Bernard Zimmer

auteur dramatique, scénariste et dialoguiste

Bernard Zimmer est un écrivain de théâtre, scénariste et dialoguiste français, né à Grandpré le et mort à Paris le .

Biographie

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Il est issu d’une famille alsacienne catholique, ayant quitté cette région après son annexion par l’Allemagne en 1871. Initialement avocat, il abandonne cette profession pour le journalisme et l'écriture.

Bernard Zimmer publiait dès 1912-1913 des poèmes dans la revue «La Vasque», puis poursuivit une carrière d’écrivain de théâtre, scénariste et dialoguiste. Il s'est fait connaître comme auteur de nombreuses comédies, représentées avec succès au Théâtre de l'Atelier et à la Comédie des Champs-Élysées.

« Le veau gras » a été représenté en mars 1924  au Théatre de l’Atelier, dans une mise en scène de Charles Dullin. Le titre fait évidemment allusion à la parabole de l’enfant prodigue, dont il fait une présentation inversée: le fils prodigue est un gigolo qui ne manifeste aucun regret et le père, au début sévère envers celui-ci, renverse son attitude en admirant le gigolo et en critiquant vertement le fils vertueux qui est resté à la maison.

«Les zouaves» a été représenté en janvier 1925  au Théatre de l’Atelier, dans une mise en scène de Charles Dullin.

"Bava l’Africain", crée en 1926 à la Comédie des Champs-Elysées avec Louis Jouvet dans le rôle-titre, met en scène un personnage soupçonné de mythomanie, confronté aux stéréotypes et aux incompréhensions culturelles d’une petite ville de province. La pièce adopte un ton critique vis-à-vis des mentalités de l’époque.

«Pauvre Napoléon» (1929) a été creéé à la Comédie Française. BZ y revisite de manière satirique la figure de Napoléon Bonaparte: une rencontre inattendue entre deux personnalités que tout opposait, donne lieu à une improbable connivence. Napoléon, exilé à Sainte-Hélène, rencontre un envoyé du roi Louis XVIII, qui avait été son colonel dans l’armée royale où le Lieutenant Bonaparte avait servi en 1787. Les deux se mettent à deviser avec le recul de la maturité et des événements historiques vécus par chacun de son côté.

Lié au Cartel des quatre, il a travaillé avec Charles Dullin et Louis Jouvet pour le théâtre et aussi publié des adaptations du théâtre antique, notamment Les Oiseaux d'Aristophane, représenté au théâtre de l'Atelier en 1927.

Jean Giraudoux écrit de lui : « parler des comédies de Bernard Zimmer, c'est parler de la Comédie. Il a réussi à isoler ce genre, du mélange de berquinade, de farce, et d'imprécations qu'est actuellement notre théâtre et à lui rendre son redoutable caractère. On lui reproche d'être dur, c'est que la comédie est un peu féroce… »[1]

Maurice Sachs compte Zimmer « parmi les plus célèbres écrivains de théâtre de son époque, écrivain très fin, grand connaisseur du métier théâtral et comique non sans satire, mais sans mauvais goût; il se range parmi ces auteurs qui font naître un bon rire…[2] »

Bernard Zimmer a aussi beaucoup écrit dans diverses revues : La Phalange (1913), Les œuvres Libres (années 1920), Le Crapouillot, Conferencia. Il a notamment publié des articles et chroniques dans le magazine satirique et littéraire "Le Crapouillot". Il partageait avec son fondateur Jean Galtier Boissière un ton antimilitariste, sceptique et ironique. Le numéro spécial « Les Allemands » du Crapouillot (1931) est co-attribué à Galtier-Boissière et BZ.  Ils fréquentaient les mêmes milieux littéraires et artistiques parisiens (autour de Dorgelès, Mac Orlan, Carco, Courteline, etc.). Bernard Zimmer figure comme entrée Z dans le Dictionnaire des contemporains établi par Galtier-Boissière (fév 1950).

Il a aussi été très actif au cinéma[3] en tant que scénariste et dialoguiste de près de 28 films, tournés par les plus grands metteurs en scène, entre 1932 et 1956.

Installé a Vézelay aux pieds de l'Abbatiale, il en a écrit le texte du premier son et lumière dans les années 1950.

Famille

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Bernard Zimmer a eu trois enfants de son mariage avec Germaine Schrœder[4], connue pour son activité d'artiste-relieuse: Paule (de Laroussilhe) née en 1926, Pierre né en 1927 et Jacques.

Œuvres théâtrales

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  • Le Veau gras, 1924 (théâtre de l'Atelier)
  • Les Zouaves, 1925 (théâtre de l'Atelier)
  • Bava l'Africain, 1926 (Comédie des Champs-Élysées)
  • Les Oiseaux, adaptation libre d'après Aristophane, 1928 (théâtre de l'Atelier)
  • Le Coup du , (Comédie des Champs-Élysées)
  • Beau Danube Rouge, création le au Théâtre Montparnasse, mise en scène de Gaston Baty.

Toutes ses œuvres ont été publiées chez Gallimard, éditions de la NRF. Le théâtre a été réédité en 1968: « Théatre », La Table Ronde, ainsi que les « Adaptations du théâtre antique» Guillaume Budé, 3 t, 1969.

  • Adaptation des «Joyeuses Commères de Windsor», traduction et adaptation libre de William Shakespeare pour le Théâtre Antoine, octobre 1929, avec une musique de Georges Auric. Ce travail n’a pas donné lieu à une publication écrite. Il s’inscrit dans une pratique régulière d’adaptation scénique des classiques.

Œuvres au cinéma

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Références

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  1. Texte publié par les Éditions de la Nouvelle Revue Française (NRF) sous forme de "prière d'insérer" avec la première édition des "Oiseaux".
  2. Maurice Sachs, La décade de l'illusion, Paris, Gallimard, , 252 p., p. 113
  3. Le Monde 1964.
  4. Bora, Radrizzani et Carey 1997, p. XXVII.

Voir aussi

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Bibliographie

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  • France Fauny-Anders, Jacques Copeau et le Cartel des Quatre, A. G. Nizet, (lire en ligne).
  • Rédaction Le Monde, « Mort de Bernard Zimmer », Le Monde, (lire en ligne).
  • Giulio Bora, Dominique Radrizzani et Edith Carey, Cinq siècles de dessins : collections du Musée Jenisch, Musée Jenisch, (lire en ligne), p. XXVII.
  • Jacques Siclier, « Pontcarral, colonel d'Empire. Film de Jean Delannoy », Le Monde, (lire en ligne).
  • Sylviane Coyault, Giraudoux européen de l'entre-deux-guerres, Presses de l'Université Blaise Pascal, (lire en ligne), p. 152.
  • René-Louis Piachaud, Honest Zimmer... ou Le joyeux compère de Windsor, . Cet ouvrage a fait l'objet d'une polémique avec un auteur suisse, René-Louis Piachaud, qui a accusé BZ de plagiat littéraire à propos de son adaptation de la "Farce des joyeuses commères de Windsor" écrite et réalisée à Paris après ou d'après la traduction de René-Louis Piachaud, parue en 1928. A la suite de cette publication, BZ a déposé, le 21 décembre 1929, une plainte contre Piachaud. Ce dernier a été condamné en mai 1931 pour délits d'injure et de diffamation.

Liens externes

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