Barbacane
Dans la construction, le terme de barbacane recouvre plusieurs significations.


Étymologie
modifierL'une des étymologies possibles de barbacane est bârbâk-khaneh (بارباكان), terme arabe traduisible par « galerie servant de rempart devant une porte », barbak voulant dire égout[1].
En fortification militaire
modifierFortification avancée
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Au Moyen Âge, une barbacane était un « ouvrage extérieur de fortification en maçonnerie ou en bois, percé de meurtrières, protégeant un point important, tel qu'un pont, une route, un passage, une porte »[2]. Cet ouvrage permettait à la garnison d'une forteresse de se réunir sur un point saillant à couvert, pour effectuer des sorties, pour protéger une retraite ou l'introduction d'un corps de secours. Il ne faut pas confondre la barbacane avec la bastille, ouvrage défensif de grande dimension formant un réduit indépendant et disposant donc de sa propre garnison[3].
Meurtrière
modifierDu sens d'« ouvrage extérieur de fortification en maçonnerie ou en bois, percé de meurtrières », on en est venu métonymiquement[note 1] à la « meurtrière pratiquée dans le mur de forteresses »[2], sorte de fenêtre, presque toujours ébrasée à l'intérieur, qui facilitait le tir sur l'ennemi[4].
« Il faut que les Pisans, dans un délai fort court, Soient libres dans leurs murs, l'œil à la barbacane, Pour aider les Français descendus en Toscane (François Coppée, Severo Torelli, 1883, th., p. 169)[2]. »
En architecture civile
modifierLes barbacanes (ouvertures étroites et longues pratiquées dans les murs) permettent un éclairage des rez-de-chaussée, cryptes, tours, clochers, ainsi que bâtiments agricoles (granges, celliers, écuries, étables)[4].
Dans le soutènement de terres
modifierUne barbacane est également une étroite fente verticale pratiquée dans un mur de soutènement pour faciliter l'écoulement des eaux d'infiltration provenant de la masse de terre soutenue (l'eau piégée derrière un mur accentue la poussée des terres). Dans cette acception, le terme est alors synonyme de « chantepleure[5],[6] ».
En menuiserie
modifierEn menuiserie, une barbacane désigne une ouverture longue et étroite ménagée dans le panneau d'une porte de cave pour favoriser le renouvellement de l'air et apporter de la lumière[7].
En broderie
modifierPour les brodeurs, les barbacanes étaient des ornements d'apparat décorant les caparaçons des chevaux de tournois et cortèges et les parements de lits et de sièges[4].
En génie civil et hydrologie
modifierOuverture réservée dans le mur latéral d’un aménagement hydraulique (canal par exemple), pour permettre aux eaux d’infiltration de circuler et équilibrer les pressions hydrauliques de part et d’autre du mur. Par extension on l'utilise également pour désigner un trou, une fente ou un drain dans un mur de soutènement par lequel l’eau peut s’évacuer[8].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ la partie pour le tout.
Références
modifier- ↑ « Barbacane », dans Wiktionnaire, le dictionnaire libre, (lire en ligne).
- 1 2 3 Rubrique « barbacane » dans le Trésor de la Langue Française (1960-1990).
- ↑ Stéphane Gesret, Les Remparts de Dinan, Éditions de la Plomée, , p. 12.
- 1 2 3 « Définition d'une barbacane », sur www.meubliz.com (consulté le ).
- ↑ Guy le Hallé, Précis de la fortification, Paris, PCV Éditions, 1983, p. 26 : « Ouverture étroite percée dans un mur, près du niveau du sol, pour évacuer les eaux d'infiltration. Généralement terminée par une gargouille formant gouttière. »
- ↑ Christian Lassure, « La maçonnerie à pierres sèches : vocabulaire (« lettre B ») », sur pierreseche.com, (consulté le ). « Ouverture verticale étroite réservée dans un mur de soutènement pour permettre l'écoulement des eaux d'infiltration. À dire vrai, il n'y a de barbacanes que sur des murs maçonnés avec du mortier. Dans ceux qui font l'économie du mortier, chaque interstice vertical, surtout lorsqu'il n'est pas trop resserré, joue le rôle de drain. »
- ↑ Joseph Morisot, Tableaux détaillés des prix de tous les ouvrages du bâtiment (menuiserie), Carilian, .
- ↑ « barbacane », Wikhydro dans Développement durable .
Annexes
modifierBibliographie
modifier- Eugène Viollet-le-Duc, « Barbacane », dans Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, Édition Bance - Morel, 1854-1868 (lire en ligne)