarim au Sud, majoritairement désertique et berceau de la brillante civilisation ouïghoure médiévale, organisée autour des cités marchandes des oasis telles que Turfan et Kachgar[2].
Les termes « Turkestan oriental » ont été proposés au XIXe siècle par les turcologues russes[Lesquels ?] pour remplacer l'ancien terme non qualifié.
À compter du XXe siècle, les séparatistes ouïghours[Lesquels ?] utilisèrent cette appellation pour définir le Xinjiang dans son entier, marquant ainsi l'indépendance d'un futur État. Ce rejet du terme « chinois » provient à la fois d'une volonté de rayer la perspective d'une domination chinoise et de celle d'accentuer le rapprochement avec les groupes turcs de l'Ouest[réf. nécessaire].