Black Dragons (bande)

bande antiraciste

Les Black Dragons sont une bande antiraciste fondée en 1986 à Nanterre (Île-de-France) par Yves « le Vent » en réaction aux agressions racistes des skinheads en région parisienne. Organisée en patrouilles et structurée autour d'une discipline martiale stricte, sa philosophie puise dans l'héritage des Black Panthers, la pensée de la Zulu Nation et la mythologie chinoise. Après avoir chassé les skinheads de plusieurs quartiers parisiens, la bande décline à partir des années 1990 sous l'effet de conflits avec plusieurs bandes rivales et des affaires judiciaires.

Black Dragons
Histoire
Fondation
Origine
Agressions racistes des skinheads contre les immigrés africains en région parisienne
Prédécesseur
Asnays
Successeur
Black Dragons Juniors
Miss BD
Cadre
Surnom
BD
Zone d'activité
Type
Bande
Domaine d'activité
Lutte antiraciste ; autodéfense
Mouvement
Objectif
Lutter contre les violences racistes des skinheads et défendre la dignité des immigrés africains en région parisienne
Méthode
Patrouilles d'autodéfense, pratique des arts martiaux, affrontements directs
Organisation
Fondateur
Yves « le Vent »
Dirigeant
Yves « le Vent »
Dirigeant
Idéologie

Histoire

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Dès le milieu des années 1970, des groupuscules skinheads sont présents en région parisienne et s'en prennent régulièrement aux immigrés africains. Leur implantation dans différents quartiers de la capitale et de sa banlieue rend certains espaces publics hostiles aux personnes qu'ils considèrent comme étrangères[1]. Face à ces violences, plusieurs bandes de jeunes telles que les Ducky Boys, les Red Warriors, ou encore les Asnays, se constituent en « chasseurs de skins » et mettent en place des manœuvres de repérage et d'affrontement systématique avec ces groupuscules[1].

À la fin des années 1980, Jérémie Maradas-Nado, qui deviendra connu sous le nom de Jo Dalton, se rapproche des Asnays. Par l'intermédiaire des Asnays, il rencontre Yves « le Vent », militant d'origine haïtienne affilié aux Black Panthers de Miami, qui dirigeait déjà une organisation appelée Black Dragons aux États-Unis[1], créée par son beau-père[2] et avec laquelle il luttait contre le Ku Klux Klan[1]. Yves « le Vent » arrive en France en 1983 et exerce la profession de plombier. Ses proches le décrivent adepte de Confucius et des rites vaudou, engagé contre la délinquance. Il effectue deux séjours en prison, l'un pour avoir blessé un homme qu'il accuse d'agression, l'autre pour avoir frappé des policiers qui s'en prenaient à un ami[3]. Il est témoin à Paris de plusieurs agressions racistes de skinheads contre des immigrés africains et crée en conséquence la section française des Black Dragons en 1986[1] à Nanterre[2]. Au départ, aucun membre blanc n'y est admis, avant que le recrutement ne s'ouvre progressivement à toutes les origines[2]. Le mouvement bénéficie du soutien de SOS Racisme[4]. Jo Dalton en prend la tête en 1988[1].

À partir de 1988, l'expansion rapide du phénomène des bandes de jeunes en banlieue parisienne rend difficile le contrôle du mouvement par ses fondateurs. Des jeunes se réclament du nom des Black Dragons sans en faire officiellement partie, ce qui contribue à brouiller l'image du groupe[3]. De plus, l'emprisonnement d'Yves « le Vent » prive le mouvement de son fondateur et les Black Dragons délaissent progressivement leur engagement initial pour se consacrer aux affrontements avec les bandes rivales[2].

Un conflit avec la bande des Requins juniors éclate au printemps 1989 à la suite du viol d'une membre des Black Dragons par des membres de cette bande, qui entraîne une série de règlements de compte aux couteaux et à l'arme à feu, ayant principalement lieu aux Halles[5]. Ces règlements de compte font plusieurs blessés graves[3]. Les rivalités entre les Black Dragons et les Requins juniors structurent l'espace des bandes parisiennes à la fin des années 1980, chaque camp fédérant autour de lui des bandes alliées. Du côté des Black Dragons se trouvent notamment les Fight Boys, les Bourreurs Boys, les Cobras et le Criminal Syndicate ; du côté des Requins juniors, les Mendy, les Black Fist et les Crime Killers Crew[6].

En juillet 1990, une bataille rangée oppose près de 200 jeunes — des Mendy, des Requins juniors, des Black Unis, des Black Dragons et divers autres groupes — sur l'esplanade de la Défense[6]. Un membre des Mendy's décède des suites de ses blessures. 17 membres des Black Dragons sont interpellés par la police. Cinq ans plus tard, un membre des Black Dragons comparaît pour ce meurtre et est acquitté[7].

En 1996, une affaire de viol collectif implique des membres des Black Dragons Juniors, une organisation succédant aux Black Dragons. Neuf des auteurs sont jugés devant la cour d'assises des mineurs en juin 2003 et condamnés à des peines pouvant aller jusqu'à cinq ans d'emprisonnement. Trois autres comparaissent en octobre 2003 pour non-assistance à personne en danger et sont condamnés à six mois de prison ferme[8].

Les conflits entre bandes et les affaires judiciaires qui s'ensuivent conduisent au déclin puis à la dissolution des Black Dragons[4].

Organisation

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En 1990, les Black Dragons comptent, selon le journaliste Philippe Broussard une cinquantaine de membres actifs et une centaine de sympathisants[3]. Les journalistes Patrick Louis et Laurent Prinaz estiment quant à eux leur nombre à plus de 600 membres à travers la France et jusqu'aux Antilles, dont 300 en région parisienne[5]. Ils sont répartis en patrouilles couvrant différents secteurs de la région parisienne — les Mantes religieuses, les Kamikazes, les Lions, les Tigres[3]. Le mouvement est alors décrit par Broussard comme la bande « la plus importante et la mieux structurée de la région parisienne »[3]. Selon le chercheur Mike Gadras, ils sont le seul mouvement de ce type en Europe, uniquement présent en France[9].

Pour adhérer aux Black Dragons, il est requis de disposer de bonnes aptitudes physiques, d'avoir une pratique quotidienne des arts martiaux, de faire preuve d'une loyauté absolue envers les autres membres[10], ainsi que de s'abstenir de la consommation d'alcool et de tabac[11]. L'intégration passe également par plusieurs rites initiatiques : la connaissance et le respect du code du groupe, le respect de l'ordre hiérarchique[10], ainsi que par ce que les membres désignent comme un « pacte de sang », acquis par la participation aux affrontements avec les skinheads[11]. Selon Anne Giudicelli, ce corpus de règles apparaît cependant tardivement, en réponse à la multiplication des débordements, et plusieurs membres affirment ne l'avoir jamais vu. L'autorité du fondateur est par ailleurs décrite comme peu respectée par certains membres[6].

L'esplanade de la Défense

Les entraînements se tiennent au parc André-Malraux et sont encadrés par des instructeurs membres du mouvement[10],[11]. L'esplanade de la Défense constitue pendant de longues années leur territoire principal[10]. Les Black Dragons occupent également d'autres points névralgiques de Paris, notamment la gare de Châtelet et la gare d'Austerlitz[12]. Après avoir investi la Défense, les Black Dragons se replient sur Montreuil et Vitry-sur-Seine[13].

S'ils s'inspirent du style vestimentaire hip-hop de la Zulu Nation[10], les Black Dragons sont également reconnaissables à leurs bombers, leurs patches et leurs chaussures Doc Martens, une tenue qu'ils revendiquent avoir empruntée à leurs adversaires skinheads après les avoir vaincus lors d'affrontements[4].

Philosophie

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Un dragon noir chinois

Dans leurs aspects les plus visibles, les Black Dragons s'inspirent d'une part des Black Panthers pour leur organisation et leurs modes d'action dans l'espace public, et d'autre part de la pensée de la Zulu Nation[10]. Le terme « black » puise sa signification dans le contexte d'émancipation des Afro-Américains par l'émergence du hip-hop et dans l'évocation de racines africaines, à travers notamment la figure des guerriers Mandija, Bantous ou Zoulous[14]. Jo Dalton explique à cet égard que la couleur noire dans le monde occidental ne renvoie qu'à des représentations négatives, et que les membres du mouvement avaient « le droit de se reconnaître dans autre chose »[14]. Le « dragon » renvoie quant à lui à la mythologie chinoise, où le dragon noir est considéré comme un symbole prestigieux. Les Black Dragons y puisent une représentation symbolique fondée sur la maîtrise des éléments et le maintien de l'équilibre cosmique[15]. La pratique des arts martiaux, elle, est autant une manière d'appréhender l'esprit du dragon qu'une façon de rester en lien avec autrui et le monde. Les membres pratiquent également régulièrement la méditation, cherchant à ne pas commettre d'injustice et à défendre les plus faibles[16].

Postérité et travaux sur les Black Dragons

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En 2009, la sociologue Marie-Hélène Bacqué étudie les bandes de jeunes de la région parisienne dans Voyage dans le monde des bandes, publié à la suite du récit de Lamence Madzou. Elle analyse leur formation dans les quartiers populaires, la construction d’une identité noire, l’influence de la culture hip-hop et les rivalités territoriales, notamment lors de la « guerre des trois ans »[17].

En 2014, le chercheur Mike Gadras étudie les Black Dragons à partir d’entretiens avec plusieurs membres, dont Jo Dalton. Il analyse la dimension sociale et politique du mouvement, sa réaction au racisme et les valeurs de dignité et d’égalité qui lui sont associées. En 2016, il poursuit ses recherches sur l’univers symbolique du groupe, les arts martiaux, les rites et les représentations du guerrier africain et du dragon chinois[18],[19].

En 2022, la politiste Ysé Auque-Pallez analyse les Black Dragons dans ses recherches sur les mobilisations panafricanistes afrocentriques. Elle les rattache à la formation d’une « conscience noire transnationale » reliant la France, les États-Unis, Haïti et l’Afrique. Elle étudie notamment l’influence du Black Panther Party, de la Universal Zulu Nation et de la culture hip-hop, ainsi que la place de l’autodéfense[20].

En 2026, le sociologue Michel Bampély consacre un chapitre de La Fabrique des destins au témoignage de Mongali Bonginda, dit « Pompon ». Il y aborde le recrutement, les entraînements et les différentes générations du groupe. Pompon, réputé pour avoir affronté plusieurs adversaires à la fois, évoque la maîtrise de soi et l’anticipation dans le combat. Le chapitre traite également des « Miss BD », liées notamment à un concours de danse au Bataclan, et des trois générations de Black Dragons Juniors, dont Pompon dit avoir encadré la deuxième à Nanterre[21].

Membres notables

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Plusieurs membres des Black Dragons et des Black Dragons Juniors ont fait l'objet de portraits dans la presse ou d'ouvrages consacrés à leur parcours.

  • Yves « Le Vent » est le fondateur des Black Dragons en France. Arrivé en France en 1983, il crée la section française du mouvement à Nanterre en 1986[1],[2].
  • Jo Dalton, de son vrai nom Jérémie Maradas-Nado, fréquente d'abord les Asnays avant de rejoindre les Black Dragons. Il prend la tête du groupe en 1988[1].
  • Michel Patrick Lonoh est un ancien membre du Black Dragon Force. Il publie en 2015 J'étais Black Dragon. Histoire d'un militant noir en France, consacré à son parcours et à l'histoire du mouvement[22]. Son parcours fait également l'objet d'un article du Parisien[23].
  • Mamadou est un ancien membre des Black Dragons. Son parcours fait l'objet d'un portrait publié par Libération en 1995, après son implication dans une rixe entre bandes à La Défense en 1990[7].
  • Mongali Bonginda, dit « Pompon », est un ancien membre des Black Dragons. Il participe notamment à l'encadrement de la deuxième génération des Black Dragons Juniors à Nanterre[21].
  • Michaël Nerjat rejoint les Black Dragons Juniors à Sartrouville à l'âge de dix-huit ans et reste quatre années au sein du groupe. En 2018, il publie chez Présence africaine le roman Black Dragons Juniors, inspiré de cette expérience[24].
  • Boléma Bossio Wangi est un membre des Black Dragons. Son appartenance au mouvement est mentionnée dans la presse à l'occasion de la mort de son fils, le combattant de MMA Pengo Bossio Wangi, tué lors de l'attentat raciste de Trappes en octobre 2026[25].

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 Gadras 2016, p. 119
  2. 1 2 3 4 5 Abel Mestre, « « Gang de Paris » : skinheads et Black Dragons face à face sur BrutX », Le Monde,‎ (lire en ligne Accès libre, consulté le )
  3. 1 2 3 4 5 6 Philippe Broussard, « L'été zoulou : les bandes de jeunes Noirs sont de plus en plus nombreuses en région parisienne », Le Monde,‎ (lire en ligne Accès payant)
  4. 1 2 3 Aude Konan, « Black Dragons: The Black Punk Gang Who Fought Racism & Skinheads in 1980s France », OkayAfrica,‎ (lire en ligne Accès libre)
  5. 1 2 Louis et Prinaz 1990, p. 150-151
  6. 1 2 3 Anne Giudicelli, « Black Dragoons : les derniers des zoulous », dans La Caillera : La Racaille, Paris, FeniXX, (1re éd. 1991) (ISBN 978-2402067393)
  7. 1 2 Alain Auffray, « Mamadou, Black dragon sauvé du gang », Libération,‎ (lire en ligne Accès payant)
  8. ↑ Cécile Beaulieu, « La tournante s'était déroulée dans un sous-sol de La Défense », Le Parisien,‎ (lire en ligne Accès libre)
  9. ↑ Gadras 2014, p. 257
  10. 1 2 3 4 5 6 Gadras 2016, p. 120
  11. 1 2 3 Gadras 2014, p. 255-256
  12. ↑ Gadras 2014, p. 258
  13. ↑ Marie-Hélène Bacqué, « Voyage dans le monde des bandes », dans J'étais un chef de gang, Paris, La Découverte, (ISBN 2707156116, lire en ligne), partie 2
  14. 1 2 Gadras 2016, p. 122
  15. ↑ Gadras 2016, p. 122-123
  16. ↑ Gadras 2016, p. 124-125
  17. ↑ Lamence Madzou et Marie-Hélène Bacqué, J'étais un chef de gang : suivi de Voyage dans le monde des bandes, Paris, La Découverte, (ISBN 978-2-7071-5787-4)
  18. ↑ Mike Gadras, « Le mouvement des « Black Dragons » face aux promesses d’un mythe. Les intervalles du moment dans les prises d’un combat », Diálogos Possíveis, vol. 13, no 1,‎ , p. 247-262
  19. ↑ Mike Gadras, « Entre représentations et figurations de soi : dans l’empreinte des « Black Dragons » », Le sujet dans la Cité, no HS 5,‎ , p. 115-127 (DOI 10.3917/lsdlc.hs05.0115)
  20. ↑ Ysé Auque-Pallez, Libérer l’Afrique ou se libérer soi-même ? Mobilisations politiques et identitaires des militants panafricanistes afrocentriques en Île-de-France, Chaire Diasporas Africaines, Sciences Po Bordeaux et Université Bordeaux Montaigne, , p. 42-48
  21. 1 2 Michel Bampély, La Fabrique des destins : Sociologie des cultures urbaines, UMT Éditions, (ISBN 979-10-989491-0-4), p. 146-161
  22. ↑ Michel Patrick Lonoh, J'étais Black Dragon : Histoire d'un militant noir en France, Paris, L'Harmattan, (ISBN 978-2343004945)
  23. ↑ « Un ancien militant antiracisme raconte son histoire dans un livre », Le Parisien, 12 août 2015.
  24. ↑ « NERJAT Michaël », sur Présence Africaine Editions (consulté le )
  25. ↑ Émilie Béraud et Claire Gounon, « Pengo Bossio Wangi, la vie volée d'un espoir du MMA », La Croix, AFP, 25 octobre 2026.

Voir aussi

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Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Ysé Auque-Pallez, Libérer l’Afrique ou se libérer soi-même ? : Mobilisations politiques et identitaires des militants panafricanistes afrocentriques en Île-de-France, Chaire Diasporas Africaines, Sciences Po Bordeaux / Université Bordeaux Montaigne, . Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Marie-Hélène Bacqué et Lamence Madzou, J'étais un chef de gang : Suivi de Voyage dans le monde des bandes, Paris, La Découverte, , 252 p. (ISBN 978-2-7071-5787-4). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Mike Gadras, « Le mouvement des « Black Dragons » face aux promesses d'un mythe », Diálogos Possíveis, vol. 13, no 1,‎ , p. 247-262 (lire en ligne Accès libre). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Mike Gadras, « Entre représentations et figurations de soi : dans l'empreinte des « Black Dragons » », Le Sujet dans la Cité, no 5,‎ , p. 115-127 (DOI 10.3917/lsdlc.hs05.0115, lire en ligne Accès libre). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Anne Giudicelli, La Caillera : La Racaille, Paris, FeniXX, (1re éd. 1991) (ISBN 978-2402067393). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Michel Bampély, La Fabrique des destins : Sociologie des cultures urbaines, Urban Music Tour, (ISBN 979-10-989491-0-4). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Michel Patrick Lonoh, J'étais Black Dragon : Histoire d'un militant noir en France, Paris, L'Harmattan, (ISBN 978-2343004945)
  • Patrick Louis et Laurent Prinaz, Skinheads, taggers, zulus & co, Paris, La Table ronde, (ISBN 978-2710304449, lire en ligne Accès libre). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Michaël Nerjat, Black Dragons Juniors, Paris, Présence Africaine, . Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Vidéographie

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  • La Vraie Histoire des Black Dragons (ou The Black Dragons Gang), Cinq sens production, 2007
  • Black Dragon, réalisé par Nicolas Dumond, produit par Mathias Hillion, diffusé sur BrutX, 2021