Baudouin de Marach
Baudouin de Marach (mort en 1146) fut seigneur de Marach (aujourd'hui Kahramanmaraş, en Turquie) dans le comté d'Édesse depuis au moins 1136 jusqu'à sa mort.
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Siège d'Édesse (en) |
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Le chroniqueur Grégoire le Prêtre rapporte que Baudouin était le frère du prince Raymond d'Antioche et donc le fils du duc Guillaume IX d'Aquitaine. Baudouin était le principal vassal de Josselin II de Courtenay, comte d'Édesse. Il contrôlait la ville de Marach (l'actuelle Kahramanmaraş) et la forteresse stratégique de Kaysun. Son fief se situait à la frontière nord des États latins d'Orient, une région majoritairement peuplée de chrétiens arméniens.
En 1135, Léon Ier, prince d'Arménie, s'empara de Servantikar (en), forteresse située sur les pentes des Monts Nur, alors sous le contrôle de Baudouin. En 1136, Raymond d'Antioche attaqua le royaume arménien de Léon Ier en Cilicie et Baudouin marcha aux côtés des armées d'Antiochie. Cependant, son suzerain, le comte Josselin II d'Édesse, neveu de Léon Ier, apporta son soutien aux Arméniens pour vaincre l'armée d'Antioche. Après la bataille, Baudouin convainquit Léon Ier de le rencontrer, mais lors de cette rencontre, Baudouin le fit prisonnier et l'envoya à Antioche[1].
La même année, les Danichmendides s'emparèrent brièvement de Marach, mais la ville fut reprise par les Croisés l'année suivante.
En , Baudouin accompagna Josselin II d'Édesse lors d'une expédition visant à reprendre Édesse aux musulmans qui l'avaient conquise deux ans auparavant. Ils entrèrent dans la ville, mais ne purent prendre la citadelle avant que Nur ad-Din, atabeg d'Alep, n'encercle Édesse avec une importante armée. Acculés, Baudouin et Josselin II entreprirent une sortie nocturne. Le lendemain, Nur ad-Din les rattrapa et une bataille s'ensuivit, au cours de laquelle les chrétiens furent vaincus. Le comte Josselin II parvint à s'échapper, mais Baudouin mourut sur le champ de bataille[2] et son corps ne fut jamais retrouvé[3].
Après sa mort, la seigneurie de Marach passe par héritage à son frère Renaud.
Héritage
modifierBasile le Docteur (en), confesseur arménien de Baudouin, nous a laissé une oraison funèbre en son honneur, louant son habileté militaire, sa bravoure et son charme, mais le critiquant pour ses « innombrables, incessants et impitoyables outrages et blasphèmes »[3].
Le troubadour Marcabru fait probablement référence à Baudouin dans la dernière strophe de son Vers del lavador, lorsqu'il demande à Dieu de « conduire le comte à son lieu de lavage et d'accueillir son âme dans le repos éternel »[4].
Bibliographie
modifier- Emmanuel Guillaume-Rey, Les familles d'outre-mer de du Cange, Paris, Imprimerie Impériale, , 998 p. (lire en ligne).
- (en) George T. Beech, The Crusader Lordship of Marash in Armenian Cilicia, 1104–1149, .
- (en) Thomas Asbridge, The Creation of the Principality of Antioch, 1098–1130, The Boydell Press, (ISBN 978-0-85115-661-3).
- (en) Alan V. Murray, The Nobility of the Principality of Antioch, 1098–1187 : Names, Origins and Identity, Routledge, , p. 162–190.
- (en) Andrew D. Buck, The Principality of Antioch and its Frontiers in the Twelfth Century, The Boydell Press, (ISBN 978-1-78327-173-3).
- (en) Steven Runciman, A History of the Crusades, vol. II : The Kingdom of Jerusalem, Cambridge University Press, .
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Baldwin of Marash » (voir la liste des auteurs).
- ↑ Steven Runciman 1987, p. 201-202.
- ↑ Steven Runciman 1987, p. 240.
- 1 2 (en) Linda Paterson, Syria, Poitou and the Reconquista (or Tales of the Undead) : Who Was the Count in Marcabru's Vers de lavador?, Manchester University Press, , p. 133–149.
- ↑ (en) Christopher MacEvitt, The Crusades and the Christian World of the East : Rough Tolerance, University of Pennsylvania Press, , p. 94-97.