Beniamino Gigli
Beniamino Gigli est un ténor italien né le à Recanati et mort le à Rome.
| Naissance |
Recanati (royaume d'Italie) |
|---|---|
| Décès |
(à 67 ans) Rome (Italie) |
| Activité principale |
Artiste lyrique Ténor |
| Style | Opéra |
Biographie
modifierSon père exerce la profession de cordonnier. Enfant, il chante dans les chœurs de l'église de son village natal et joue du saxophone dans la fanfare locale. Sa voix de soprano fait que ses parents, encouragés par des amis, l'envoient étudier le chant à Rome chez Enrico Rosati. Pour vivre et payer ses leçons, il fait plusieurs métiers : aide-menuisier, commis de pharmacien, apprenti-tailleur ; puis il entre au service d'une comtesse Spannochi, qui finance ses cours avec Agnese Bonucci[1].
En 1912, il est mobilisé dans l'armée italienne. Démobilisé, il est pris à l'Académie Sainte-Cécile pour travailler avec Antonio Cotogni et Rosati. En 1914, il remporte le premier prix du Concours de chant de Parme. Révélé grâce à Bonci, il débute à Rovigo dans La Gioconda de Ponchielli en 1914. Après quelques succès mineurs, il est engagé par Tullio Serafin pour effectuer la saison 1914-1915 au théâtre Carlo-Felice de Gênes où il interprète avec succès Tosca, Manon Lescaut et La Gioconda.
Après deux étapes à Palerme et à Bologne, il effectue un début triomphal au teatro San Carlo de Naples dans Mefistofele de Arrigo Boito, ce qui lui confère une notoriété nationale. Il crée Lodoletta de Pietro Mascagni et reprend Mefistofele à la Scala sous la direction de Arturo Toscanini en 1918. Raoul Gunsbourg le fait débuter en 1919 à Monte-Carlo dans La Bohème aux côtés de Lucrezia Bori, Elvira de Hidalgo et Marcel Journet, puis dans Tosca et La traviata avec Germaine Lubin. La même année, il chante Lucrezia Borgia de Gaetano Donizetti au théâtre Colón de Buenos Aires et il débute au Met dans Faust.
En 1920, il interprète toujours Mefistofele (374 représentations) au Metropolitan Opera de New York, avec une réapparition durant la saison 1938-1939. Il s'est peu produit en France à la scène, sinon à l'Opéra de Paris en 1934 où il donne Rigoletto et La traviata. On le voit surtout en concert à Paris (1930 et 1954), Nice, Marseille. En 1932, il s'installe à Rome, sans renoncer à une carrière internationale (à laquelle il mettra fin volontairement en pleine gloire en 1954 à Rovigo). En 1940, il enregistre la première intégrale de Cavalleria rusticana de Mascagni sous la direction du compositeur à la Scala. Il donnera son dernier concert au Carnegie Hall en 1955.
Engagé en faveur du fascisme[1] et membre honoraire du parti en 1932, il était apprécié de Benito Mussolini et avait enregistré une version officielle de l'hymne fasciste Giovinezza. Il chante à Munich et Berlin en 1937, avec la Scala de Milan en tournée[2]. Après la guerre, il est mis à l'index mais peut chanter à l'opéra de Rome dès 1945[3]. Le Metropolitan Opera inaugure un buste du ténor en 1997.
Gigli possédait une des plus belles voix jamais entendues, une technique lui permettant la maîtrise parfaite de souffle belcantiste, tout en excellant dans les véristes dont Giacomo Puccini. Il pouvait chanter dans la même soirée L'Elixir d'amour, Cavalleria rusticana et Pagliacci. La beauté de son timbre, sa proximité avec le public, en firent un des ténors les plus connus de l'après-Caruso. En revanche, son goût parfois douteux, l'abus de portamenti et de sentimentalité, l'ont rendu célèbre mais aussi critiqué pour le « style Gigli »[2].
Il a tourné dans une quinzaine de films, dont Ave Maria de Johannes Riemann (1936), Forget me not de Zorda où il crée la romance Non ti scordar di me Mamma de Guido Brignone (1941), Tragique Destin (I pagliacci) de Giuseppe Fatigati (1943), ou Le Roman d'un génie (Giuseppe Verdi, 1938), Marionette (1939) et Taxi de nuit (1950) de Carmine Gallone. Il a réalisé une des plus importantes carrières du 78 tours.
Distinctions
modifier
- Grand officier dans l'ordre du Mérite de la République italienne (1952)
- Chevalier dans l'ordre national de la Légion d'honneur
Écrits
modifier- (it) Confidenze, L'Istituto per L'Enciclopedia de Carlo Editore, Rome, 1942 ; rééd. sous le titre Il romanzo della mia voce, Pagano, Naples, 1999
- (it) La verità sul mio « caso », Società Tipografica Editrice Italiana, Rome, 1945
- (it) Memorie, Mondadori Editore, Vérone 1957
Postérité
modifierDepuis 1993, la Société finlandaise Beniamino Gigli décerne le prix Beniamino Gigli aux artistes qui mènent des recherches et des études musicales sur cet artiste.
Sources
modifier- Harold Rosenthal et John Warrack, Guide de l'opéra, Paris, Fayard, 1964
- Alain Pâris (dir.), Dictionnaire des interprètes, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1982
- Richard Martet, Les grands chanteurs du XXe siècle, Paris, Buchet-Chastel, 2012, p. 44-50
Liens externes
modifier- (it) Site officiel
- Ressources relatives à la musique :
- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Ressource relative au spectacle :
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Ressource relative à la recherche :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Britannica
- Brockhaus
- Den Store Danske Encyklopædi
- Deutsche Biographie
- Dizionario biografico degli italiani
- Enciclopedia italiana
- Enciclopedia De Agostini
- Gran Enciclopèdia Catalana
- Hrvatska Enciklopedija
- Internetowa encyklopedia PWN
- Nationalencyklopedin
- Munzinger
- Proleksis enciklopedija
- Store norske leksikon
- Treccani
- Universalis
- Visuotinė lietuvių enciklopedija
Sur YouTube
modifier- Cangia, cangia tue voglie, aria de Fra Giovanni Battista Fasolo avec un orchestre non identifié