Bohdan Syrotiouk
Bohdan Syrotiouk (en ukrainien : Богдан Сиротюк), né en 1999, est un militant trotskiste ukrainien. En 2026, il est reconnu coupable de trahison et condamné à 15 ans de prison avec confiscation de ses biens en raison d'articles publiés sur le site World Socialist Web Site, dans lesquels il conteste la légitimité du pouvoir ukrainien et impute le déclenchement de la guerre russo-ukrainienne aux États-Unis et à l'OTAN, tout en désavouant l'invasion russe.
| Bohdan Syrotiouk | |
| Naissance | |
|---|---|
| Première incarcération | 25 avril 2024 centre de détention provisoire de Mykolaïv |
| Nationalité | Ukrainienne |
| Type de militance | Rédaction d'articles, organisation d'un groupe militant |
| Cause défendue | Internationalisme socialiste ; unité des classes ouvrières ukrainienne et russe contre la guerre |
| Organisation | Jeune Garde des bolcheviks-léninistes |
| Conflit | Invasion de l'Ukraine par la Russie |
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Biographie
modifierBohdan Syrotiouk naît en 1999[1] et est originaire de Pervomaïsk[2].
En 2015, alors âgé de 16 ans, il prend la parole lors d'un cours de russe pour affirmer que les peuples russe, ukrainien et biélorusse forment une seule nation, présenter Lénine comme le père de l'Ukraine contemporaine, puis sortir un drapeau de l'URSS devant sa classe. Il déclare également que la guerre du Donbass profite aux États-Unis et à des oligarques locaux. Le Parti communiste d'Ukraine reprend ce récit sur son site et présente l'adolescent comme un patriote exemplaire[2].
En 2024, le Service de sécurité d'Ukraine (SBU) arrête Bohdan Syrotyouk, poursuivi pour trahison d'État[3]. Lors des perquisitions, les enquêteurs saisissent les téléphones et l'ordinateur portable de Syrotiouk, où ils trouvent des échanges avec des représentants du site et avec un ressortissant russe. Dans un sous-sol utilisé par Syrotiouk, les enquêteurs saisissent également du matériel militaire russe, dont un gilet tactique, une vareuse de campagne, des écussons marqués de l'inscription « Forces armées de Russie » et des épaulettes de premier lieutenant[4]. Selon le SBU, les poursuites visent une dizaine d'articles publiés par Syrotyouk sur le World Socialist Web Site, site du Comité international de la Quatrième Internationale, sous les pseudonymes Ukrainski Sotsialist et Stepan Geller. Le SBU l'accuse d'y avoir nié l'indépendance de l'Ukraine, contesté la légitimité du pouvoir ukrainien et justifié l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Le SBU affirme en outre que Syrotiouk aurait dirigé une organisation politique interdite en Ukraine et organisé un groupe de sympathisants du mouvement communiste, la Jeune Garde des bolcheviks-léninistes, dont l'activité serait d'après le SBU coordonnée à distance par les services de renseignement russes. Un proche des milieux de gauche russes confirme au média Vot Tak (ru) l'appartenance de Syrotiouk à cette organisation, mais précise qu'elle ne compte que peu de membres et se limite à la rédaction d'articles. Syrotyouk est détenu au centre de détention provisoire de Mykolaïv[3]. Après l'arrestation de Syrotiouk, la rédaction du World Socialist Web Site adresse une lettre à Oksana Markarova, alors ambassadrice d'Ukraine à Washington, pour réclamer sa libération[4].
En 2026, devant le tribunal, Syrotiouk plaide non coupable et se présente comme un patriote ukrainien et un socialiste, et condamne l'invasion russe. Sa défense fait valoir que l'accusation n'établit pas l'existence d'une « organisation étrangère » au sens requis par la loi sur la trahison et demande un acquittement. Le tribunal rejette cet argument et qualifie le World Socialist Web Site d'agence de propagande communiste diffusant des récits conformes à la propagande russe ; le site est bloqué en Ukraine depuis juin 2024. Sur 14 articles publiés sur le World Socialist Web Site examinés, sept sont retenus dans l'acte d'accusation ; une expertise linguistique commandée par le tribunal relève dans six d'entre eux des passages justifiant la guerre menée par la Russie contre l'Ukraine engagée en 2014, tandis qu'une septième charge est écartée faute de preuve. Ces textes attribuent le déclenchement de la guerre aux États-Unis et à l'OTAN et qualifient les autorités ukrainiennes de « nationalistes bourgeois » au service de l'Occident ; l'un d'eux évoque la division Waffen-SS « Galicie », mise en lien avec les événements contemporains. Syrotiouk est reconnu coupable de trahison et condamné à quinze ans de prison avec confiscation de ses biens. Il est également condamné à verser plus de 178 000 hryvnias au titre des frais d'expertise judiciaire[4].
Positions
modifierDans un article de 2024 consacré aux dix ans de l'Euromaïdan, Syrotyouk qualifie le régime de Volodymyr Zelensky d'autoritaire, présente les événements de Maïdan comme un coup d'État provoqué par l'impérialisme américain et allemand, et décrit l'invasion russe de 2022 comme une réponse à l'expansion de l'OTAN, mais précise que cela ne justifie pas la décision du régime de Vladimir Poutine d'attaquer l'Ukraine. Il y affirme également que les puissances impérialistes et le gouvernement de Kiev ont coopéré avec des éléments néonazis, dont le bataillon Azov, avant 2022[3].
Références
modifier- ↑ (en) Clara Weiss, « The campaign to free Bogdan Syrotiuk and the fight against war »
, sur World Socialist Web Site, (consulté le ) - 1 2 (ru) Катерина Середа, « Компартия использовала политический перформанс николаевского школьника для своего пиара », sur NikVesti,
- 1 2 3 (ru) Слава Труфанов, « В Украине коммунисту грозит пожизненное заключение за статьи про «авторитарного Зеленского» и тикток на девять подписчиков », sur Vot tak,
- 1 2 3 (en) Ірина Глухова, « A 27-year-old communist from Pervomaisk was convicted of treason », sur Intent,
