Bethany Veney

écrivaine américaine

Bethany Veney (née le 19 mars 1812[1] - morte le 16 novembre 1915[note 1]) est une auteure américaine née esclave et connue pour son récit d'esclave publié en 1889.

Informations essentielles

Bethany Veney
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Domicile
Activité
Statut

Biographie

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Bethany Johnson nait esclave dans une ferme près de Luray en Virginie. Ses parents, Charlotte et Joseph Johnson, ont 5 enfants[5],[note 2] dont Bethany, Matilda et Stephen[6]. Le propriétaire de l'exploitation, Fletcher, décède et lègue ses esclaves à ses enfants. Lucy Fletcher hérite de Bethany et Matilda, le reste de la famille est dispatchée entre les 7 héritiers[5],[7]. Lucy épouse David Kibbler en 1827[5]. Selon Landau, Lucy épouse Kibbler[8] mais selon la biographie de Bethany, c'est la sœur de Lucy, Nasenith, qui épouse Kibbler[5],[7]. Quoiqu'il en soit, Bethany appartient à Kibbler. Celui-ci est violent[5].

À la fin des années 1830, Bethany obtient la permission de se marier à un autre esclave d'une ferme voisine, Jerry Fickland[5],[9]. En 1843, Jerry Fickland est séparé de sa famille et mis en vente. Elle obtient la permission de le voir au marché aux esclaves, à plus d'une journée de marche, mais lorsqu'il apprend qu'il va être vendu dans une ville du sud et qu'il ne verra plus sa famille, il s'enfuit dans les montagnes[10]. Il est capturé par le chasseur d'esclave David McCoy et Bethany Fickland n'a plus jamais de nouvelles de lui[11]. En janvier 1844, elle donne naissance à leur fille Charlotte[5] (même prénom que la mère de Bethany[12]).

Dans l'espoir de protéger sa fille des abus sexuels[13], elle demande à être vendue avec sa fille à un dénommé John Printz, à Luray. En 1950, elles sont séparées. Charlotte reste chez les Printz et Bethany est vendue à McCoy et O'Neil[5] . McCoy souhaite la revendre, mais elle en mettant du bicarbonate de sodium dans sa bouche, elle fait croire à une maladie et parvient à ne pas l'être[5],[12]. McCoy doit la garder, ce qui lui permet de voir sa fille périodiquement[5],[12].

Ensuite, Bethany Fickland épouse Franck Veney, un homme noir libre avec qui elle a un fils, Joe[5].

L'abolitionniste George James Adams achète Bethany et son fils en 1858 pour $775( soit 28 839 $ en 2026), et les emmène à Providence (Rhode Island)[3], puis leur offre la liberté[5],[12],[14]. Bethany gagne sa vie en devenant lavandière en porte-à-porte[12]. En 1859, son fils Joe meurt des suites d'une maladie. Elle travaille pour la famille Adams à Providence, et les suit lorsqu'ils déménagent à Worcester (Massachusetts)[2],[14],[15]. Là, elle découvre une ville où elle sait pouvoir vivre en sécurité sans se faire capturer. Elle s'installe au 21 Winfield Street et y reste jusqu'à la fin de sa vie, fréquentant assidûment l'église[12].

Après la guerre de Sécession, Bethany Veney réussit à faire 4 voyages en Virginie pour racheter sa fille Charlotte, ainsi que 16 autres membres de sa famille et les emmener avec elle en Nouvelle-Angleterre[5],[14]. Franck Veney s'étant remarié 3 ans après leur séparation, il ne l'y suit pas. Elle a également l'occasion de rencontrer plusieurs de ses anciens propriétaires, par exemple McCoy, Printz, Kibbler…

Bethany Veney reste une grande marcheuse toute sa vie[3],[note 3]Elle meurt au domicile de sa fille le 16 novembre 1915, et est enterrée à Worcester. Sa fille Charlotte meurt le 14 février 1921 et est enterrée à ses côtés[17].

Héritage de Narrative of Bethany Veney, a Slave Woman

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En 1889, elle publie ses mémoires intitulées Narrative of Bethany Veney, a Slave Woman (mémoire de Bethany Veney, femme esclave). Le récit couvre une période qui va son enfance à son installation en Nouvelle-Angleterre, puis sa conversion et le rôle de la religion dans sa vie[18].

Selon Jared Silverstein, Bethany Veney a une façon de se raconter centrée sur ses souffrances et les principes moraux qui guidaient sa vie, plutôt que de décrire les horreurs de l'esclavage[19]. Deux révérents (les pères Spaulding et Cooper) lui ont écrit des courriers, inclus in extenso dans le livre, l'un insistant sur sa force de caractère, et l'autre sur le caractère immoral de l'esclavage[12],[18].

Anthony Gerard compare Bethany Veney avec Susie Taylor, Nancy Gardner Prince et Louisa Picquet. Il dit d'elles dans Collected Black Women's Narratives que « ces femmes s'efforçaient de préserver leur dignité et leur indépendance dans une Amérique de plus en plus violente et constamment racistes. »[20]

Le 12 juillet 2003, le gouverneur du Massachusetts, Mitt Romney, signe une proclamation en hommage à Bethany Veney et sa vie en déclarant ce jour le "Jour de Bethany Veney"[5].

Notes et références

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  1. ↑ Quelques sources donnent pour année de décès 1916, mais les sources primaires, les journaux de 1915 permettent de confirmer le registre d'état civil[2],[3],[4]
  2. ↑ Dans le registre d'état civil, le prénom de la mère de Bethany n'est pas mentionné, et son père connu uniquement sous le surnom Stevens. Les informations sont fournies par Charlotte E. Jackson[4].
  3. ↑ En 1909, un journal rapporte qu'elle est descendue du train 6 miles avant sa gare pour le plaisir de cueillir des myrtilles le long des rails (à 97 ans)[16].

Références

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  1. ↑ (en-US) Jesse Collings, « A Black icon of Worcester gets her burial place marked at Hope Cemetery », sur The Worcester Telegram & Gazette, (consulté le )
  2. 1 2 « Mrs. Betsy Veney Was Purchased by Providence Man and Given Her Freedom », Norwich Bulletin,‎ , p. 6 (lire en ligne, consulté le )
  3. 1 2 3 « Aunt Betsy: Veney dies at age of 103 », The Boston Globe,‎ , p. 5 (lire en ligne, consulté le )
  4. 1 2 Bethany (Stevens) Veney, died November 16, 1915, Worcester, Massachusetts, Boston, Massachusetts, New England Historic Genealogical Society
  5. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 (en-US) Brendan Wolfe, « Bethany Veney », sur Encyclopedia Virginia (consulté le )
  6. ↑ Landau 2001, p. 55, 57.
  7. 1 2 Veney 1889, p. 10.
  8. ↑ Landau 2001, p. 55–56.
  9. ↑ Williams 2012, p. 64–65.
  10. ↑ Landau 2001, p. 59–60.
  11. ↑ Landau 2001, p. 64.
  12. 1 2 3 4 5 6 7 Karen Nugent, « Tragedy, triumph; Freed slave forged new life in Worcester », Worcester Telegram & Gazette,‎ (lire en ligne, consulté le )
  13. ↑ Diouf 2001, p. 27.
  14. 1 2 3 Janette Thomas Greenwood, First Fruits of Freedom: The Migration of Former Slaves and Their Search for Equality in Worcester, Massachusetts, 1862-1900, University of North Carolina Press, , 111–112 p. (ISBN 978-0-8078-9578-8, lire en ligne)
  15. ↑ Schomburg Center et Michelle D. Commander, Unsung: Unheralded Narratives of American Slavery & Abolition, Penguin, (ISBN 978-0-525-50769-7, lire en ligne), p. 345
  16. ↑ « Aunt Betty Veney », The Boston Globe,‎ , p. 14 (lire en ligne, consulté le )
  17. ↑ (en) « Bethany Veney, Abolitionist, and Author », sur African American Registry (consulté le )
  18. 1 2 « Summary of The Narrative of Bethany Veney: A Slave Woman », sur Documenting the American South, University of North Carolina (consulté le )
  19. ↑ Jared Silverstein, The Faith of a Woman: a Slave Narrative of Love, Despair, and Atonement, American Studies Media Culture Program (ASMCP),
  20. ↑ Anthony Gerard Barthelemy, Nancy Prince, Louisa Picquet, Bethany Narrative of Bethany Veney Veney et Susie King Taylor, Collected Black women's narratives, New York, Oxford University Press, , xxx, xxxi, xxxv (ISBN 978-0-19-505260-2, lire en ligne)

Liens externes

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Bibliographie

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  • Sylviane A. (Sylviane Anna) Diouf, Growing up in slavery, Brookfield, Conn., Millbrook Press, (ISBN 978-0-7613-1763-0, lire en ligne)
  • Elaine Landau, Slave narratives : the journey to freedom, New York, Franklin Watts, (ISBN 978-0-531-11743-9, lire en ligne)
  • Bethany Veney, The narrative of Bethany Veney, a slave woman, Worcester, Massachusetts, (lire en ligne)
  • Heather Andrea Williams, Help me to find my people : the African American search for family lost in slavery, Chapel Hill, University of North Carolina Press, (ISBN 978-0-8078-3554-8, lire en ligne)