Bataille de Brissarthe
La bataille de Brissarthe eut lieu à Brissarthe (Neustrie) le . Elle oppose les Francs et une troupe de Bretons alliée à des Vikings dirigés par Hasting.
par Henri Lehmann, 1837
| Date | |
|---|---|
| Lieu | Brissarthe |
| Issue | Victoire viking et bretonne |
| Francs | Vikings et Bretons |
| Robert le Fort † | Hasting |
| Inconnues | environ 400 |
| Inconnues | Inconnues |
Invasions vikings en France
Batailles
- Messac (843)
- Blain (843)
- Ballon (845)
- Jengland (851)
- Brissarthe (866)
- Trans-la-Forêt (939)
- Conquereuil (992)
| Coordonnées | 47° 41′ 59″ nord, 0° 27′ 13″ ouest | |
|---|---|---|
Elle est marquée par la mort du marquis de Neustrie, Robert le Fort.
Contexte
modifierPrémices de la bataille
modifierForces en présence
modifierDéroulement
modifierLa bataille a lieu le [2]. Robert le Fort laisse les Vikings prendre la cité et décide de les y encercler. Ceux-ci sont violemment attaqués lors de leur tentative de retraite, au passage de la Sarthe. L'armée franque obtient un succès mais perd son chef Robert[3].
Le récit de la bataille par Réginon de Prüm
modifier« L’année de l’incarnation du Seigneur 867, les Normands, occupant les rives de la Loire, entreprirent de nouveau de dépeupler avec cruauté les provinces de Nantes, d’Anjou, de Poitou et de Touraine. Robert, qui tenait la Marche, et Ramnulf, duc d'Aquitaine, ayant rassemblé une multitude d’hommes, leur livrèrent bataille. Ceux-ci, se sentant poursuivis par l’armée, cherchèrent à se retirer en toute hâte vers leur flotte. Mais, comme ils virent que la multitude, les poursuivant, approchait, sachant que la fuite ne les sauverait pas, ils pénétrèrent dans une villa où, dans le peu de temps qu’il restait, ils se fortifièrent. Il y avait dans cette villa une très grande église construite en pierres, dans laquelle entra une grande partie des Normands avec leur chef, Hasting. Robert et Ramnulf, avec leurs compagnons, fondent sur eux, massacrant tous ceux qu’ils trouvent à l’extérieur de l’église. Parvenant auprès de l’édifice, ils virent que celui-ci était fortifié et constatèrent qu’une que de nombreux païens se trouvait à l’intérieur. Après une courte délibération, ils plantèrent leurs tentes tout autour, afin que le lendemain, après avoir établi des levées de terre et amené leurs machines, ils réduisent l’ennemi. Le soleil était couchant. Robert, indisposé par la chaleur, retira son casque et sa cuirasse pour se rafraîchir un moment. Comme tous s’affairaient au montage du camp, les Normands sortirent soudainement de leur abri et, avec une clameur immense, se ruèrent sur Robert et ses compagnons. Mais, bien qu’un événement aussi soudain puisse impressionner jusqu’aux hommes les plus aguerris, les Francs se saisirent de leurs armes et se tournèrent vers les ennemis qu’ils forcèrent à refluer dans l’église. Robert, accourant sans casque et sans cuirasse, combattait sans prudence et, poursuivant très en avant l’ennemi, fut tué au seuil de l’église. Les Normands traînèrent son corps à l’intérieur. Peu après, Ramnulf, qui se tenait à distance, observant la scène, fut gravement blessé par une flèche, envoyée par un Normand depuis une fenêtre de la basilique. Emmené par les siens hors de la bataille, il survécut à peine trois jours. Une aussi malheureuse infortune mit fin au combat. L’armée, ayant perdu ses chefs et remplie d’une profonde tristesse, leva aussitôt le siège et retourna chez elle. Les Normands triomphants rejoignirent leur flotte. »
Pertes
modifierConséquences
modifierElle est marquée par la mort de Robert le Fort[4].
La victoire est perçue par Ferdinand Lot d'abord comme une victoire chrétienne puis normande[5].
Selon André Vigarié, cette bataille provoque la fin de l'avancée des Vikings dans le comté de France[6].
Dans la culture populaire
modifierL'association Sauvegarde Patrimoine brissarthois sort en 2014 une bande dessinée sur cette bataille[7].
Notes et références
modifier- 1 2 https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/maine-et-loire/histoire-les-plus-grandes-batailles-de-l-anjou-512e0288-1a1b-11ec-8186-dddbead8a307
- ↑ « FRANCE CAPETIAN KINGS », sur fmg.ac (consulté le )
- ↑ Antony Dabila, L'Échiquier stratégique : La grammaire de la guerre à travers les âges, Paris, Seuil, , 416 p. (ISBN 978 202 1589 795), p. 322-323
- ↑ « Brissarthe - Mairie des Hauts d'Anjou », sur leshautsdanjou.fr, (consulté le )
- ↑ Joseph Calmette, « Ferdinand Lot. L'art militaire et les armées au Moyen Âge. Paris, Payot, 1946 ; 2 vol. (Bibliothèque historique) », Annales du Midi, vol. 60, no 237, , p. 337–339 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ André Vigarié, « Vikings, vaillants, violents, vainqueurs », Cahiers Nantais, vol. 55, no 1, , p. 223–233 (DOI 10.3406/canan.2001.1015, lire en ligne, consulté le )
- ↑ https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/brissarthe-49330/bande-dessinee-la-bataille-de-brissarthe-se-retrouve-sur-les-planches-2839546
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Réginon de Prüm, Chroniques.
- Annales de Saint-Bertin.
- Michel Dillange, Les Comtes de Poitou, ducs d'Aquitaine : 778-1204, Mougon, Geste éd., coll. « Histoire », , 303 p., ill., couv. ill. en coul. ; 24 cm (ISBN 2-910919-09-9, ISSN 1269-9454, BNF 35804152), p. 63-69.
