Barton Warren Stone

pasteur presbytérien puis fondateur du Mouvement de restauration américain
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Barton Warren Stone ( - ) est un pasteur et un évangéliste américain du Second grand réveil aux États-Unis. Convaincu que les confessions de foi sont des constructions humaines qui trahissent la vérité profonde contenue dans la Bible, il est l'un des fondateurs du Mouvement de restauration américain, qui voulait unir le christianisme en le rapprochant du christianisme primitif.

Barton Warren Stone
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 71 ans)
HannibalVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Cane Ridge (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Père
John Stone (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
Last Will and Testament of the Springfield Presbytery (d), Christian Messenger (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Plusieurs groupes religieux actuels plongent leurs racines dans le mouvement initié par Barton Stone. Les trois principaux sont les Églises du Christ, l’Église chrétienne (Disciples du Christ) et les Églises chrétiennes indépendantes et les Églises du Christ. Les Églises internationales du Christ, l'Église chrétienne internationale, les Églises du Christ en Australie, les Églises du Christ en Europe et l'Église chrétienne évangélique au Canada s'y rattachent également.

Biographie

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Jeunesse et éducation

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Barton W. Stone est né le près de Port Tobacco, dans le Maryland[1], dans le foyer de John et Mary Warren Stone, une famille de la classe moyenne supérieure, avec des liens avec la classe supérieure des planteurs du Maryland[1]. Le premier gouverneur protestant du Maryland, William Stone, est un de ses ancêtres et l'un des signataires de la Déclaration d'indépendance des États-Unis, Thomas Stone, est son cousin germain[1].

Mary Stone est anglicane et Barton est baptisé dans cette église[2]. Après la mort de John Stone en 1775, sa mère déménage avec sa famille dans le comté de Pittsylvania, en Virginie, en 1779, alors situé à la frontière de l'Ouest[1] et elle se joint alors à l'église méthodiste[2]. Le jeune Barton n'est pas particulièrement religieux dans sa jeunesse ; trouvant déroutante la concurrence entre les églises épiscopalienne, baptiste et méthodiste, il s'intéresse beaucoup plus à la politique[2].

Au cours de ses études au Caldwell Log College, à Greensboro, en Caroline du Nord, en 1790[3], il entend prêcher James McGready, un pasteur presbytérien évangélique[3]. Quelques années plus tard, il est lui-même ordonné pasteur presbytérien[3].

Carrière

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Barton Stone est l'un des dix-huit pasteurs presbytériens qui, avec un certain nombre de prédicateurs baptistes et méthodistes, organisent l'immense réveil de Cane Ridge de 1801 qui réunit environ 20 000 personnes. Durant typiquement deux à trois jours, ce type de réunion est directement issu de la tradition écossaise des "foires saintes" (holy fairs) ou "périodes de communion" (communion season), où elles permettent de célébrer la sainte cène une fois par an dans un contexte où le manque de pasteurs empêchait une célébration plus locale et plus fréquente. Les éléments constitutifs traditionnels de ces réunions comprenaient le « grand nombre de pasteurs, le sermon d'action, les tables, la tente, les services successifs » de la communion. Aux États-Unis, elles évoluent en camp meetings, événements qui peuvent s’étendre sur une semaine et fournir l'occasion de réveils.

Étudiant plus en profondeur les doctrines presbytériennes, en particulier la Confession de foi de Westminster, Stone pense que toutes les points de cette déclaration de foi ne sont pas véritablement fondés sur la Bible[3]. Il est en particulier en désaccord avec la formulation des doctrines calvinistes de dépravation totale, d'élection inconditionnelle et de prédestination[3]. Il croit également que « la prétendue sophistication théologique du calvinisme a été achetée au prix de divisions » et « avait produit dix sectes différentes au sein de la seule tradition presbytérienne. »[4]

En désaccord avec le synode du Kentucky à propos de la censure d'un pasteur qui se serait écarté de la doctrine de la Confession de foi de Westminster, Stone et quatre de ses collègues forment en 1803 une association indépendante, le consistoire de Springfield[5]. En 1804, le consistoire de Springfield avait attiré 15 congrégations dans l'Ohio et le Kentucky[5], ce qui inquiète ses responsables, car ils ne veulent pas créer une nouvelle dénomination ou un nouveau « parti »[5]. Le , estimant qu'ils étaient en train de créer une nouvelle secte, les pasteurs du consistoire de Springfiled décident de le dissoudre.

Pour faire connaître cette décision, ils rédigent et publient un document intitulé Le dernier testament du presbytère de Springfield[5]. Ce traité souhaite que « ce corps meure, se dissolve et s'unisse au Corps du Christ dans son ensemble ». Il exprime le désir d'une union chrétienne et identifie la Bible comme seule référence de la foi et de la pratique chrétiennes[5]. En plus de signer ce document, ils décident de ne prendre « aucun autre nom que celui de chrétiens » car c'était « le nom donné en premier lieu par l'autorité divine aux disciples du Christ »[5]. Ainsi, les anciens membres du consistoire de Springfield se présentent désormais comme l'« Église chrétienne »[6]. On estime que l’Église chrétienne comptait environ 12 000 membres en 1830[6].

D'autres dissidences, conduites notamment par James O'Kelly, Elias Smith ou Abner Jones, ont entendu parler du mouvement Stone[7]. Coopérant sans toutefois fusionner, ces groupes se sont « déclarés un » en 1810[7]. Cette communauté informelle d'églises appelée « Christian Connection/Connexion » ou « Église chrétienne » comptait environ 20 000 membres[7].

Antiesclavagisme

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En 1819, Stone s'installe avec sa famille à Georgetown, dans le Kentucky, où il a été embauché comme directeur de l'académie Rittenhouse[1] qui devient le Georgetown College en 1829. En 1834, les Stones s'installent à Jacksonville, dans l'Illinois, en partie pour pouvoir libérer les esclaves dont sa femme a hérité, ce qui n'était pas possible dans le Kentucky où ils étaient attachés au domaine par le fait du testament de sa belle-mère qui les avait placés sous le contrôle d'administrateurs[1]. Le déménagement vers un État libre permet aux Stones de les émanciper[1]. Stone est un partisan de l'abolition et un fervent partisan de l'American Colonization Society, qui encourage l'envoi de Noirs libres dans une colonie en Afrique (le Liberia)[8]. En 1833, devant le progrès trop lent des efforts de l'American Colonization Society, Stone devient partisan de l'abolition immédiate de l'esclavage[1].

Fondation du Mouvement de restauration

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Buste de Barton W. Stone, au cimetière de Cane Ridge.

De manière indépendante de Stone, le pasteur presbytérien écossais Thomas Campbell est à l'origine d'un mouvement similaire, formé à partir de 1809, date de la publication par Campbell de la Déclaration et discours de l'Association Chrétienne de Washington[9]. Suspendu de ses fonctions par le synode de l’Église presbytérienne, Campbell a organisé, dans le comté de Washington, à l'ouest de la Pennsylvanie, une « Association chrétienne de Washington »[9], constituée le en une église sous le mode de gouvernement congrégationaliste. Ayant construit un bâtiment à Brush Run, en Pennsylvanie, elle a été surnommée « Église de Brush Run »[10].

Les mouvements Stone et Campbell fusionnent en 1832[11]. Cela est officialisé à la Hill Street Meeting House à Lexington dans le Kentucky, par une poignée de main entre Stone et « Raccoon » John Smith[12], qui est choisi comme porte-parole des partisans des Campbell[13].

Le nouveau mouvement unifié a du mal à trouver un nom, chacun restant attaché à sa tradition. En conséquence, les deux noms restent en usage et une confusion sur le nom à donner au mouvement a perduré[14]. Après 1832, l’utilisation du terme « Réforme » devient fréquente parmi les dirigeants du mouvement[15]. Le terme « mouvement de restauration » devient populaire à la fin du XIXe siècle[15] et reste celui sous lequel le mouvement est le plus connu actuellement.

Fin de vie

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Tombe et obélisque de Barton Stone à Cane Ridge, Kentucky

Stone est décédé le à Hannibal, dans le Missouri, au domicile de sa fille. Son corps est enterré dans sa ferme du comté de Morgan, dans l'Illinois. Lorsque la ferme est vendue, ses descendants font réinhumer ses restes à l'église chrétienne d'Antioch, à l'est de Jacksonville. En 1847, ses restes sont à nouveau déplacés et ré-inhumés à Cane Ridge, dans le Kentucky.

Sur un obélisque de marbre, on peut lire :

L'église du Christ à Cane Ridge et d'autres amis généreux du Kentucky ont fait ériger ce monument en hommage d'affection et de gratitude à Barton W. Stone, ministre de l'Évangile du Christ et réformateur distingué du XIXe siècle. Né le 24 décembre 1772 : décédé le 9 novembre 1844. Ses restes reposent ici. Ce monument a été érigé en 1847.

Postérité et honneurs

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Références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Barton Warren Stone » (voir la liste des auteurs).
  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) Douglas Allen Foster and Anthony L. Dunnavant, The Encyclopedia of the Stone-Campbell Movement: Christian Church (Disciples of Christ), Christian Churches/Churches of Christ, Churches of Christ, Wm. B. Eerdmans Publishing, 2004, (ISBN 978-0-8028-3898-8), 854 pages, article "Stone, Barton Warren"|passage=702-717
  2. 1 2 3 Doran 1997, p. 52-53.
  3. 1 2 3 4 5 Leroy Garrett, The Stone-Campbell Movement: The Story of the American Restoration Movement, College Press, 2002, (ISBN 0-89900-909-3), (ISBN 978-0-89900-909-4), 573 pages, p. 71-73
  4. Douglas Allen Foster and Anthony L. Dunnavant, The Encyclopedia of the Stone-Campbell Movement: Christian Church (Disciples of Christ), Christian Churches/Churches of Christ, Churches of Christ, Wm. B. Eerdmans Publishing, 2004, (ISBN 0-8028-3898-7), (ISBN 978-0-8028-3898-8), 854 pages, article "Calvinism", p. 110
  5. 1 2 3 4 5 6 Douglas Allen Foster and Anthony L. Dunnavant, The Encyclopedia of the Stone-Campbell Movement: Christian Church (Disciples of Christ), Christian Churches/Churches of Christ, Churches of Christ, Wm. B. Eerdmans Publishing, 2004, (ISBN 0-8028-3898-7), (ISBN 978-0-8028-3898-8), 854 pages, article Springfield Presbytery, p. 696-697
  6. 1 2 McAlister, Lester G. and Tucker, William E. (1975), Journey in Faith: A History of the Christian Church (Disciples of Christ), St. Louis, Chalice Press, (ISBN 978-0-8272-1703-4), p. 80-82
  7. 1 2 3 Douglas Allen Foster and Anthony L. Dunnavant, The Encyclopedia of the Stone-Campbell Movement: Christian Church (Disciples of Christ), Christian Churches/Churches of Christ, Churches of Christ, Wm. B. Eerdmans Publishing, 2004, (ISBN 0-8028-3898-7), (ISBN 978-0-8028-3898-8), 854 pages, entry on Christian Connection, p. 190
  8. Olbricht 2003.
  9. 1 2 McAlister et Tucker 1975, p. 108–111.
  10. McAlister et Tucker 1975, p. 117.
  11. Davis 1915, p. 86.
  12. Davis 1915, p. 116–120.
  13. Davis 1915, p. 116.
  14. McAlister et Tucker 1975, p. 27–28.
  15. 1 2 Foster et al. 2004, p. 551. , 'Names of the Movement'

Bibliographie

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  • (en) M. M. Davis, How the Disciples Began and Grew, A Short History of the Christian Church, Cincinnati, The Standard Publishing Company, (lire en ligne)
  • (en) Adron Doran, Restoring New Testament Christianity: Featuring Alexander Campbell, Thomas Campbell, Barton W. Stone, and Hall L. Calhoun, 21st Century Christian, (ISBN 9780890981610, lire en ligne)
  • (en) Douglas A. Foster, Paul M. Blowers, Anthony L. Dunnavant et D. Newell Williams, The Encyclopedia of the Stone-Campbell Movement L'Encyclopédie du mouvement Stone-Campbell »], Grand Rapids, Michigan., Wm. Société d'édition B. Eerdmans (ISBN 0-8028-3898-7)
  • (en) Winfred Earnest Garrison et Alfred T. DeGroot, The Disciples of Christ, A History 'Les disciples du Christ, une histoire »], Saint-Louis, Missouri, The Bethany Press,  
  • (en) Lester G. McAlister et William E. Tucker, Journey in Faith: A History of the Christian Church (Disciples of Christ) Voyage dans la foi : une histoire de l'Église chrétienne (Disciples du Christ) »], Saint-Louis, Chalice Press, (ISBN 9780827217034)
  • (en) T. H. Olbricht, Stone, Barton W. , in Biographical Dictionary of Evangelicals, Leicester, Angleterre / Downers Grove, Illinois, USA, InterVarsity Press, (ISBN 9780830829255)
  • (en) James B. North, Union in Truth: An Interpretive History of the Restoration Movement Union dans la vérité : une histoire interprétative du mouvement de restauration »], Standard Pub, , 416 p. (ISBN 978-0784701973)
  • (en) Earl Irvin West, The Search for the Ancient Order, vol. 1, Gospel Light Publishing Company, (ISBN 0-89225-154-9)

Liens externes

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