Bisexualité en Argentine
La bisexualité en Argentine est une orientation sexuelle partagée par une partie de la population. En 2023, 22% des personnes LGBT+ du pays s'auto-identifient comme bisexuels[1].

Communauté et militantisme
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En Argentine, les militantes bisexuelles ont souvent été invisibilisées par les lesbiennes et victimes d'une biphobie répandue dans les milieux LGBT. Ccertaines militantes lesbiennes radfem accusent les femmes bisexuelles d'être des « hétéro-infiltrées »[2.1] ou d'être salies par leurs relations avec des hommes cisgenre. Pour d'autres, les bisexuelles seraient « à moitié lesbiennes, à moitié hétérosexuelles » et donc n'auraient pas la légitimité pour revendiquer leurs combats et leurs spécificités. María Luisa Peralta raconte avoir « été témoin d'accusations de traîtrise, d'hypocrisie, d'indécision, d'opportunisme, d'immaturité (...) et de complicité avec le patriarcat » de la part des lesbiennes envers les bisexuelles[2.2]. D'autre part, le mouvement féministe est majoritairement porté par des femmes hétérosexuelles et les autres orientations n'ont pas constitué de sujet important, invisibilisant les problématiques spécifiques aux femmes bisexuelles[2.3].
En 1997, la militante lesbienne Alejandra Sardá (es) fait son coming-out bisexuel et provoque une vive opposition au sein du mouvement lesbien. Le mouvement LGBT, jusqu’à cette année, utilise l'acronyme LGTTT : lesbiennes, gays, travestis, transsexuels, transgenre. Sardá fait inclure la lettre B dans cet acronyme et lance un groupe de femmes bisexuelles[2.2]. Les femmes bisexuelles se retrouvent ensuite au sein des Rencontres nationales des femmes (es) qui ont eu lieu chaque année de 1986 à 2022. Elles deviennent ensuite les Rencontres plurinationales de femmes, lesbiennes, travestis, trans, bisexuelles, intersexes et non-binaires (es) et rassemblent jusqu’à 100 000 personnes autour de thématiques comme la santé reproductive, l'égalité des droits, l'éducation, les violences contre les femmes, les minorités de genre, etc. Elles sont aussi l'occasion de débats entre féministes et ont été à l'origine de plusieurs lois[2.4].
Le collectif bisexuales feministas (bisexuelles féministes) fait sa première action militante en 2012 lors de la marche des fiertés de Buenos Aires[2.5]. En septembre 2022 se tient la première rencontre nationale Bi+ d'Argentine, à l'occasion de la journée de la bisexualité[3].
En 2025, le projet Bisexual Voices recense sept associations ou collectifs bisexuels dans différentes villes d'Argentine[2.6].
Références
modifierBibliographie
modifier- Laura A. Arnés, Malena Correa, Augustina Herrero, Josefina Itoiz, Agostina Invernizzi, Iris Luz Ortellao et Ayelen Pandolfi Chediac (trad. de l'espagnol par Jeanne Godard Davant, préf. Floralie Resa, postface Ayris Taban, contrbutions de Bisexual Voices et du Front d'action bisexuelle (FAB)), Bisexualités féministes: : contre-récits depuis une dissidence située [« Bisexualidades feministas »], Milgrana, coll. « Collection Grain à moudre », (ISBN 978-2-487778-01-6)
Sources
modifier- ↑ (es) Vanina Pasik, « Diversidad sexual en Argentina: qué revela el primer censo de condiciones de vida LGBTQ+ », (consulté le )
- Laura A. Arnés, Malena Correa, Augustina Herrero, Josefina Itoiz, Agostina Invernizzi, Iris Luz Ortellao et Ayelen Pandolfi Chediac (trad. de l'espagnol par Jeanne Godard Davant, préf. Floralie Resa, postface Ayris Taban, contrbutions de Bisexual Voices et du Front d'action bisexuelle (FAB)), Bisexualités féministes: : contre-récits depuis une dissidence située [« Bisexualidades feministas »], Milgrana, coll. « Collection Grain à moudre », (1re éd. 2019) (ISBN 978-2-487778-01-6)
- ↑ (es) El Grito del Sur, « Primer encuentro Bi+ en Argentina: "La contraofensiva al closet son las redes" », sur El Grito del Sur, (consulté le )