Les Bargas, Bargu ou Baryu (mongol : ᠪᠠᠷᠭᠤ, VPMC : barɣu, cyrillique : Барга, MNS : Barga) et en chinois simplifié : 巴尔虎 ; chinois traditionnel : 巴爾虎 ; pinyin : bāěrhǔ) sont un peuple mongol. Leur langue, le bargu, est une variété du bouriate. Leur histoire est notamment liée à la région de Hulun Buir, en Mongolie-Intérieure, où ils sont placés sous l’administration de la dynastie Qing et organisés en bannières. Une partie des Bargas vit également en Mongolie. Bien que leur dialecte présente des similitudes avec le bouriate, les Bargas ne sont pas considérés comme des Bouriates.

Bargas
Autres
Langues bargu

Histoire

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L'origine du nom Barga est rapprochée de celle des Bayirqu, un groupe mentionné entre les VIIe et IXe siècles parmi les composantes du Khaganat ouïghour. Cette hypothèse reste toutefois incertaine. Aux XIIe et XIIIe siècles, les Bargas apparaissent comme une tribu ou un clan établi dans la vallée du Bargouzine, en Bouriatie. Ils entretiennent alors des liens avec les Mongols, notamment par des alliances matrimoniales. Selon les traditions généalogiques mongoles, Alan Gho'a, ancêtre légendaire de Gengis Khan, compte des ascendants barga[1].

À l'époque de l'Empire mongol, un chef barga nommé Ambaghai commande un tümen spécialisé dans l'utilisation des machines de siège. Durant cette période, les Barqas ne sont pas directement soumis aux Gengiskhanides. Au début de la période des Yuan du Nord, ils rejoignent la coalition des Oïrats opposée aux souverains mongols. Une partie d'entre eux se disperse alors parmi les Mongols et les Oïrats. Le principal groupe barga-khori se déplace vers l'est, entre le fleuve Argoun et les monts du Grand Khingan, où il passe sous l'autorité de la confédération des Daurs et d'Évenks. Vers 1594, une importante partie des Barga-Khoris repart vers les régions de l'Onon, de l'Ouda et de la Nertcha. Certains recherchent la protection russe et contribuent à la formation des Khori-Bouriates, tandis que d'autres restent tributaires du khan Setsen des Khalkhas[1].

À la suite des campagnes de la dynastie Qing en 1685-1689, les Bargas restés à l'est de l'Argoun sont déportés avec les Solons vers la Mandchourie. En 1732, les autorités Qing transfèrent vers les steppes de Hulun Buir un groupe de 275 soldats barga accompagnés de leurs familles. Ces Bargas, appelés « Anciens Bargas », sont intégrés aux bannières solones du flanc gauche et organisés dans le système des Huit Bannières. En 1734, des Bargas restés dans le territoire de Setsen Khan, en Mongolie khalkha, se plaignent auprès des autorités Qing du traitement qu'ils subissent de la part de l'aristocratie khalkha. Les autorités sélectionnent alors environ 2 400 hommes barga et leurs familles et les installent à Hulun Buir, à l'est des Anciens Bargas. Ce groupe forme les « Nouveaux Bargas », organisés en huit bannières réparties entre deux ailes. Les Anciens Bargas et les Nouveaux Bargas constituent ainsi deux ensembles distincts de la population barga de Hulun Buir[1].

Au XXe siècle, la présence barga en Mongolie est principalement issue de migrations politiques depuis Hulun Buir. Après l'échec de l'insurrection pan-mongoliste de l'été 1928, plusieurs centaines de Nouveaux Bargas se réfugient en Mongolie. Ils sont installés dans le sum de Gurvanzagal (en), dans la province orientale, où les Bargas constituent par la suite une importante partie de la population[1].

Organisation et mode de vie

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La société barga traditionnelle repose sur le pastoralisme nomade. Sous le régime des Huit Bannières, le mandchou sert de langue administrative et plusieurs termes mandchous entrent dans le vocabulaire bargu. Les fonctions administratives des bannières, en principe fondées sur le mérite, sont largement contrôlées par les principaux clans et se transmettent héréditairement. Les structures administratives diffèrent entre les deux groupes. Chez les Anciens Bargas, les principaux responsables des bannières sont pour la plupart des Daurs issus de Hailar, capitale de Hulun Buir. Chez les Nouveaux Bargas, ces fonctions sont principalement occupées par des Bargas[1].

Les coutumes des deux groupes présentent des différences importantes. Les Nouveaux Bargas sont davantage influencés par les Khalkhas, tandis que les Anciens Bargas vivent au contact des Évenks et des Daurs. Leurs dialectes respectifs présentent quelques différences, mais conservent des traits caractéristiques du bouriate. À l'époque contemporaine, ils subissent également l'influence du mongol enseigné en Mongolie-Intérieure ainsi que celle de populations khorchines récemment installées dans la région[1].

Sur le plan religieux, les Anciens Bargas conservent leur religion traditionnelle, notamment sous l'influence de leur environnement évenk et daur, tandis que les Nouveaux Bargas adoptent le bouddhisme et construisent plusieurs monastères. La culture littéraire des Nouveaux Bargas est fortement marquée par leur fidélité à la dynastie Qing. Une partie importante de cette production est rédigée en mandchou, tandis que le mongol classique est également enseigné. Durant l'occupation japonaise de la région, de 1932 à 1945, le mongol devient la langue officielle des Bargas. Après 1952, leur culture s'intègre davantage aux structures culturelles de la Mongolie-Intérieure. Les Anciens Bargas cessent notamment d'être placés sous la tutelle administrative des Daurs. Depuis la fin des années 1970, certains aspects de la vie religieuse et de l'organisation clanique traditionnelles connaissent un renouveau. La population rurale barga, autrefois essentiellement nomade, devient en grande partie semi-nomade et réside souvent dans des habitations fixes durant une partie de l'année[1].

Démographie

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Les trois bannières barga de Hulun Buir couvrent ensemble une superficie de 66 376 km². En 1990, leur population totale est d'environ 125 200 habitants, dont 73 600 Mongols, principalement des Bargas. Environ 72 % de ces Mongols résident dans les deux nouvelles bannières. Les villes voisines de Hailar et de Manzhouli comptent également une importante population mongole, dont une grande partie est barga selon la source. En 1990, l'élevage demeure une activité importante dans les bannières barga, qui comptent environ 1,318 million de têtes de bétail, dont 1,017 million de moutons et de chèvres. Malgré l'importante immigration chinoise à Hulun Buir, la population chinoise des territoires barga est principalement concentrée dans les centres administratifs et les zones minières. Les zones rurales restent majoritairement peuplées de Mongols. La population barga de Mongolie est estimée à environ 2 100 personnes en 1989[1].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) Christopher Pratt Atwood, Encyclopedia of Mongolia and the Mongol Empire, Facts On File, (ISBN 978-0-8160-4671-3, lire en ligne), p. 34-35

Bibliographie

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  • (en) Uradyn Erden Bulag, The Mongols at China's Edge : History and the Politics of National Unity, Lanham, Rowman & Littlefield Publishers, coll. « World social change », , 320 p. (ISBN 978-1-4616-4483-5, OCLC 48871132);