Bassariscus astutus
Bassaris (Stricto sensu), Bassaris rusé, Bassaris nord-américain, Chat à queue annelée
Répartition géographique
- Bassaris astuta H. Lichtenstein, 1830 (Protonyme)[1]
- Mustela astuta de Blainville, 1842[1]
- Bassaris raptor S. F. Baird, 1859[1]
- Bassaris astuta Var. fulvescens J. E. Gray, 1865[1]
- Bassariscus astutus flavus Rhoads, 1894[1]
- Bassariscus flavus oregonus Rhoads, 1894[1]
- Bassariscus astutus J. A. Allen, 1896[1]
- Bassariscus saxicola C. H. Merriam, 1897[1]
- Bassariscus astutus raptor C. H. Merriam, 1899[1]
- Bassariscus albipes D. G. Elliot, 1904[1]
- Bassariscus astutus insulicola E. W. Nelson & E. A. Goldman, 1909[1]
- Bassariscus astutus palmarius E. W. Nelson & E. A. Goldman, 1909[1]
- Bassariscus astutus nevadensis G. S. Miller, 1913[1]
- Bassariscus astutus octavus E. R. Hall, 1926[1]
- Bassariscus astutus arizonensis E. A. Goldman, 1932[1]
- Bassariscus astutus consitus E. W. Nelson & E. A. Goldman, 1932[1]
- Bassariscus astutus yumanensis Huey, 1937[1]
- Bassariscus sonoitensis Skinner, 1942[1]
- Bassariscus astutus bolei E. A. Goldman, 1945[1]
- Bassariscus astutus willetti Stager, 1950[1]
- Bassariscus astutus astutus G. S. Miller & R. Kellogg, 1955[1]
- Bassariscus astutus saxicola G. S. Miller & R. Kellogg, 1955[1]
- Bassariscus astutus macdougalli G. G. Goodwin, 1956[1]
Bassariscus astutus, le Bassaris au sens strict, mais plus spécifiquement désigné sous le nom de Bassaris rusé ou encore Bassaris nord-américain, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des procyonidés. Petit carnivore au corps souple dont l’apparence rappelle celle de la genette, du renard, mais surtout du chat, en témoigne son nom anglais de ring-tailed-cat, « Chat à queue annelée », il se distingue par une longue queue touffue ornée d'anneaux noirs et blancs. Originaire d'Amérique du Nord, le Bassaris rusé est principalement inféodé aux milieux rocheux, aux canyons et aux zones d'éboulis, s'étendant du sud-ouest des États-Unis jusqu'au Mexique. Animal essentiellement nocturne et solitaire, il a développé des capacités physiques remarquables, telles qu'une grande agilité à l'escalade, et des adaptations physiologiques lui permettant de survivre dans des milieux arides. Bien que son exploitation pour sa fourrure ait marqué son histoire, il est aujourd'hui une espèce largement répandue et classée comme de « préoccupation mineure » par l'UICN, occupant une place symbolique dans le patrimoine naturel de certains États américains, comme l'Arizona.
Dénominations
modifier- Nom scientifique valide : Bassariscus astutus (Lichtenstein, 1830) selon Mammal Diversity Database ()[1] ;
- Nom normalisé anglais : Ringtail ;
- Nom vulgaire typique et recommandé en français : Bassaris rusé[2],[3][4] ;
- Autres noms vulgaires : Bassari rusé[5], Bassaride rusée[5], Bassarisque rusé [6], Bassaris nord-américain[4], Chat à queue annelée[7] ;
- Noms vernaculaires : Bassaris[3], Bassaride[5], Bassarisque[6], Ringtail, Cacomistle[8], Cacamizli[9],[3], Genette-furet [10].
Étymologies
modifierBassaris est un terme du grec ancien bassar (renard) et isc (petit), à cause de son apparence et de la forme de sa tête notamment[11],[12] . En anglais ils sont parfois désignés sous le nom de raccoon-fox (« renard-raton »). Et Bassaricus est juste suivi du diminutif latin -iscus [13].
L’épithète spécifique astut (astutus au masculin, astuta au féminin) sont francisées par « astucieux », mais traduit par « rusé » dans les noms de l’espèce[11]. Hinrich Lichtenstein indique que ce nom lui est inspiré par le récit de son explorateur M. Deppe concernant le comportement de l'animal, qui chasse furtivement les oiseaux[12].
Le nom de ringtail signifie « queue annelée », il s’agit d’une modification du nom plus ancien ringtailed-cat, « chat à queue annelée ». En anglais ce terme s’emploie que pour l’espèce d’Amérique septentrionale.
Cacamizli est Cacomixtle sont des terminologies vernaculaires d’origine Aztèque en langue nahuatl tlahcomiztli qui signifie « demi-chat » ou « demi-puma »[14]. En espagnol il s’agit aussi d’une expression signifiant « voleur agile »[11]. Ces deux termes sont apparentés par la sens et peuvent désigner l’une ou l’autre des deux espèces de Bassaris. Mais le nom Cacomixtle tend plutôt à désigner le Bassaris de Sumichrast (Bassariscus sumichrasti) qui vit en Amérique centrale.
Taxonomie
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Dans son ouvrage publié en 1830 intitulé Erläuterungen der Nachrichten des Franc. Hernandez von den vierfüssigen Thieren Neuspaniens, Hinrich Lichtenstein décrit et formalise scientifiquement le bassaris en s'appuyant sur les récits historiques du naturaliste Francisco Hernández qui décrivait l'animal au XVIe siècle sous les noms de Cacamiztli ou Tepe-Maxtlaton. Lichtenstein entreprend d'élucider et d'expliquer les descriptions d'animaux du Mexique faites par Hernández, constatant que cette forme particulière de carnivore intermédiaire entre la genette/viverridé (Viverra) et le coati (Nasua) avait échappé à l'attention des naturalistes modernes depuis des siècles, faute de spécimens parvenus en Europe. En se basant sur la morphologie décrite (tête et position des yeux rappelant le renard), il crée le genre Bassaris. Lichtenstein complète l'étude en s'appuyant sur des spécimens physiques pour détailler la couleur du pelage, gris-noirâtre sur le dos, roussâtre sur les flancs, ainsi que la queue annelée de 13 à 14 bandes alternées de noir et de blanc [12].
Cependant, le nom Bassaris était déjà préoccupé comme synonyme pour désigner les vanesses (des papillons de la famille des Nymphalidae du genre Vanessa) par l’entomologiste allemand Jacob Hübner depuis 1821. Le nom Bassaris a alors été remplacé par le nom Bassariscus par Elliott Coues en 1887[15].
Phylogénie
modifierPlusieurs études moléculaires récentes ont permis d'établir les relations phylogénétiques entre les procyonidés, notamment les Bassaris, illustrées dans le cladogramme ci-dessous[16],[17],[18] :
| Procyonidae |
| ||||||||||||||||||||||||||||||
Sous-espèces
modifierEntretemps, deux autres spécimens ont été décrits, Bassaris raptor en 1859 dans un premier temps décrit comme une nouvelle espèce, ainsi que fulvescens, décrit comme une variété du Bassaris rusé par John Edward Gray en 1865. Le première sous-espèce décrite et officiellement retenue fut B. a. flavus en 1893[19]. Toutes les autres furent décrites dans le courant du XXème siècle.
| Sous-espèce nom et auteur | Description / Aire de répartition | Synonymes |
|---|---|---|
| Bassariscus astutus arizonensis Goldman, 1932 |
||
| Bassariscus astutus astutus (Lichtenstein, 1830) |
Forme nominale | Liste
Bassaris astuta H. Lichtenstein, 1830
Mustela astuta de Blainville, 1842 Bassaris astuta Var. fulvescens J. E. Gray, 1865 Bassariscus astutus J. A. Allen, 1896 Bassariscus astutus albipes D. G. Elliot, 1904 Bassariscus albipes D. G. Elliot, 1904 |
| Bassariscus astutus bolei Goldman, 1945 |
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| Bassariscus astutus consitus Nelson & Goldman, 1932 |
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| Bassariscus astutus flavus Rhoads, 1893 |
Bassariscus flavus oregonus Rhoads, 1894 | |
| Bassariscus astutus insulicola Nelson & Goldman, 1909 |
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| Bassariscus astutus macdougalli Goodwin, 1956 |
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| Bassariscus astutus nevadensis Miller, 1913 |
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| Bassariscus astutus octavus Hall, 1926 |
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| Bassariscus astutus palmarius Nelson & Goldman, 1909 |
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| Bassariscus astutus raptor (Baird, 1859) |
Liste
Bassaris raptor S. F. Baird, 1859
Bassariscus astutus raptor C. H. Merriam, 1899 Bassariscus flavus oregonus Rhoads, 1894 | |
| Bassariscus astutus saxicola Merriam, 1897 |
Bassariscus saxicola C. H. Merriam, 1897 | |
| Bassariscus astutus willetti Stager, 1950 |
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| Bassariscus astutus yumanensis Huey, 1937 |
Bassariscus sonoitensis Skinner, 1942 |
Description
modifier| Formule dentaire | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| mâchoire supérieure | |||||||
| 2 | 4 | 1 | 3 | 3 | 1 | 4 | 2 |
| 2 | 4 | 1 | 3 | 3 | 1 | 4 | 2 |
| mâchoire inférieure | |||||||
| Total : 40 | |||||||
| Dentition du Bassaris rusé | |||||||
Le Bassaris rusé possède une morphologie rappelant celle d'un chat, bien qu'il arbore une tête au museau pointu et de grandes oreilles ovales évoquant celles d’un petit renard[11]. Sa fourrure présente des nuances variant du chamois, gris-jaunâtre au brun foncé, avec des parties inférieures plus claires, tandis que le dos est marqué par une coloration plus sombre le long de la colonne vertébrale [11] . La face, qui possède une sorte de masque formé de brun foncé ou de noir formant des cernes sous les yeux qui sont entourés d'une tache beige claire en forme de lunettes, une particularité que l'on retrouve également autour de sa truffe[21].
L'une des caractéristiques les plus distinctives de l'animal est sa longue queue touffue, dont la longueur égale presque celle du reste du corps, soit entre 31 et 44 cm[11] . Elle est ornée de 14 à 16 anneaux alternant le noir et le blanc[22]. Cette queue ne sert pas uniquement d'organe d'équilibre, mais joue un rôle de leurre : ses anneaux contrastés attirent le regard des prédateurs, leurrant ces derniers pour qu'ils s'attaquent à la queue plutôt qu'au corps de l’animal, ce qui offre au Bassaris une chance accrue de s'échapper [23].
En termes de dimensions, cet animal pèse généralement entre 0,8 et 1,5 kg, avec une longueur allant de 30 à 42 cm de la tête à la base de la queue[24]. Ses griffes, bien que courtes et droites, sont semi-rétractiles à la manière des féliformes comme les félins ou les viverrins, ce qui facilite grandement ses déplacements en hauteur[25]. Le Bassaris rusé est un grimpeur d'une agilité remarquable. Il doit cette prouesse à l'articulation de sa cheville, extrêmement flexible, capable de pivoter sur plus de 180 degrés[26]. Lorsqu'il évolue sur des corniches escarpées aux bordures étroites, il utilise sa queue pour stabiliser ses mouvements et peut même faire demi-tour en effectuant une sorte de roue. Pour gravir des passages les plus rudes, il recourt à une technique consistant à prendre appui en pressant ses pieds contre une paroi et son dos contre l'autre, ou bien à bondir par ricochets entre deux parois parallèles [26] .
- Bassaris de face.
- Indifidu avec un pelage gris.
- La queue est longue, mais forme un pointe à son extrêmité.
Écologie et comportement
modifierRépartition et habitat
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Le Bassaris rusé dispose d'une vaste aire de répartition en Amérique du Nord. Il est présent au Mexique, depuis la péninsule de Basse-Californie jusqu'à l'État d'Oaxaca, incluant également plusieurs îles du golfe de Californie comme Tiburón, Espíritu Santo et San José [27]. Aux États-Unis, son aire s'étend du sud de l'Oregon et de la Californie jusqu'au Texas, en passant par les États du sud-ouest tels que l'Arizona, le Nouveau-Mexique, le Nevada, l'Utah, le Colorado, le Kansas et l'Oklahoma [27]. Des signalements sporadiques ont été rapportés en Arkansas, en Louisiane, en Alabama et en Ohio, ces occurrences étant probablement liées à la tendance de l'animal à monter dans les wagons de train et à être ainsi accidentellement déplacé [11]. L'espèce occupe une grande variété d'habitats, montrant une préférence pour les zones rocheuses, les canyons, les zones d'éboulis et les milieux escarpés [25]. On le rencontre également dans les maquis (chaparral), les forêts de chênes, de pins pignons ou de genévriers, les forêts de conifères de montagne, les déserts et les habitats tropicaux secs [27]. Il fréquente aussi volontiers les zones riveraines en raison de leur plus grande disponibilité en nourriture [25] et s'adapte bien aux milieux perturbés, étant fréquemment observé à proximité des habitations humaines [27] [28]. Bien que l'animal soit capable de survivre à des altitudes atteignant 2 900 mètres, il est le plus communément observé entre le niveau de la mer et 1 400 mètres d'altitude [27] [25] . Cette plasticité écologique est soutenue par des adaptations physiologiques remarquables aux milieux arides : le Bassaris peut survivre durablement en se contentant de l'eau présente dans son alimentation, son urine hautement concentrée lui permettant de limiter ses pertes hydriques au strict minimum [29].
Activité et comportement social
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Le Bassaris rusé est un animal principalement nocturne, avec une activité parfois crépusculaire [11]. À l'âge adulte, il mène une existence solitaire et territoriale, ne côtoyant ses congénères que lors de la période de reproduction au début du printemps [24] [27]. Les mâles occupent généralement des territoires plus étendus que les femelles, et les individus défendent leurs domaines contre les intrusions de congénères du même sexe [11]. La taille de ces territoires est variable, oscillant selon les études entre environ 5 hectares et 136 hectares, en fonction de la disponibilité locale en nourriture et de la couverture végétale [11] [27]. Pour communiquer, l'animal déploie un répertoire varié. Le marquage territorial s'effectue par des dépôts d'urine sur le sol ou sur des supports verticaux, une activité qui s'intensifie durant la saison des amours pour attirer un partenaire et décourager les compétiteurs du même sexe [11],[28]. Les vocalisations sont également diversifiées : les adultes émettent des aboiements forts, des cris perçants ou de longs hululements aigus, tandis que les jeunes produisent des piaillements, des couinements ou des geignements aux sonorités qui sonnent métalliques[11]. Face à une menace, le Bassaris adopte une posture défensive : il hérisse les poils de sa queue, qu'il maintient en arc au-dessus de sa tête pour paraître plus imposant [11]. En cas de capture, il émet des cris perçants et libère une sécrétion fétide provenant de ses glandes anales [25]. Ses principaux prédateurs naturels incluent le Grand-duc d'Amérique (Bubo virginianus), le coyote (Canis latrans), le puma (Puma concolor) et le lynx roux (Lynx rufus) [11]. En dehors de ces interactions, une grande partie du temps est consacrée au toilettage, l'animal se léchant le pelage et les pattes antérieures pour nettoyer son museau et ses oreilles, dans une gestuelle rappelant celle du chat [11].
Alimentation
modifierLe Bassaris rusé est un omnivore opportuniste qui montre toutefois une préférence marquée pour la viande, son régime alimentaire évoluant principalement en fonction de la disponibilité et de l'abondance saisonnière des ressources [11]. Ses proies habituelles incluent une large variété de petits mammifères, notamment des rongeurs plus ou moins gros comme des écureuils, ainsi que divers lagomorphes, qu'il met à mort d'une morsure à la nuque [30]. Il consomme également des insectes, des arachnides, des milles-pattes, ainsi que des oiseaux, des amphibiens, des reptiles et des charognes [11] [27]. La part végétale de son alimentation est tout aussi variée, incluant des glands, des fruits du gui, des baies de genévrier, des kakis, des figues, ainsi que diverses graines et noix [11]. Il a également été observé s'alimentant du nectar des fleurs lorsque celui-ci est accessible [11],[30]. En tant que carnivore de taille moyenne, le Bassaris rusé joue un rôle écologique non négligeable en participant à la régulation des populations de rongeurs dans ses habitats naturels [11].
Reproduction et cycle de vie
modifierLe Bassaris rusé présente un cycle de reproduction saisonnier et n'a qu'une seule portée par an [11]. La période d'accouplement s'étend généralement de février à mai ou mars [11] [27]. Les femelles traversent un unique cycle d'œstrus dont la chaleur dure entre 24 et 36 heures [11]. La période de gestation est particulièrement courte pour un procyonidé, variant de 51 à 54 jours, pour une moyenne d'environ 52,5 jours[11]. Les naissances surviennent le plus souvent entre mai et juin [11]. Pour mettre bas, la femelle sélectionne un abri qu'elle aménage dans une crevasse rocheuse, un amas de pierres ou une cavité dans un tronc d'arbre [11]. Une portée compte habituellement de 1 à 5 petits, pour une moyenne de 3 [11]. À la naissance, les nouveau-nés sont altriciaux, à savoir nus et aveugles, ne pèsent qu’entre 25 et 30 grammes [11],[31]. Ils ouvrent les yeux vers l'âge d'un mois [11]. Les jeunes commencent à ingérer des aliments solides entre 30 et 40 jours, et le sevrage complet intervient aux alentours de 6 à 10 semaines [11]. La mère assure l'essentiel des soins parentaux et emmène ses petits l'accompagner dans ses recherches de nourriture dès l'âge de 2 mois [11]. Bien que le rôle du père soit généralement limité, certains mâles tolèrent la présence de la portée, partagent parfois de la nourriture avec eux ou jouent avec les plus grands [11],[32]. Les jeunes des deux sexes atteignent leur maturité sexuelle autour de l'âge de 10 mois [11].
En liberté, l'espérance de vie moyenne du Bassaris rusé est estimée à environ 7 ans [11]. Toutefois, certains individus peuvent vivre nettement plus longtemps : un spécimen en liberté a atteint l'âge de 16 ans, et des individus maintenus en captivité ont pu vivre jusqu'à 16, voire 19 ans [11],[33].
Le Bassaris et l’Homme
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Le Bassaris rusé entretient des relations variées avec l'Homme. En raison de son habitude à chasser les rongeurs, il était autrefois adopté et dressé par les Amérindiens ainsi que par les premiers colons et prospecteurs pour débarrasser les habitations et les camps des nuisibles. Cette utilité dans les galeries de mines lui a valu le surnom populaire de miner’s cat (« chat des mineurs »)[30]. Par ailleurs, il jouit d'un statut particulier dans la culture nord-américaine puisqu'il constitue l'un des symboles officiels de l'État de l'Arizona [34].
L'espèce ne cause généralement que peu de dégâts économiques, même s'il lui arrive occasionnellement de s'attaquer à des poulaillers ou de piller des arbres fruitiers dans les vergers, ce qui lui vaut parfois d'être abattu [11],[32]. Sur le plan de la mortalité non naturelle, le Bassaris est également vulnérable à la circulation routière et subit des pertes dues aux collisions avec les automobiles [35]. Il a également été exploité pour sa fourrure, bien que celle-ci soit considérée de piètre qualité, fine, fragile et sujette à la décoloration, de ce fait, généralement réservée aux garnitures [11],[35]. La récolte des peaux a connu un pic important à la fin des années 1970, atteignant environ 135 000 peltries vendues lors de la saison 1978-1979, avant de décliner fortement pour ne plus représenter que quelques milliers de peaux par an dans les décennies suivantes [11],[35]. Actuellement, la chasse et le piégeage commerciaux restent légaux dans quelques États américains comme l'Arizona, le Nouveau-Mexique, le Colorado et le Texas [35]. L'espèce est par ailleurs fréquemment victime de captures accidentelles dans les pièges installés pour d'autres animaux à fourrure plus recherchés, tels que les renards ou les ratons laveurs [35].
L'UICN classe le Bassaris rusé dans la catégorie de préoccupation mineure (Least Concern, LC), en raison de sa vaste aire de répartition, de sa large distribution géographique et de sa capacité à s'adapter aux milieux modifiés par l'homme [35]. Toutefois, les densités de population restent généralement faibles et dispersées localement [35].
Notes et références
modifierNotes
modifierRéférences
modifier- (en)/(ja) Cet article est partiellement ou en totalité issu des articles intitulés en anglais « Ringtail » (voir la liste des auteurs) et en japonais « カコミスル » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
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- 1 2 3 4 5 6 7 [27]
Voir aussi
modifierArticle connexe
modifierLiens externes
modifier- (en) Catalogue of Life : Bassariscus astutus (Lichtenstein, 1831) (consulté le )
- (en) Animal Diversity Web : Bassariscus astutus (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Bassariscus astutus (Lichtenstein, 1831) (consulté le )
- (en) Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Bassariscus astutus (consulté le )
- (en) NCBI : Bassariscus astutus (taxons inclus) (consulté le )
- (en) Paleobiology Database : Bassariscus astutus (consulté le )
- (en) UICN : espèce Bassariscus astutus (Lichtenstein, 1830) (consulté le )
- (en) Mammal Diversity Database (MDD) : Bassariscus astutus (consulté le )
Autres liens externes
modifier- Une photo et deux empreintes de patte sur le site Calphotos
- Bassariscus astutus est le nom de code de la version 13.04 d'Ubuntu.
