Benoît Bartherotte

homme d'affaires français

Benoît Bartherotte, né le à Bordeaux, est un styliste et un homme d'affaires français dont la fortune a démarré dans le textile et la confection.

Benoît Bartherotte
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Biographie
Naissance
Nom de naissance
Benoît Stanislas Jésus Marie Ludovic Bartherotte
Surnom
« le dingue de la digue »[1]
Nationalité
Domicile
Activités

Il est le bras droit de Jean-Baptiste Doumeng dans les années 1970.

Il possède depuis 1985 un domaine au cap Ferret (commune de Lège-Cap-Ferret), où il a fait faire d'importants travaux sans permis ni autorisation notamment une digue pour lutter contre l'érosion du littoral et un coupe-feu pour lutter contre les feux de forêts en 2026[2],[3], travaux qui ont défrayé la chronique.

Biographie

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Enfance

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Benoît Bartherotte naît le à Bordeaux, dans une vieille famille du Gers[4] ; il est le fils d'un officier de cavalerie gascon, éduqué dans les principes chrétiens[5] par les jésuites[6] et d'une mère très portée sur la foi catholique[1].

Le monde de la couture

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Il travaille à la fin des années 1960 comme associé du couturier Louis Féraud[4].

Décrit comme un aventurier proche du Parti communiste et de la CGT[5], il devient le bras droit de Jean-Baptiste Doumeng[7], le « milliardaire rouge », qui lui cède, en 1977, 50 % des parts qu'il possède dans la maison de couture de Jacques Esterel, pour 1 franc symbolique, soit 45 % du total des parts[5],[8]. Il crée les collections et dirige la société.

Après l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, et l'intervention du député PS Christian Pierret, réélu en 1981 dans la deuxième circonscription des Vosges à Saint-Dié-des-Vosges, il reprend dans des conditions avantageuses la Société de filature et tissage Ancel-Seitz et ses usines de Granges-sur-Vologne et Aumontzey. L'opération est réalisée grâce à d'importants fonds publics[5]. Il dirige la société, qui prend le nom d'Ancel-Esterel, de à . Christian Pierret et Benoît Bartherotte s'accusent ensuite mutuellement d'avoir détourné les fonds publics destinés à la société et le Trésor public bloque la subvention, ce qui entraîne la même année le dépôt de bilan de la société[5].

Soutien puis adversaire de Bernard Tapie

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Son implication dans les milieux d'affaires et politiques le conduit à se rapprocher de Bernard Tapie, qu'il soutient dans plusieurs opérations[7]. Les deux hommes sont proches par leurs méthodes et objectifs.

Benoît Bartherotte sert d'intermédiaire entre Bernard Tapie et Jean-Edern Hallier pour mettre fin à la guerre entre les deux hommes[9], et, avec Lorrain de Saint Affrique, entre Bernard Tapie et Jean-Marie Le Pen, pour préparer leur débat télévisé de 1994[1],[10].

« Avant même de penser à Bernard Tapie, la mitterrandie m'a rapidement contacté en 1981 pour que je devienne l'un de leurs hommes de paille. Il s'agissait de prendre la tête d'entreprises, grâce aux banques que les socialistes avaient nationalisées. Ensuite, les bénéfices devaient se perdre dans des filiales installées dans des paradis fiscaux. Quant aux pertes, elles étaient épongées par les Français » affirme-t-il[7].

À la tête de Lexmar France, il affirme vouloir relancer le chantier naval de La Ciotat notamment avec une zone franche, mais l'opération ne fonctionne pas[11]. Il est condamné en 1994 à quinze ans d'interdiction de diriger, de gérer, d'administrer ou de contrôler une entreprise, peine réduite à dix ans par la cour d'appel d'Aix-en-Provence en 1999[12].

Il se brouille à plusieurs reprises avec Bernard Tapie, allant jusqu'à devenir un opposant féroce. Il dénonce son soutien à Nicolas Sarkozy en 2007 et son attitude après la victoire de ce dernier. « Il est évident qu'il avait fait élire Sarkozy et qu'il estimait qu'on lui devait un renvoi d'ascenseur » estime-t-il[6]. Le 13 juin 2013, évoquant le règlement du contentieux entre le Crédit lyonnais et Bernard Tapie, il déclare au journal Sud Ouest : « Le soir de la victoire de Nicolas Sarkozy, on l'a tous vu exulter : ça y est, j'ai les sous ! » Cette information est largement reprise dans les médias. Tapie répond à l'AFP : « Ce type dit n'importe quoi sur moi. Le soir de l'élection de Sarkozy, j'étais chez moi avec mes parents, mes enfants, et sauf si ce monsieur était caché dans un placard à balais, je ne vois pas comment il a pu entendre ce que je disais ce soir là[13]. » Bartherotte déclare : « Bernard Tapie est un thermomètre à purin. Il permet de mesurer l'état de déliquescence et de corruption de la société française[7]. »

Le « Robinson » du cap Ferret

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Depuis l'âge de deux ans, le jeune Benoît passe ses vacances sur le bassin d'Arcachon, précisément à la pointe du cap Ferret. Il acquiert en 1985 un terrain de cinq hectares, au sud de la zone des « 44 hectares » constituée en 1908[14].

Dans les années 1970-1980, il s'oppose aux projets de bétonisation du bassin d'Arcachon[1]. Au début des années 1980, il s'installe avec sa famille à la pointe du cap Ferret, qui s'érode année après année. Depuis le début du siècle, l'État laisse aux propriétaires la défense du trait de côte. En 1985, il commence à construire une digue[1].

Il fait construire sa demeure sur un terrain classé inconstructible[6] et une seconde dans une zone de risque naturel[15]. Il interdit le passage des habitants et des touristes sur la bande littorale le long de son terrain[6], avant que l'État ne valide éventuellement une occupation privative du domaine public[16].

Il investit beaucoup d'argent pour construire et entretenir une digue de 487 mètres[15]. Cet ouvrage, dans une zone de forte érosion du littoral, suscite une controverse[17] et entraîne plusieurs procès et plaintes, dont la plus fameuse est celle débutée en 2001 pour « faux et usage de faux », impliquant le préfet de Gironde Christian Frémont[18]. La digue a pour but de protéger sa propriété et les habitations qui s'y trouvent. Il les loue ou y invite des personnalités telles que le prince Albert de Monaco, Leonardo DiCaprio, Isabelle Adjani, etc.[6]. Les locations permettent de financer l'entretien de la digue[19]. Ces « cabanes », des villas de luxe, servent également de décors de cinéma[15] et sont apparues dans de nombreux magazines de décoration[20].

Il participe à la médiatisation de son action via de nombreux ouvrages, journaux et magazines télévisés[20], jouant de sa « grande gueule »[6].

Si l'ancien maire de Lège-Cap-Ferret Michel Sammarcelli (UMP puis DVD — 1995-2020) gardait ses distances, depuis 2020 son successeur, Philippe Le Harivel de Gonneville (DVD) prend le contre-pied : « Je veux faire table rase des querelles du passé. Ces défenses ont permis de protéger les propriétés vers le Mimbeau. C’est une évidence absolue. […] Bartherotte est un interlocuteur indispensable pour sauver le trait de côte et notre territoire[19]. »

Vie privée

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Benoît et Élisabeth (dite « Zaza ») Bartherotte sont parents de sept enfants[6] : Marguerite et Philippe, stylistes fondateurs de la marque de vêtements G. Kero[21], Antonin, chanteur de l'ex-groupe Hangar[22] et bassiste de Papooz[23], Martin et Hadrien qui ont créé une petite entreprise réalisant des maisons en bois sur mesure[24], Marie qui travaille avec les chevaux et Marion qui est dans le dessin[25].

Anciens mandats

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Affaires judiciaires

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Benoît Bartherotte a été impliqué dans plusieurs affaires judiciaires.

Affaires et scandales

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Le , la justice ordonne la destruction d'une demeure de 337 m2 construite illégalement[29].
  • Il est entendu comme témoin à charge devant la police dans l'affaire Tapie - Crédit lyonnais en 2013[30],[31], accusant Bernard Tapie d'avoir participé à un vaste système de détournement de fonds. Fondateur de l'Association des petits porteurs pour l'annulation de la vente litigieuse d'Adidas (Appavla), il affirme être à l'origine de la condamnation du Crédit lyonnais[31].
  • Il est condamné pour diffamation en 2014 après une plainte de Gilles Sammarcelli, fils du maire de Lège-Cap-Ferret[32]. Cette affaire a pour origine un incendie suspecté d'être criminel, dont ont été victimes Benoît Bartherotte et son fils Antonin[33].
  • En , il tire en l'air face à deux pêcheurs qui auraient pénétré sur sa propriété[16]. Lors de la première instance d', Benoît Bartherotte est relaxé alors que les pêcheurs sont condamnés à une amende et des dommages et intérêts pour violation de domicile[34]. Mais en , il est condamné en appel pour violences volontaires avec arme à une amende de 5 000 euro dont 4 000 avec sursis, à la confiscation de l’arme saisie et l’interdiction de détenir une arme pour une durée de cinq ans. Les pêcheurs, quant à eux, sont relaxés.
En effet, Benoît Bartherotte n’est pas propriétaire de la digue, ouvrage de défense contre l’érosion marine qu'il a construit sur le domaine public maritime (DPM). Cet ouvrage est sous le régime d’une autorisation d’occupation temporaire (AOT), à usage privatif, concédée à Benoît Bartherotte et strictement limitée à son entretien et sa mise en sécurité. Malgré le fait qu'il entretient la confusion entre l’AOT, la zone de péril définie par arrêté et sa propriété, il ne peut prétendre priver les promeneurs d’accéder à la pointe du Cap Ferret.
En , la Cour de cassation confirme la condamnation de la cour d’appel[35].

Organisateur de la défense de Bernard Laroche dans l'affaire Grégory

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Bernard Laroche, arrêté pour l'enlèvement de Grégory Villemin, fait partie de la section CGT d'une des usines dont Bartherotte est propriétaire depuis peu dans la vallée de la Vologne. L'homme d'affaires soupçonne Christian Pierret d'avoir fait intervenir le ministre de la Défense Charles Hernu pour déstabiliser l'entreprise en faisant arrêter Laroche[5].

Bien qu'il ne connaisse rien du dossier, il missionne rapidement, aux frais de la société Esterel, un avocat en sus de ceux de la CGT dont Paul Prompt, du barreau de Paris, et de Gérard Welzer, du barreau d'Épinal, pour défendre Bernard Laroche. « Un avocat d'ouvrier qui n'aura pas peur d'affronter les gendarmes et le gouvernement »[5],[36], Mario Stasi, frère de l'ancien ministre Bernard Stasi[5]. Très impliqué, il prend en charge les frais judiciaires de l'affaire[37]. Il est aussi à l'origine d'une pétition signée par les employés de l'usine.

Lors de la relance de l'affaire en 2017, il maintient son soutien à Bernard Laroche, et renouvelle ses accusations contre Christian Pierret, coupable selon lui de graves irrégularités[37].

Au cinéma et dans la littérature

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Benoît Bartherotte interpréte le rôle d'un marbrier, le père de Dorothée Duchamp dans le film de Pascal Thomas Ensemble, nous allons vivre une très, très grande histoire d'amour… (2010) aux côtés de Julien Doré et Marina Hands[6].

Il est l'un des personnages du roman de Frédéric Beigbeder Un barrage contre l’Atlantique (2022)[38],[39].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 Yann Bouchez et Aureliano Tonet, « Au Cap-Ferret, Benoît Bartherotte, maître en son royaume », Le Monde, (consulté le ).
  2. « Incendie en Gironde : au Cap-Ferret, Benoît Bartherotte et les irréductibles défient les flammes et les autorités », sur Actu.fr, (consulté le ).
  3. Nicolas Delesalle, « Incendies en Gironde : rencontre avec Benoît Bartherotte, le super-héros du Cap-Ferret », Paris Match, (consulté le ).
  4. 1 2 Dominique Delpiroux, « L'homme qui déplace des montagnes dans la mer », La Dépêche du Midi, (consulté le ).
  5. 1 2 3 4 5 6 7 8 Laurence Lacour, Le Bûcher des innocents : enquête, Paris, Les Arènes, , 896 p. (ISBN 978-2-35204-540-3, présentation en ligne).
  6. 1 2 3 4 5 6 7 8 « Qui est Benoît Bartherotte, l'homme qui flingue son (ex) ami Bernard Tapie? », La Tribune, (lire en ligne, consulté le ).
  7. 1 2 3 4 Ian Hamel, Notre ami Bernard Tapie, éditions de l'Archipel, , 384 p. (ISBN 978-2-8098-1755-3, présentation en ligne).
  8. Jacques Lamalle, Jean-Baptiste Doumeng : le milliardaire rouge : document, éditions Jean-Claude Lattès, (lire en ligne).
  9. Jean-Claude Lamy, Jean-Edern Hallier, l'idiot insaisissable, éditions Albin Michel, , 608 p. (ISBN 978-2-226-42230-9, présentation en ligne).
  10. Dominique Albertini et David Doucet, Histoire du Front National, éditions Tallandier, , 384 p. (ISBN 979-10-210-0303-3, présentation en ligne).
  11. « L'avenir en chantier », L'Express, (lire en ligne, consulté le ).
  12. « Chantiers navals de La Ciotat : l'ex-président de Lexmar France condamné », Les Échos, (consulté le ).
  13. « "J'ai les sous !" : une "interprétation" de l'attitude de Tapie après l'élection de Sarkozy », Le Monde, (lire en ligne).
  14. Hubert Prolongeau, Bordeaux : Au-delà des Chartrons : L'Âme des Peuples, Nevicata, , 96 p. (ISBN 978-2-511-04081-2, présentation en ligne).
  15. 1 2 3 « Le franc-tireur de Cap-Ferret », L'Express, (lire en ligne, consulté le ).
  16. 1 2 « Bordeaux : Benoit Bartherotte affronte deux pêcheurs au tribunal », Sud Ouest (consulté le ).
  17. « La digue dingue du Cap-Ferret », Libération, (consulté le ).
  18. « L’ancien préfet de région pourrait être entendu par la justice », Sud Ouest, (consulté le ).
  19. 1 2 Stéphane Mandard, « Au Cap-Ferret, petit paradis pour résidences secondaires de luxe, la flambée immobilière contre vents et marées », Le Monde, (consulté le ).
  20. 1 2 Sylvie Caster, prix Anna-de-Noailles de l'Académie française en 2016, L'Homme océan, éditions du Seuil, collection raconter la vie, , 80 p. (ISBN 978-2-37021-134-7, présentation en ligne).
  21. Vicky Chahine, « Les figurines de style de G. Kero », Le Monde.fr, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le ).
  22. « Vidéo. Le nouveau clip d’Antonin Bartherotte tourné au Cap Ferret », sur sudouest.fr, (consulté le ).
  23. « Vidéo. Le nouveau clip d’Antonin Bartherotte tourné au Cap Ferret », sur SudOuest.fr (consulté le ).
  24. « Au sommet du succès », sur lexpress.fr, (consulté le ).
  25. « Le Cap Ferret : à la pointe du rêve », sur grazia.fr, (consulté le ).
  26. 1 2 (de) « Benoit Bartherotte », Der Spiegel, Hambourg, (consulté le ).
  27. 1 2 « Les maisons Saint-Laurent et Jacques Esterel s'accusent mutuellement de contrefaçon », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le ).
  28. Julien Plouton, « Vraie digue et drôle d'étude », sur jplouton-avocat.fr, Sud Ouest, (consulté le ).
  29. Sophie Nomi, « La digue n'a pas protégé son millionnaire », Libération, (lire en ligne, consulté le ).
  30. « Témoin à charge contre Tapie et Sarkozy Témoignage à charge », Le Dauphiné, (lire en ligne, consulté le ).
  31. 1 2 « Arbitrage Tapie : Benoît Bartherotte entendu par la police », Le Point, (lire en ligne, consulté le ).
  32. « Lège-Cap-Ferret : Bartherotte condamné pour diffamation », sur SudOuest.fr (consulté le ).
  33. « Cap-Ferret : incendie suspect chez les Bartherotte », sur sudouest.fr, (consulté le ).
  34. « Benoît Bartherotte relaxé dans l'affaire des coups de feu contre deux pêcheurs », sur francebleu.fr, (consulté le ).
  35. « Lège-Cap-Ferret : amende confirmée pour Benoît Bartherotte », sur sudouest.fr, (consulté le ).
  36. Étienne Sesmat, Les Deux Affaires Grégory, Place des éditeurs, , 268 p. (ISBN 978-2-7144-4921-4, présentation en ligne).
  37. 1 2 « Affaire Grégory : «Je défendrai l’honneur de Bernard Laroche» », Le Parisien, 2017-08-23cest22:15:58+02:00 (lire en ligne, consulté le ).
  38. Grégory Plouviez, « Un barrage contre l’Atlantique : Frédéric Beigbeder, à la recherche de la phrase parfaite », Le Parisien, (consulté le ).
  39. « Un barrage contre l’Atlantique », éditions Grasset (consulté le ).

Voir aussi

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