Floralie Resa
Floralie Resa est une autrice, militante bisexuelle française née en 1987. Elle a créé la chaîne YouTube de théologie Queer Chrétien(ne) avant de se consacrer à l’écriture et au militantisme autour de la bisexualité et de la biphobie, sur son compte Instagram et à travers des publications[1].
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Chaîne Youtube Queer Chrétien(ne)
modifierFloralie Resa crée sa chaîne Youtube Queer Chrétien(ne) en 2016, où elle présente des personnages LGBT+ dans la Bible et se consacre à la façon de vivre sa foi chrétienne quant on est une personne queer[2],[3],[4]. Elle dit faire face à beaucoup de violence de la part d'internautes chrétiens et de droite et venir d'un mouvement religieux très dur[2],[5]. Elle y produit du contenu pendant plus de quatre ans[6].
Militantisme bisexuel
modifierFloralie Resa est une figure de l'organisation de collectifs bi pan en France et en Belgique[7],[8]. Elle milite plusieurs années sur Instagram où elle vulgarise les études scientifiques sur les violences contre les femmes bi et leurs problèmes de santé[9]. Elle défend l'organisation d'une communauté bi et pan, affirmant que les bi ont des besoins spécifiques et ne peuvent pas attendre que les lesbiennes s'organisent à leur place[8],[10]. En octobre 2022, elle publie le Manifeste pour un réveil bi, appelant les bisexuels à s'organiser[11],[12]. Le manifeste donne son nom au mouvement du Réveil bi en France et en Belgique, qui suit sa publication. Une dizaine de collectifs se forment suite à son appel, et fondent le réseau bi pan francophone, que rejoint Bicause[13], la plus ancienne association bisexuelle de France[14]. Le livre Embrasser la Bisexualité de Camille Teste réserve un chapitre au mouvement du réveil bi et y décrit les collectifs de Bi Pan Paris, du Front d'action bisexuel (FAB), de Bi Pan Nancy et de Bi Pan Bruxelles qui en font partie[15].
En 2023, elle prend position face à la nomination de Daphné Bürki comme alliée de l'année par Têtu, rédigeant une lettre ouverte qui rappelle que même si pour la communauté, les bi ne sont vus que comme des alliés, ils font pleinement partie des LGBT[16].
Elle auto-publie l'essai L'architecture de la biphobie sur internet en 2025[17],[5]. Elle y fait le parallèle entre populations bi-nationales en temps de guerre et bisexualité[18]. En utilisant les statistiques de publications scientifiques, elle démontre les décennies de retard que la recherche sur les bi a pris par rapport à celle sur les gays et les lesbiennes[19],[20]. La même année, elle participe à la campagne Bi Contre Trump, une levée de fonds au profit de l'ACLU et d'Erin Reed[21], en réaction à l'effacement du mot « bisexuel » du site internet de Stonewall par l'administration de Donald Trump[22].
En 2026, Resa collabore avec la commission Écoute de SOS homophobie pour une formation sur la biphobie basée sur L'architecture de la biphobie[23].
Vie personnelle
modifierFloralie Resa grandit dans une famille chrétienne conservatrice, dans un mouvement interdisant l'homosexualité, les rapports sexuels avant le mariage et les vêtements jugés impudiques. Elle s'y marie jeune et a des enfants[6].
Dans plusieurs entretiens, elle indique que son rapport à la bisexualité a été marqué par son éducation religieuse et que son l'acceptation de son orientation s'est inscrite dans un parcours spirituel qu'elle continue de revendiquer[3],[2]. Elle fait son coming out au micro de son église, ce qui marque pour elle le début de son militantisme LGBT[9]. Certains membres de son église demandent son excommunication en raison de ses propos en ligne[2] . Elle vit et travaille plusieurs années au Kazakhstan[8], dont elle évoque le milieu LGBT dans son livre L'Architecture de la Biphobie[24]. Elle y mentionne également son divorce plusieurs années après[24].
Floralie Resa est une personne transgenre, utilisant le masculin en 2020[6], avant de revenir au féminin dans les années suivantes[25].
Elle publie Te lécher jusqu'à m'étouffer, la bite des meufs et le lesbianisme, un livre sur la transmisogynie, inspiré de ses relations avec des femmes cisgenres et transgenres[26], d'abord en ligne, puis publié avec des illustrations de Joanna Foliveli. En 2024, elle est la cible d'attaques en ligne de Dora Moutot lors de lectures publiques de son essai. Puis lors d'une représentation où elle se produit avec la comédienne trans Alice Manuel Djebli Lopez, des individus interrompent l'événement en montant sur scène et en lançant de la peinture rouge [27],[28]. L'année suivante, en 2025, l'essai est publié en livre aux éditions Goater.
Ingénieure de formation[4] , elle a un doctorat en géochimie[5],[29].
Publications
modifier- Floralie Resa (ill. Joanna Foliveli), Te lécher jusqu’à m’étouffer, la bite des meufs et le lesbianisme, Éditions Goater, , 84 p. (ISBN 9782383670858)
- Floralie Resa, L'architecture de la biphobie, BoD-Books on demand BNFAE, (ISBN 978-2-322-61965-8)
Bibliographie
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: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Lou Dvina et Léontin Lacombe, Kamasutra queer, manifeste érotique saphique, Hachette, coll. « Les Insolentes », , 192 p. (ISBN 978-2-019326-30-2), p. 182

- Camille Teste, Embrasser la Bisexualité, Leduc, coll. « Les renversantes », (ISBN 978-2488051019), p. 124-125, 137-164, 140, 145, 152

- Camille Regache (dir.), Préca et Mathis Grossos, Bi.es, Points, , 224 p. (ISBN 979-10-414-2681-2), p. 36, 156

Références
modifier- ↑ Dvina et Lacombe 2023, p. 182
- 1 2 3 4 Yanis Mhamdi (réal.), « Queer et chrétienne », Tous les internets, ARTE, mars 2020.
- 1 2 Stéphanie Delon, « Floralie Resa, pronom elle, signe astrologique Scorpion, démonteuse de clichés et créatrice de Queer Chrétien·ne », Jeanne Magazine, no 106, (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 Dialla Konaté, « Queer Chrétien(ne) #Youtube », Télérama, no 3773,
- 1 2 3 Chloé Consigny, « Ni hétéros, ni homos : pourquoi les bisexuel·les dérangent ? », Têtu, (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 3 Timothée de Rauglaudre, « Flo, youtubeur trans et bi, lit la Bible autrement sur sa chaîne "Queer Chrétien(ne)" », Têtu, (lire en ligne)
- ↑ Miren Garaicoechea, « Loana était bisexuelle : personne n’en parle, et c’est tout sauf anecdotique », Libération, (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 3 (no) Nora Sæter, « Hun vil samle bifile i Europa: – Kan ikke vente på at lesbene gjør det for oss » [« Elle veut rassembler les bisexuels en Europe: «On ne peut pas attendre que les lesbiennes le fassent pour nous» »], Blikk, (lire en ligne)
- 1 2 (en) « Bisexuality+ and Christianity », sur BI+ Research, (consulté le ).
- ↑ Teste 2025, p. 152.
- ↑ Teste 2025, p. 140
- ↑ « Manifeste pour un réveil Bi », sur tomcatbipan.fr (consulté le ).
- ↑ Gabriel-le, « Appel à communications – Perspectives bi/pan+. Les plurisexualités hier, aujourd’hui et demain », sur Bi'cause, (consulté le ).
- ↑ « Bi'Cause », sur Centre LGBTQI+ de Paris et d'Île-de-France (consulté le ).
- ↑ Teste 2025, p. 137-164.
- ↑ Teste 2025, p. 124.
- ↑ Lucie Hennequin, « À cause de la biphobie, ces personnes bi ne se sentent à leur place nulle part », HuffingtonPost, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Regache, Préca et Grossos 2026, p. 36
- ↑ Teste 2025, p. 145.
- ↑ Regache, Préca et Grossos 2026, p. 156
- ↑ Gabriel-le, « Campagne BiContreTrump », sur Bi'cause, (consulté le ).
- ↑ (en) Hilary Hanson, « After Erasing 'Trans' References Under Trump, Stonewall Website Deletes Another Part of LGBTQ », HuffingtonPost, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Biphobie : comment les témoignages reçus par SOS Homophobie ont mis en lumière un angle mort des luttes LGBT+ », sur TomCat - média sur l'actualité des femmes bi et pan, (consulté le )
- 1 2 Floralie Resa, L'architecture de la biphobie, BoD-Books on demand BNFAE, (ISBN 978-2-322-61965-8), p. 42.
- ↑ Floralie Resa, L'architecture de la biphobie, BoD-Books on demand BNFAE, (ISBN 978-2-322-61965-8), p. 209
- ↑ Floralie Resa, Te lécher jusqu'à m’étouffer, la bite des meufs et le lesbianime, Goater, (ISBN 978-2-383-67085-8).
- ↑ « Communiqué : « Sur les TERFs, le fascisme et nos espaces » », sur La Parole Errante, (consulté le ).
- ↑ « La Parole Errante : Floralie Resa à propos de l’attaque transphobe de sa pièce » (consulté le ).
- ↑ Angèle Chiodo et Adrienne Nowak, Chacun pour soi et Dieu pour tou·te·s, web-série documentaire animée (12 × 5 min), production Baldanders Films, avec le soutien du CNC Talent et de la Région Sud, 2024.