Aïdarous al-Zoubaïdi

homme politique yéménite (1967-)

Aïdarous al-Zoubaïdi (arabe : عيدروس الزبيدي), né en 1967 dans le gouvernorat d'Ad Dali', est un militaire, général[1] et homme d'État yéménite d'idéologie séparatiste sud-yéménite.

Aïdarous al-Zoubaïdi
عيدروس الزبيدي
Illustration.
Aïdarous al-Zoubaïdi en 2022.
Fonctions
Vice-président du Conseil de direction présidentiel de la République du Yémen

(3 ans et 9 mois)
Président Rachad al-Alimi
Prédécesseur Ali Mohsen al-Ahmar
(vice-président de la République)
Successeur Mahmoud al-Soubeihi
Président du Conseil présidentiel du Conseil de transition du Sud

(8 ans, 7 mois et 29 jours)
Vice-président Hani ben Brik
(vice-président du Conseil présidentiel)
Prédécesseur Poste créé
Ali Salem al-Beidh
(indirectement, président de la République)
Gouverneur d'Aden

(1 an, 4 mois et 20 jours)
Président Abdrabbo Mansour Hadi
Prédécesseur Jaafar Mohammed Saad
Successeur Abdel Aziz al-Meflehi
Biographie
Nom de naissance Aïdarous Qassem al-Zoubaïdi
Date de naissance (58-59 ans)
Lieu de naissance gouvernorat d'Ad Dali', Yémen du Sud
Nationalité yéménite
Parti politique Mouvement du Sud
Chefs d'État du Yémen du Sud

Aïdarous al-Zoubaïdi
عيدروس الزبيدي
Origine Yéménite
Allégeance Résistance populaire
Mouvement du Sud
Conseil de transition du Sud
Arme Artillerie
Grade Général
Années de service 2015présent
Conflits Guerre civile yéménite
Insurrection djihadiste au Yémen

Il est, de à , gouverneur d'Aden[2]. À partir de , à la suite de son limogeage de son poste de gouverneur par le président Abdrabbo Mansour Hadi, il prend la tête d'un gouvernement sécessionniste sud-yéménite. En , il rejoint avec le Conseil de transition du Sud le gouvernement reconnu par l'ONU.

Avec le soutien des Émirats arabes unis, il conquiert l'ensemble des provinces de l'ancien Yémen du Sud entre 2018 et 2025. En , après l'offensive du sud du Yémen de 2025-2026, au cours de laquelle le Conseil de transition du sud prend le contrôle du gouvernorat de l'Hadramaout et celui de Mahra, l'Arabie saoudite ordonne au STC de se retirer des territoires récemment conquis, et exhorte les Émirats arabes unis à se retirer du Yémen. Après le retrait émirati, le gouvernement yéménite et la coalition saoudienne reprennent le contrôle de l'ensemble du territoire conquis par le STC, puis Aïdarous al-Zoubaïdi, désormais dans la clandestinité, quitte le pays après avoir été limogé du Conseil de direction présidentiel.

Biographie

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Guerre civile yéménite de 1994 et poursuite de l'engagement séparatiste

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Il naît en 1967 dans le gouvernorat d'Ad Dali'[3]. Diplômé de l'académie de l'armée de l'air d'Aden en 1988, il participe à la guerre civile yéménite de 1994 sous la bannière de la République démocratique du Yémen. Après la dissolution de celle-ci, il s'exile à Djibouti jusqu'en 1996. Il fonde alors le Mouvement pour le droit à l'autodétermination, mouvement séparatiste responsable de l'assassinat de plusieurs officiers de l'armée. Cela lui vaut d'être condamné à mort par contumace, puis d'être gracié par le président Ali Abdallah Saleh en 2010. Lors de la Révolution yéménite, son groupe revendique des attaques contre l'armée à Al-Dale[4].

Guerre civile yéménite et gouverneur d'Aden

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Il est gouverneur d'Aden de à . Il est aussi l'ancien commandant de la Résistance populaire dans le gouvernorat d'Ad Dali'[5].

Le , il échappe à un attentat lors du combat d'Aden[6]. Le , il échappe à une tentative d'assassinat[7]. Imputé à AQPA, l'attentat fait trois morts[8]. Le , il échappe de nouveau à un attentat d'AQPA[9].

Création du Conseil de transition du Sud et limogeage

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Le , il propose la création d'un conseil politique des provinces du sud, qui serait allié à la coalition commandée par l'Arabie saoudite et par le gouvernement yéménite[10]. Le , il proclame une autorité parallèle pour diriger le Yémen du Sud, le Conseil de transition du Sud[11],[12]. Le , le Conseil se réunit pour la première fois à Aden[13].

Le , il est limogé et nommé ambassadeur au ministère des Affaires étrangères[14].

En , la création d'un parlement sudiste de 303 membres est annoncée[15]. Le a lieu la séance inaugurale de l'Assemblée nationale sudiste, au cours de laquelle Ahmed Saïd ben Brik est élu président et Anis Yossouf Ali Louqman vice-président de cette chambre parlementaire[16].

Le , le Conseil de transition du Sud adresse un ultimatum de sept jours au président Abdrabbo Mansour Hadi pour limoger le gouvernement d'Ahmed ben Dagher et le remplacer par un gouvernement de technocrates, sans quoi il nommerait son propre gouvernement[17]. Le , peu après l'expiration de l'ultimatum, les séparatistes prennent le contrôle du siège du gouvernement[18].

En , le Cordon de sécurité, l'une des milices du Conseil de transition du Sud, formée par les Émirats arabes unis, attaque Aden, la capitale de fait du gouvernement yéménite (puisque les rebelles Houtis contrôlent la capitale officielle du Yémen Sanaa)[19]. Après deux jours de combats contre les troupes gouvernementales fidèles au président Hadi, alliées à l'Arabie saoudite, le Cordon de sécurité prend le contrôle de trois casernes militaires et du palais présidentiel le [19]. La prise est surtout symbolique, car le président Hadi n'y réside pas[19]. Les combats ont fait au moins 40 morts et 260 blessés, dont de nombreux civils[19]. Le lendemain, l'Arabie saoudite mène un frappe aérienne pour contraindre les séparatistes à se retirer d'une position conquise la veille[19]. Elle menace de mener de nouvelles frappes aériennes si les combattants séparatistes ne se retirent pas, mais proposent aussi de servir de médiateur entre le Conseil de transition du Sud et le gouvernement yéménite pour mener des négociations[19]. Le Conseil de transition du Sud accepte d'engager un cessez-le-feu, et assure dans un communiqué être prêt à accepter les négociations proposées par l'Arabie saoudite[19].

Le , dans la province d'Abyane, à l'est d'Aden, les séparatistes encerclent le QG des forces spéciales à Zinjibar et une caserne à al-Kaud en exigeant la reddition de soldats pro-Hadi[20],[21].

Le , le Conseil de transition du Sud proclame l'autonomie des provinces du sud du pays[22]. Le , la coalition rejette cette proclamation[23].

Le , il est nommé vice-président du Conseil de direction présidentiel par le président sortant Abdrabbo Mansour Hadi peu avant son départ du pouvoir[24].

Prise de l'intégralité du sud du Yémen, retrait des Émirats arabes unis et défaite face à la coalition saoudienne

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Chef de file du mouvement sécessionniste yéménite du Conseil de transition du Sud (CTS), il lance une offensive militaire en contre le gouvernement yéménite avec l'appui des Émirats arabes unis. Le , il déclare vouloir organiser un référendum pour déclarer l’indépendance d’un État du Yémen du Sud. Mais l'Arabie saoudite intervient avec un fort appui aérien contraignent les EAU à officiellement quitter le Yémen. Dans la nuit du 6 au , il doit quitter clandestinement le Yémen, le gouvernement yéménite le déclarant « traître »[25].

La dissolution du Conseil de transition du Sud  qui a perdu l'ensemble des territoires qu'il contrôlait  est annoncée par le secrétaire général Abdel Rahman al-Soubeïhi depuis l'Arabie saoudite. Cette annonce est rejetée par Hani ben Brik depuis Dubaï, qui affirme que l'annonce a été faite sous la contrainte. En parallèle, le ministre yéménite de la Défense, Mohsen al-Daeri, qui a accompagné la délégation séparatiste pour des pourparlers à Riyad, a été limogé par la présidence yéménite, et détenu au ministère saoudien de la Défense[26].

Liens externes

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Notes et références

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  1. « Yémen – La situation au port de Aden est sous contrôle (Gouverneur) », sur Agence Anadolu (consulté le )
  2. « Le Yémen nomme un successeur au gouverneur d'Aden assassiné par l'EI », sur L'Orient-Le Jour (consulté le )
  3. « من هو عيدروس الزبيدي؟ » (consulté le )
  4. (en) Mohammad Mansour, « Who is Aidarous al-Zubaidi? Yemen’s ‘traitor’ chief », sur Al Jazeera (consulté le ).
  5. AFP, « Hadi appoints Aidarus Al Zubaidi governor of Aden », sur Emirates 24 (consulté le )
  6. « Le gouverneur et le chef de la police d’Aden, ainsi que le gouverneur de Lahj, dans le sud du Yémen, ont échappé mardi à un attentat », sur Libération.fr (consulté le )
  7. « Yémen : le gouverneur d'Aden sort indemne d'une embuscade », sur L'Orient-Le Jour (consulté le )
  8. « Yémen: le gouverneur d'Aden échappe à un attentat imputé à el-Qaëda, 3 morts », sur L'Orient-Le Jour (consulté le )
  9. « Yémen: le gouverneur d'Aden échappe à un attentat attribué à el-Qaëda », sur L'Orient-Le Jour (consulté le )
  10. « Gulf of Aden Security Review - September 16, 2016 » (consulté le )
  11. « Yémen: des opposants créent une autorité parallèle », sur Le Figaro (consulté le )
  12. AFP, « Yémen: les deux camps rivaux rongés par les divisions », sur Libération, (consulté le )
  13. « Yemen - The Southern Transitional Council holds its first meeting in Aden. » (consulté le )
  14. Saudi Research & Marketing (uk) Ltd, « Four Ministers Appointed, One Dismissed by Presidential Order in Yemen - ASHARQ AL-AWSAT English », sur ASHARQ AL-AWSAT English (consulté le )
  15. « UAE-backed Yemen body inaugurates National Assembly », sur Middle East Monitor (consulté le )
  16. « Southern National Assembly holds first session in Aden », sur Middle East Monitor (consulté le )
  17. Reuters Editorial, « Southern Yemen separatists want Saudi-backed government overthrown », sur U.S. (consulté le )
  18. « Yémen : des séparatistes s'emparent du siège du gouvernement à Aden », sur Europe 1 (consulté le )
  19. 1 2 3 4 5 6 7 « Au Yémen, les séparatistes annoncent avoir pris le contrôle du palais présidentiel à Aden », sur france24.com, (consulté le )
  20. Yémen: les séparatistes encerclent des forces gouvernementales dans le sud, Le Figaro avec AFP, 20 août 2019.
  21. Yémen: les séparatistes du Sud prennent de nouvelles positions au gouvernement, RFI, 20 août 2019.
  22. « Yémen: les séparatistes du sud proclament l'autonomie, la crise s'aggrave encore - Le Point », sur Le Point, lepoint.fr, (consulté le ).
  23. « Yémen : la coalition saoudienne rejette la proclamation d'autonomie des séparatistes du Sud », sur France 24, FRANCE24, (consulté le ).
  24. « Au Yémen, entre trêve et bouleversement politique, l'espoir de la paix ? », sur France 24, FRANCE24, (consulté le ).
  25. « Au Yémen, la déroute des Sudistes face aux partisans de l’Arabie saoudite », sur Le Figaro.fr, Le Figaro, (ISSN 0182-5852, consulté le ).
  26. « Yémen », sur Des séparatistes présents à Riyad annoncent une « dissolution » du mouvement, LaPresseFB, (consulté le ).