Basilique-cathédrale Saint-Thomas de Madras

bâtiment religieux en Inde

La basilique-cathédrale Saint-Thomas est une église sise en bord de mer (sur le golfe du Bengale) à Santhome, localité incluse dans le quartier de Mylapore à Madras en Inde. Dans une crypte sous l'autel principal se trouve le tombeau présumé de l’apôtre saint Thomas. Un premier édifice portugais construit au XVIe siècle a été remplacé par une église néo-gothique construite en 1893. Elle est depuis 1952 la cathédrale de l'archidiocèse de Madras-Mylapore[1], ayant le titre de basilique mineure (1956)[1] et de sanctuaire national (2006)[1].

Basilique-cathédrale Saint-Thomas
Une église néo-gothique toute blanche (les toits de tuiles oranges du bâtiment sont rendus très peu visibles par l’architecture), peu haute (deux niveaux) et peu large mais assez longue, avec une tour à base carrée adjacente surmontée d’une flèche à base octogonale.
Vue générale de la basilique-cathédrale.
Présentation
Nom local Santhome basilica
Culte catholicisme
Type cathédrale, basilique, sanctuaire national
Rattachement archidiocèse de Madras-Mylapore
Début de la construction 1893
Fin des travaux 1896
Style dominant néo-gothique
Site web Site officiel
Géographie
Pays Drapeau de l'Inde Inde
État Tamil Nadu
Ville Madras
Coordonnées 13° 02′ 01″ nord, 80° 16′ 40″ est
Géolocalisation sur la carte : Inde
(Voir situation sur carte : Inde)
Basilique-cathédrale Saint-Thomas
Géolocalisation sur la carte : Tamil Nadu
(Voir situation sur carte : Tamil Nadu)
Basilique-cathédrale Saint-Thomas
Géolocalisation sur la carte : Madras
(Voir situation sur carte : Madras)
Basilique-cathédrale Saint-Thomas

L’apôtre saint Thomas

modifier

Suivant une tradition ancienne et solide mais archéologiquement non prouvée, l’apôtre saint Thomas est venu en Inde vers l’année 52 après Jésus-Christ. Il y visite la communauté juive de Cochin et établit des communautés chrétiennes au Kerala. Passant sur la côte de Coromandel (sur le golfe du Bengale), il est reçu à Mylapore, capitale d'un petit royaume tamoul. Il meurt vers 72, assassiné « en haine de la foi » en étant percé de lances alors qu'il priait sur une colline à quelques kilomètres au sud de Mylapore (appelée aujourd’hui « mont Saint-Thomas »).

Dans la crypte : le tombeau de saint Thomas.

Première église de Mylapore

modifier

Juste après sa mort, son corps est recueilli par sa communauté locale et inhumé à Mylapore, à l'intérieur d'une chapelle ou petite église qu'il avait lui-même bâtie. Un pot contenant de la terre, probablement humidifié par son sang et la lance avec laquelle il a été transpercé sont également enterrés dans sa tombe.

Lorsque les Portugais y établissent un comptoir commercial, ils construisent au XVIe siècle une église plus importante avec le soutien du pape Jean III incorporant le tombeau de l’apôtre de l’Inde qui se trouve aujourd'hui dans la crypte de la cathédrale. À l'intérieur se trouve une partie de ses os et la tête de la lance[2]. Ses autres reliques se sont réparties entre Édesse au IIIe siècle, plus tard sur l’île grecque de Chios, et au XIIIe siècle à la basilique Saint-Thomas-Apôtre d'Ortona en Italie[3].

En accord avec le roi du Portugal, le pape Paul V crée le diocèse de Mylapore en 1606, qui est alors sous la juridiction religieuse portugaise du « Padroado ». De ce fait, l'église de Santhome est élevée au rang de cathédrale comme siège de l'évêque de Mylaporer[3].

En 1893, l’église portugaise est démolie et reconstruite par des architectes anglais en style néo-gothique. C’est l’édifice que l’on voit aujourd’hui.

La nef de la basilique.

Cathédrale et basilique

modifier

En 1886, lorsque la hiérarchie religieuse catholique est établie en Inde, l’église de Mylapore devient officiellement la cathédrale du nouveau diocèse de Madras. Les autorités portugaises refusent la suppression du régime de « Padroado ». Cela entraîne un schisme qui ne trouve son dénouement que dans le concordat signé en 1940 entre le Saint-Siège et le Portugal. Les diocèses de Madras (le nouveau) et de Mylapore (l’ancien) sont alors amalgamés pour devenir l’archidiocèse de Madras-Mylapore (1952), dont l’église-sanctuaire de Saint-Thomas devient la cathédrale. Celle-ci est bâtie à la fin du XIXe siècle. Sa construction commence en 1893. Le , elle est consacrée solennellement par Mgr Reed da Silva, évêque de Madras, assisté de l'évêque de Dacca, Mgr Pierre-Joseph Hurth.

Étant donné son importance religieuse et historique, et considérant le fait que le sanctuaire de saint Thomas attire de nombreux pèlerins, Pie XII élève en 1956 la cathédrale au rang de basilique mineure. Pour la même raison, la Conférence des évêques catholiques d'Inde donne à la basilique le statut de sanctuaire national en 2006[1],[4].

Architecture

modifier
Statue de Jésus crucifié au maître-autel.

L'église est construite avec un plan en croix latine. La structure blanchie à la chaux à deux étages est dominée par une flèche de 47 m de haut, et qui sert de clocher. Une autre flèche plus petite est construite à la croisée du transept qui marquait à l’origine l’emplacement de la tombe du saint apôtre[3].

Tout l'extérieur de l'édifice d'un blanc éclatant se lie avec le ciel très souvent bleu rappelant les couleurs attribuées à la Vierge Marie. La façade est encadrée par deux tours octogonales et des flèches néo-gothiques. Au rez-de-chaussée, ce sont trois grands portails d'entrée en forme d'arcs ogivaux avec à l'étage trois fenêtres géminées. Un pignon triangulaire central surmonte le portail, longé par une série de pinacles et d'éléments décoratifs sculptés. Les lignes élancées accentuent la verticalité de l'édifice, rappelant les grandes cathédrales européennes tout en s'intégrant au paysage tropical de la côte de Coromandel[3].

N.-D. de Mylapore (Mylai Matha), ancienne statue portugaise.

À l'intérieur, la nef est surmontée d'un plafond en bois de teck voûté, rythmée par 14 piliers en bois illustrant les derniers jours du Christ, dans une lecture proche d'un Chemin de croix[4]. De chaque côté, des portes en arc s’ouvrent sur des vérandas couvertes. Au-dessus se trouvent des vitraux et des fenêtres en claire-voie provenant du célèbre studio Mayer & Co. de Munich. Derrière le maître-autel, un grand vitrail en arc pointu représente l’apôtre saint Thomas touchant la plaie du flanc de Jésus ressuscité. Cette scène évangélique donne tout son sens au lieu. Une statue en bois de Jésus sur la Croix trône également au niveau de l'autel[3].

Accessible à l'arrière de l'église, on trouve le tombeau de l'apôtre saint Thomas dans la crypte, l'un des trois seuls sanctuaires au monde érigés sur la tombe d'un apôtre de Jésus (avec Saint-Pierre au Vatican et Saint-Jacques-de-Compostelle). La basilique conserve aussi une statue de la Vierge Marie d'environ 90 cm, apportée du Portugal en 1543, qui compte parmi les plus anciennes images mariales du Sud de l'Inde[4].

Notes et références

modifier
  1. 1 2 3 4 (en) « St. Thomas Cathedral Basilica » [« Cathédrale-basilique Saint-Thomas »], sur gcatholic.org (consulté le ).
  2. ↑ (en) St. Thomas – The Apostle, Archeparchy Of Kalyan.
  3. 1 2 3 4 5 [(en) « Relics, Rituals, and Later Refurbishments: Chennai’s Santhome Church », Asia Research News.
  4. 1 2 3 Basilique Saint Thomas, India Holidays.

Voir aussi

modifier

Articles liés

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes

modifier