Berthe de Courrière
Berthe de Courrière, née Caroline Louise Victorine Courrière, le à Lille et morte le à Paris 6e, est une demi-mondaine française.
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Caroline Louise Victorine Courrière |
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Berthe de Courrière |
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Biographie
modifierDemi-mondaine
modifierFille d'un négociant lillois, Berthe de Courrière quitte sa ville natale[1], à 20 ans, pour Paris. Elle devient la maîtresse du général Boulanger et de plusieurs ministres[2].

Le sculpteur Auguste Clésinger, gendre de George Sand, remarque ses formes opulentes[2], qui lui ont valu des surnoms comme « la Grande Dame » ou « Berthe aux Grands Pieds » — et en fait son modèle pour le buste de Marianne qui se trouve au Sénat, ainsi que pour la statue colossale de la République de l'Exposition universelle de 1878[2].
Instituée sa légataire universelle par Clésinger, Berthe de Courrière, qui était devenue sa garde-malade du fait de sa sénilité précoce[3], hérite d'une fortune conséquente[2], à la mort du sculpteur, en 1883.
En 1886, elle rencontre Remy de Gourmont, qui fait ses débuts en littérature et elle lui commande l’écriture de mémoires sur Clésinger[4]. Ils deviennent amants[4] et Gourmont vient habiter chez elle, d'abord rue de Varenne, puis au no 71 rue des Saints-Pères. Ils tiennent un salon littéraire[4]. Elle devient également son agent littéraire[4]. Ils seront ensemble jusqu'à la mort de celui-ci en 1915[2].
Morte l’année suivante, elle repose dans le caveau de Clésinger avec Remy de Gourmont au cimetière du Père-Lachaise (10e division)[2],[5] bien que son nom ne figure pas sur la tombe[4].
Muse des artistes
modifierLes lettres passionnées que Gourmont lui adresse durant l'année 1887 seront réunies en volume sous le titre Lettres à Sixtine (1921). Elle sera l'héroïne de Sixtine, roman de la vie cérébrale (1890)[6] puis du Fantôme (1893)[4].
En 1889, Gourmont présente Berthe de Courrière à Joris-Karl Huysmans qui en fera le modèle du personnage de Hyacinthe Chantelouve dans son roman Là-Bas (1891)[7].
En revanche, elle est la cause de la brouille entre Gourmont et Alfred Jarry, fin 1895, ce dernier ayant fait circuler un poème scatologique mettant en scène Berthe[8].
Autrice
modifierProbablement par l’entremise de Gourmont[6], Berthe de Courrière écrit quelques articles pour le Mercure de France, en particulier un opuscule violent contre le médecin Charcot, Néron prince de la science pour son travail sur l’hystérie et de son expérience personnelle d'internement[4].
Occultisme
modifierS’intéressant à l'occultisme, Berthe de Courrière s’est trouvée mêlée à une affaire de messe noire qui faillit mal tourner et lui valut un séjour d'un mois dans un hôpital psychiatrique.
Le , la police l'avait retrouvée à Bruges, presque nue, déambulant sur les remparts de la ville, aux alentours de la porte des Maréchaux. Il apparut qu'elle avait logé dans la maison du prêtre Lodewijk Van Haecke (nl), recteur de la chapelle du Saint-Sang. Début octobre Remy de Gourmont vint à sa rescousse. Elle était en outre en relation avec l'ex-abbé Joseph-Antoine Boullan, interdit comme hérétique. Elle fut internée à la suite de cette affaire puis de nouveau en 1906, cette fois à Bruxelles.
La rumeur disait qu'elle s'efforçait de séduire des jeunes prêtres ou de les choquer lors de ses confessions[4]. Rachilde affirme l'avoir vue tirer de son cabas en tapisserie des hosties consacrées pour les jeter à des chiens errants[4]. Son intérieur, d'après Henry de Groux,
« est bien la chose la plus hétéroclite que j'eusse jamais pu imaginer dans le goût de ce monde mi-païen, mi-catholique, ou soi-disant tel. Ce ne sont que chasubles, nappes d'autel, objets du culte adaptés aux plus imprévues destinations, ostensoirs, corporaux, dalmatiques, candélabres aux cierges multicolores, mystérieusement allumés dans des coins d'ombre, près d'un lutrin superbe portant sur ses ailes des œuvres de Félicien Rops ou du marquis de Sade. Les effluves de benjoin, d'ambre, d'essence de rose alternent à dose suffocante avec ceux de l'encens[4]. »
Héritage
modifierBerthe de Courrière ayant pratiqué le culte de Satan, sa sépulture au cimetière du Père-Lachaise attire encore les amateurs de messes noires[9].
Notes et références
modifier- ↑ « Acte de naissance de Caroline Louise Victorine Courrière, le 2 juin 1852 à Lille », sur Archives départementales du Nord (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 « Berthe de Courrière : Les Amateurs de Remy de Gourmont », sur www.remydegourmont.org (consulté le ).
- ↑ « Phidias et Antigone », Le Gaulois, Paris, 3e série, vol. 17, no 175, (lire en ligne sur Gallica).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (en-US) « The Flower of Evil : Berthe de Courrière, Satanic Woman of Bohemian Paris • Madeleine Le Despencer »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), sur Madeleine Le Despencer, (consulté le ).
- ↑ appl, « COURRIERE Caroline Louise Victoire, dite Berthe de (1852-1916) », sur Cimetière du Père Lachaise – APPL, (consulté le )
- 1 2 Gillybœuf Thierry, « Remy de Gourmont », sur FranceArchives (consulté le )
- ↑ Robert Baldick, La Vie de J. K. Huysmans, Denoël, , 478 p., portr. 21 cm (OCLC 855191, lire en ligne), p. 171.
- ↑ Lire la note de Maurice Saillet au poème manuscrit de Jarry intitulé Inscription sur la grande histoire de la vieille dame (1895) — Fonds de la Bibliothèque Jacques Doucet, Paris.
- ↑ Stéphanie Brasey et Édouard Brasey, Traité de sorcellerie, Paris, Pré-aux-clercs, , 432 pages, illustr. ; in-8º (ISBN 9782842284473, OCLC 761846585, lire en ligne), p. 207.