Bataille du Mataquito
La bataille de Mataquito est un affrontement militaire qui s'inscrit dans le contexte de la guerre d'Arauco et a lieu en 1557. Il s'agit d'une attaque surprise menée par les Espagnols, sous le commandement de Francisco de Villagra, contre le camp fortifié de Lautaro, situé entre les rives du Mataquito et une montagne[6].
| Date |
|---|
| Pedro de Villagra | Lautaro (†) |
| 120 Espagnols[1] 500–1 000 yanaconas[2],[3] |
700 guerriers mapuches, 500 alliés[1],[4] |
| 1 Espagnol et 200 yanaconas morts et blessés | 200–500 morts[5] |
| Coordonnées | 35° 04′ 05″ sud, 71° 38′ 19″ ouest | |
|---|---|---|
Causes
modifierAu début de l'année 1557, après la défaite et la retraite des Mapuches à la suite de la bataille de Peteroa, Francisco de Villagra rassemble un grand nombre de soldats et marche vers le sud pour venir en aide aux villes assiégées par le soulèvement général des indigènes déclenché après la mort de Pedro de Valdivia, mais il laisse la ville de Santiago sans contingent important pour la défendre. Voyant là l'occasion de détruire le centre du pouvoir espagnol, Lautaro contourna Villagra en le laissant passer vers le sud. Le toqui dispose de 10 000 guerriers[7], auxquels s'ajoutent 6 000 alliés promaucaes et picunches sous le commandement de Panigualgo[8]. Cependant, dès leur arrivée sur les rives du Mataquito, les mauvais traitements infligés par Lautaro à ses alliés à la suite d’une dispute avec ceux-ci ont conduit la plupart des guerriers à abandonner l'expédition, à quoi s'ajoutaient les punitions incessantes qu'il infligeait aux villages indigènes qui refusent de le soutenir. Par la suite, Lautaro se déplace avec ses forces restantes en traversant le fleuve jusqu'à Lora, où il établit, sur la rive sud du fleuve, un camp fortifié au pied du cerro Chiripilco[9], dans une zone portant le nom du fleuve homonyme, le Mataquito[7].
Déroulement
modifierLes alliés qui avaient déserté à la suite des exactions commises par Lautaro sont allés informer Pedro de Villagra de l'emplacement du campement, ce qui pousse ce dernier à envoyer un messager pour ordonner à Juan Godínez de partir de Santiago vers le sud tandis qu'il revient rapidement avec 70 hommes ; les deux forces se rejoignent dans une zone de la province de Gualemo, à trois lieues du campement mapuche, à l'insu total de leurs ennemis[10]. Les forces de Villagra et de Godínez comptent au total 57 cavaliers (dont Pedro Mariño de Lobera et Alonso López de la Raigada), cinq arquebusiers et entre 500 et 1 000 yanaconas. Il est décidé de marcher de nuit, en secret, jusqu'au sommet des collines de Caune, afin de se placer au-dessus du cerro Chiripilco et du campement de Lautaro, alors que celui-ci se livre à une beuverie avec ses hommes, célébrant ce qu'ils espéraient être une victoire imminente[11].
À l'aube, Villagra lance une attaque surprise et féroce au cours de laquelle Lautaro est mortellement blessé d'un coup de lance alors qu'il sorte de sa ruca armé d'une partiesana qui aurait appartenu à Valdivia. Après avoir entendu les cris des Espagnols célébrant la mort du chef, les guerriers des régions actuelles d'Itata, de Punilla et de la zone connue sous le nom de Reinohuelén s'enfuient, laissant seuls les Mapuches de l'Araucanie qui livrent une terrible bataille de six heures jusqu'à ce que les survivants soient contraints de fuir[7].
Conséquences
modifierEntre 250 et 500 de ses compagnons restent sur le champ de bataille[5]. Les Espagnols ne perdent que Juan de Villagra, mais plus de la moitié de leurs yanaconas périssent sur le champ de bataille. Le corps de Lautaro est maltraité et démembré, sa tête est coupée alors qu'il est encore en vie et exposée sur la place principale de Santiago, mais contrairement à ce que croyaient les Espagnols, le soulèvement général ne prend pas fin avec sa mort, et il faut attendre les victoires de García Hurtado de Mendoza à Lagunillas et Millarapue pour apaiser la situation.
Notes et références
modifier- 1 2 (es) Lobera,'Historia de Chile, chap. LV.
- ↑ (es) « Inoschile.cl - Batalla de Peteroa » (archivé sur archive.org).
- ↑ (es) Lobera, Crónica del Reino de Chile, chap. LV.
- ↑ (es) Jerónimo de Vivar, chap. CXXIX.
- 1 2 (es) Lobera, Historia de Chile, chap. XXII, ningunas pérdidas mencionadas; Alonso Lopez de Larraigada, 500 mataron ; Vivar, Crónica, chap. CXXIX, Lautaro, otro capitán y 250 guerreros matados; Marmolejo, Historia, chap. XXII más de trescientos indios murieron en este asalto con muchos otros herido o entregado ; Roslaes, Cap. X, seiscientos indios, con muchos hirieron quién fue a morir a su tierra
- ↑ Le lieu où se déroule cette bataille est incertain, et l'emplacement du champ de Mataquito est confondu avec les forteresses de Lautaro à Peteroa en 1556. Voir : Vivar, Crónica, chap. CXXIX.
- 1 2 3 Lobera, chap. LV.
- ↑ (es) Diego de Rosales, Historia de Chile, chap. X.
- ↑ (es) Rosales Historia, chap. X.
- ↑ (es) Vivar, Crónica, chap. CXXIX.
- ↑ (es) « Grandes Chilenos: "Lautaro Gran Caudillo Mapuche". Parte 6 » [vidéo] (consulté le ).
Annexes
modifierBibliographie
modifier- (es) Jerónimo de Vivar, Crónica y relación copiosa y verdadera de los reinos de Chile (lire en ligne).
- (es) Alonso de Góngora Marmolejo, Historia de Todas las Cosas que han Acaecido en el Reino de Chile y de los que lo han gobernado (1536-1575) (lire en ligne).
- (es) XXII. De cómo vino de el audiencia de lo reyes proveído Villagra por corregidor de todo el reino, y de lo que hizo
- (es) José Toribio Medina, Colección de documentos inéditos para la historia de Chile, Tomo XXVI, vol. 6-7, Encuadernacido Barcelona, (lire en ligne).
- (es) Pedro Mariño de Lobera, Crónica del Reino de Chile, escrita por el capitán Pedro Mariño de Lobera, Edición digital a partir de Crónicas del Reino de Chile Madrid, Atlas, (lire en ligne), p. 227-562.
- (es) Vicente Carvallo y Goyeneche, Descripcion Histórico Geografía del Reino de Chile (lire en ligne).