Bit-lit
La "Bit-lit" est une appellation française utilisée pour désigner des œuvres de la littérature de l'imaginaire associant généralement un cadre contemporain, des éléments surnaturels et des relations sentimentales.[1][2][3][4]
Ses frontières sont toutefois difficiles à délimiter : elle est notamment rapprochée de la la fantasy urbaine, du fantastique contemporain et de la romance paranormale[1][2][4]. Dans le contexte éditorial français, l' appellation sert également à regrouper sous une même catégorie des œuvres relevant de différentes classifications en tant que catégorie éditoriale propre.[1][3]
Les œuvres rattachées à la bit-lit mettent fréquemment en scène une protagoniste féminine dans un environnement contemporain et confrontée à l'existence d'une société ou de créatures surnaturelles telles que les vampires et les loups-garous.[1][2] Les relations amoureuses constituent un élément récurrent de ces récits, mais leur importance et leur traitement peuvent varier selon les œuvres et les différents public auxquels celles-ci peuvent être rattachées.[1][2][3]
Associé à un lectorat principalement féminin, le terme, contraction des termes anglo-saxons "to bite" ("mordre") et "Lit" ("littérature), est un néologisme apparu autours de 2009 et construit sur le modèle de la "chick lit" [1] Malgré sa construction à partir de termes anglais, l'appellation est liée au contexte éditorial francophone et notamment par la mise en place d'une gamme d'œuvres regroupées sous cette appellation par les éditions Milady .[2][4]
Définition
modifierLa Bit-Lit est une appellation française désignant des œuvres des littératures de l'imaginaire qui associent généralement un cadre contemporaine, des éléments surnaturels et des relations sentimentales. [1][2][3][4] Les récits mettent fréquemment en scène une protagoniste féminine confrontée à un monde ou des personnages surnaturels qui coexiste avec le monde contemporain.[1][2] Elle mêle en ce sens la fantasy urbaine, le fantastique contemporain et la romance paranormale. [1][2][4]
Si les vampires et Loups-garous y occupent une place importante, d'autres créatures ou figures surnaturelles peuvent également apparaitre.[1] L'action, le surnaturel et les relations sentimentales y sont associés dans des proportions variables selon les œuvres.[1][2][3]
La Bit-Lit est particulièrement associée à des héroïnes féminines et à un lectorat féminin, sans toutefois s'y limiter. Les récits abordent féquemment les relations amoureuse, la sexualité, l'identité et l'autonomie de leur protagonistes [1][2]
Origine et historique
modifierLa bit-lit s'inscrit dans l'héritage des littératures sentimentales, vampiriques et gothiques.[2][3] Certains de ses motifs trouvent notamment leurs antécédents dans le récit sentimental et le roman gothique des XVIIIe et XIXe siècles.[3] La figure littéraire du vampire se développe particulièrement au XIXe siècle, d'abord dans la tradition germanique puis dans la littérature victorienne, notamment avec les ouvrages Carmilla de Sheridan Le Fanu et Dracula de Bram Stocker.
A la fin du XXe siècle, la représentation du vampire et plus largement du surnaturel connaît un renouvellement dans la littérature et la culture populaire, comme le montre leur émergence de récits mêlant cadre contemporain, héroïne confrontée au surnaturel et relations sentimentales, à l'instar de la série télévisée Buffy contre les vampires, ou de la série littéraire Anita Blake. [4]
Le succès international de Twilight à partir de 2005, contribue ensuite à remettre au premier plan les récits associant vampires, surnaturel et relation sentimentales, notamment auprès d'un lectorat féminin.[1][2][3] Ce succès favorise notamment l'intérêt éditorial pour ce type de littérature et accompagne son développement en France.[1][3]
La littérature vampirique entretien également un rapport ancien avec la séduction et la sexualité[5][6], notamment en raison de certaines interprétation comme des métaphores de l'acte sexuel et de la défloration, cette dimension érotique se prolongeant dans les représentations contemporaines à l'instar de Twilight où vampirisation, désir et virginité sont étroitement associés.[6]
L'appellation "bit-lit" apparaît en France à la fin des année 2000.[1][3][4] Son apparition est située autours de 2009, une première occurrence probable étant relevée dans une publication des éditions Milady en octobre 2008.[1][3]
L'appellation se diffuse ensuite dans l'édition française où elle regroupe des œuvres relevant de genres variés et mettant en scène un éventail croissant de créatures surnaturelles.[1]
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 Sophie Dabat, « La bit-lit, petite histoire d’un genre qui a du mordant », La Revue des livres pour enfants, Paris, Centre national de la littérature pour la jeunesse, no 274 « Les littératures de l’imaginaire », , p. 104-109
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Gaïane Hanser, « La Bit Lit et ses stratégies de contournement des cadres patriarcaux pour dire la féminité », Postures, no 15 « En territoire féministe : regards et relectures », , p. 97-111 (lire en ligne
) - 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Lucie Bernard, « Twilight : un recit feminin du patriarcat au 21e siecle », Nouveaux Imaginaires, Sara Calderon ; Marc Marti ; Florence Salanouve. Université de Nice. LIRCES, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 Françoise Hache-Bissette, « La Chick lit : romance du XXI e siècle ? », Le Temps des médias, Nouveau Monde éditions, vol. 19, no 2, , p. 101–115 (ISSN 1764-2507, DOI 10.3917/tdm.019.0101, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Maël Baussand, « Dracula : mécanique des fluides et roman des angoisses circulatoires », GLAD!. Revue sur le langage, le genre, les sexualités, Association Genres, sexualités, langage, no 05, (ISSN 2551-0819, DOI 10.4000/glad.1248, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 Antonio Dominguez Leiva, « Érotique du vampire contemporain », Pop - en stock, (lire en ligne
)