Bassar

ville du Togo

Bassar est une ville située dans le centre du Togo. Elle est le chef-lieu de la préfecture de Bassar.

Bassar
Bassar
Palais royal de Bassar
Administration
Pays Drapeau du Togo Togo
Région Région de la Kara
Indicatif téléphonique international +(228)
Fuseau horaire UTC +0
Démographie
Population 64 888 hab. (2006)
Densité 782 hab./km2
Géographie
Coordonnées 9° 15′ 39″ nord, 0° 46′ 48″ est
Altitude 299 m
Min. 291 m
Max. 320 m
Superficie 8 300 ha = 83 km2
Localisation
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Elle se situe dans la région de la Kara et compte 64 888 habitants en 2006.

Histoire

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Peuplement et formation politique

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Les recherches historiques et anthropologiques décrivent le peuplement du pays bassar comme le résultat d'un processus ancien de brassage entre plusieurs groupes. Les Bassar parlent le ncam, une langue du groupe gurma appartenant à la famille des langues oti-volta[1].

Les travaux consacrés à l'histoire du peuplement indiquent que l'organisation politique de Bassar s'est constituée autour du clan Nataka, détenteur de la chefferie. Ce clan est lui-même décrit comme composite, résultant de l'intégration de groupes d'origines diverses. Plusieurs lignages associés aux localités de Kibédipou, Dikpakparé et Nangbani se présentent comme anciens dans la formation de l'agglomération[2].

L'autorité de la chefferie de Bassar ne s'étendait toutefois pas uniformément sur l'ensemble du pays bassar. Des localités telles que Bandjéli, Bitchabé, Dimori, Bapuré, Kabou ou Kalanga conservèrent longtemps une importante autonomie politique. À la veille de la conquête coloniale, l'ensemble bassar apparaissait ainsi comme un espace composé de plusieurs communautés et centres de pouvoir, malgré l'existence d'une chefferie centrale à Bassar[2].

Métallurgie ancienne du fer

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Le pays bassar constitue l'un des principaux anciens centres sidérurgiques connus du Togo. Les recherches archéologiques menées notamment par Philip de Barros ont mis en évidence une longue tradition d'extraction du minerai, de réduction et de forgeage du fer. Selon le Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO, certains sites métallurgiques du pays bassar remontent au Ve siècle avant notre ère, avec des activités attestées autour de 400 av. J.-C., et la tradition sidérurgique s'est poursuivie jusqu'au milieu du XXe siècle[3].

Les vestiges comprennent des hauts fourneaux, des bases de fourneaux, des amas de scories, des mines, des installations de concassage et des forges. Ils sont répartis dans plusieurs localités du pays bassar, notamment Bandjéli, Nangbani, Binaparba, Bitchabé, Kabou et Tabalé[3]. Ces sites ont été inscrits sur la liste indicative du patrimoine mondial du Togo en 2021.

Ces vestiges attestent l'ancienneté de la métallurgie du fer dans le pays bassar, où certaines activités sidérurgiques sont documentées dès le Ve siècle avant notre ère et se sont poursuivies pendant plus de deux millénaires[3].

Conquête coloniale et résistances

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À la fin du XIXe siècle, la pénétration allemande dans le nord du Togo rencontre plusieurs résistances en pays bassar et dans les territoires voisins. Après l'établissement de l'autorité coloniale allemande dans la région, plusieurs affrontements opposent les troupes coloniales aux populations locales[4].

L'un des épisodes les plus meurtriers se déroule à Binaparba en 1897. Après qu'un tirailleur de l'expédition conduite par l'administrateur allemand Hans Gruner eut été blessé, les troupes allemandes ouvrirent le feu sur la population. Les sources historiques reprises par Stéphan Dugast font état de 79 morts et 20 blessés[1].

La résistance se poursuit dans la partie septentrionale du pays bassar et dans l'espace konkomba. En mai 1897, le poste de Bapuré est attaqué et le détachement de Gruner tombe dans une embuscade au cours de laquelle plusieurs soldats sont tués. Les opérations militaires s'étendent notamment vers Katchamba et les territoires konkomba, obligeant l'administration allemande à multiplier les postes militaires et les expéditions avant de parvenir à imposer durablement son autorité[1].

Ces affrontements font du pays bassar et des territoires voisins du nord du Togo l'un des principaux espaces de résistance à l'implantation de l'administration coloniale allemande à la fin du XIXe siècle[5].

Dominée par des montagnes arides, sillonnée de rivières, la ville de Bassar offre de splendides panoramas sur une zone de savanes arborées.

La ville compte un club de football, le Gbikinti Club de Bassar.

Culture

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T'bol, la danse du feu.

La région est réputée pour être le centre de la culture des ignames. Chaque année la fête des ignames, D'pontr/N'dack (fête des moissons), marque en pays Bassar et Konkomba le début d'une nouvelle année. Ils pratiquent aussi la danse du feu communément appelé T'bol.La région recèle aussi de magnifiques hauts fourneaux qui attestent du travail ancestral du fer dans la région.

Architecture

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Bassar possède des bâtiments modernes. Néanmoins, il possède surtout des maisons en terre cuite, comme la plupart des pays africains.

La langue parlée est le Ntcham (Ncam) une langue nigéro-congolaise. Elle est classée dans le groupe des langues gurma de la branche gour des langues oti-volta.

Personnalités liées au pays bassar

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Vie politique, administration et diplomatie

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  • El-Hadj Abass Bonfoh (1948-2021), né à Kabou, ancien président de l'Assemblée nationale et président de la République par intérim en 2005.
  • Kafui Adjamagbo-Johnson, juriste, universitaire et femme politique née à Bassar, première femme candidate à une élection présidentielle au Togo.
  • Kofi Yamgnane, ingénieur et homme politique franco-togolais né à Bassar, ancien secrétaire d'État français et député du Finistère.
  • Bitokotipou Yagninim (1941-2026), né à Bassar, homme politique et diplomate, ancien ministre de la Justice, ministre de la Défense nationale, ministre du Travail et de la Fonction publique, ambassadeur du Togo en France et sénateur.
  • Charles Kondi Agba (1948-2022), né à Kabou, professeur, médecin vétérinaire, diplomate et ancien ministre ayant notamment exercé les fonctions de ministre de la Santé, de l'Agriculture et de l'Enseignement supérieur.
  • Ninsao Gnofam, originaire de Binaparba, ancien ministre de la Fonction publique, des Transports, des Travaux publics puis des Infrastructures et des Transports.
  • Israël Binguitcha-Faré Kpandja, ingénieur né à Bassar, ancien ministre et ancien directeur général de la société nationale chargée de l'eau.
  • Tchin Darré, médecin et professeur d'université né à Kabou, ancien ministre de la Santé et de l'Hygiène publique puis ministre délégué chargé de la Santé.
  • Abira Bonfoh, entrepreneuse, écrivaine et ancienne députée à l'Assemblée nationale togolaise.

Forces armées

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  • Zakari Nandja, général de brigade aérienne, ancien chef d'état-major général des Forces armées togolaises et ancien ministre d'État.
  • Essofa Bassabi Bonfoh, général, ancien chef d'état-major général des Forces armées togolaises.
  • Zoumaro Gnofame, général de brigade, ancien ministre et ancien responsable du mouvement sportif togolais.
  • Tassounti Djato, général de brigade aérienne et pilote de chasse, ancien chef d'état-major de l'Armée de l'air puis chef d'état-major général des Forces armées togolaises ; élu sénateur dans la circonscription de Bassar en 2025.

Sciences, université et justice

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  • Issa Takassi (1943-2024), linguiste et professeur d'université originaire de Kabou, ancien doyen de la Faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Lomé.
  • Sey-Sandah Lantam-Ninsao (1943-2025), juriste et universitaire né à Bitchabé, ancien secrétaire général de l'Assemblée nationale.
  • Kodjo Gnambi Garba, magistrat originaire de Kabou, ancien procureur général près la cour d'appel de Lomé et avocat général à la Cour suprême du Togo.

Arts et culture

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  • Ambroise Ouyi Tassane (1946-2009), auteur-compositeur-interprète né à Kabou, surnommé le « Rossignol des monts Bassar ».
  • Ali Bawa (1950-2019), auteur-compositeur, interprète, conteur et poète né à Bassar, figure de la promotion de la culture et de la langue bassar.

Notes et références

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  1. 1 2 3 Stéphan Dugast, Rites et organisation sociale : l'agglomération de Bassar au Nord-Togo (Thèse de doctorat en anthropologie sociale et ethnologie), École des hautes études en sciences sociales, (lire en ligne)
  2. 1 2 Nicoué Lodjou Gayibor (dir.), Histoire des Togolais : Volume I, Des origines à 1884, Lomé, Presses de l'Université du Bénin, , 443 p. (ISBN 2-909886-26-3, lire en ligne)
  3. 1 2 3 « Sites de la métallurgie ancienne du fer de Bassar », sur Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO (consulté le )
  4. UNESCO Centre du patrimoine mondial, « Sites de la métallurgie ancienne du fer de Bassar », sur UNESCO Centre du patrimoine mondial (consulté le )
  5. Stéphan Dugast, Rites et organisation sociale : l’agglomération de Bassar au Nord-Togo, (lire en ligne)

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Maurice Piraux (et Muriel Devey), « Bassar », in Le Togo aujourd'hui, Éditions du Jaguar, Paris, 2010 (nouvelle éd.), p. 116-118 (ISBN 978-2-86950-451-6)

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