Kafui Adjamagbo-Johnson

candidate à l’élection présidentielle togolaise de 2010

Kafui Dabri Brigitte Adjamagbo-Johnson, née le à Bassar, est une juriste, enseignante chercheure, femme politique et une militante des droits de l'homme togolaise, première femme candidate à une élection présidentielle au Togo en 2010.

Biographie

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Kafui Adjamagbo-Johnson est née le à Bassar, une localité située au nord-ouest du Togo[1]. Elle est née de Paul Adjamabgo (médecin) et de Adote Comélie (sage-femme)[1],[2]. Elle évoque un souvenir d'enfance à quatre ans environ, elle est choisie pour offrir un bouquet de fleurs au président Sylvanus Olympio lors d'une visite officielle à Bassari ( Bassar) en 1962, moment qu'elle décrit comme un premier signal de destin public. Elle fait ses études primaires, secondaires et universitaires au Togo; où elle obtient une maîtrise en sciences juridiques en 1983[2]; avant de s’envoler pour Paris où elle décroche un DEA en droit privé à l'université de Paris V, Malakoff, puis un second DEA en droit privé et droit comparé, option droits africains puis son doctorat avec une thèse en 1986 sur le droit des successions au Togo à l'université de Paris I Panthéon Sorbonne[3],[4].

Revenue au Togo, elle entame une carrière d’enseignante à l'École supérieure des carrières juridiques et administratives (ESACJ), l'actuelle faculté de droit de l'université de Lomé, d’abord comme vacataire, puis assistante titularisée en 1988[2].

Parcours politique

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La carrière politique Kafui Adjamagbo-Johnson démarre aux lendemain du avec l'obtention de son doctorat en droit et son engagement dans la CDPA étant membre fondatrice[2]. Élue au poste de Rapporteur général du Bureau provisoire de la conférence nationale souveraine en 1991, elle est surnommée « le président me charge de vous dire[2] ». Elle décroche vite des postes importants dans la politique[1]. Elle siège au Haut conseil de la République (HCR), au Parlement de transition[1], avant d’être nommée ministre du Bien-Être social, des Droits de l’homme et de la Solidarité nationale dans le premier gouvernement de transition[5] Sortie du gouvernement, elle crée avec des femmes venant de tous horizons politiques le Groupe d’action et de réflexion femmes, démocratie et développement (GF2D), dont elle est la secrétaire générale jusqu’en 1997[1].

En , elle est la première femme candidate à l’élection présidentielle au Togo[6],[7]. Depuis , est la secrétaire générale de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA), un parti d'opposition[8].

En 2010, elle participe à la coordination de la Coalition arc-en-ciel, regroupant plusieurs partis d’opposition. Entre 2017 et 2020, elle est coordinatrice de la Coalition des 14 partis (C14), issue des contestations des réformes constitutionnelles, où elle organise mobilisations et négociations. De 2020 à 2023, elle est coordinatrice de la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK), soutenant la candidature de Agbéyomé Kodjo.

En , elle est interpellée une première fois puis libérée sous contrôle judiciaire. Le , elle est de nouveau arrêtée et détenue pour des accusations liées à la sécurité intérieure, avant d’être libérée le , puis placée sous contrôle judiciaire. Ces événements suscitent de vives réactions d’ONG et de défenseurs des droits humains. Depuis 2024, en désaccord stratégique avec Monseigneur Kpodzro et Agbéyomé Kodjo, elle quitte la DMK et cofonde la Dynamique pour la majorité du peuple (DMP).

Lors des élections législatives de 2024, la DMP obtient un seul siège de député, qu’elle occupe, devenant la seule femme élue de cette liste. Elle est alors décrite par certains médias comme une « lionne » de l’hémicycle[9],[10].

Militante des droits humains

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Parallèlement à la politique, elle milite pour la démocratie et les droits de l'homme dans plusieurs organisations de la société civile : Non-Violence et Démocratie et le Collectif des associations féminines (CAF)[1].

Son engagement ne s’arrête pas au Togo et à ce titre elle a occupé plusieurs autres postes de responsabilité, comme cofondatrice et secrétaire générale du GF2D de 1993 à 1997 ainsi que coordinatrice du WILDAF-AO (Women in Law and Development in Africa - Afrique de l'Ouest) d' à [11]. A ce titre, elle structure des réseaux nationaux, conçoit, suit et évalue des programmes, et mène du plaidoyer pour la reforme des lois et politiques au niveau national et continental[11].

Elle joue un rôle notable dans le plaidoyer panafricain (2003-2004) qui conduit a l'adoption par l'union africaine du protocole a la charte africaine relatif au droit des femmes (dit Protocol de Maputo) et ses campagnes de ratification (SOAWR).[réf. nécessaire]

De 2004 à 2006, elle est la première présidente du Forum de la société civile de l'Afrique de l’Ouest (FOSCAO)[12].

Son témoignage public insiste sur un féminisme encré dans les réalités africaines : formation des jeunes filles, combat contre les discriminations, justice sociale, égalité, tolérance et solidarité[11].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 « Brigitte Kafui ADJAMAGBO-JONHSON (Femme politique) », sur www.alome.com (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 « ADJAMAGBO Johnson Brigitte - Le Monde féminin », (consulté le )
  3. Les Successions au Togo : réalisme d'un code, réalités loméennes, thèse de 3e cycle, 1986 .
  4. « Adjamagbo, Kafui (1958-....) » [archive du ], sur www.idref.fr (consulté le )
  5. « Togo-Portrait: Kafui ADJAMAGBO JOHNSON, farouche conquérante du pouvoir ! », Societé Civile Médias, (consulté le ).
  6. « Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, première candidate à une élection présidentielle », Jeune Afrique, .
  7. (en) « POLITICS-TOGO: First Female Presidential Candidate », sur www.ipsnews.net (consulté le ).
  8. « Brigite Adjamagbo-Johnson sur RFI : «Il y a un problème de gouvernance» au Togo » », RFI, .
  9. « Un siège et des indemnités », sur République Togolaise (consulté le ).
  10. « Il appartient à Faure Gnassingbé de savoir sortir par la grande porte », sur JeuneAfrique.com (consulté le )
  11. 1 2 3 « Kafui Adjamagbo-Johnson », sur African Feminist Forum, (consulté le ).
  12. (en) Kafui Adjamagbo-Johnson et Kafui Kuwonu, Effective implementation of women's rights in West Africa: what responsibilities for judicial and extra judicial stakeholders? case study: Benin, Burkina Faso, Ghana, Mali, Nigeria, Senegal and Togo, Wildaf Publications, , 62 p..

Voir aussi

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