Bernard Guinot

astronome français

Bernard René Guinot, né le à Livarot et mort le à Melun, est un astronome français. Il est connu pour ses contributions à la création du Temps Atomique International (TAI) et du système de référence géodésique utilisé dans la navigation par satellite[1],[2].

Biographie

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Bernard Guinot naît le à Livarot[3],[4]. Il est le fils de René Guinot, un chimiste, et de Suzanne Daumur[5]. Il étudie au lycée de Saint-Cloud, à l'École nationale de la marine marchande et à la Faculté des sciences de Paris, il est Docteur ès sciences[5].

De 1945 à 1952, Bernard Guinot occupe un poste d'officier au sein des Messageries Maritimes[1]. En 1952, il devient astronome à l'Observatoire de Paris, où il travaille avec André Danjon sur les applications et les développements ultérieurs de l'astrolabe prismatique de Danjon[2], [6],[7],[8]. Ces applications portent notamment sur la détermination précise des mouvements polaires et des variations de la rotation terrestre. En 1958, grâce à une thèse consacrée aux applications de l'astrolabe de Danjon, Guinot obtient son doctorat à l'Université de Paris[2],[9]. Il continue à exercer ses fonctions d'astronome à l'Observatoire de Paris jusqu'en 1990. De 1984 à 1992, il occupe le poste de physicien principal, puis celui de consultant, au Bureau international des poids et mesures (BIPM)[1].

Bernard Guinot est membre de plusieurs commissions de l'Union astronomique internationale (UAI) et, de 1961 à 1967, il préside la Commission 19 de l'UAI, consacrée à la rotation de la Terre[10]. Il est président de plusieurs organismes : le Conseil scientifique du service international du mouvement du pôle de 1962 à 1970, la Fédération des services d'astronomie et de géophysique de 1970 à 1972 et le Bureau des longitudes de 1984 à 1986[1].

Le , succédant à Nicolas Stoyko, Bernard Guinot devient directeur du Bureau International de l'Heure (BIH) et occupe ce poste jusqu'à la dissolution du BIH en 1988[11]. De 1975 à 1979, il est directeur du Laboratoire primaire du temps et des fréquences (LPTF)[5].

En 1979, dans l'article Problèmes fondamentaux de la cinématique de la rotation de la Terre, Bernard Guinot propose l'utilisation d'une nouvelle origine équatoriale, l'« origine non rotative » (ONR), pour définir l'angle de rotation de la Terre (ART) par rapport à l'inclinaison axiale de la Terre comme base du temps universel[2],[12]. Il apporte d'importantes contributions à la recherche sur la mesure du temps, à la coopération internationale en matière d'établissement de normes pour la mesure du temps, ainsi qu'à l'organisation de réseaux de mesure des variations de la rotation terrestre. Il est l'un des principaux organisateurs de la métrologie mondiale du temps, des réseaux de comparaison du temps (notamment par satellite) et de la diffusion du temps auprès de divers utilisateurs[1]. Il mène des recherches sur la fiabilité des échelles de temps atomiques qui utilisent des réseaux d'horloges[13]. Avec ses collègues, il travaille sur plusieurs expériences spatiales, notamment la détermination de la position du pôle terrestre grâce au suivi Doppler de satellites artificiels[14]. Il participe à des travaux de recherche visant à déterminer les vitesses radiales de Mercure[15], à l'étude des mouvements dans l'atmosphère de Vénus par des méthodes spectroscopiques[16], et à mesurer le temps nécessaire à une impulsion lumineuse réfléchie pour effectuer un aller-retour entre la Terre et la Lune[17].

Le , Bernard Guinot épouse Claudine Caillet[5]. Le couple a trois enfants[5].

Bernard Guinot meurt le à Melun[4].

Prix et distinctions

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Bernard Guinot reçoit la Médaille de bronze du CNRS en 1959. L'Académie des sciences lui décerne le prix Feycinet en 1959, le prix Deslandres en 1974 et le prix du CEA en 1991[1]. Il reçoit le Prix Janssen de la Société astronomique de France en 1989 et le Prix Émile Girardeau de l'Académie de marine en 1991[1]. En 1997, il est honoré de la médaille du service distingué PTTI de l'Institut de navigation [18] et de la médaille d'or Tompion de la Worshipful Company of Clockmakers. En 1999, il reçoit le prix Rabi de l'Institute of Electrical and Electronics Engineers (IEEE) [1]. Bernard Guinot est élu membre correspondant de l'Académie des sciences en 1983 [1] et devient membre de l'Academia Europaea en 1988[19]. Il est fait chevalier de l'ordre national du Mérite et officier des Palmes académiques[1].

Décorations

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Sélection de publications

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Articles

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  • Bernard Guinot, « La constante de l'aberration en astrométrie », Symposium - International Astronomical Union, vol. 21, , p. 125–129 (DOI 10.1017/S0074180900104887 Accès libre)
  • Guinot, B., « Formation d'une échelle moyenne de temps atomique », Bull. Astron., vol. 2, no 3, , p. 449–464 (DOI 10.3406/bastr.1967.14505)
  • B. Guinot, « The Chandlerian Wobble from 1900 to 1970 », Astronomy and Astrophysics, vol. 19, , p. 207 (Bibcode 1972A&A....19..207G, lire en ligne)
  • IAU Symposium 82. Proceedings of the 82nd Symposium of the International Union held in San Fernando, Spain, 8–12 May 1978, Reidel, , 7–18 p. (DOI 10.1017/S0074180900035907), « Basic problems in the kinematics of the rotation of the Earth by Bernard Guinot » Extract with references
  • Guinot, B., « L'évolution des idées dans la mesure du temps », Séminaire de Philosophie et Mathématiques, vol. 2, , p. 1–18 (lire en ligne)
  • Capitaine, N., Guinot, B. et Souchay, J., « A non-rotating origin on the instantaneous equator, definition, properties and use », Celestial Mechanics, vol. 39, no 3, , p. 283–307 (DOI 10.1007/BF01234311, S2CID 117695240, lire en ligne Accès payant)
  • B. Guinot, « Atomic time scales for pulsar studies and other demanding applications », Astronomy and Astrophysics, vol. 192, nos 1–2, , p. 370 (Bibcode 1988A&A...192..370G, lire en ligne)
  • B. Guinot et P. K. Seidelmann, « Time scales - Their history, definition and interpretation », Astronomy and Astrophysics, vol. 194, nos 1–2, , p. 304 (Bibcode 1988A&A...194..304G, lire en ligne)
  • B. Guinot et G. Petit, « Atomic time and the rotation of pulsars », Astronomy and Astrophysics, vol. 248, , p. 292 (Bibcode 1991A&A...248..292G, lire en ligne)
  • Guinot, B., « Application of General Relativity to Metrology (International Report) », Metrologia, vol. 34, , p. 261–290 (DOI 10.1088/0026-1394/34/3/9, S2CID 250865667)
  • Nicole Capitaine et Bernard Guinot, « Systèmes de référence en astronomie », Comptes Rendus de l'Académie des Sciences, Série IIB, vol. 324, no 11, , p. 725–738 (DOI 10.1016/S1251-8069(97)83178-8)
  • B. Guinot, « History of the Bureau International de l'Heure », International Astronomical Union Colloquium, vol. 178, , p. 175–184 (DOI 10.1017/S0252921100061315 Accès libre)
  • N. Capitaine, B. Guinot et D. D. McCarthy, « Definition of the Celestial Ephemeris Origin and of UT1 in the International Celestial Reference Frame », Astronomy and Astrophysics, vol. 355, , p. 398–405 (Bibcode 2000A&A...355..398C, lire en ligne)
  • R. A. Nelson, D. D. McCarthy, S. Malys, J. Levine, B. Guinot, H. F. Fliegel, R. L. Beard et T. R. Bartholomew, « The leap second: its history and possible future », Metrologia, vol. 38, no 6, , p. 509–529 (DOI 10.1088/0026-1394/38/6/6, Bibcode 2001Metro..38..509N, S2CID 250759447)
  • Bernard Guinot et Elisa Felicitas Arias, « Atomic time-keeping from 1955 to the present », Metrologia, vol. 42, no 3, , S20–S30 (DOI 10.1088/0026-1394/42/3/S04, Bibcode 2005Metro..42S..20G, S2CID 122700186)
  • Decauz, Bernard et Guinot, Bernard, La mesure du temps, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je? N° 97 »,
  • Débarbat, Suzanne et Guinot, B., La méthode des hauteurs égales en astronomie, London; Paris, Gordon and Breach, (ISBN 9780677502502, lire en ligne) (This book was translated into Russian, and part of the book was translated into Chinese.)[20]
  • Claude Audoin et Bernard Guinot, The Measurement of Time: Time, Frequency and the Atomic Clock, Cambridge University Press, (ISBN 9780521003971, lire en ligne)[21] (French edition 1998; Russian edition 2002)

Notes et références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Bernard Guinot » (voir la liste des auteurs).
  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 « Bernard Guinot 8 septembre 1925 —6 mars 2017 », Académie des sciences, Institute de France
  2. 1 2 3 4 Capitaine, Nicole, Arias, F. et Boucher, C., « Tribute to Bernard Guinot (1925-2017) », Astrometry, Earth Rotation, and Reference Systems in the GAIA Era, , p. 73–74 (Bibcode 2020jsrs.conf...73C, lire en ligne)
  3. Comité international des poids et mesures, « nc », Procès-verbaux des séances, vol. 52, , p. 38 (lire en ligne)
  4. 1 2 « Guinot, Bernard René (search) », sur French register of deceased persons.
  5. 1 2 3 4 5 « Biographie Bernard Guinot - Astronome », sur Who's Who in France.
  6. Heydari-Malayeri, M., « Danjon astrolabe », Paris Observatory
  7. « Danjon astrolabe », astro.vaporia.com
  8. « Telescope: 4-inch Danjon Prismatic Astrolabe, OPL. No. 9 (1956) », The Royal Observatory Greenwich
  9. Guinot, Bernard, « L'astrolabe impersonnel A. Danjon, modèle O.P. L. de l'Observatoire de Paris. Étude des résultats d'une année d'observations. Variation de la latitude. Catalogue d’étoiles », Bulletin Astronomique, vol. 22, , p. 1–71 (DOI 10.3406/bastr.1958.14200, Bibcode 1958BuAst..22....1G, lire en ligne)
  10. « Bernard R. Guinot », International Astronomical Union | IAU
  11. « Bureau International de l'Heure (B.I.H.) - Archives », francearchives.gouv.fr
  12. de Viron, Olivier, Dehant, Véronique et Capitaine, Nicole, « Reference system and non-rotating origin: the NRO for the rest of us »
  13. Guinot, « Some Properties of Algorithms for Atomic Time Scales », Metrologia, IOP Publishing, vol. 24, no 4, , p. 195–198 (ISSN 0026-1394, DOI 10.1088/0026-1394/24/4/007, Bibcode 1987Metro..24..195G, S2CID 250888738, lire en ligne Accès payant)
  14. Guinot, B., « Determination of the motion of the pole, and comparison with astrometry », Philosophical Transactions of the Royal Society of London. Series A, Mathematical and Physical Sciences, vol. 294, no 1410, , p. 329–334 (DOI 10.1098/rsta.1980.0039, Bibcode 1980RSPTA.294..329G, S2CID 122717489)
  15. Duchesne, Maurice, Guinot, Bernard et Texereau, Jean, « Sur la mesure de la vitesse radiale de Mercure par la photographie electronique », Publications of the Observatoire Haute-Provence, vol. 6, no 50, (Bibcode 1963POHP....6T....D, lire en ligne)
  16. Guinot et Feissel, « Mesure spectrographique de mouvements dans l'atmosphere de Venus », Publications of the Observatoire Haute-Provence, vol. 9, no 36, , p. 13–20 (Bibcode 1968POHP....9...13G, lire en ligne)
  17. Calame, O., Guinot, B., Kovalevsky, J. et Orszag, A., « Geodetic Measurements with Lunar Laser-Ranging », Astronomy and Astrophysics, vol. 4, , p. 18–30 (Bibcode 1970A&A.....4...18C, lire en ligne)
  18. « PTTI Service Award », Institute of Navigation (ION)
  19. « Bernard Guinot », Academia Europaea,
  20. Exploring the History of Southeast Asian Astronomy: A Review of Current Projects and Future Prospects and Possibilities, Springer International Publishing, coll. « Historical & Cultural Astronomy », (ISBN 978-3-030-62777-5), « About the Authors », xi
  21. (en) Stephen N. Lea, « Review of The Measurement of Time: Time, Frequency and the Atomic Clock by Claude Audoin and Bernard Guinot », Measurement Science and Technology, vol. 13, no 2, , p. 230–231 (DOI 10.1088/0957-0233/13/2/705, S2CID 250917526, lire en ligne Accès payant)

Liens externes

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