Barbe Tasse
Barbe Tasse, née en 1529 et morte le 12 août 1598 est une religieuse cistercienne qui fut la 32e abbesse[1] de l'abbaye de la Cambre.
| Abbesse de la Cambre | |
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| - | |
| Nom de naissance |
Barbe de Tassis (ou de Taxis) |
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| Activité |
| Ordre religieux |
|---|
Biographie
modifierIl se dit qu'en 1556, alors qu'elle était encore novice mais âgée de 27 ans, elle aurait fondé deux bourses de philosophie à la Pédagogie du Château de l'Université de Louvain[2].
Il est certain qu'elle est devient la 32e abbesse de l'abbaye de la Cambre et qu'elle occupe sa charge trente ans durant, du début de l'année 1563 à septembre 1593, pendant une période difficile qui comprend notamment la Révolte des Gueux, la Furie iconoclaste, le début de la Guerre de Quatre-Vingts Ans[2].
En juin 1568, le comte d'Egmont et prince de Gavre Lamoral est arrêté et exécuté publiquement ; il laisse une veuve et onze enfants que Barbe recueille à l'abbaye[2]. Le , toute sa communauté doit se réfugier à l’intérieur des murs de Bruxelles en raison des conflits religieux ; elle va y rester pendant vingt et une années, pendant lesquelles l'abbaye est incendiée (en 1581 mais l’église médiévale survit à l'événement et le complexe sera reconstruit en 1598[2].
Dans les années 1590, Barbara s'attire l'hostilité de ses consœurs, probablement en raison de son caractère autoritaire et de sa désobéissance au Chapitre général cistercien dont dépend La Cambre. Le 21 septembre 1593, l'abbé de Cîteaux Edmond de la Croix la destitue en après avoir entendu les deux parties et avoir constaté son refus obstiné de se conformer aux ordres de ses supérieurs. Il l'accuse également d'avoir endetté l'abbaye et d'avoir renoncé à divers biens, y compris des ornements d'église, sans consulter ni ses supérieurs ni ses consœurs. Barbara doit donc se retirer dans l'abbaye de Flines. Dans un premier temps, elle semble accepter sa destitution, mais elle porte ensuite plainte auprès du pape — sans succès. Après sa mort, elle est inhumée dans la salle capitulaire du monastère[2].
Dans la littérature
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Quelques documents citent Barbe Tasse qui a été élue au début de l'année 1563 comme 32e abbesse du couvent fondé en 1201 à Ixelles, au sud-est des remparts de Bruxelles, notamment :
- Le sermon dit « sur le Notre Père » émis à l'occasion de la consécration de l'église abbatiale — c'est le 27e et dernier d'un des cycles de sermons prononcés par le frère franciscain Jan Mahieu dit Johannes Mahusius et tous ces textes ont été consignés par écrit par les religieuses de l'abbaye. Explicitement dédié à Barbara de Tassis, ce prêche traitant du thème Beacius maius dare quam accipere (il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir) occupe une place particulière dans la littérature sermonnaire néerlandaise médiévale et du début de l'époque moderne, car il est formulé comme une règle de conduite concrète pour les moniales cisterciennes de La Cambre. Il a été transmis par trois manuscrits dont aucun ne provient de La Cambre : le plus ancien, conservé à la Bibliothèque royale de Belgique (Bruxelles), était à l’abbaye bénédictine de Forest, le deuxième est celui d’Audenarde, le troisième qui est conservé au musée provincial des Arts anciens du Namurois, ne comporte ni colophon ni traces de son premier propriétaire (une marque de propriétaire ultérieur et partiellement déchiffrable indique qu'il a appartenu à des Frères mineurs capucins)[2].
- En 1568, la poétesse de la Contre-Réforme, première écrivaine des Pays-Bas méridionaux à avoir fait imprimer ses œuvres, Katherina Boudewyns dédie son Schoon tractaet spreken vander excellenter deucht der discretien « Aen die Eerweerdighe Vrouwe ende seer discrete Religieuse, Vrouwe Barbara Tasse, Abdisse des cloosters ende convents vander Cameren, bij Bruessele. » (« À la révérende et très discrète religieuse, Dame Barbara Tasse, abbesse du cloître et du couvent de la Cambre, par Bruxelles) ; cet ouvrage, publié à Bruxelles chez Michiel van Hamont de cette année-là, est la traduction en néerlandais d'une œuvre en espagnol de Serafino da Fermo (1496-1520) traitant de la vertu de discrétion. »)[2].
Confusion d'identité
modifierSi Barbe Tasse est de la génération de Roger (°1513), Raymond (°1515), Léonard (°1521), fils de Jean-Baptiste (1er) de Tassis qui a acquis une grande importance comme maître des postes impériales, elle ne fait pas pour autant partie de cette famille mais constitue un exemple de confusion par la ressemblance du nom de famille d'autant que le patronyme de la famille italienne des maitres de poste s'est orthographié Tasso, Tassis, Taxis au fil du temps.
Barbe Tasse « était la fille de Philippe Tasse, marchand à Anvers et de Marguerite de Cordes, petite-fille de Jehan Tasse, marchand à Tournai et de Jeanne de Beringhes et arrière-petite-fille de Jehan Taets, dit Tasse ou Taisse, natif d'Utrecht, établi à Tournai comme marchand-épicier dans le courant du XVe siècle. (…) Au cours des récents travaux de restauration de cette abbaye, on vient de poser un vitrail portant un écu : d'azur au taisson passant d'argent, accompagné de cette inscription : « Barbe de Tassis, 1593 » ! ». L'auteur de cette remarque, parue dans le bulletin mensuel Le Parchemin de juillet 1936, Octave le Maire, docteur en droit et connu pour ses recherches sur la famille de Tassis, précise que Barbe Tasse « portait d'argent à la fasce de gueules »[3].
Bibliographie
modifier- Fernand de Ryckman de Betz, Georges Dansaert et Maurice Thibaut de Maisières, L'abbaye cistercienne de La Cambre : étude d'histoire et d'archéologie, De Nederlandsche Boekhandel, , p. 394, 461-463
- (nl) Patricia Stoop et Emily Mariën, « Johannes Mahusius' preek op het Onze Vader als gedragsregel voor de cisterciënzerinnen van Ter Kameren », Ons geestelijk erf, Anvers, Ruusbroec-Genootschap, vol. 91, nos 1-2, , p. 184-217 (lire en ligne, consulté le )
Galerie
modifier- Gravure des viviers de la Cambre au XVIe siècle
Hans Collaert, Hans Bol, Jacob Grimmer, 1530-1580.
Notes et références
modifier- ↑ Pendant 600 ans, 41 abbesses se succéderont à la tête de l'abbaye cistercienne de La Cambre.
- 1 2 3 4 5 6 7 Patricia Stoop et Emily Mariën 2021.
- ↑ Octave Le Maire (conseiller historique du Musée postal de Bruxelles), « de la Tour et Tassis », Le Parchemin (tiré à part), Gendbrugge-lez-Gand, Office généalogique et héraldique de Belgique,