Procyon (genre)

genre de mammifères

Ratons (Lato sensu), Ratons-laveurs (Lato sensu)

Procyon
Description de cette image, également commentée ci-après
Mosaïque de Ratons (Procyon) : Au milieu en bas, un Raton laveur, en haut à droite un Raton crabier et en haut à gauche un Raton pygmée.
0.069–0 Ma
110 collections
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Ordre Carnivora
Sous-ordre Caniformia
Famille Procyonidae

Genre

Procyon
Storr, 1780

Répartition géographique

Description de cette image, également commentée ci-après
Répartition autochtone des espèces du genre Procyon :

Synonymes


Procyon est un genre de petits mammifères carnivores de la famille des procyonidés regroupe les Ratons. Ces espèces, originaires d'Amérique, sont largement répartis du Nord du Canada jusqu’en Argentine au Sud. Le Raton-laveur (Procyon lotor) en est l’espèce-type et également la plus représentée, si bien qu’elle donne souvent son nom aux différents animaux du genre. Très populaire, cette dernière a été introduite par l’homme à travers le monde, notamment au Japon et en Europe.

Leur classification est encore débattue au sein de la communauté scientifique et de nombreux membres de l’espèce du Procyon lotor sont souvent classés ou reclassés : certains deviennent des espèces distinctes comme le raton de Cozumel, d’autres sont reclassés comme de simples sous-espèces comme le raton laveur de la Guadeloupe. Des études génétiques ont montré que les parents les plus proches des ratons sont les bassaris du genre Bassariscus[7],[8],[9], dont ils ont divergé il y a environ 10 millions d'années[9].

Dénominations et étymologies

modifier

Dénominations

modifier

Étymologie des synonymes taxinomiques

modifier
  • Procyon : néologisme du grec ancien pro (προ) « avant, près de » et kuon / kunos (κυων / κυνος) « chien »[13][14]. Il est également possible que Storr ait eu son mode de vie nocturne à l'esprit et ait choisi l'étoile Alpha Canis Minoris comme éponyme pour le genre[15].
  • Campsiurus : du grec ancien kampsiouros (καμψιουρος) « avec une queue courbée », dérivé de kampsis (καμψις) « flexion » et oura (ουρα) « queue »[16][1].
  • Lotor : du latin médiéval lotor, lotoris « celui qui lave, pracz », dérivé du latin classique lavare « laver »[17][2].
  • Euprocyon : formé du préfixe grec eu (ευ) « bon, typique » et du nom de genre Procyon[18][3].
  • Mixophagus (ou Myxophagus) : dérivé du grec ancien mixis (μιξις) « mélange » et -phagos (-φαγος) « qui mange », de phagein (φαγειν) « manger »[19][4],[5].
  • Mamprocyonus : modification du nom de genre Procyon par l'adjonction du préfixe Mam- (faisant référence aux Mammifères)[20][6].

Le terme « raton » est un mot qui aurait été créé par les trappeurs de la Nouvelle-France, par analogie au terme anglais raccoon issu de l’algonquin ärähkun (Aroughcun, Aracoun ou encore Arakum), déverbal de ärähkuněm « il gratte avec les mains » (« Pourquoi le raton laveur porte-t-il ce nom ? », BBC, consulté le 5 mai 2025; « Raccoon », Enature.com, consulté le 5 mai 2025). L’appellation « raton » seule est moins utilisée, le nom vernaculaire le plus systématique en français étant celui de « raton-laveur » en raison de la plus forte notoriété et de la littérature francophone quasi exclusive concernant Procyon lotor.

Taxonomie

modifier
Illustration de Ratons laveurs (Procyon lotor) dans le Dictionnaire universel d’Histoire Naturelle de Paris, 1849.

Le taxon Procyon a été crée en 1780 par Gottlieb Konrad Christian Storr[14]. Originellement, les ratons étaient classés soit dans le genre Ursus, comme c’est le cas pour le raton laveur originellement désigné sous le nom de Ursus lotor dans Systema Naturae en 1758, puis ils ont été classés dans le genre Viverra comme c’est le cas du Raton crabier originellement désigné sous le nom de Viverra cancrivora[21].

Certains ratons autrefois considérés comme des espèces distinctes sont désormais considérés comme identiques ou comme des sous-espèces de Procyon lotor. Cela inclut le raton laveur de la Barbade (P. gloveralleni), le raton laveur des Bahamas (P. maynardi), le raton laveur de la Guadeloupe (P. minor) et le raton laveur de Tres Marias (P. insularis)[22], cette dernière est inscrit sur la liste rouge de l'UICN (EN). L’espèce Procyon brachyurus (Wiegmann, 1837) a été décrite à partir de spécimens captifs ; son identité reste indéterminée, les restes des deux individus ayant servi à la décrire étant introuvables et probablement perdus.

Dans les systèmes de classification actuels, le raton laveur (Procyon lotor) et le raton crabier (Procyon cancrivorus) sont admis comme deux espèces distinctes à l’unanimité. Mais là où les autres système de classification admettent le raton pygmée (Procyon pygmaeus) comme étant une troisième espèce distincte, NCBI ()[23] y intègre le raton laveur de la Gouadeloupe (Procyon minor) et Paleobiology Database ()[24] y intègre l’espèce fossile Procyon rexroadensis.

Liste des espèces

modifier
Tableau synthétique des espèces du genre Procyon selon ITIS ()[25] :
Espèce (Nom binominal, auteur et noms vernaculaires)Répartition et descriptionStatut UICN
Procyon lotor
(Linnaeus, 1758)
Raton laveur
Raton-laveur commun

Habitat : Du sud du Canada jusqu’au Panama ; également introduit en Europe continentale et sur l’archipel japonais.
Le raton laveur peut vivre aussi bien en milieu urbain qu’en milieu naturel. Bien qu’il ne soit pas une espèce domestiquée, il est souvent détenu en captivité et gardé comme animal de compagnie.
(LC)
Procyon cancrivorus
(G.(Baron) Cuvier, 1798)
Raton crabier


Habitat : Du Costa Rica à la majeure partie de l’Amérique du Sud à l’est des Andes, jusqu’au nord de l’Argentine et de l’Uruguay.
D’après des études génétiques, les lignées du raton laveur et du raton crabier auraient divergé il y a environ 4,2 millions d’années[9]. Ce dernier présente une fourrure plus courte et une morphologie plus gracile.
(LC)
Procyon pygmaeus
(Merriam, 1901)
Raton pygmée
Raton-laveur de Cozummel

Habitat : Cozumel, île située au large de la côte est de la péninsule du Yucatán au Mexique.
Tête et corps plus petits que ceux du raton laveur. La queue présente une teinte jaunâtre.
(CR)

Phylogénie

modifier

Plusieurs études moléculaires récentes ont permis d'établir les relations phylogénétiques entre les procyonidés et la position exacte du genre et des espèces de ratons, illustrées dans le cladogramme ci-dessous[7],[9],[26] :

Procyonidae
Potos (Kinkajou)

Potos flavus (kinkajou)




Procyon (Ratons)

Procyon cancrivorus (Raton crabier)



Procyon lotor (Raton laveur)



Procyon pygmaeus (Raton pygmée)



Bassariscus (Bassaris)

[Bassaris, Cacomistle etc…]




Bassaricyon (Olingos)

[Olingos, Olinguito etc…]


Nasua (Coatis)

[Coati roux, brun etc…]





Caractéristiques générales

modifier

Les ratons sont des animaux à l’aspect inhabituels pour des carnivores : leurs pouces, bien que non opposables, leur permettent d'ouvrir de nombreux contenants fermés comme les poubelles et les portes. Ils sont omnivores avec une réputation d'être malins et espiègles ; leur intelligence et leur dextérité comparable à certains primates leur permettent de survivre dans une grande variété d'environnements. Les pattes arrière des ratons sont plantigrades, similaires à celles des ours.

Ils sont l'une des rares espèces de taille moyenne à grande qui ont étendu leur aire de répartition sous l’influence humaine. Ils se sont bien adaptés aux environnements urbains, en fouillant dans les poubelles et d'autres sources de nourriture.

Les ratons sont parfois considérés comme des espèces nuisibles[27] et sont considérés comme une espèce envahissante hors de leur aire de répartition initiale, notamment en Europe.

Bien que cela puisse varier selon les espèces, les ratons mesurent généralement entre 50 et 100 cm de long, y compris la queue, et pèsent entre 4,5 et 16 kg. La queue du raton mesure entre 20 et 40 cm de long. Les mâles sont généralement plus grands que les femelles.

Les ratons peuvent vivre jusqu'à 16 ans dans la nature, bien que la plupart ne survivent pas à leur deuxième année. Un raton qui survit à sa jeunesse vivra en moyenne cinq ans. Les principales causes de mortalité incluent l’influence humaine, par la chasse et le trafic routier, ainsi que la malnutrition[28].

Notes et références

modifier
  1. Nomen nudum.
  2. Graphie incorrecte plus tardive pour Mixophagus Cope, 1869.

Références

modifier
  1. 1 2 É. Geoffroy Saint-Hilaire et F. Cuvier, « Mammalogie. Mémoire sur une nouvelle division des Mammifères, et sur les principcs qui doivent servir de base dans cette sorte de travail, lu á la societe d’Histoire naturelle, le premier florèal de l’an troisième », Magasin Encyclopédique, vol. 2, , p. 187 (lire en ligne)
  2. 1 2 (en) J.E. Gray, « A Revision of the Genera and Species of Ursine Animals (Ursidae), founded on the Collection in the British Museum », Proceedings of the Zoological Society of London, vol. 1864, , p. 705 (lire en ligne)
  3. 1 2 (en) E.D. Cope, « Some remarks on a new series of fossils, from the lime stone caves in the Southern States », Proceedings of the Academy of Natural Sciences of Philadelphia, vol. 21, , p. 3 (lire en ligne)
  4. 1 2 (en) J.M. Leidy, « On the extinct Mammalia of Dakota and Nebraska, including an account of some allied forms from other localities », Journal of the Academy of Natural Sciences of Philadelphia, second series, vol. 7, , p. 445 (lire en ligne)
  5. 1 2 (es) A.L. Herrera, Sinonimia vulgar y cientifica de los principales vertebrados mexicanos, Mexico, Officina Tipografica de la Secretan’a de Foment, , 18 p.
  6. 1 2 K.-P. Koepfli, M. E. Gompper, E. Eizirik, C.-C. Ho, L. Linden, J. E. Maldonado et R. K. Wayne, « Phylogénie des Procyonidae (Mammalia: Carnivora): Molécules, morphologie et le Grand Échange Américain », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 43, no 3, , p. 1076–1095 (PMID 17174109, DOI 10.1016/j.ympev.2006.10.003, Bibcode 2007MolPE..43.1076K).
  7. E. Eizirik, W. J. Murphy, K.-P. Koepfli, W. E. Johnson, J. W. Dragoo, R. K. Wayne et S. J. O'Brien, « Modèle et timing de la diversification de l'ordre des mammifères Carnivora déduit de multiples séquences de gènes nucléaires », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 56, no 1, , p. 49–63 (PMID 20138220, PMCID 7034395, DOI 10.1016/j.ympev.2010.01.033, Bibcode 2010MolPE..56...49E).
  8. 1 2 3 4 K. M. Helgen, M. Pinto, R. Kays, L. Helgen, M. Tsuchiya, A. Quinn, D. Wilson et J. Maldonado, « Révision taxonomique des olingos (Bassaricyon), avec description d'une nouvelle espèce, l'Olinguito », ZooKeys, no 324, , p. 1–83 (PMID 24003317, PMCID 3760134, DOI 10.3897/zookeys.324.5827 Accès libre, Bibcode 2013ZooK..324....1H).
  9. ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
  10. (en) Murray Wrobel, Elsevier's Dictionary of Mammals, Amsterdam, Elsevier Science, , 868 p. (ISBN 978-0-444-51877-4, (https://books.google.fr/books?id=Qn1A9Y1OA2oC&pg=PA501)), p. 426
  11. 1 2 Auguste Ménégaux (dir.) (ill. Wilhelm Kuhnert), La Vie des animaux illustrée : Les Mammifères, Paris, J.-B. Baillière et fils, 1902-1904, 525 p., in-4, p. 462
  12. Palmer, p. 568.
  13. 1 2 (la) G.C.Ch. Storr, Prodromus methodi mammalium, Tubingae, Litteris Reissianis, , 35 p. (lire en ligne)
  14. Hohmann, p. 44; Holmgren, p. 68.
  15. Palmer, p. 156.
  16. Palmer, p. 385.
  17. Palmer, p. 278.
  18. Palmer, p. 429.
  19. Palmer, p. 25.
  20. Société d'Histoire Naturelle de Paris, Actes de la société d'histoire naturelle de Paris, t. tome premier, première partie, Paris, l'Impr. de la Société, , 113 p. (OCLC 1029909184, DOI 10.5962/bhl.title.86323, lire en ligne)
  21. Helgen et Wilson, 2005
  22. NCBI, consulté le .
  23. Paleobiology Database, consulté le .
  24. Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
  25. (en) Chris J. Law, Graham J. Slater et Rita S. Mehta, « Lineage Diversity and Size Disparity in Musteloidea: Testing Patterns of Adaptive Radiation Using Molecular and Fossil-Based Methods », Systematic Biology, vol. 67, no 1, , p. 127–144 (ISSN 1063-5157, PMID 28472434, DOI 10.1093/sysbio/syx047)
  26. « Piégeage de la faune nuisible », sur Site officiel, Washington Department of Fish and Wildlife (consulté le )
  27. « Informations sur Procyon lotor » sur Animal Diversity Web

Bibliographie

modifier
  • (en) Samuel I. Zeveloff, Raccoons : a natural history, Washington, Smithsonian Institution Press, (ISBN 978-1-58834-033-7).
  • (en) Virginia C. Holmgren, Raccoons : In Folklore, History & Today's Backyards, Santa Barbara (Californie), Capra Press, , 174 p. (ISBN 978-0-88496-312-7).
  • (en) K.M. Helgen et D.E. Wilson, « Taxonomic status and conservation relevance of the raccoons (Procyon spp.) of the West Indies », Journal of Zoology, Londres, vol. 259, , p. 69–76 (DOI 10.1017/S0952836902002972)
  • (en) K.M. Helgen (dir.) et D.E. Wilson (dir.), « A systematic and zoogeographic overview of the raccoons of Mexico and Central America », dans Contribuciones mastozoológicas: en homenaje a Bernardo Villa, Mexico, Instituto de Biología et Instituto de Ecología, UNAM, , 219–234 p.

Liens externes

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :