Bernard Sabouret Garat de Nedde
Bernard Étienne Marie Henri Sabouret Garat de Nedde, né le et mort en 1989, est un officier français, résistant homologué et cadre d'Électricité de France.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il participe sous le pseudonyme de « Lenormand » à des missions de renseignement menées en coopération avec les services alliés. En 1944, il prend notamment part à la mission « Bébé » en Haute-Marne.
En 1961, il dirige un réseau civil clandestin lié aux militaires opposés à la politique algérienne du gouvernement. Après le putsch des généraux, son réseau est mis à la disposition de l'Organisation de l'armée secrète (OAS). Arrêté dans le cadre de l'affaire dite du « complot de Paris », il est condamné à sept ans de détention criminelle. Il participe ensuite à un recours devant le Conseil d'État contre la création du tribunal militaire qui avait jugé les protagonistes de l'affaire.
Informations essentielles
| Bernard Sabouret Garat de Nedde | |
| Surnom | « Lenormand » |
|---|---|
| Naissance | |
| Décès | |
| Origine | Français |
| Grade | Lieutenant |
| Conflits | Seconde Guerre mondiale |
| Autres fonctions | Cadre d'Électricité de France |
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Biographie
modifierSeconde Guerre mondiale
modifierBernard Sabouret Garat de Nedde sert comme officier pendant la Seconde Guerre mondiale. Son parcours militaire et son engagement dans la Résistance sont attestés par les fonds du Service historique de la Défense, qui le recensent comme résistant homologué[1].
En 1944, il intervient sous le pseudonyme de « Lenormand » dans le cadre du plan Proust, dispositif de renseignement associant des agents français aux services spéciaux alliés. Le Maitron le mentionne comme officier du plan Proust opérant en Haute-Marne[2].
À la fin de l'été 1944, il est parachuté près d'Osne-le-Val dans le cadre de la mission « Bébé ». Il opère avec le radio Michel Faivre, dit « Montigny »[3].
Le , il participe à une mission dans le secteur de Chaumont. Entre Brethenay et Condes, le véhicule dans lequel il se trouve est pris sous le feu de soldats allemands. Le résistant André Legros est tué et le conducteur Roger Blandin est blessé puis capturé. Sabouret Garat de Nedde parvient à s'échapper et rejoint les forces de la Résistance dans le secteur[2],[3].
Une notice consacrée à son parcours dans la Résistance confirme également son utilisation du pseudonyme « Lenormand » et son activité dans le cadre du plan Proust[4].
Carrière civile
modifierAprès la guerre, Bernard Sabouret Garat de Nedde travaille à Électricité de France. En 1961, il y exerce les fonctions de chef du service des transports[5].
Réseau clandestin et putsch d'avril 1961
modifierÀ partir de l'automne 1960, Sabouret Garat de Nedde participe à la constitution d'un réseau civil destiné à soutenir des militaires opposés à la politique algérienne du gouvernement. Cette organisation comprend des groupes chargés des liaisons, du renseignement et de l'action psychologique[5].
Au début de l'année 1961, il entre notamment en relation avec l'ancien colonel Yves Godard et le capitaine Pierre Sergent. Quelques jours avant le putsch des généraux, il est informé de la préparation d'une insurrection militaire en Algérie et invité à maintenir son organisation prête à intervenir en métropole[5].
Le , au début du putsch, il se rend à Orléans. Sous le nom de « Lenormand », il rencontre le commandant du 2e régiment de hussards et lui propose le concours de son organisation[5].
Après l'échec du putsch, son réseau est mis à la disposition de l'Organisation de l'armée secrète[5].
Arrestation et procès du « complot de Paris »
modifierLe , des documents sont découverts dans une automobile appartenant à Bernard Sabouret Garat de Nedde, stationnée à Levallois-Perret. Les enquêteurs y trouvent notamment des tracts de l'OAS, des coordonnées d'officiers ainsi que plusieurs documents relatifs à l'organisation de groupes clandestins[5].
Une perquisition menée par la suite permet de découvrir d'autres documents concernant notamment des groupes implantés autour de Rambouillet, Orléans et Auxerre. Sabouret Garat de Nedde est arrêté et interrogé sur l'organisation du réseau[5].
Son procès se déroule en septembre 1961 dans le cadre de l'affaire dite du « complot de Paris ». Le ministère public s'appuie notamment sur les documents saisis et sur les déclarations recueillies pendant l'instruction[6].
Le , Bernard Sabouret Garat de Nedde est condamné à sept ans de détention criminelle[7].
Le jugement condamne également plusieurs autres militaires et civils impliqués dans l'affaire, parmi lesquels le général Jacques Faure et le colonel Roland Vaudrey[8].
Recours judiciaires
modifierAprès sa condamnation, Sabouret Garat de Nedde fait partie des condamnés qui se pourvoient devant la Cour de cassation. L'affaire est examinée en novembre 1961[7].
Il participe également, avec Jacques-Claude Dupont, à un recours devant le Conseil d'État contre la décision présidentielle ayant institué le tribunal militaire spécial qui devait juger les personnes poursuivies après le putsch[9].
Le Conseil d'État statue le dans l'arrêt connu sous le nom de Rubin de Servens et autres[10].
Cette décision porte sur les pouvoirs exceptionnels accordés au président de la République par l'article 16 de la Constitution. Le Conseil d'État considère notamment que certaines décisions prises dans ce cadre échappent au contrôle du juge administratif[10].
Mort
modifierBernard Sabouret Garat de Nedde meurt en 1989[11].
Notes et références
modifier- ↑ « Sous-série GR 16 P — Dossiers administratifs de résistantes et résistants — Lettre S » [PDF], sur Musée de la Résistance en ligne, Service historique de la Défense (consulté le ), entrée « SABOURET GARAT DE NEDDE, Bernard »
- 1 2 « Legros André, Gabriel, Jules », sur Le Maitron — Fusillés 1940-1944 (consulté le )
- 1 2 L. Fontaine, « Missions spéciales alliées en Haute-Marne (1944) », sur Pages d'histoire de l'Est (consulté le )
- ↑ « Garat de Nedde Sabouret — Alias dit Lenormand », sur Mémoire Vive de la Résistance (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 « Le procès du « complot de Paris » jettera quelque lumière sur l'organisation de l'« armée secrète » lors du putsch d'avril », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « De violents incidents accompagnent l'exposé de l'avocat général Bavoux », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 « Les pourvois du général Faure et des autres condamnés du « complot de Paris » devant la Cour de cassation », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Jean-Marc Théolleyre, « Le général Faure et le colonel Vaudrey condamnés à dix ans de détention criminelle », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Conseil d'État, Assemblée, 2 mars 1962 », sur Doctrine, (consulté le ), requête présentée pour Sabouret-Garat de Nedde et Jacques-Claude Dupont
- 1 2 « Conseil d'État, Assemblée, 2 mars 1962 », sur Légifrance, Direction de l'information légale et administrative, (consulté le )
- ↑ L. Fontaine, « Brethenay : un mystère résolu », sur Pages d'histoire de l'Est, (consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- « Le procès du « complot de Paris » jettera quelque lumière sur l'organisation de l'« armée secrète » lors du putsch d'avril », Le Monde, (lire en ligne).
- Jean-Marc Théolleyre, « Le général Faure et le colonel Vaudrey condamnés à dix ans de détention criminelle », Le Monde, (lire en ligne).
- « Garat de Nedde Sabouret — Alias dit Lenormand », sur Mémoire Vive de la Résistance.
- « Legros André, Gabriel, Jules », sur Le Maitron — Fusillés 1940-1944.
- L. Fontaine, « Missions spéciales alliées en Haute-Marne (1944) », sur Pages d'histoire de l'Est.