Guerre du Donbass
La guerre du Donbass est une guerre hybride opposant, d' à , le gouvernement ukrainien à des séparatistes prorusses et à la Russie. C'est une phase de la guerre russo-ukrainienne se déroulant dans l'est de l'Ukraine (Ukraine orientale), principalement au Donbass. Entre et , ce conflit a causé plus de 14 000 morts selon l'Organisation des Nations unies (3 405 civils, 4 400 membres des forces ukrainiennes et 6 500 membres des groupes armés prorusses)[14] et le déplacement de près d'un million et demi de personnes[15].
- Territoire contrôlé par la république populaire de Donetsk, par la république populaire de Lougansk et par la fédération de Russie
- Villes contrôlées par la république populaire de Donetsk, par la république populaire de Lougansk et par la fédération de Russie
- Territoire contrôlé par l'Ukraine
- Villes contrôlées par l'Ukraine
- Territoire disputé / zone de combats
| Date |
– (7 ans, 10 mois et 18 jours). |
|---|---|
| Lieu | Donbass, dans l'Est de l'Ukraine (Ukraine orientale). |
| Issue | Front gelé à partir de février 2015. Invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie le 24 février 2022. |
| Changements territoriaux | Les séparatistes déclarent deux républiques non reconnues internationalement, sur une partie des oblasts de Louhansk et Donetsk. |
RPD RPL |
150 000 hommes au total (dont 30 000 dans le Donbass)
|
de 10 000 à 20 000 hommes
|
4 100 morts[3],[4] 10 000 blessés[3],[5],[6],[7],[8] 153 disparus[9] |
5 650 morts[3] 13 000 blessés[3] 2 000 morts[10] 3 200 blessés[10] |
3 350 morts[11]
7 000 à 9 000 blessés[3]
1 414 798 déplacés internes[12]
925 500 départs à l'étranger[12]
Total :
14 200 morts[11],[3],[13]
Guerre russo-ukrainienne
Invasion de l'Ukraine par la Russie
Batailles
Contexte
- Odessa
- Troubles pro-russes à Kharkiv (uk)
- Troubles pro-russes à Louhansk (uk)
- Affrontement de la rue Rymarska
- Proclamation de la république de Crimée
- Prise de Donetsk
- Proclamation de la RP de Donetsk
- Proclamation de la RP d'Odessa (hu)
- Proclamation de la RP de Lougansk
- Affrontements à Odessa du 2 mai (uk)
- Incendie de la Maison des syndicats d'Odessa
Elle débute en dans le contexte des manifestations de l'Euromaïdan dénonçant la corruption du pouvoir en place[16]. La révolution ukrainienne de février qui s'ensuit entraîne le renversement du gouvernement prorusse de Viktor Ianoukovytch et l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement intérimaire dirigé par les proeuropéens[16] Oleksandr Tourtchynov (le ) et Arseni Iatseniouk (nommé Premier ministre le ).
Le , des troubles prorusses et des manifestations anti-Maïdan éclatent, principalement dans l'est de l'Ukraine et notamment à Kharkiv, la plus grande ville d’Ukraine après Kiev[17].
À partir du , date qui préfigure l'annexion de la Crimée, des troupes russes s'emparent de cette péninsule qui fait partie de l'Ukraine[16],[18],[19]. Rapidement, un référendum local, dont la légalité n'est pas reconnue par l'Ukraine ni la grande majorité de la communauté internationale, se tient le sur le rattachement de la Crimée à la Russie[16]. L'indépendance de la Crimée avait été déclarée par le vice-Premier ministre de la région dix jours avant le référendum[16].
Au début d', dans la région du Donbass appartenant à l'Ukraine, composée des oblasts de Donetsk et de Louhansk, et dans ses régions limitrophes, les manifestations anti-Maïdan évoluent en insurrection armée des prorusses contre le nouveau gouvernement ukrainien. Cette insurrection armée devient séparatiste et deux entités non reconnues internationalement sont proclamées : la « république populaire de Donetsk » (le ), puis la « république populaire de Lougansk » (le )[20],[21]. Dès le , l'armée ukrainienne intervient dans l'est du pays. Elle y progresse en et avant d'être stoppée, puis de finalement reculer face aux séparatistes. La Russie, pays frontalier, est accusée de soutenir militairement les insurgés en y menant une guerre hybride[22],[23],[24],[25].
Le , un premier accord de Minsk est négocié et signé pour faire cesser la guerre du Donbass. Toutefois cet accord en douze points, censé établir un cessez-le-feu, ne dure que quelques semaines[26]. En , les combats s'intensifient et l'armée séparatiste prorusse progresse.
Les et , François Hollande et Angela Merkel se déplacent en Russie et en Ukraine pour négocier un nouveau plan de paix élaboré dans le cadre d'un règlement global. Le , ils signent à Minsk, en présence de Petro Porochenko, président de l'Ukraine, et de Vladimir Poutine, président russe, un nouvel accord de cessez-le-feu (communément appelé Minsk II) prévoyant l'arrêt des combats, contre l'engagement des différentes parties sur une feuille de route en treize points[27]. Le conflit baisse alors d’intensité mais des combats sporadiques ont encore lieu jusqu’en . L’accord Minsk II reste la référence pour résoudre le conflit de façon durable : elle est encore au centre des discussions lors de la rencontre de , dite au format Normandie, en présence du nouveau président ukrainien, Volodymyr Zelensky.
Du au , l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) constate une augmentation accrue d'incidents armés et d'explosions dans les deux républiques du Donbass, les deux parties du conflit s'en rejetant mutuellement la responsabilité.
Le , la Russie reconnaît l'indépendance — vis-à-vis de l'Ukraine — et la souveraineté des deux républiques séparatistes autoproclamées, la république populaire de Donetsk (RPD) et la république populaire de Lougansk (RPL). Les accords conclus entre la Russie et ces deux républiques mentionnent notamment un devoir de coopération et d'entraide[28]. Selon l'OSCE et l'Union européenne (UE), ces accords constituent une violation du droit international[29],[30] et, selon le secrétaire général des Nations unies, « une violation de l'intégrité territoriale et de la souveraineté de l'Ukraine » ainsi qu'une décision « incompatible avec les principes de la Charte des Nations unies »[31] ; ils entraînent de facto une rupture de l'accord Minsk II par la Russie[31],[32].
Le , les troupes russes entrent en Ukraine et poursuivent leur invasion depuis les territoires séparatistes, la Biélorussie, la Russie et le territoire de la Crimée[33].
Contexte
modifierTensions post-soviétiques
modifierBien que l'Ukraine ait été reconnue par l'ONU dans ses frontières actuelles après son indépendance prise lors de l'éclatement de l'URSS en , Vladimir Poutine affirme dès regretter que la Crimée ait été séparée de la Russie lors de cet évènement. En , l'ancien espion du KGB exprime sa nostalgie : la fin de l’URSS est pour lui « la plus grande catastrophe stratégique du XXe siècle »[34]. Alors que l'Ukraine cherche à se rapprocher d'un modèle occidental et des valeurs démocratiques, la Russie, à l'inverse, s'en éloigne à partir des années avec l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine. L'Ukraine est perçue par les dirigeants russes comme faisant partie de leur sphère d'influence en raison de son passé soviétique[35]. Poutine tente d'enrayer cet élan démocratique populaire initié par les révolutions de couleur dans différents pays de l'ex-URSS, comme la révolution orange en Ukraine en , qu'il craint de voir arriver dans son pays[36]. Le mouvement conservateur russe, dont Poutine est le leader, voit dans ces révolutions la main de l'occident, niant ainsi leur libre-arbitre aux peuples de ces pays. D'importantes manifestations portées par l'opposition s'organisent à partir de fin en Russie à la suite d'élections truquées, dont Poutine sort vainqueur, et sont réprimées par le pouvoir[37]. En 2008, la Russie attise le séparatisme dans les régions géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie-du-Sud avant d'envahir ces deux régions puis de reconnaitre leur indépendance[38],[39],[40]. Les occidentaux ne réagissent que faiblement face à l'invasion de la Géorgie par la Russie (suivie par le reset d'Obama avec la Russie (en)), et face aux crimes de guerre de Bachar El-Assad en Syrie en 2013. Vladimir Poutine voit dans cette absence de réaction des occidentaux une faiblesse de leur part, et saisira l'occasion d'envahir l'Ukraine en 2014[41].
Les crises du gaz de 2006 à 2009, en partie dues à une hausse des prix du gaz par la Russie qui considère l'Ukraine comme déloyale à la suite de la révolution orange, conduisent la Russie à construire le gazoduc Nord Stream en 2011 en mer Baltique, afin que son gaz à destination de l'Europe transite moins par l'Ukraine. Cela amoindrit les revenus de l'Ukraine (dont l'économie, alors faible, est fortement dépendante des droits de passage du gaz russe vers l'Europe) ainsi que sa position stratégique vis-à-vis de l'Europe[42],[43].
Euromaïdan
modifierLa guerre du Donbass prend son origine en à la suite des manifestations de l'Euromaïdan débutées en dénonçant la corruption du pouvoir en place[16]. Le gouvernement ukrainien avait en effet rompu un accord d'association avec l'Union Européenne, à quelques jours seulement de sa signature, au profit d'un accord avec la Russie pour rejoindre la future Union économique eurasiatique[44]. Le virage autoritaire pris par Ianoukovitch fin conduit à la révolution ukrainienne de février lors de laquelle éclatent d'importantes violences entre manifestants et forces de l'ordre. Ces violences culminent avec le massacre du Maïdan le lors duquel 48 manifestants et 4 policiers trouvent la mort. Ianoukovitch fuit alors le pays vers la Russie et est lâché par ses soutiens[45].
Le parlement, destitue alors Ianoukovitch, en prenant certains raccourcis et violant ainsi la constitution ukrainienne. La destitution est en effet votée à l'unanimité mais avec 328 voix sur 450 contre 338 nécessaires à la majorité des trois quarts requise par la constitution[46]. Le président ukrainien prorusse Viktor Ianoukovytch est destitué par le Parlement qui élit un gouvernement intérimaire dirigé par les proeuropéens[16] Oleksandr Tourtchynov (le ) et Arseni Iatseniouk (nommé Premier ministre le ). La Russie ne reconnait pas le nouveau gouvernement et considère le processus de destitution comme totalement illégitime[47]. À l'inverse, les Ukrainiens pro-Maïdan et la majorité des pays de l'ONU reconnaissent le nouveau gouvernement et voient ce processus comme un compromis à la vacance du pouvoir laissée par la fuite de Ianoukovitch, une majorité claire s'étant exprimée au parlement ukrainien, avec seulement quelques voix manquantes pour atteindre la majorité constitutionnelle des trois quarts. Des élections anticipées associées à l'installation de ce nouveau gouvernement sont de plus prévues pour juin[46].
Le , des manifestations anti-Maïdan éclatent principalement dans l'est de l'Ukraine notamment à Kharkiv, la seconde plus grande ville d’Ukraine[17].
Après la fuite de Viktor Ianoukovytch et la nomination le de Tourtchynov comme président par intérim (il sera remplacé le par Petro Porochenko), l'Ukraine reste fortement divisée entre l’Ouest qui soutient le nouveau pouvoir élu démocratiquement en et l'Est du pays où réside en majorité sa minorité russophone (17,2 % de sa population totale en ). La possibilité d'une future partition de l'Ukraine est même envisagée pour la première fois dans les médias[48].
Suppression du statut de langue officielle en février 2014
modifierBien qu’elle soit influencée par la Russie depuis les années 1990, l’identité des habitants du Donbass est alors moins marquée par l’ethnicité et la langue russes que par l’activité industrielle minière de la région, une nostalgie soviétique, et un attachement régional l’emportant sur le national. Cependant, hormis quelques rares mouvements d’indépendance, la volonté populaire de rester dans l’Ukraine est longtemps restée globalement forte. Mais l'influence russe s’intensifie en 2004 avec un support au parti de Ianoukovitch en réaction à la révolution orange, puis en 2013 avec l’Euromaïdan[49].
Le , la loi de 2012 sur les langues régionales (uk) controversée au sein du Parlement et dans la population ukrainienne, permettant d'utiliser le russe comme seconde langue officielle dans certaines régions[50], est abrogée[51]. La Rada (Parlement) retire ainsi le statut de langue officielle au russe (comme au roumain, au hongrois et au tatar criméen) dans 13 des 25 régions ukrainiennes (essentiellement réparties au sud et à l'est du pays)[52]. Face à cette mesure législative, l'émotion dans la population russophone d'Ukraine est importante, car près de 30% de la population ukrainienne parle le russe (bien que seulement 1% ne comprenne pas l'ukrainien et 1% ne comprenne pas le russe[53]), de 58 à 91 % dans les oblasts de Crimée, de Dnipropetrovsk, de Donetsk, de Mykolaïv, de Louhansk, de Kharkiv, d'Odessa et de Zaporijjia.
Soulèvement prorusse au sud-est
modifierLe , en réaction, des brigades d'autodéfense commencent à se former dans le sud-est de l'Ukraine, notamment à Sébastopol en Crimée où un maire prorusse est imposé par des manifestants[54]. Le , la Russie engage des manœuvres militaires de son armée de terre dans ses zones frontalières avec l'Ukraine.

Vladimir Poutine se sert de la fuite de Ianoukovitch comme prétexte pour s'emparer de la Crimée[55],[a]. Le , des hommes en armes, alors non identifiés, prennent le contrôle de l'aéroport de Simferopol, en Crimée[58]. Ils sont surnommés les « petits hommes verts » par les Ukrainiens du fait de la couleur de leur treillis. Le président Russe reconnaitra le qu'ils étaient bien russes : « Derrière les forces d'autodéfense de Crimée, bien sûr, se trouvaient nos militaires »[59].
Finalement le même jour, aux fins de désamorcer les tensions, le président par intérim Tourtchynov ne ratifie pas l'abrogation de la loi sur les langues régionales et remet cette loi en vigueur[60].
Les et , les manifestations prorusses continuent dans les régions russophones du pays, s'intensifiant même à Kharkiv et Donetsk[61]. En Crimée, l'amiral Denis Berezovski, commandant en chef de l'amirauté ukrainienne nommé le à la tête de la marine ukrainienne, fait allégeance au camp prorusse[62].
- Manifestations prorusses
:
Prise du bâtiment de l'administration régionale à Donetsk.:
Manifestation prorusse à Donetsk.:
Manifestation prorusse à Odessa.:
Le Jour de la Victoire à Donetsk.
Annexion de la Crimée
modifier
Le , le Parlement de Crimée vote sous la contrainte de forces armées russes et prorusses, à l'unanimité, une motion demandant son rattachement à la Russie[64],[65]. Le , le Parlement de Crimée adopte dans les mêmes conditions une déclaration d'indépendance[65]. Le , la Crimée vote finalement à 97% pour son rattachement à la Russie lors d'un référendum considéré comme illégal par Kiev, les institutions européennes et les gouvernements occidentaux[16]. Une résolution de l'ONU adoptée à 100 votes pour, 11 contre et 58 abstentions souligne le caractère invalide du référendum et de l'annexion[66],[67]. Les conditions du vote sont également contestées notamment à cause de l'absence d'observateurs internationaux, d'un contexte de violence avec la présence accrue de forces armées russes, d'une propagande intensive et du boycott en découlant par une grande partie des opposants au référendum[68],[69],[70].
Le , les 53 membres de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) décident le déploiement d'une mission spéciale d'observation sur la zone de conflit dans le Donbass et d'autres régions de l'Ukraine. En 24 heures, des observateurs arrivent sur place. Des négociations ont eu lieu avec la Russie en amont de la décision, qui n'a pas accepté que la mission se déroule en Crimée, ni que les observateurs soient des militaires[71].


- Situation dans le sud-est de l'Ukraine sur les aspects ethniques, linguistiques et politiques
Langues majoritaires dans les villes d'Ukraine en 2001. « République fédérale autonome de Donetsk » revendiquée en 2006 par les séparatistes.
Déroulement
modifier- sud-est de l'Ukraine : évolution de l'implantation des séparatistes prorusses d'avril à
Territoires contrôlés par les séparatistes dans l'oblast de Donetsk.
L'armée ukrainienne intervient dès le .
Intervention de la Russie vers le .
- sud-est de l'Ukraine : évolution de l'implantation des séparatistes prorusses de au 22 février 2022
L'aéroport international de Donetsk est repris par les séparatistes.
Debaltseve a été reprise par les séparatistes prorusses le 18 février.
2 jours avant l'invasion de la Russie.
Soulèvement séparatiste du Donbass en avril 2014
modifier
Le , des militants séparatistes saisissent des armes à feu dans des stations de polices du Service de sécurité d'Ukraine (SBU) à Donetsk et Louhansk puis d'autres villes alentours. À Donetsk, la police laisse entrer les militants. Mais à Louhansk, ces rebelles utilisent la violence avec par exemple des barres de fer[72]. Le , ils prennent d'assaut les bâtiments gouvernementaux de Donetsk et Kharkiv et déclarent la création de la « République populaire de Donetsk » et de la « République populaire de Kharkiv ». La « République populaire de Louhansk » est déclarée fin avril[73]. La « République populaire de Kharkiv » dure trois jours. À Kharkiv , les autorités ukrainiennes ont pu faire appel à des troupes d’élites restées loyales réaffectées en provenance de Sloviansk. À Donetsk et Louhansk, Kiev envoie des membres du gouvernement pour négocier, sans succès[72].
Sans qu’il y ait eu un total effondrement de l’état dans le Donbass en avril, sa faiblesse et le manque de forces de sécurité loyales (certaines soudoyées) ont empêché le rétablissement de l’ordre après la saisie de bâtiments gouvernementaux[74]. Contrairement à Kharkiv, les rebelles occupant les bâtiments de Donetsk et Louhansk étaient armés, grâce aux saisies dans les postes de police. Le nouveau gouvernement choisit alors d'éviter l'escalade plutôt que d'employer la force[72].
Le , un vétéran russe identifié par Kiev comme un agent du renseignement militaire russe (GRU), Igor Guirkine (alias Strelkov), arrive avec un commando de 52 hommes armés à Sloviansk et Kramatorsk[74]. Guirkine s’entoure de citoyens russes pour commander, mettant à l’écart les militants séparatistes locaux initiaux[75]. Le mouvement séparatiste est alors soumis à quelques citoyens russes et leurs donneurs d’ordre à Moscou. Tout mouvement pro unité ukrainienne voire pro occidental est violemment réprimé ; des individus sont torturés, voire exécutés, parfois sur de simples suspicions[76]. Sloviansk a servi de centre de commandement et d’exemple aux séparatistes de villes périphériques. Cela leur a permis de s’organiser et de prendre le contrôle d’une partie de la région[77].
Idéologie et revendications
modifierÀ la recherche d'identité propre, les leaders séparatistes peinent à trouver un projet clair à leur propre soulèvement et en phase avec leurs fantasmes idéologiques[78]. Plusieurs groupes séparatistes ont des revendications contradictoires ; certains souhaitent un Donbass autonome au sein d'une Ukraine fédérale, d'autres l'indépendance, d'autres l'intégration à la Russie[79].
Le concept idéologique expansionniste de Nouvelle-Russie (en russe : Novorossia) naît d’une coopération entre nationalistes russes et séparatistes, soutenu de loin par le Kremlin, au printemps 2014. Il tire son origine d’un territoire de l’époque de la Russie impériale puis soviétique et recoupe à la fois un territoire flou et une idéologie ; la Nouvelle-Russie s’étale vaguement du Donbass à Odessa et est considérée par ses adeptes comme un avant-poste de la culture russe face à l’Occident. Il aboutit même à une signature le 24 mai entre les deux républiques autoproclamées, mais s’évapore en un an, faute de soutien populaire[78].
- La « Nouvelle-Russie » envisagée en 2014 par Pavel Goubarev et le Parti de la Nouvelle Russie : en vert foncé, les oblasts de Donetsk et Louhansk.
Opération anti-terroriste du gouvernement Ukrainien
modifierLe , le gouvernement ukrainien répond à la prise de Sloviansk par Guirkine en lançant une opération antiterroriste (ATO) dans l'est de l'Ukraine[73]. Au départ, la réponse de l’ATO est faible. En effet, Kiev craint que la Russie n’intervienne, ne souhaite pas s’aliéner la population civile et les occidentaux souhaitent alors encore user de la voie diplomatique[80]. De plus, l’armée gouvernementale n‘est alors qu’au nombre de 300. Le 17 Avril, face à des séparatistes locaux, la 25e brigade aéroportée rend son équipement comprenant notamment un mortier, et une douzaine de véhicules blindés après avoir tenté de reprendre la ville[81].
Au début de l'opération, de nombreux soldats de l'armée régulière, dont une partie parfois significative est de la région, hésite à tirer sur les rebelles. Beaucoup de ces derniers sont en effet des citoyens ukrainiens. Certains chefs séparatistes et officiers loyalistes se connaissent. Ainsi, même après avoir reçu des renforts, l’armée gouvernementale craint de pénétrer la ville et préfère procéder à un encerclement. Les bataillons de volontaires sont quant à eux plus motivés pour user de la force[82]. Les loyalistes utilisent tanks, artillerie et aviation[80]. Dès que l’armée loyaliste a commencé à utiliser l’artillerie, les séparatistes ont répliqué de la même manière[83]. L’objectif des loyalistes est de détruire les checkpoints des séparatistes afin de les isoler les uns des autres, et de les éloigner des zones habitées[80].

Le , lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies, l'ambassadeur du Royaume-Uni en Russie annonce, images satellites à l'appui, que 40 000 soldats russes appuyés par des avions, des chars de l'artillerie et de la logistique se seraient massés de l'autre côté de la frontière ukrainienne[84],[85].

Le , Olexandre Tourtchinov déclare que l'opération antiterroriste contre les séparatistes prorusses a débuté à Donetsk[86]. Les combats font plusieurs morts[87]. Le lendemain, le vice-Premier ministre ukrainien Vitali Yarema affirme que des éléments de la 45e division aéroportée russe ont été repérés près de Sloviansk[88].
À l'occasion d'une réunion d'urgence à Genève le , la Russie, l'Ukraine, les États-Unis et l'Union européenne se mettent d'accord sur le fait que les formations militaires illégales en Ukraine doivent être dissoutes, et que toute personne occupant les bâtiments administratifs doit déposer les armes et les quitter. L'accord ajoute la possibilité d'une amnistie pour tous les manifestants antigouvernementaux. Néanmoins les séparatistes rejettent l'accord, arguant que les bâtiments administratifs de Kiev doivent être aussi libérés. Cet argument est ensuite repris par la Russie[89].
À Donetsk le , quelques centaines de partisans de l'unité ukrainienne défilent dans les rues de la ville quand ils sont alors pris à partie et tabassés par des dizaines de prorusses encagoulés et armés de barres de fer et de matraques, pour certains de pistolet, de grenades assourdissantes et de cocktails Molotov. Les centaines de policiers anti-émeute entourant les manifestants pro-Kiev sont dépassées. De nombreux policiers font défection quand certains tentent vaillamment de faire leur travail. Ce sera la dernière manifestation pro-Ukraine dans le Donbass[90],[91]. Le lendemain, à Louhansk, alors que le siège du SBU était déjà occupé, des manifestants prorusses s'emparent de la préfecture régionale et de l'hôtel de police, les policiers quittant ce dernier désarmés[92],[93]. Sous le joug des séparatistes, le Donbass devient alors une zone de non-droit[94].
Le , des ultras de football dont des éléments de la droite radicale paradent en faveur de l'unité ukrainienne à Odessa. Une milice d'"auto-défense" pro-russe avait installé un campement devant la maison des syndicats. Une confrontation a lieu et un de ces militants armé tire sur un pro-Maïdan, le tuant. Dans une mêlée qui s'ensuit, un autre pro-Maïdan et quatre pro-russes meurent. Les pro-russes sont repoussés vers leur campement, se retranchent dans la maison des syndicats et tirent sur les pro-Maïdan depuis le toit. Des échangent de jets de cocktail molotov ont lieu de part et d'autre. Le bâtiment prend feu et 48 militants pro-russes meurent. La propagande russe s'empare de cet évènement qu'elle qualifie de massacre, et convainc de nombreux Russes (et en moindre proportion des Ukrainiens pro-russes) à se porter volontaire pour combattre l'armée de Kiev[95].
Le , les républiques populaires de Donetsk et de Lougansk proclamées les et organisent un référendum d'autodétermination. Celui-ci est jugé illégal par la grande majorité des pays occidentaux, comme pour le référendum en Crimée. Il n'y a en effet aucun contrôle indépendant, les journalistes sont interdits par les forces prorusses. il n'y a pas d'enregistrement officiel, ce qui permettait de voter plusieurs fois et il n'y a pas d'isoloirs[96],[97]. Le "pour" l'emporte avec environ 89,07 % dans l'oblast de Donetsk et 96,0 % dans l'oblast de Louhansk d'après les séparatistes prorusses[98]. Dès le lendemain, le chef de l'entité séparatiste, Denis Pouchiline, et les dirigeants de la nouvelle « république de Donetsk » demandent le rattachement de la RPD à la Russie[97].

Le , Jour de la Victoire sur l'Allemagne nazie, un assaut des Forces armées ukrainiennes contre les forces prorusses à Marioupol entraîne la mort de 20 rebelles armés prorusses[99].
Le , le gouverneur de la RPL, Valéri Bolotov est blessé dans un attentat au pistolet-mitrailleur. Capturé par les forces gouvernementales, il est libéré le par des hommes de la RPL[100].
Escalade du conflit
modifierLe conflit prend une autre tournure avec l’élection de Porochenko le qui renforce l’armée loyaliste face à la résistance des séparatistes. Les combats s’intensifient alors. Les séparatistes subissent une lourde défaite à l’aéroport de Donetsk, qui est repris par Kiev le [80].
Le , Marioupol est reprise aux séparatistes[101], après des combats menés par les forces gouvernementales, le bataillon Azov[102], le bataillon Donbass, et le bataillon Ukraine notamment armés d'engins blindés et de lance-roquettes.
D'abord mis à mal par la supériorité aérienne de l'armée ukrainienne, les séparatistes effectuent ensuite une contre-attaque aérienne grâce à l'assistance de forces de sécurité russes. Ils abattent ainsi 5 hélicoptères entre mai et juin[b]. Le , un avion de transport de troupes Iliouchine Il-76 de l'armée régulière est abattu par les insurgés à l'aéroport de Louhansk, faisant 49 morts. Cet aéroport fait l'objet d'une bataille acharnée de juin à septembre. D'autres appareils sont également abattus en juillet. Cette contre-attaque aérienne empêche l'utilisation d'hélicoptères et d'avions par l'armée loyaliste et ralentit le rythme de sa progression, sans toutefois la stopper pour le moment. Une guerre d'attrition se dessine alors à partir d'août[103].

Le , président ukrainien Porochenko déclare unilatéralement un cessez-le-feu. Il propose un vague plan de décentralisation et que les séparatistes soient désarmés, en échange de quoi ils bénéficieront d'une amnistie. Mais le cessez-le-feu ne tient pas[104].
Reprise des combats au début de juillet
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L'armée ukrainienne progresse et début juillet, Guirkine et son commando abandonnent Sloviansk et se replient à Donetsk car ils sont à court de munitions[105]. La petite ville industrielle d'Ilovaisk est prise par l'armée populaire de Donetsk[106]. Kramatorsk et Artemivsk (renommée ensuite Bakhmout en 2016) sont également rapidement reprises. Les séparatistes et la Russie sont alors au bord de la défaite stratégique. Ainsi, la Russie qui essayait jusque là d'aider les séparatistes de manière relativement discrète, décide de ne plus prendre de gants[107]. En effet, le , une frappe de missiles russes tirée depuis Rostov en Russie sur Zelenopillia décime une brigade loyaliste ukrainienne, stupéfiant les occidentaux[108].
Le lendemain, l'armée ukrainienne est aux portes de Donetsk et Louhansk et de leurs villes minières alentours. L'objectif des loyalistes est de couper les accès entre ces deux bastions séparatistes. Ils tentent également de séparer la zone séparatiste de la frontière russe. Les deux camps utilisent des MLRS Grad de l'ère soviétique, arme imprécise, causant de nombreuses morts collatérales civiles. Le schéma habituel est alors le suivant : les insurgés tirent depuis les zones civiles. Les ukrainiens ripostent et les roquettes tombent sur des lieux publics ou des bâtiments. À la suite de quoi les insurgés accusent les loyalistes de tirer délibérément sur les civils. Le millier de civils tués est atteint début août. Des centaines de milliers d'habitants fuient, moitié vers l'Ukraine non occupée, moitié vers la Russie[109].
Mi juillet, l'armée ukrainienne se renforce avec des groupes paramilitaires issus en partie des groupes d'autodéfense du Maïdan. La motivation de ces paramilitaires et les actes de courage extraordinaire dont ils font parfois preuve ne peuvent masquer la médiocrité de leur entrainement, armement et commandement. Mais cela suffit à prendre le dessus sur les insurgés qui présentent les mêmes défauts[110]. Le , les forces ukrainiennes reprennent le contrôle de la ville stratégique d'Avdiïvka située près de l'aéroport, à 17 kilomètres au nord de Donetsk[111].


La présence de Russes à la tête des séparatistes du Donbass affaiblit la thèse du gouvernement russe présentant ce conflit comme une révolte interne à l'Ukraine. En août, le premier ministre russe de la RPD Alexandre Borodaï, est alors remplacé par le séparatiste local Alexandre Zakhartchenko. Guirkine s'autoproclame commandant en chef de la RPD. Borodaï avait participé avec Guirkine au mouvement séparatiste en Moldavie dans les années 1990[112]. L'intervention de troupes russes est alors très fortement suspectée par l'OTAN (qui affirme que 20 000 soldats russes sont massés à la frontière de l'Ukraine[113]) et les observateurs de plusieurs pays occidentaux[114],[115],[116],[117].
Le , selon Reuters, les séparatistes pro-russes signalent d'intenses bombardements dans la périphérie de Donetsk. D'après un de leurs sites internet, les forces ukrainiennes ont bombardé le faubourg Leninski et plusieurs quartiers de Donetsk[118]. Le se tient à Berlin une réunion quadripartite réunissant les ministres des Affaires étrangères russe, ukrainien, allemand et français[119].
Destruction du vol MH17
modifierLe , un avion civil Boeing 777 de la compagnie Malaysia Airlines assurant la liaison entre Amsterdam et Kuala Lumpur, est abattu dans la zone de conflit tenue par les séparatistes de la RPD dans l'oblast de Donetsk. Les 298 passagers, dont 192 Néerlandais, sont tués. L'avion a été abattu par un système anti-aérien sol-air de type Bouk appartenant à la Russie. Une investigation est menée par une commission d'enquête internationale[c]. Trois Russes, dont Igor Guirkine, sont jugés par contumace et condamnés à perpétuité par la Cour de Justice néerlandaise de La Haye le pour avoir joué un rôle clé dans l'acheminement et l'utilisation du Bouk[120].
| Zone du crash dans le Donbass[121].
― Route du vol MH17 |
| Reconstitution du tir de missile[122],[123]. |
Route de l'avion jusqu'en périphérie de Donetsk. Un enquêteur examine un débris le .
Bien que le Boeing ait probablement été confondu avec un avion militaire ukrainien par les auteurs du tir, le cynisme de la Russie qui nie les faits, et l'obstruction à l'enquête par les séparatistes choque en occident. Cet évènement gêne ceux qui se voulaient conciliants avec la Russie[124]. Une nouvelle série de sanctions occidentales est votée. Elle touche alors pour la première fois directement la Russie, dont des proches de Poutine et des secteurs clés de l'économie russe[105].





Des convois humanitaires russes controversés
modifierLa Russie a utilisé des convois humanitaires dans le cadre de sa propagande[125]. Le , le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov fait pression pour l'envoi d'une mission humanitaire à Louhansk. Dans un communiqué, le président ukrainien Porochenko indique être prêt à accepter une mission humanitaire à condition que l'aide vienne sans accompagnement militaire, qu'elle transite par un poste frontalier sous contrôle ukrainien et qu'elle ait un caractère international[126],[127].
Le , la Russie décide d'envoyer un convoi d'aide humanitaire à destination de Louhansk, l'opération devant être menée en collaboration avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Mais ce dernier refuse de donner son accord car la Russie ne donne pas certains détails nécessaires[128]. Cette opération est accueillie avec méfiance par les pays occidentaux qui craignent que ce convoi ne soit qu'un prétexte pour intervenir militairement en Ukraine[129].
Le , le gouvernement ukrainien envoie son propre convoi d'aide humanitaire, composé de 75 camions transportant 800 tonnes de produits de première nécessité, dans l'est du pays, accompagné par le CICR. Il arrive le lendemain près de Louhansk[130].
Le , le convoi russe qui était alors bloqué à la frontière et qui devait attendre comme convenu la fin de l'inspection par le CICR et l'Ukraine, force le passage et pénètre en Ukraine[131]. Les États-Unis appellent alors la Russie au retrait du convoi[132].
Intervention militaire russe
modifierUne intervention russe niée par le Kremlin
modifierMi août, l’armée ukrainienne a pris le dessus sur les rebelles. Ces derniers sont alors aidés par des milliers de volontaires russes dotés d'une expérience militaire. Mais face à leur situation de faiblesse, la Russie décide d'envoyer des forces armées régulières, qui stoppent facilement l'armée ukrainienne[133] grâce à de meilleurs commandement et renseignement[110]. La Russie nie son implication jusqu'à son invasion de l'Ukraine à grande échelle en [133], [d] malgré de nombreux éléments de preuves apportés par les ukrainiens et les occidentaux[e].
La contre-attaque des insurgés met fin à l'étau de l'armée ukrainienne autour de Donetsk et Louhansk[f],[139]. La nouvelle offensive des insurgés pro-russes intègre l'ouverture d'un nouveau front en direction de la mer d'Azov et de la ville portuaire de Marioupol. Elle déstabilise fortement les militaires ukrainiens[140].
Le 18 août, les loyalistes reprennent Ilovaisk dans le but de couper les approvisionnement de la frontière russe vers Donetsk[110]. Mais les séparatistes, se replient autour de la ville, où les attendent l'aide de troupes russes, sauvegardant ainsi leurs forces. Ensemble, ils assiègent et pilonnent alors les forces de Kiev prises au piège dans la ville. Les autorités ukrainiennes sont alors contraintes de battre en retraite et un couloir de sécurité est négocié avec leurs ennemis. Cependant, alors qu'il évacuent le 29 aout, les loyalistes se font massacrer par les forces russes et séparatistes lors d'une attaque brutale. 366 loyalistes et 36 civils sont tués, 300 loyalistes sont capturés. Un tiers de la ville est détruit[141].
À l'aéroport de Louhansk, l'armée russe envoie des blindés pour aider les séparatistes, qui remportent ensemble la bataille qui dure jusque septembre. Les ukrainiens abandonnent l'aéroport en ruine et détruisent la piste d'atterrissage[141].
Le , les insurgés reprennent les hauteurs de Savur-Mohyla (ou Saour-Moguila), stratégiques pour la route de Donetsk. Sur ces hauteurs, l’obélisque du mémorial d'une bataille de la Seconde Guerre mondiale est détruit par des tirs d’artillerie[142].
Obama, menaçant d'adopter de nouvelles sanctions contre Moscou, déclare que « la Russie est responsable de la violence dans l'est de l'Ukraine. La violence est encouragée par la Russie »[143].

Les rebelles séparatistes pro-russes s'emparent de la ville de Novoazovsk et se dirigent ensuite au sud en direction de Marioupol. À la suite de cette action, le gouvernement ukrainien demande à l'OTAN une aide supplémentaire, une « aide pratique » ainsi que des « décisions cruciales » de la part de l'OTAN et de l'Europe[19]. Le , un échange de prisonniers a lieu entre la Russie et l'Ukraine : les 10 dix parachutistes russes capturés le en Ukraine sont échangés contre soixante-trois soldats ukrainiens au poste-frontière de Nekhoteïevka. Les soixante-trois soldats ukrainiens sont entrés sur le territoire russe le en fuyant les combats qui opposent les rebelles pro-russes aux forces loyalistes[144].
- Deux chars détruits durant la bataille dans le Donbass, à la fin août. Présentés comme ukrainiens par la source, leur origine est cependant controversée.
- Militaires ukrainiens du bataillon Donbass en près de Popasna (région de Louhansk). On distingue un fusil d'assaut de type AK-47.
- Funérailles d'un soldat loyaliste ukrainien, le 11 septembre 2014.
Le , avec la fin de la bataille de Loutouhyne, l'aéroport de Louhansk et ses environs sont repris par les séparatistes pro-russes[145].
Accords de Minsk I
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La bataille d’Ilovaisk débouche sur un premier appel entre les présidents russe et ukrainien depuis mai. Ils décident de négocier des accords à Minsk[146]. L’Ukraine est alors en déroute et cherche désespérément à arrêter l'hémorragie, la Russie souhaite consolider son territoire gagné, et les Occidentaux veulent stopper l'escalade[147].
Ces premiers accords, dits Minsk I, sont signés le 5 septembre par l’Ukraine, la Russie, l’OSCE (formant ce qui est appelé le Groupe de contact trilatéral) et les chefs des deux républiques séparatistes[g],[146].
Ils comprennent un protocole de douze mesures dont les trois principales sont : un cessez-le-feu, la tenue d’élections locales dans les territoires occupés conformément à la loi ukrainienne, et une décentralisation des pouvoirs accordant une certaine autonomie aux territoires en question[148]. Un mémorandum complète le protocole en précisant les mesures relatives à l'instauration d'un cessez-le-feu et au retrait des armes lourdes de la ligne de front[146].
L'Ukraine, alors en position de faiblesse et le couteau sous la gorge, signe à contre-cœur plusieurs mesures, en particulier celle sur la décentralisation, à laquelle la population est opposée[149]. Le 2 novembre, des élections sont organisées par les RPD et RPL en violation des accords qui stipulent qu’elle devaient se tenir dans le cadre de la loi ukrainienne[146].
Un premier désaccord concerne le point du “retrait des formations illégales”. La Russie, bien que signataire du traité, affirme qu’elle n’est que médiatrice dans cette affaire, et refuse d’avouer qu’elle a des troupes sur le territoire ukrainien[150]. Pour elle, les formations illégales sont les bataillons de volontaires du gouvernement de Kiev[151].
Un second désaccord réside dans l’ordre de mise en œuvre de ces trois mesures :
- la décentralisation des pouvoirs
- la tenue d’élections locales anticipées conformément à la Loi de l’Ukraine
- le retrait du territoire ukrainien des formations armées et du matériel militaire illicites, ainsi que des combattants irréguliers et des mercenaires[147]
Le dilemme est en effet le suivant pour les deux parties : d’un côté, si l’Ukraine accorde une autonomie mais que la Russie maintient sa présence militaire et empêche l’organisation d’élections libres, Kiev se retrouverait avec des territoires sous influence étrangère au sein de ses frontières, dotés d’un pouvoir de blocage sur sa politique. De l’autre, si Moscou renonce au contrôle des zones frontalières, l’Ukraine pourrait ensuite refuser de concéder cette autonomie[152]. Ce dilemme ajouté à l’imprécision du texte fait que ces mesures ne seront jamais appliquées[150].
Le cessez-le-feu ne dure pas longtemps, mais les accords auront l’intérêt de stabiliser le front pendant quatre mois[151].

Offensive russo-séparatiste d'hiver
modifierSeconde bataille de l'aéroport de Donetsk
modifierFin septembre, la 93e brigade mécanisée de l’armée ukrainienne ainsi que des bataillons de volontaires assurent la défense de l’aéroport, gagné lors de la première bataille en mai. La ville de Donetsk, quant à elle, est contrôlée par les combattants de l’armée populaire de Donetsk et les forces russes, étroitement regroupés dans la zone urbaine autour de Donetsk[153]. La guerre est désormais uniquement terrestre, l’aviation ukrainienne étant alors devenue inexistante[154].
Une des principales difficultés de l’application du premier accord de Minsk est le respect de la ligne de front. La seconde bataille de Donetsk en est la parfaite illustration. L’aéroport Prokofiev de Donetsk, flambant neuf, avait été rénové pour la coupe d’Europe de football de 2012. Les Ukrainiens ont finalement choisi de ne pas céder l'aéroport pour des raisons de politique intérieure, en violation de l’accord[155]. Selon un responsable ukrainien, l’aéroport n’aurait pas été rendu aux séparatistes car ceux-ci n’auraient pas respecté certains points[156].
Les séparatistes soutenus par la Russie déclenchent la seconde bataille de l’aéroport de Donetsk en lançant, le 29 septembre, une offensive contre le site. Cette progression initiale, menée rapidement, a débordé et encerclé les forces ukrainiennes[157]. Fin octobre, les 2 camps sont extrêmement proches, occupant tous deux les deux terminaux. Les russes pilonnent massivement l’aéroport[158]. À partir de novembre, la bataille s'est transformée en un siège de position épuisant, s’ajoutant à des conditions hivernales rudes. Malgré la situation désespérée, l'Ukraine a maintenu ses défenseurs en vie grâce en grande partie à une petite artère reliant l'aéroport au village de Pisky situé à environ 2,5 kilomètres au nord-ouest de l'aéroport. Les conditions de combat valent à cette seconde bataille le surnom de « Petit Stalingrad » par les experts militaires, et aux soldats loyalistes le surnom de « cyborgs » par les médias pro Kiev[159],[155].
Le 12 janvier, la tour de contrôle s’effondre sous les bombardements. Les Ukrainiens lancent une contre attaque le 17 janvier. Mais 2 jours plus tard, la Russie donne le coup de grâce aux loyalistes ; elle envoie 600 soldats supplémentaires accompagnés de blindés, de MLRS, d'artillerie et de forces spéciales. Le 21 janvier l’aéroport qui n’est plus qu’un amas de ferraille passe alors entièrement sous contrôle séparatiste. Les forces ukrainiennes se replient et établissent une ligne de défense le long des routes de Pisky, Opytne et Avdiivka, qui ne bougera plus jusqu’à l’invasion à grande échelle de 2022 par la russie[160].

Le , les hostilités reprennent sur le front stratégique de Marioupol (ville portuaire du Sud-Est). Les séparatistes prorusses y lancent une offensive d'ampleur[161].
Début février, les russes avaient gagné 300 km2 depuis Minsk[162].
Bataille de Debaltseve
modifierLes combats continuent en janvier[h]. Le , le président ukrainien annonce pour l'année 2015, l'instauration de trois nouvelles vagues de mobilisation militaire[164].
Le , les observateurs de l'OSCE constatent des bombardements de la part des séparatistes pro-russes sur Horlivka et Debaltseve. La zone couverte est d'environ 1 km2[165].
Le , le président ukrainien Porochenko offre au président russe Poutine et aux séparatistes pro-russes de revenir aux frontières de la zone démilitarisée et de signer un plan de paix identique à celui de Minsk. En effet, il est alors estimé que les forces séparatistes prorusses ont augmenté leur zone de contrôle dans l'est de l'Ukraine d'environ 550 km2 de plus depuis le plan de paix de Minsk de début septembre[166].
Sur le front nord, l'artillerie rebelle frappe les avant-postes ukrainiens[i] afin de prendre le contrôle de la route vers Bakhmout. Plus à l'ouest, dans la région de Donetsk, Hranitne, Pisky, Opytne, Marinka et Slavne sont bombardées par les troupes pro-russes qui s'emparent finalement, en soirée, de Mikhaïlovka et de Verhnetoretske[167],[168]. Le lendemain, les forces pro-gouvernementales reculent encore dans le chaudron de Debaltseve. Le ministre de la Défense ukrainien Stepan Poltorak déclare lors d'une conférence de presse : « Malheureusement Debaltseve est en partie sous le contrôle de groupes terroristes »[169]. Dans le même temps, les forces ukrainiennes évacuent les localités de Nikichino et Vouhlehirsk (ou Ouglegorsk) qui tombent dans les mains des séparatistes[170].
Le , côté forces gouvernementales, le commandant du bataillon Maintien de la paix nommé après l'ancien président Tchétchène Djokhar Doudaïev, de la république tchétchène d'Itchkérie Isa Mounayev meurt dans une bataille autour de la ville de Debaltseve. Le commandant Semen Semenchenko (en) du bataillon Donbass est blessé, et quatre de ses subordonnés sont tués lors d'une tentative de reprise de Vouhlehirsk[171],[172].
Le , alors qu'ils encerclent complètement la ville stratégique de Debaltseve qui est maintenant isolée, les séparatistes pro-russes bombardent et détruisent le quartier général de l'armée ukrainienne à Kramatorsk, pourtant situé profondément en zone loyaliste (à 75 km de la ligne de front). En réaction, le bataillon Azov de l'armée ukrainienne affirme avoir mené une offensive réussie sur les positions séparatistes à l'est de Marioupol, où il aurait récupéré les villages de Chirokino et Sakhanka[173].
Le prix payé par les civils
modifierLe , une attaque à la roquette visant un barrage ukrainien frappe un autobus transportant des civils à 51 km au sud-ouest de Donetsk. Elle fait treize morts et une quinzaine de blessés[164]. Les deux camps se rejettent la responsabilité du drame. Le lendemain, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon condamne l'attaque et réclame une enquête, demandant que les responsables « soient traduits en justice »[174].
Le Parlement européen condamne quant à lui « les actes de terrorisme et le comportement criminel commis par les séparatistes et autres forces irrégulières dans l'Est de l'Ukraine ». Il appelle le Conseil de l'Union Européenne à la poursuite des sanctions contre la Russie jusqu'à ce qu'elle « arrête sa politique agressive et expansionniste »[175]. Cette demande inclut « le respect du cessez-le feu, le retrait sans conditions des troupes russes et des groupes armés illégaux, l'échange des prisonniers et de rendre le contrôle à l'Ukraine de l'intégralité de son territoire, y compris la Crimée »[175]. Il demande également, dans le cas où de nouvelles actions russes de déstabilisation de l'Ukraine surviendraient, à « élargir le champ des sanctions en incluant le secteur nucléaire et les transactions financières internationales », tout en gardant ouvert un canal diplomatique avec la Russie[175]. Le Parlement européen appelle également l'Union Européenne à prêter une attention particulière à la "guerre d'information" exercée par la Russie[175].
Le , la gare de Debaltseve est fortement endommagée par des tirs de roquettes. La ville elle-même est en rupture d'électricité, de gaz et eau depuis la neuvième journée consécutive[176]. Le , le conseiller du Premier ministre ukrainien Daniil Lubkivsky annonce que 2 000 résidents ont été évacués de Debaltseve et Avdiïvka, par deux couloirs humanitaires passant par Vouhlehirsk et Debaltseve[177],[178].
Du côté de Marioupol, des tirs font trente victimes civiles et plus de 80 blessés. Les autorités ukrainiennes disent avoir constaté des « tirs rebelles au lance-roquettes multiples Grad sur le faubourg Est de la ville », touchant des écoles et des maisons. Des experts de l'OSCE se rendent sur place et constatent que les bombardements proviennent du camp des séparatistes prorusses. L'organisation considère ce bombardement comme « téméraire, aveugle et honteux » et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon dénonce ces actes de la même façon[161].
Le , des obus touchent un hôpital et une école maternelle à Donetsk (plusieurs civils tués)[179],[180].
Accords de Minsk II et gel du conflit
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Suite à l’intensification des violations du cessez-le-feu notamment avec les combats acharnés de la bataille de Debaltseve, un nouvel accord, dit Minsk II, est négocié âprement la nuit du 11 au 12 février entre les mêmes acteurs de l'accord de Minsk I[181],[182]. Les deux accords I et II mentionnent les territoires occupés du Donbass, mais jamais la Crimée annexée illégalement par la Russie, car cette dernière a toujours refusé de négocier ce territoire[183].

Les termes des accords sont à nouveau imposés à l'Ukraine par la Russie via la force militaire, cette fois-ci à Debaltseve. Les mesures sont encore plus favorables à la Russie que celles de Minsk I. La France et l’Allemagne, qui souhaitent une désescalade du conflit, font également pression sur l’Ukraine pour qu'elle fasse des compromis[184].
Ces accords reprennent les mesures de la première version, mais avec des précisions. L'Ukraine doit notamment inscrire dans sa constitution la décentralisation des territoires en question. Il est également précisé l’ordre des mesures politiques, qui faisait défaut au premier accord ; des élections locales doivent être tenues en accord avec la loi ukrainienne, puis la mesure de modification de la constitution ukrainienne doit être appliquée. Lorsque ces deux mesures sont effectuées, seulement alors l’Ukraine pourra reprendre le contrôle de ses frontières[182].
Mais ces accords souffrent à nouveau d’une négociation approximative sur la délimitation de la ligne de cessez-le-feu, notamment à Debaltseve où les forces russo-séparatistes continuent les combats afin de maximiser leurs gains, malgré le cessez-le-feu censé être appliqué le 15 février, jusqu'au retrait de la ville des loyalistes le 18 février[185]. Comme lors des premiers accords, la Russie continue de nier la présence de ses troupes sur le territoire ukrainien. Celles-ci doivent quitter le territoire selon le texte. L’Ukraine, en accord avec le droit international, refuse que les élections locales se tiennent sans que les soldats russes partent ou désarment[186].
Les ukrainiens voient majoritairement la mesure d’autonomie comme un outil d’ingérence de la Russie[187]. En août 2015, le gouvernement Porochenko a tenté, conformément aux accords, de faire entrer dans la constitution la décentralisation des territoires contestés. Mais il s’est heurté aux protestations violentes des députés de la Rada, et à des manifestations violentes de la droite radicale qui font 4 morts. Cette tentative, considérée par beaucoup en Ukraine comme une trahison, sera la dernière[188]. Seules quelques mesures sur les 13 de l'accord seront appliquées[182].
Les accords de Minsk II transforment le conflit, alors de haute intensité, en un conflit de basse intensité[189]. Après la reprise de Debaltseve, la ligne de front ne changera quasiment plus jusqu'à l'invasion de l'Ukraine par la Russie le . Le conflit se transforme alors en guerre de positions et de tranchées[190].
Passage à un conflit de basse intensité
modifierDe mars à mai, les combats se font plus rares et le cessez-le feu est globalement respecté bien que la situation reste fragile[191],[j]. Le président ukrainien demande une aide militaire de l'Union Européenne mais celle-ci préfère envoyer une mission d'observation[193]. Le même jour, les leaders ukrainiens, russes, français et allemands ont une conversation téléphonique afin de faire le point sur la situation, qui est relativement stable mais fragile, avec un cessez-le-feu décrété lors des accords de Minsk II plutôt respecté malgré quelques combats épars[193].
Entre le et le , des tirs d’artillerie sur la ligne de front engendrent une recrudescence des violences[196]. Du au , un millier de séparatistes, appuyés par des tanks, mènent une offensive sur la ville loyaliste de Marïnka, située à vingt kilomètres à l'ouest de Donetsk, d'après les autorités ukrainiennes. Cette attaque est démentie par les séparatistes[197] mais est confirmée par des experts indépendants[198]. Une manifestation contre la guerre dans le Donbass se tient à Donetsk le , la première du genre en territoire séparatiste[199],[200]. De 200 à 500 personnes se rassemblent devant le bâtiment de l'administration régionale d'état de Donetsk aux cris de « Stop à la guerre! », « Rendez-nous nos maisons! » et « Partez d'ici! ». En particulier, les manifestants demandent que les forces séparatistes arrêtent les tirs d'artillerie depuis les zones résidentielles de la banlieue de Donetsk[201],[202]. Le , les forces ukrainiennes repoussent une attaque menée par 400 hommes, soutenus par des chars et de l'artillerie, dans une zone située entre le nord (ville de Starognativka) et l'est de Marioupol (ville de Chirokino)[203].
Le , une trêve est conclue entre les séparatistes et les forces ukrainiennes. L'intensité des combats diminue fortement car le nombre d'attaques passe d'une centaine à une dizaine par jour[204],[k].
Le même jour, un rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (OHCHR) dénonce une démilitarisation partielle de la ligne de front, ce qui remet en cause l'accord de Minsk II, en raison de la persistance de la présence d'armes lourdes. Selon le rapport, la poursuite des violences est en grande partie due à « l’afflux continu de combattants étrangers et d’armes sophistiquées et de munitions [en provenance] de la Russie ». L'OHCHR dénonce également le fait que la Russie « a continué à envoyer des convois de camions peints en blanc sans le plein consentement ni l’inspection de l’Ukraine et sans que leur destination exacte et leur contenu puissent être vérifiés ». De plus, en raison de l'instauration d'un processus d'enregistrement par les séparatistes pro-russes, l'accès aux régions de Louhansk et Donetsk pour les organisations humanitaires devient plus difficile, et les conditions sanitaires des populations près du front se détériorent. Le rapport fait état de 7 962 personnes tuées et 17 811 personnes blessées depuis le début du conflit[207].
Formule Steinmeier
modifierÀ l'automne 2015, alors que les violations de cessez-le-feu sont régulières, les conditions sécuritaires pour organiser des élections locales au Donbass ne sont toujours pas réunies selon la loi ukrainienne[182]. Frank-Walter Steinmeier, alors ministre des affaires étrangères de l’Allemagne, fait alors une proposition de modification des accords de Minsk II, dite « formule Steinmeier » ; les élections locales doivent être contrôlées par une mission de l’OSCE qui sera chargée de vérifier si elles se déroulent selon le droit international. Si les élections sont validées par l’OSCE, l’autonomie devra être accordée comme convenu dans les accords. Cette formule permet de tenir les élections sans que la Russie ait à retirer ses armes[208]. Mais la formule n’est pas acceptée par Porochenko qui n’a pas confiance, et les discussions s'arrêtent avec la Russie, jusqu'à l’élection de Volodymyr Zelensky en 2019[182].
2016-2019 : discussions au point mort
modifier2016
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Le , cinq prisonniers séparatistes sont échangés contre trois soldats gouvernementaux et un religieux orthodoxe[209]. À cette période, de l'aide humanitaire apportée par l'armée ukrainienne arrive le long de la frontière du Donbass[210]. Les affrontements continuent durant la période estivale[l].
Le , les forces séparatistes et loyalistes signent un accord de démilitarisation dans trois zones test, qui prévoit le retrait des armes lourdes et des combattants des petites villes de Stanytsia Louhanska, Zolote et Petrovo Krasnosillia[214]. Dans les faits, seuls deux villages sont réellement démilitarisés en septembre[215]. Début octobre, à la suite de plusieurs violations du cessez-le-feu de la part de séparatistes pro-russes, tuant un militaire ukrainien et en blessant cinq autres, le gouvernement ukrainien suspend le processus de démilitarisation dans chacune des trois villes-pilotes, une-à-une, les 1er, 7 et [215]. De son côté, la RPD accuse les forces ukrainiennes d'avoir violé 314 fois le cessez-le-feu[215]. Les relations entre Kiev et Moscou ne cessent de se dégrader[216]. Le également, les services secrets ukrainiens annoncent avoir capturé un espion travaillant pour la Russie[215].
Le , un nouveau cessez-le-feu est signé entre les parties[217]. Fin décembre, l'armée ukrainienne s'empare de la ville de Novolouhanske située dans la zone tampon[218].
2017
modifierEntre le et le , neuf soldats ukrainiens sont tués et une cinquantaine sont blessés à proximité de la ville d'Avdiïvka[218].
Le , une trêve est normalement convenue entre les autorités ukrainiennes et les séparatistes pro-russes, à la suite d'un accord signé à Munich par Kiev, Moscou, Berlin et Paris, qui doit entrer en vigueur à partir du [219]. Il prévoit notamment le retrait des armes lourdes sur la ligne de front[219]. Cependant, les séparatistes pro-russes ne croient pas à cette trêve[220].
Le , la Russie reconnaît à titre temporaire les pièces d'identité, passeports, diplômes émis par les républiques populaires et autorise les habitants à se rendre sur son territoire[221]. Ceci a été condamné par l'OTAN le suivant[222].
Le , un observateur américain de l'OSCE meurt et deux autres observateurs sont blessés dans l'explosion de leur véhicule blindé due à une mine près du village de Prychyb, dans la zone contrôlée par la RPL[223].
Toujours en quête d’un réel projet, les républiques tentent de remettre au goût du jour des idées du passé ; Zakhartchenko déclare pendant l'été, inopinément et unilatéralement, l’intention de créer l'État de “Petite Russie” (en russe : Malorossia), qui comprendrait toute l’Ukraine avec Donetsk pour capitale. Mais la RPL ainsi que la Russie qui n'ont pas été consultées refusent et l’idée est abandonnée, mettant en évidence l’amateurisme politique des leaders séparatistes[224].
Du au , un coup d'État interne à Louhansk se produit. Le ministre de l'Intérieur de la RPL, Igor Kornet, et le chef des services secrets de Louhansk, Leonid Passetchnik, soutenus par la RPD et probablement par la Russie, poussent le président autoproclamé Igor Plotnitski à fuir pour se réfugier à Moscou puis à démissionner. Profitant de la division entre les factions séparatistes, l'armée ukrainienne avance et reprend trois villages et des hauteurs stratégiques près de Debaltseve[225], et, à la suite de combats qui lui causent cinq morts, s'arrête le au village de Krimskoe, qui ne se trouve qu'à une quarantaine de kilomètres au nord de Louhansk[226]. De plus, le , une troupe tactique ukrainienne reconquiert les localités de Travneve et Hladosove, qui se trouvaient depuis 2015 dans le no man’s land au nord du bastion séparatiste de Horlivka[227].
Le , l'Union européenne reconduit ses sanctions économiques contre la Russie à cause du soutien qu'elle fournit aux séparatistes[228]. Du au , l'OSCE observe une forte hausse des violations du cessez-le-feu, en comptabilisant 16 000 sur cette période[229]. Ainsi, un militaire ukrainien est abattu par un sniper séparatiste le au sud d’Avdiïvka[227], le , quatre militaires ukrainiens et un séparatistes meurent dans des affrontements au nord de Donetsk[230]. Le , trois soldats ukrainiens sont tués par des tirs de mortiers et des zones civiles sont touchées par des tirs de missiles[231]. Le , un bombardement du village de Novoluhanske blesse huit civils, endommage plus de cinquante immeubles et provoque une coupure de courant temporaire[229]. Et, le , la Russie se retire du Centre de contrôle et de coordination du cessez-le-feu dans le Donbass, mis-en-place par l'accord de Minsk, rappelant ses officiers et son général qui s'y trouvaient ; ce centre ayant permis de garder le niveau de violence plus bas qu'avant les accords de 2015, le retrait russe laisse craindre une augmentation des combats[232],[231].
Le , un échange de prisonniers a lieu entre les deux camps[233].
2018
modifierLe , le Trésor américain décide de nouvelles sanctions économiques contre vingt-et-une personnes et neuf entreprises impliquées dans la guerre du Donbass ou l'annexion de la Crimée. Les nouvelles mesures concernent en premier lieu onze responsables séparatistes : des « ministres » des républiques autoproclamées de Donetsk et de Louhansk, dans l’est de l’Ukraine, ainsi que le « gouverneur » de Sébastopol, en Crimée, tous accusés d’avoir entravé la paix ou d’exercer des fonctions gouvernementales en territoire ukrainien sans autorisation du gouvernement ukrainien. Le vice-ministre de l’énergie russe, Andreï Tcherezov, et un chef de service au sein du même ministère sont également sanctionnés. Ils avaient déjà fait l’objet de sanctions de l’Union européenne pour avoir détourné des turbines de gaz de Siemens vers la Crimée, confrontée à plusieurs coupures de courant massives depuis son annexion par Moscou en 2014. Sergueï Topor-Gilka, directeur général de Technopromexport, filiale du conglomérat d’État russe Rostec et acquéreur des turbines, est aussi visé par les mesures américaines[234],[235].
En février, un rapport de l'ONU dit envisager le déploiement de 20 000 soldats et 4 000 policiers de pays non-membres de l'OTAN pour résoudre la crise dans l'est de l'Ukraine. Le rapport précise : « L'opération nécessiterait un mélange de soldats de pays européens, dont la Suède, de pays avec des antécédents de missions de maintien de la paix comme le Brésil, et d'autres États qui soutiennent la Russie, comme la Biélorussie ». En , Poutine s'était dit favorable à l'envoi de casques bleus dans le Donbass, ce qui est vu par les pays occidentaux comme une possibilité pour négocier la paix à plus grande échelle[236].
Le , Zakhartchenko, qui était à la fois le président et Premier ministre de l'autoproclamée RPD, meurt avec son garde du corps dans l'explosion d'un café de Donetsk, provoquée par les services secrets ukrainiens selon les partisans séparatistes[237]. Selon le SBU, elle serait liée à un conflit entre les séparatistes et « leurs sponsors russes », Zakhartchenko ayant lui-même participé au coup d'état de la LPD l'année précédente[238]. Après la mort de nombreux responsables politiques et militaires depuis 2015, tués par les Ukrainiens ou dans des conflits internes, et la démission d'autres à la suite du coup d'État de 2017 à Louhansk, la mort de Zakhartchenko marque la fin des dirigeants historiques des territoires séparatistes[237]. Le vice-Premier ministre, Dmitri Trapeznikov, assure l’intérim puis est remplacé par Denis Pouchiline une semaine plus tard[237]. Ce dernier est élu président de la RPD le lors d'élections controversées (avec la présence d'hommes en armes, de distribution de nourriture ou de tickets de loterie dans les bureaux de vote) et non reconnues par la communauté internationale[239].
Le se produit l'incident du détroit de Kertch (détroit stratégique qui fait la jonction entre Mer Noire et Mer d'Azov), au cours duquel la Russie capture trois navires de guerre ukrainiens et leurs équipages. À la suite de cet événement, la loi martiale est instaurée en Ukraine pendant trente jours[240].
2019-2020 : nouvelles tentatives de négociations infructueuses
modifierAlors que se déroule l'élection présidentielle ukrainienne de 2019, le cessez-le-feu est violé quotidiennement, provoquant des morts régulièrement au moins dans les rangs ukrainiens. Ainsi, en , le bilan humain depuis le début la guerre était de 13 000 morts[241]. Poutine simplifie l'accès à la nationalité russe pour les habitants du Donbass, des voix s'élevant pour dénoncer une tentative de test du nouveau président ukrainien par la Russie. Celle-ci fait valoir, au contraire, que cela ne procède que d'un besoin humanitaire. La communauté internationale considère l’événement comme une « pression diplomatique »[242].

Zelensky est élu le , grâce entre autres à sa promesse de mettre fin à la guerre[182]. À partir de là, plusieurs échanges téléphoniques ont lieu entre lui et Poutine afin de détendre la tension, et à terme de mettre fin au conflit. Début septembre, les deux pays procèdent à un échange de prisonniers, parmi lesquels la figure très symbolique du cinéaste ukrainien Oleg Sentsov[243] et le rédacteur en chef du portail RIA Novosti Ukraine, Kirill Vychinski[244]. En , les belligérants achèvent le retrait de leurs troupes de trois secteurs clés de la ligne de front, ce qui représente une « avancée majeure sur le terrain »[243]. Puis le , la Russie rend à l'Ukraine les trois navires capturés lors de l'Incident du détroit de Kertch[240].
Le lors d’un sommet Normandie à Paris, Poutine, Zelensky, Merkel et Macron signent une déclaration réaffirmant l’engagement envers les accords de Minsk et la formule Steinmeier. Mais l’opposition de centre droit ukrainienne proteste fortement et la population est toujours majoritairement opposée à un statut spécial pour les territoires contestés du Donbass. Certains points de l'accord comme l'échange de prisonniers, le déminage ou le retrait de troupes seront partiellement mis en œuvre, mais pas les mesures clés (élections, autonomie, restitution des frontières)[182]. Parmi les prisonniers remis à la Russie se trouvent cinq officiers Berkout, présumés responsables de la mort de plusieurs dizaines de manifestants durant l'Euromaïdan, ce qui fait polémique en Ukraine[245].
Le , l'artillerie séparatiste et russe pilonne des positions ukrainiennes, pour ouvrir la voie à des groupes mobiles qui tentent de gagner du terrain. Les combats durent cinq heures avant que les pro-russes ne soient repoussés. L'offensive choque, car elle contraste à la fois avec la technique de guerre des tranchées et d'usure qui s'était installée depuis des années, et avec le processus de paix qui était en cours depuis la mi-2019, d'autant plus que les positions ukrainiennes visées se trouvaient près de l'un des secteurs-clés où les belligérants s'étaient tous retirés, ce qui fait naître des craintes sur la solidité du processus de négociation[246].
2021-2022 : crise diplomatique
modifierLa crise russo-ukrainienne de 2021-2022 est une crise internationale qui avive les craintes d'une invasion de l'Ukraine. La Russie déploie à partir de d'importantes forces armées près de sa frontière avec l'Ukraine ainsi qu'en Biélorussie et en mer Noire[247]. Les enjeux de cette crise ne sont pas que régionaux puisque la Russie transmet aux États-Unis et à l'OTAN en un projet d'accord dans lequel elle demande qu'ils s'engagent à ne pas élargir l'OTAN à l'Ukraine et qu'ils retirent leurs forces militaires des pays issus de l'URSS et du bloc de l'Est européen. Cette crise est d'une gravité inédite depuis la crise ukrainienne de 2014. Les Occidentaux excluent d'intervenir militairement en Ukraine[247] mais menacent la Russie de sanctions « rapides et draconiennes » en cas d'invasion de l'Ukraine, allant bien au-delà des sanctions contre la Russie prises à la suite de la crise de 2014[248]. Les échanges diplomatiques se multiplient entre les parties jusqu'au plus haut niveau. Plusieurs échanges ont lieu entre Poutine et respectivement Joe Biden et Macron notamment. La diplomatie occidentale est confrontée à un dilemme entre le risque d’une escalade militaire aux conséquences désastreuses et celui d’une reculade diplomatique qui discréditerait l’OTAN et donnerait lieu à une perte de confiance de ses membres européens[249]. La Russie nie cependant avoir l'intention d'envahir l'Ukraine mais vouloir déployer ses troupes dans un but défensif[250].
Le , la RPD et la RPL annoncent l'évacuation des civils vers la Russie[251] avec des allocutions pré-enregistrées le [252]. Le , les deux républiques proclament la mobilisation générale à la suite d'un regain de tension dans le Donbass[253]. Le même jour, un véhicule portant des plaques d'immatriculation attribuées au chef de la police de Donetsk, Denis Sinenkov, explose sans faire de blessé[254].
Du 19 au , l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) constate une augmentation "spectaculaire" d'incidents armés et d'explosions dans les deux républiques du Donbass, les deux parties du conflit se rejetant la responsabilité[255],[256],[257]. Les Etats-Unis affirment que la Russie « crée des fausses justifications » pour envahir militairement le reste de l'Ukraine en faisant croire, par manipulation d'images, que les frappes viennent du côté des forces du gouvernement Kiev[258],[259]. Un responsable américain indique que 190 000 soldats russes sont massés aux abords de la frontière et sur le territoire ukrainien[260].
Invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie
modifierLe , lors d'une allocution télévisée, Poutine annonce la reconnaissance russe de l'indépendance des républiques populaires de Donetsk et Louhansk et les forces armées russes envahissent l'est de l'Ukraine contrôlé par les séparatistes pro-russes[261],[262]. Ces accords constituent une violation du droit international selon l'OSCE et l'Union Européenne[29],[30], sont « une violation de l'intégrité territoriale et de la souveraineté de l'Ukraine » et constituent une décision « incompatible avec les principes de la Charte des Nations unies » selon le secrétaire général de l'ONU[31], et entraînent une rupture des accords de Minsk par la Russie[31],[32].
Une rencontre entre le secrétaire d'État des États-Unis Antony Blinken et le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov était prévue le [263]. Elle n'aura finalement pas lieu, Antony Blinken déclarant le : « Maintenant que nous voyons que l’invasion a commencé et que la Russie a clairement rejeté toute diplomatie, cela ne fait aucun sens de se rencontrer à ce stade »[264].
Le dans la matinée, les troupes russes pénètrent le territoire ukrainien par la frontière russe, la Crimée occupée depuis 2014, et la Biélorussie. Plusieurs explosions de sites militaires importants sont entendues jusqu'à Kiev[265].
Le suivant, près d'un mois après le début de son offensive dans toute l'Ukraine, l'armée russe a annoncé sa décision de se concentrer sur le Donbass[266],[267]. Tandis que s'achève le siège de Marioupol, l'offensive majeure pour conquérir le reste du Donbass encore contrôlé par les forces armées ukrainiennes, débute dans la nuit du 18 au [268].
Parties au conflit
modifierForces ukrainiennes
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Au déclenchement du conflit, les Forces armées de l'Ukraine sont en sous-effectif, mal-équipées et en pleine restructuration, passant d'une armée de conscription à une armée professionnelle : la conséquence est qu'une majeure partie de ses unités n'est pas opérationnelle (seulement 16 bataillons le sont sur 55)[269]. Aucune brigade n'est alors casernée dans le Donbass. Le , la Rada ordonne une mobilisation partielle, qui ne peut être appliquée[réf. souhaitée].
Pour compenser les déficiences des troupes régulières, une foule de petites unités de volontaires est constituée : le « Corps des volontaires ukrainiens » émanant de Secteur droit, les compagnies puis bataillons « Azov » (à Marioupol), « Donbass » (organisé à Dnipropetrovsk), « Dnipro », « Aidar », « Ukraine (uk) », « Kiev-1 (uk) », « Chakhtarsk (uk) », « Rus' de Kiev (uk) »[réf. souhaitée], « Bataillon Sitch », « Artemivsk (uk) »[270], « Kryvbas (uk) », « Lviv (uk) », « Tempête (uk) », « Maintien de la paix (uk) », etc. qui sont intégrés aux Forces armées à partir d'avril sous le nom de « bataillons de défense territoriale ». S'y rajoutent les Forces spéciales de maintien de l'ordre public. Des anciens Berkouts provenant des unités spéciales qui servaient de police antiémeute au sein de la militsia ukrainienne se sont reconstitués en unités semi-autonomes[réf. souhaitée].
Soutiens aux Ukrainiens
modifierDes soutiens étrangers comme le bataillon Djokhar Doudaïev (du nom du premier président de la Tchétchénie indépendante, tué par les Russes en 1996) composé de volontaires tchétchènes, ou encore la Légion géorgienne se forment en 2014[271],[272]. En , des mercenaires américains de l'entreprise Academi (anciennement connue sous le nom de Blackwater USA) combattraient aux côtés du gouvernement ukrainien face aux séparatistes[273], ce que l’entreprise nie[274].
Au début de 2015, les Occidentaux s'interrogent sur leur politique menée vis-à-vis de la Russie, Poutine restant intransigeant. Les troupes loyalistes ukrainiennes ne peuvent pas faire face aux forces séparatistes, à cause d'un équipement trop ancien et insuffisant. Les États-Unis fournissent alors déjà à l'Ukraine de l'armement non létal[275]. Le sénateur républicain John McCain et ses partisans souhaitent alimenter les forces gouvernementales ukrainiennes en armes défensives. Mais les responsables européens et américains ne souhaitent pas intervenir militairement dans le conflit ni fournir d'armes supplémentaires[275].
En , trois cents parachutistes de la 173e brigade aéroportée américaine arrivent en Ukraine avec pour mission d'entraîner les soldats de la Garde nationale ukrainienne à la base militaire de Yavoriv. La Russie réagit en affirmant que cette présence de spécialistes d'un pays tiers « ne facilite pas le règlement du conflit [...], mais au contraire déstabilise sérieusement la situation »[276].
Forces séparatistes prorusses
modifierÀ côté des forces de la RPD combattent sous l'autorité du 1er corps d'armée : le bataillon « Oplot » commandé par Alexandre Zakhartchenko, le bataillon Vostok (couvre une grande partie de l'oblast de Donetsk), le bataillon Sparta dirigé par le commandant Arsen Sergueïevitch Pavlov (surnommé Motorola), le bataillon Kalmious, des formations autour d'Igor Bezler (ru), l'Armée orthodoxe russe, l'organisation Rempart (ru) ainsi que le bataillon Somalie commandé par Mikhaïl Tolstykh jusqu'à sa mort en 2017[réf. souhaitée].
À côté des forces de la RPL combattent : l'Armée du Sud-Est, le bataillon Fantôme (qui défend la RPL), la milice populaire de l'oblast de Louhansk. D'autres groupes, essentiellement nationalistes, interviennent également : le parti russe illégal L'Autre Russie, l'Unité nationale russe, l'union eurasiatique de la jeunesse, des cosaques du Don, le détachement Jovan Šević (sh) de volontaires serbes, la Phalange (pl) de volontaires polonais (brièvement en )[réf. souhaitée].
- Alexandre Zakhartchenko et Alexandre Khodakovski
- Alexandre Zakhartchenko, chef du bataillon « Oplot », puis Premier ministre de la république populaire de Donetsk.
- Le commandant séparatiste prorusse Alexandre Khodakovski, basé dans le Donbass en août.
Militaires russes
modifierUn nombre important de militaires russes ont participé au conflit[277]. En , au moins 1 000 militaires russes sont repérés par l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) sur le territoire ukrainien grâce à des images satellite[277]. Environ 20 000 soldats russes sont massés à la frontière ukrainienne. Le chef du centre de crise de l'OTAN, déclare : « De grandes quantités d'armes de pointe, notamment des systèmes de défense antiaérienne, de l'artillerie, des tanks et des blindés (sont) transférées vers les forces séparatistes »[135]. Les autorités russes admettent que des troupes de l'armée russe sont entrées, selon elles, « par accident »[117].
En novembre, l'OTAN confirme à nouveau l'entrée de convois militaires russes, y compris d'armement lourd[278].
Les premiers mercenaires de la milice privée russe Wagner, à l'idéologie néo-nazie, sont présents pendant ce conflit aux côtés des séparatistes prorusses[279]. Selon son propre récit, l'homme d'affaires russe Evgueni Prigojine crée la société militaire privée connue plus tard sous le nom de groupe Wagner le [280].
En la presse occidentale fait état d'un jugement rendu par un tribunal de Rostov-sur-le-Don dans une affaire de corruption qui décrit en détail comment tous les quinze jours sont organisés des convois de vivres destinés aux forces armées de la fédération de Russie stationnées sur le territoire de la RPD et de la RPL. Le fait que les convois en question soient composés de soixante-dix camions permet de se faire une idée de l'importance des forces russes stationnées dans cette région. La page faisant état de ce jugement disparaît rapidement d'Internet mais reste accessible dans les archives. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov nie toute présence russe en Ukraine et explique qu'il y a eu « une erreur de la part de ceux qui ont rédigé le texte »[281],[282].
Soutiens aux séparatistes
modifierEn , dès le début des affrontements entre séparatistes et gouvernement ukrainien, les ex-agents du FSB Igor Guirkine (dit Strelkov), présenté comme un « volontaire », et Alexandre Borodaï jouent un rôle important dans l’organisation de l’insurrection[283]. À plusieurs reprises, des représentants ukrainiens dénoncent l'implication de troupes russes dans le conflit ; leurs estimations varient, atteignant 8 000 soldats russes[284].
Certains volontaires russes seraient issus de mouvements nationalistes russes, comme en face des forces de volontaires ukrainiennes le seraient par des Ukrainiens de l'Ouest. Ces combattants semblent être recrutés des deux côtés sur le Web et par des réseaux sociaux. Ils déclarent vouloir défendre les populations russophones menacées selon elles par le gouvernement ukrainien qualifié de « junte »[285] : « Je suis nationaliste et pour moi la priorité c’est de défendre mon peuple, les Russes… ». En l'absence de soutien russe, ces milices nationalistes russes devraient se débrouiller seules pour se fournir en armes et en vivres[285]. Des armes utilisées par ces volontaires sont issues de pillages de bâtiments militaires ou de police dans les zones ukrainiennes prises par les séparatistes[285].
En juillet, selon l'agence Reuters, les milices séparatistes promettraient une solde de 5 000 à 8 000 hryvnia équivalent à entre 317 et 508 euros par mois payable en monnaie ukrainienne et en roubles aux volontaires les rejoignant[286]. Des centaines de citoyens russes se joignent à eux, participent aux combats. Plusieurs dizaines de volontaires périssent fin [287].
Réactions à la guerre du Donbass
modifierRéactions nationales
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En novembre, Porochenko édicte un décret ordonnant l'arrêt des services publics dans les régions de l'est contrôlées par les séparatistes prorusses[288]. Il prévoit également de demander à la banque centrale ukrainienne d'analyser la possibilité de suspendre les services bancaires dans plusieurs secteurs aux mains des séparatistes, comme les paiements par carte bancaire[289].
En , un soldat russe, Ivan Romantsev, arrêté en Ukraine témoigne : « Quand on a fait exploser mon blindé, j'ai commencé à avoir peur. J'ai compris que ce n'était pas des manœuvres. Je me suis rendu compte qu'ici c'[était] la guerre entre l'Ukraine et la Russie [...] Ce que raconte la télévision russe ne correspond pas à la réalité. »[290]. Au même moment, des volontaires russes issus de mouvements nationalistes russes, déclarent défendre les populations russophones menacées par les « fascistes » de Kiev. Un de ces combattants russes en Ukraine déclare ainsi : « Je suis nationaliste et pour moi la priorité c’est de défendre mon peuple, les Russes… »[291].
Réactions internationales
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- - Pour.
- - Contre.
- - Abstention.
- - Absent.
- - Non-membres.
Organisations
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ONU :
Le , le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon condamne la violence qui a eu lieu dans l'est de l'Ukraine le week-end du 14 au et exhorte toutes les parties « à s'abstenir de toute violence et à s'engager à la désescalade et dans un dialogue national pour la poursuite d'une solution politique et diplomatique[292] ».Le , António Guterres, secrétaire général des Nations unies, lance un appel « à la désescalade dans la crise ukrainienne, [...] à un cessez-le-feu immédiat et au rétablissement de l'Etat de droit. »[293]. Il demande à la Russie d'appliquer tous les principes de la Charte des Nations unies[294]. La reconnaissance de l'indépendance de plusieurs régions du Donbass par Moscou est, toujours selon le secrétaire général de l'ONU, « une violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine »[293], tout en appelant à la négociation. Le , un projet de résolution pour condamner l’attaque militaire russe en Ukraine et demandant le retrait immédiat des troupes russes, est présenté par l'Albanie et les États-Unis. Il reçoit un vote contre, celui de la Russie, qui a mis son veto, 11 votes pour et 3 abstentions (Émirats arabes unis, Chine et Inde)[295].
OTAN :
Après l’invasion de la Crimée, l'OTAN maintient le dialogue avec la Russie. L'organisation suspend toutefois la première mission conjointe OTAN-Russie prévue, et toutes les réunions d'état-major entre l'OTAN et la Russie. Au cours des mois suivants, afin de faire face à la menace soulevée par l'invasion de la Crimée, l'OTAN effectue plusieurs déploiements de forces dans les pays alliés proches de la Russie[m]. Ainsi, l'un des effets secondaires du conflit en Ukraine a été une augmentation substantielle de l'activité de l'OTAN près de la frontière russe, ce à quoi la Russie s'était depuis longtemps opposée et l'OTAN abstenu[296].
Le , le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen déclare : « Il est désormais clair que des troupes et de l'équipement russes ont franchi la frontière. Nous appelons la Russie à cesser ses actions militaires illégales, à arrêter son soutien aux séparatistes armés et à prendre les mesures immédiates et vérifiables en vue d'une désescalade de cette crise. »[297]
Occident
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Après l’annexion de la Crimée, une partie des occidentaux (comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou la Pologne) souhaite apporter une réponse ferme à la Russie, afin de ne pas reproduire le contexte de 1938[n], tandis qu'une autre souhaite la ménager. C'est notamment le cas de l'Allemagne d'Angela Merkel, dont l'économie est alors fortement liée à l'énergie russe. Une récente affaire d'espionnage de la NSA sur le téléphone de la chancelière avait également renforcé un certain antiaméricanisme dans la société allemande[298].
Aux Etats-Unis, la grande majorité des acteurs politiques des deux principaux partis s’accorde pour sanctionner sévèrement la Russie. Seuls certains intellectuels influents mettent en cause l’occident dans le déclenchement du conflit. Malgré certaines divergences, l'UE et les Etats-Unis se mettent régulièrement d'accord pour émettre une série de sanctions économiques[298]. En 2017, bien que Donald Trump apprécie Poutine, il finit par accepter une recommandation du département de la défense américain d'envoyer des armes léthales à l'Ukraine, ce que son prédécesseur Barack Obama avait refusé, par peur d'une escalade. L'UE choisit d'envoyer une aide importante, mais de ne pas envoyer d'armes, notamment sous la pression de l'Allemagne[299].
Russie
modifierLe , Lavrov affirme que la Russie n'a pas l'intention d'envahir l'Ukraine orientale[300] alors que 100 000 soldats russes seraient massés près de la frontière ukrainienne, prêts à rejouer le scénario de la Crimée dans l'est du pays selon le gouvernement ukrainien[301]. Le , Lavrov explique aux médias que c'est l'Union européenne et les États-Unis, et non pas la Russie, qui se sont rendus coupables de la déstabilisation de l'Ukraine et que son pays fait tout pour promouvoir la stabilité de l'Ukraine[302].
Présence russe et déclarations de Vladimir Poutine
modifierLe , Poutine s'exprime lors d'une conférence de presse à propos de la situation en Ukraine et dénonce la Révolution ukrainienne de 2014 comme un « coup anticonstitutionnel ». Il insiste sur le fait que la Russie a le droit de « protéger ses citoyens en Ukraine[303] ».
Le , Poutine en appelle à l'ONU pour trouver une solution diplomatique au conflit alors que les États-Unis affirment que « le gouvernement ukrainien a la responsabilité d'assurer le droit et l'ordre et que ces provocations dans l'est de l'Ukraine créent une situation à laquelle le gouvernement doit répondre[304] ».
Le , selon le journal français Le Figaro, alors que le nombre de soldats russes présents sur le territoire ukrainien se compterait en milliers, et il serait dit à leurs familles qu'ils sont en manœuvre hors des réseaux de téléphonie mobile[134].
Le lendemain, c'est le journal français L'Express qui rapporte les propos de Lidia Sviridova et de Valentina Melnikova de l'Union des comités de mères de soldats de Russie. Valentina pense que des soldats russes sont envoyés de force en Ukraine[305] et déclare : « Poutine viole non seulement les lois internationales, la Convention de Genève, mais aussi la loi russe. Quant au commandant en chef des forces aériennes, il oblige ses hommes à combattre dans un pays étranger, l'Ukraine, quand leurs mères reçoivent des cercueils anonymes »[306]. Ella Poliakova, présidente du comité des mères de soldats de Saint-Pétersbourg, et Sergueï Krivenko, directeur du groupe « Le Citoyen et l'armée », affirment que 100 conscrits russes seraient morts près de Snijne en Ukraine. Pour Lidia Sviridova du Comité des mères de Saratov, certaines familles sont désemparées et « demandent quoi faire, avec des conscrits forcés à signer des contrats pour être envoyés à la frontière ». Par ailleurs selon le magazine français L'Express, des documents seraient signés sous la contrainte pour attester que les soldats sont volontaires[306]. Des soldats russes tués dans l'est de l'Ukraine seraient enterrés dans des tombes anonymes[306] selon ce même magazine.
Le ministère russe de la Défense, qui nie la mort de 100 soldats russes en Ukraine, parle d'un « délire […], qui mérite une attention sérieuse seulement de la part de la société des psychiatres russes »[307]. Immédiatement, le comité des mères de soldats de Saint-Pétersbourg, sous prétexte qu'il reçoit son financement de diverses ONG américaines, est classé « agent étranger » par le ministère russe de la Justice[308].
Les militaires russes capturés près du village de Dzerkalny, dans les environs de Louhansk, dans le territoire ukrainien, indiquent qu'une unité entière russe est présente à sept kilomètres de leur lieu de capture. Les soldats de cette unité ne portent pas leur insigne, mais portent toutefois le même uniforme que les soldats capturés. Les numéros d'identification de leurs véhicules sont illisibles car recouverts de peinture blanche[19].
Selon certains officiels militaires russes, la présence de soldats et d'armement militaire sur le territoire ukrainien serait le fait d'une « erreur »[19], mais le , Vitali Tchourkine, représentant de la Russie à l'ONU, admet en session du Conseil de sécurité à New York que « des volontaires russes combattent dans le Donbass » et que, selon lui, « les États-Unis envoient eux-mêmes des dizaines de conseillers militaires à l'état major de Kiev »[309].
Le , Poutine appelle à des négociations « sur des questions d'organisation politique de la société et du système d'État dans le but de garantir d'une manière inconditionnelle les intérêts légaux des habitants du Donbass »[310]. En France, cette annonce est traduite dans certains médias comme un appel à la formation d'un État[311], ce qui est rapidement démenti[312] par le Kremlin. Les accords de Minsk II, du , sont signés selon le Format Normandie (Hollande-Merkel-Porochenko-Poutine) et mettent en place un cessez-le-feu. Poutine déclare quelques jours plus tard qu'il « espère que les autorités ukrainiennes ne vont pas empêcher les soldats ukrainiens de déposer leurs armes » à propos de l'encerclement de Debaltseve et il ajoute que « ce qui se passe actuellement à Debaltseve peut être expliqué et était prévisible », l'encerclement étant antérieur à la signature des accords de Minsk[313]. La ville est évacuée par les soldats ukrainiens le .
Une guerre de l'information menée par la Russie
modifierDepuis 2011, les autorités russes considèrent que la Russie est impliquée dans une « guerre de l'information », visant non seulement l'Ukraine mais aussi plus globalement, l'occident (les Etats-Unis, l'OTAN et l'Union Européenne). Elles définissent ainsi cette guerre de l'information comme : « la confrontation dans l’espace informationnel entre deux États ou plus en vue d’endommager les systèmes, processus et ressources informationnels d’importance critique [...], d’affaiblir le système politique, économique et social, d’effectuer un lavage de cerveau massif de la population pour déstabiliser la société et l’État, ainsi que de contraindre l’État à prendre des décisions dans l’intérêt de la partie adverse ». Un des moyens est de casser la confiance de la population occidentale et ukrainienne à l'égard de ses médias en sapant leur objectivité. La partie de la population méfiante envers ses institutions est notamment visée. Les objectifs sont de promouvoir la vision russe du monde et les valeurs conservatrices. Les élites populistes et conservatrices occidentales sont particulièrement sensible à la désinformation[314].
« Par le passé, la préparation de l'artillerie précédait l'attaque. Aujourd'hui, cette préparation est informationnelle »
— Dmitri Kisselev, directeur de l'agence d'État russe Rossia Segodnia[314]
La Russie entreprend dès 2014 une vaste opération de désinformation et de cyber-attaques à l'encontre de l'Ukraine. Elle instille l'idée que les russophones ukrainiens sont persécutés. Cette propagande s'intensifie fin 2021 avec notamment une explosion du nombre de comptes prorusses sur le réseau social Twitter (désormais X). Diverses infox sont ainsi relayées : par exemple, l'état ukrainien serait gouverné par des nazis, l'Ukraine aurait toujours été russe etc. Celles-ci sont parfois difficiles à déceler pour un public non initié, car elles reposent souvent en partie sur des faits réels. L'objectif est de casser la confiance des Ukrainiens envers leur gouvernement[315]. Le gouvernement ukrainien prend conscience du problème fin 2021 ; le Président Volodymyr Zelensky fait fermer 3 chaines de télévision prorusses, et son gouvernement crée une structure qui permet de lutter plus efficacement contre ces attaques[315].
La désinformation est également relayée par des influenceurs pro-Kremlin, comme en France Christelle Néant et son site Donbass Insider, et Anne-Laure Bonnel avec son documentaire controversé Donbass filmé uniquement côté séparatistes pro-russes[316]. Sur le plan interne, la Russie pointe un ennemi intérieur désigné sous le terme de « cinquième colonne », et un ennemi extérieur, désigné comme « l'occident décadent ». Avant que le conflit en Ukraine débute, les médias indépendants russes font l'objet d'une politique de décrédibilisation. Le contrôle de l'internet russe et des réseaux sociaux est renforcé afin de prévenir tout soulèvement populaire pouvant s'appuyer sur le web[314].
Peu avant l'invasion à grande échelle de l'Ukraine, le , des photos de comptes Telegram prorusses sont utilisées pour prouver une attitude belliqueuse de l'Ukraine ; par exemple un char ukrainien prétendument en territoire russe, alors qu'il s'agit 'un char soviétique qui n'appartient plus à l'armée ukrainienne. Ces éléments sont repris par les médias d'état russe pour justifier la reconnaissance de l'indépendance par Vladimir Poutine des deux républiques séparatistes prorusses du Donbass qui sont selon lui menacées de « génocide »[317].
Pour contrer la propagande russe, certaines initiatives se mettent en place, comme le site StopFake créé par des étudiants en journalisme ukrainiens[314].
Conséquences de la guerre du Donbass
modifierVictimes de la guerre
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Le nombre total de décès dans la guerre du Donbass est estimé par l'ONU à entre 14 200 et 14 400 au . Côté militaire, 4 400 membres des forces armées ukrainiennes et 6 500 membres des groupes armés prorusses sont tués. Le bilan des blessés total est de 37 000 à 39 000 (7 000 à 9 000 côté civils, d'environ 13 800 à 14 200 côté forces armées ukrainiennes et environ 15 800 à 16 200 côté rebelles prorusses. Le nombre total de victimes (blessés et morts confondus) est de 51 000 à 54 000[318],[o].
Au , le nombre de civils tués (indépendamment du camp) est estimé à plus de 3 405[p] (1 853 hommes, 1 072 femmes, 102 garçons, 50 filles, ainsi que 30 adultes dont le sexe est inconnu) et le nombre de civils blessés à plus de 7 000[325]. La grande majorité des morts civils se situent durant les années 2014 et 2015. Environ 10 % des blessés et morts civils l'ont été à cause de mines ou de munitions non explosées[318].
Le , un rapport d'investigation intitulé « Poutine. La Guerre »[326], publié à l'initiative de l'opposant russe Boris Nemtsov, recense la mort de 220 soldats russes au Donbass en 2014, dont 150 en . Le rapport contredit les affirmations de la Russie d'[307] et donne raison à l'Union des comités de mères de soldats de Russie. Boris Nemtsov, assassiné à Moscou trois mois avant la publication du rapport, ne peut pas commenter cette publication.
Mort de journalistes
modifierPlusieurs journalistes sont tués pendant la guerre. Andrea Rocchelli (en), journaliste italien, et Andreï Mironov, journaliste russe et militant de l'association Memorial sont tués par un tir de mortier le des forces gouvernementales, pris pour des insurgés alors que leur voiture s'approchait du centre-ville de Sloviansk[327]. Leur photographe français, William Roguelon, est blessé par ces tirs. Initialement déclaré responsable de leur meurtre par une cour de justice italienne en 2017, le soldat Italo-Ukrainien de la garde nationale ukrainienne Vitaly Markiv (en) est finalement entièrement acquitté en 2021 par la Cour suprême de cassation d'Italie[328].
Le , Igor Korneliouk, journaliste russe, correspondant de la chaîne d'État Rossiya 24 est tué près de Louhansk[329]. D'après les séparatistes prorusses son preneur de son Anton Volochine est tué par une attaque à la grenade[330].
Le , un journaliste russe de la chaîne Pervy Kanal est, d'après la chaine russe, tué par balle alors qu'il effectuait un reportage avec les rebelles aux abords d'une unité militaire ukrainienne[331].
Le , le reporter-photographe russe Andreï Stenine, de l'agence d'État russe Rossia Sevodnia (Russia Today), est enterré à Moscou[332]. À la suite d'une enquête menée par la Russie dès la mi-août, il est finalement apparu que ce dernier avait été tué lors de combats entre forces ukrainiennes et rebelles prorusses près de Donetsk alors qu'il circulait en voiture[333],[334]. Son corps est identifié par analyse génétique selon l'ONU[335].
Plusieurs journalistes ukrainiens sont assassinés, notamment le à Kiev, le journaliste prorusse Oles Bouzina, fils d'un lieutenant-colonel du KGB, et qui avait déclaré qu'Ukrainiens et Bélarusses « sont un seul et unique peuple » et accusait les Ukrainiens de « vouloir détruire la culture russe »[336]. Il meurt moins de vingt-quatre heures après l'assassinat du député prorusse Oleg Kalachnikov[336], connu pour avoir, pendant le mouvement de contestation proeuropéen de l'Euromaïdan à Kiev entre 2013 et 2014, recruté des hommes de main accusés d'être payés par les autorités pour participer à des manifestations pro-Ianoukovitch et persécuter les militants proeuropéens[336]. Porochenko déclare : « Il est évident que ces deux crimes sont du même genre. Leur nature et sens politique sont clairs − c'est une provocation délibérée qui apporte de l'eau au moulin de nos ennemis, déstabilise la situation en Ukraine » et appelle à une enquête « transparente »[336].
Utilisation d'armes mortelles prohibées
modifierLe , dans un de ses rapports Human Rights Watch (HRW) accuse les forces gouvernementales, les milices progouvernementales et les milices séparatistes de l'utilisation indiscriminée de roquettes non guidées sur des zones peuplées, avec pour conséquence un nombre important de morts parmi les civils. Dans son rapport, cette organisation de défense et protection des droits humains a souligné que l'utilisation indiscriminée de ces roquettes sur des zones peuplées viole le droit international humanitaire ou les lois de la guerre, et peut constituer un crime de guerre[337].
Violations des droits de l'Homme
modifierLe , le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme publie un rapport sur la situation des droits de l'homme en Ukraine. Ce texte évoque « une détérioration alarmante » de ces derniers dans le Donbass ainsi qu'en Crimée, prenant plusieurs exemples de meurtres, tortures, enlèvements et intimidations dont ont été victimes certains individus[338] des deux côtés.
Le , lors d’une rencontre avec le Premier ministre Iatseniouk, le secrétaire général de l'organisation non gouvernementale Amnesty International, Salil Shetty exhorte le gouvernement ukrainien à mettre fin aux atteintes aux droits humains et aux crimes de guerre commis par les bataillons d’engagés volontaires agissant aux côtés des forces armées ukrainiennes régulières[339].
Enlèvements et actes de torture
modifierLe , Amnesty International publie un rapport dénonçant des centaines de rapts et actes de torture commis en grande majorité par des militants prorusses[340]. Le même jour, Amnesty rapporte dans une vidéo[341] des photos d'actes de torture effectués en juin par des séparatistes prorusses sur une jeune femme ayant participé à des manifestations pro-ukrainiennes à Donetsk[342]. Après l'avoir battue, ils lui tranchent une partie de l'index et un des hommes la force, sous la menace d'une arme à écrire « J'aime le Donbass » avec le sang coulant de son autre main. Il lui dit qu'il la tuera si elle manque de sang. Elle témoigne : « J’ai cru que c’était la fin... Je pensais qu’ils allaient peut-être me tuer... À la fin de l’interrogatoire, [le tortionnaire lui a dit] : ‘maintenant, fais tes prières – je vais te tuer’, puis il m’a tranché la [nuque] avec le couteau. » Elle est libérée au bout de six jours[342]. Sacha, un autre militant pro-Kyïv est battu et subit des décharges électriques ainsi que des brûlures de cigarette[342].
Quelques semaines plus tard, Amnesty International publie cette fois un rapport (du ) qui dénonce l'impunité dont bénéficient les groupes d'autodéfense loyalistes pro-ukrainiens, notamment celui dirigé par Liachko, lesquels pratiquent des enlèvements et des mauvais traitements et se filment durant leurs méfaits[343].
Le , le ministère russe des Affaires étrangères suspecte un enlèvement d'un journaliste russe de l'agence de presse RIA Novosti alors qu'il relatait les événements en Ukraine[344]. La fédération internationale des journalistes exprime sa profonde inquiétude concernant le journaliste[345].
Le , le ministre des Affaires étrangères lituanien, Linas Linkevičius annonce via son compte Twitter que le consul honoraire Mykola Zelenec a été enlevé puis tué à Louhansk, selon lui par des séparatistes[346].
Le , le député russe Lev Schlossberg est attaqué et blessé à la tête et aux yeux par trois inconnus, alors qu’il enquêtait sur la présence de soldats russes en Ukraine, après avoir assisté aux funérailles secrètes de soldats russes supposément tués en Ukraine[347].
L'un des premiers cas enregistrés de torture de prisonniers de guerre en Ukraine a été l'incident du dans la ville de Zugres (Oblast de Donetsk), lorsque l'Ukrainien Ihor Kozhoma, 53 ans, qui a tenté d'emmener sa femme hors de territoire occupé, a été attaché à une colonne et torturé pendant plusieurs heures par les Russes et les séparatistes locaux[348],[349]. Un cas similaire a été celui de la résidente de la région de Donetsk, Iryna Dovgan (civile), qui a été publiquement torturée en raison de sa position pro-ukrainienne[350],[351].
Le , les séparatistes enlèvent un travailleur de l'ONU[352].
Le , le journaliste ukrainien Stanislas Asseïev est arrêté et emprisonné par les séparatistes prorusses. Il est d'abord torturé pendant un mois et demi dans une cellule isolée, puis il est transféré dans la prison secrète d'Izolatsia, un centre de torture et base militaire, surnommée le « Dachau de Donetsk » par les anciens détenus[353]. Le , un agent du « ministère de la Sécurité d’État » de la RPD confirme l'enlèvement de Stanislav Aseyev par des séparatistes prorusses[354],[355],[356]. Amnesty International, HRW, Reporters sans frontières (RSF) et l’OSCE demandent alors sa libération immédiate[357],[358],[356],[359]. Amnesty International déplore alors le fait qu'aucun journaliste indépendant ou pro-ukrainien n'est autorisé à travailler sur le territoire de la RPD[356]. Stanislav Aseyev est retenu pendant 28 mois à Isolatsia et est libéré en lors d'un échange de prisonniers[360].
Périls humanitaires
modifierConditions de vie dans les villes assiégées
modifierLe 2014, la mairie de Donetsk avertit que 300 000 personnes ont déjà quitté la ville à cause des combats[361].
Le , les autorités de Louhansk mettent en garde contre la propagation de maladies infectieuses dues à l'absence d'eau courante et à l'accumulation des ordures, non ramassées à cause de la guerre[362]. Donetsk connaît des pénuries alimentaires ainsi que de médicaments faute d'approvisionnement[363].
Le , le Protocole de Minsk prévoit de mettre en œuvre des mesures afin d'améliorer la situation humanitaire dans les régions du Donbass, Donetsk et Louhansk[364].
Réfugiés de guerre
modifierSelon l'ONU, la guerre du Donbass a entrainé le déplacement de près d'un million et demi de personnes[15].
À la mi-, plusieurs dizaines de milliers de personnes s'étaient réfugiées en Russie selon les autorités russes (principalement dans la région de Rostov-sur-le-Don) et d'autres dans d'autres régions d'Ukraine[365].
D'après le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), entre et le début d', 168 000 personnes se sont réfugiées en Russie et environ 117 000 personnes ont été déplacées, dont 102 600 de Louhansk et Donetsk, et 15 200 de Crimée[366]. Pour leur venir en aide et afin de prévenir l'hiver approchant, il recommande au gouvernement ukrainien de mettre en place en urgence un registre des migrations internes. Il rappelle en outre que la Russie a comptabilisé 730 000 Ukrainiens arrivés sur son territoire depuis le début de l'année, ces derniers ayant profité du régime d'exemption de visa mis en place avec l'Ukraine[367].
Le , les observateurs de l'OSCE constatent que 55 bus, remplis de civils fuyant les zones de combat du Donbass, attendent au poste frontière de Kherson, près de Tchonhar, afin de pouvoir se rendre en Crimée[368].
Le , l'ONU évalue à plus d'un demi-million, le nombre de migrants qui ont quitté l'oblast de Donetsk (4,37 millions d'habitants en 2013) et l'oblast de Louhansk (2,25 millions d'habitants en 2013), soit environ 7,5 % de leur population totale[369].
Justice
modifierLe , l'Ukraine saisit la Cour internationale de justice (CIJ) et accuse la Russie de soutien à des groupes terroristes, visant les séparatistes[370]. Le , la CIJ condamne la Russie pour le traitement infligé aux Tatars de Crimée mais demande des preuves à l'Ukraine en ce qui concerne le soutien de la Russie à des groupes terroristes[371]. Le , la CIJ condamne la Russie pour violation de la Convention internationale pour la répression du financement du terrorisme, car la Russie n'a pas mené d'enquête sur les faits dénoncés par l'Ukraine. La CIJ ne condamne cependant pas la Russie pour soutien à un groupe terroriste, car seul l'aspect financier est pris en compte, alors que le transfert d'armes, comme le lance-missile BUK envoyé aux séparatistes, ou les camp d'entrainement, ne le sont pas. La Russie est également condamnée pour violation de la Convention sur l'élimination de la discrimination raciale mais pas pour des discriminations raciales envers la communauté des Tatars de Crimée. L'Ukraine accusait la Russie de discriminations raciales envers la langue ukrainienne en Crimée. La Cour affirme cependant avoir constaté un pratique généralisée de la discrimination raciale en Crimée[372].
Économie
modifierLa Russie tente de contourner l'Ukraine pour approvisionner l'Europe en gaz via de nouveaux gazoducs comme le Nord Stream, créé en 2012, puis le Nord Stream 2. Ainsi, l'Ukraine représentait 80 % du transit de gaz vers l'Europe en 2000, contre 40 % en 2014 et seulement 34 % en 2018. Cela a un coût important pour l'Ukraine qui reçoit des droits de passage dont son économie est dépendante[42].
Filmographie
modifier- 2015 : Donbass, documentaire réalisé par Anne-Laure Bonnel[373], qui s'appuie sur la propagande russe[374].
- 2017 : Cyborgs, film de guerre sur la Seconde bataille de l'aéroport de Donetsk réalisé par Akhtem Seitablayev[375]
- 2018 : Donbass, film de fiction réalisé par Sergei Loznitsa (prix de la mise en scène au Festival de Cannes 2018, sélection Un certain regard)
- 2019 : Beshoot (Ilovaïsk 2014), film de guerre sur le Siège d'Ilovaïsk réalisé par Ivan Tymchenko[376]
- 2020 : Inner Wars[377] de Masha Kondakova[378]
- 2021 : Tranchées, documentaire réalisé par Loup Bureau
- 2021 : Un film documentaire produit par l'équipe du chef de l'opposition russe Alexeï Navalny sur le dirigeant de la République populaire de Donetsk, Alexandre Borodaï, un criminel de guerre russe[379]
- 2022 : Sniper : The White Raven, film de fiction réalisé par Marian Bushan[380]
- 2023 : Anatomie du ruscisme, film de Janna Ozirina
Bibliographie
modifier- Paul Gogo, Opération Spéciale, Editions du Rocher, , 335 p.
Sources universitaires
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- Anna Colin Lebedev, « Les combattants et les anciens combattants du Donbass : profil social, poids militaire et influence politique », Etudes de l’IRSEM, no 53, (lire en ligne
[PDF]) - (en) Christian Marxen, « The Crimea Crisis, An International Law Perspective », ZaöRV, no 74, , p. 367-391 (lire en ligne
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)
Ouvrages académiques
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- (en) David R. Marples, The War in Ukraine’s Donbas, Central European University Press, , 244 p. (ISBN 9789633864203)
- (en) Andrew Wilson, Ukraine Crisis, What it means for the West, Yale University Press, , 236 p. (ISBN 978-0-300-21159-7)
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ La Russie a invoqué une lettre de Viktor Ianoukovitch demandant une intervention militaire, fondée sur le principe d’« intervention sur invitation ». Toutefois, Ianoukovitch n’avait alors plus le contrôle effectif de l’État ukrainien, ce qui remet en cause la légitimité de cette demande d’après le droit international, même si la légitimité du nouveau pouvoir pro-européen reste débattue[56]. En outre, même un consentement valide ne pourrait justifier une intervention poursuivant des objectifs distincts, tels que l’annexion de la Crimée à la Russie, qui est un objectif de politique intérieure. L’intervention russe est donc largement considérée comme illégale en droit international[57].
- ↑ trois MI-24 , un MI-8 et un An-30
- ↑ une Joint Investigation Team et le SBU
- ↑ Par exemple, Alexandre Zakhartchenko explique qu'il y a en effet des militaires russes "en congés" qui combattent en Ukraine pour défendre leurs "frères slaves"[134]. Les autorités russes tentent d'empêcher la révélation d'un engagement militaire de la Russie en Ukraine, en faisant pression sur les familles de soldats, dont les corps sont rapatriés, et en leur faisant croire qu'ils ont été tués lors d'exercices[134].
- ↑ L'OTAN confirme, images satellites à l'appui, le déploiement de troupes et de matériel lourd russes[135]. Des effets personnels de soldats russes sont retrouvés[136] et des parachutistes russes sont capturés 20 km à l'intérieur du territoire ukrainien[137].
- ↑ Le Service national des gardes-frontières d'Ukraine annonce que des attaques à l'artillerie et au mortier sont menées depuis la Russie aux abords de la ville de Novoazovsk[138]. Andreï Pourguine, vice-Premier ministre de la république auto-proclamée de Donetsk déclare : « nous avons lancé une offensive dans la région de Marioupol, plus précisément dans le district de Novoazovsk que nous avons attaqué par l’ouest et par le nord. Nous avons infligé des pertes matérielles irréparables à l’armée ukrainienne et la destruction de leurs engins de guerre permettra à la population civile de moins souffrir des destructions qui lui sont infligées… Notre objectif majeur est d’encercler et de réduire à néant les bataillons de la Garde nationale ukrainienne qui sont cantonnés plus au nord… Pour cela nous devons assurer nos arrières, et nos arrières aujourd’hui se trouvent dans les secteurs de Telmanovo et de Novoazovsk[137] ».
- ↑ avec seulement leurs noms, sans mention de titre
- ↑ Le , des éclaireurs pro-russes en costumes de camouflage neige harcèlent de tirs d'armes automatiques et de grenades propulsées par fusée les positions de la 92e brigade ukrainienne, près de Stanytsia Louhanska[163].
- ↑ autour de Sokolniki, Krimsky, Makarove, Chtchastia, Vilkhove, Stanitsya Louhanska, Nijnie et Teplela
- ↑ Entre le et le , six soldats ukrainiens sont tués et douze blessés dans l'est séparatiste prorusse de l'Ukraine, malgré la trêve en vigueur[192]. Il est fait état de plusieurs morts dans l'est de l'Ukraine le : un soldat ukrainien selon le gouvernement ukrainien, un combattant rebelle et deux civils selon les séparatistes prorusses[193]. Le , cinq soldats ukrainiens sont tués et douze autres sont blessés à proximité d'Avdiïvka, près de l'aéroport de Donetsk sous contrôle des séparatistes depuis le mois de janvier[194]. Deux soldats russes appartenant à la troisième brigade des forces spéciales russes sont capturés à proximité de la ville de Chtchastia le [195].
- ↑ Néanmoins, le , un soldat ukrainien est tué dans un affrontement avec les séparatistes, ce qui fragilise la trêve[204]. Des combats sporadiques continuent avec le l'armée ukrainienne qui accuse les séparatistes d'un tir d'un missile antichar qui blesse quatre soldats ukrainiens[205]. Le , un soldat ukrainien est tué et deux autres sont blessés au cours d'un affrontement direct avec les séparatistes[205]. Cinq soldats ukrainiens sont tués et quatre autres sont blessés lors de combats, à proximité de Verkhniotoretské et de Marïnka le [206].
- ↑ Le , sept soldats des forces ukrainiennes sont tués et neuf autres sont blessés, à proximité de la ville d’Avdiïvka[211]. Puis, le , sept soldats sont tués et quatorze sont blessés[212]. Le , trois soldats de l'armée ukrainienne sont tués et 4 autres sont blessés[213].
- ↑ Afin de rassurer les alliés, l’OTAN augmente les rotations de troupes en Estonie, en Lettonie, en Lituanie et en Pologne, ainsi que le nombre de patrouilles aériennes dans les régions frontalières. L’organisation fait monter sa force de réaction à 40 000 soldats et crée une nouvelle « Force à très haut niveau de préparation » de 5 000 soldats capable d’être déployée en quelques jours.
- ↑ voir notamment accords de Munich
- ↑
- Au , le nombre de morts dans ce conflit serait « officiellement » de 375 victimes[319].
- Au , selon les sources du ministère de l'Intérieur ukrainien, le bilan de la guerre serait de 478 morts[320].
- Au , l'ONU dénombrerait au moins 1 129 personnes tuées et 3 442 blessées en Ukraine depuis la mi-avril[321].
- Au , selon l'ONU, le nombre de victimes de la guerre serait de 2 086 morts (il a presque doublé en deux semaines). En moyenne, plus de 60 personnes ont été tuées ou blessées chaque jour. On dénombre aussi près de 5 000 blessés, dont des soldats ukrainiens, des membres de groupes armés et des civils[322].
- Le , les Nations unies estiment le nombre de victimes à 4 800 personnes tuées en Ukraine orientale pour la période d'avril à .
- Le , l'ONU annonce 5 187 tués et 11 515 personnes blessées de mi- à la fin . Les défenseurs russes des droits de l'homme annoncent le chiffre de 6 242 tués.
- Le , les Nations unies rectifient le nombre de tués à 5 358 personnes. En seulement une semaine, le nombre de blessés passe de 11 515 personnes à 12 235 personnes, soit près de 100 blessés par jour.
- Le 15 août, les Nations unies actualisent ces chiffres à 7 883 tués et 1 600 disparus, parmi lesquels beaucoup seraient morts[323].
- Le , les Nations unies publient un rapport dénombrant la mort de 3 350 victimes civiles (indépendamment du camp), environ 4 100 membres des forces armées ukrainiennes, et environ 5 650 membres parmi les groupes armés prorusses. Le bilan des blessés est estimé de 7 000 à 9 000 côté civils, d'environ 10 000 côté forces armées ukrainiennes et environ 13 000 côté rebelles prorusses. Sur les 3 350 morts de civils, sont décomptés 1 812 hommes, 1 056 femmes, 98 garçons et 49 filles[324]
- ↑ Y compris le nombre de 298 tués dans le crash du vol MH17
Références
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- 1 2 Veronika Dorman, Donbass : la guerre au fil de l'eau, Libération, 11 avril 2019.
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