Breadalbane (navire)

navire britannique

Le Breadalbane est un navire marchand britannique trois-mâts barque de 1843 qui fut écrasé par la glace et coula dans l’Arctique en 1853. Il constitue l’une des épaves les plus septentrionales connues[1],[2],[3], et il est également considéré comme l’un des navires en bois les mieux conservés jamais retrouvés en mer, en raison de la relative préservation par les eaux froides de l’Arctique[4]. Pour les historiens, le Breadalbane est considéré comme une capsule temporelle[1].

Breadalbane
illustration de Breadalbane (navire)
Le Breadalbane (à droite) et le HMS Phoenix au large de l’île Beechey, au Canada, par Edward Inglefield

Type Navire marchand
Histoire
Chantier naval Hedderwich & Rowan
Fabrication bois
Lancement 1843
Statut Écrasé par la glace le
Caractéristiques techniques
Longueur 38,1 m
Maître-bau 7,3 m
Tonnage 428 BM
Profondeur 5,5 m
Carrière
Armateur McNeil & Co.
Pavillon Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni
Localisation
Coordonnées 74° 41′ nord, 91° 50′ ouest
Géolocalisation sur la carte : Canada
(Voir situation sur carte : Canada)
Breadalbane
Breadalbane

Le 21 août 1853, il fut piégé par la banquise et écrasé. Il a coulé au fond du passage du Nord-Ouest près de l’île Beechey dans le détroit de Lancaster, à environ 500 milles marins (800 km) au nord du cercle arctique[5],[6]. Tout son équipage de 21 hommes a abandonné le navire à temps et a été secouru par son compagnon, le HMS Phoenix.

L’épave a été découverte en août 1980 par une équipe de cinq hommes, dirigée par Joe MacInnis, travaillant depuis le brise-glace de la Garde côtière canadienne NGCC John A. Macdonald. Trois ans plus tard, elle a été désignée lieu historique national du Canada, car le navire a été utilisé pour la recherche de l’expédition perdue de John Franklin[7].

Caractéristiques

modifier

Le Breadalbane a été construit en 1843 pour un consortium de marchands écossais[8] par Hedderwich & Rowan dans un chantier naval sur la Clyde[7], en Écosse[4]. Il a été nommé d’après Breadalbane, une région des Highlands écossais. Le navire servait à l’origine à transporter du vin, de la laine et du grain vers l’Europe, et passa ses dix premières années à naviguer entre l’Angleterre et Calcutta en transportant diverses marchandises[7].

Le Breadalbane était un voilier en bois à gréement carré de 428 tonnes[7]. Sa conception était similaire à celle de centaines d’autres navires transocéaniques utilisés au début de l’époque victorienne. Il mesurait 38,1 mètres de long, avec une largeur de 7,3 mètres et une profondeur de cale de 5,5 mètres[8].

Service dans l’Arctique

modifier

Au printemps 1853, la Royal Navy employa le navire pour transporter du charbon et d’autres fournitures vers le North Star, un navire dépôt[8]. Il quitta la Tamise en 1853, accompagné du HMS Phoenix (l’un des premiers navires à propulsion à hélice dans l’Arctique)[8], et arriva à un point de ralliement à l’île Beechey plus tard cette année-là[7].

Sa nouvelle mission serait d’acheminer des fournitures pour l’expédition de recherche dans le Haut-Arctique de Sir Edward Belcher dans la région de baie Resolute (devenue une partie du Nunavut). Depuis 1852, l’expédition de Belcher cherchait l’expédition Franklin. Le navire et son équipage avaient disparu alors qu’ils cherchaient un passage à travers les mers arctiques. L’expédition de Belcher fut à la fois la plus grande et la dernière envoyée par la Royal Navy.

Piégé dans la glace

modifier

Le 21 août 1853, le Breadalbane était ancré à une banquise[8] à un demi-mille au sud de l’île Beechey dans le détroit de Lancaster, à environ 500 milles au nord du cercle arctique[2]. Il s’est retrouvé entouré de glace qui bougeait lentement[7]. Peu après minuit, une plaque de glace traversa la proue à tribord.

Le capitaine relata[9] :

« Vers quatre heures dix du matin, le passage des glaces près du navire me réveilla et la porte de ma cabine s'ouvrit sous la pression. Je m'habillai à la hâte et, en me levant, je vis des hommes sur la glace qui tentaient de sauver les canots, mais ils furent aussitôt réduits en miettes. Ils ne se doutaient pas, en s'efforçant de sauver les canots, que le Breadalbane était dans une situation tout aussi périlleuse. Je me portai à l'avant pour héler le Phoenix et demander de l'aide pour sauver les canots. Ce faisant, les amarres qui nous retenaient cassèrent et un violent choc s'abattit sur le navire, faisant craquer toutes les membrures et le faisant trembler de tous côtés. Je regardai dans la cale principale et vis les poutres effondrées. J'hélai ceux qui étaient sur la glace et leur signalai notre situation critique, dont ils ne se doutaient pas encore. Je me suis alors précipité dans ma cabine, j'ai sorti ma valise sur le pont et j'ai rugi comme un taureau à ceux qui étaient encore couchés de sauter de leur lit et de sauver leur vie. Il est plus facile d’imaginer que de décrire l'effet de surprise que cela a eu sur eux. Quand je suis arrivé sur le pont, ceux qui étaient sur la glace m'ont crié de sauter par-dessus bord, car le navire chavirait. »

L’équipage récupéra rapidement autant de fournitures et d’objets personnels que possible[7]. L’équipage de 21 hommes abandonna alors le navire. En moins de quinze minutes, le navire a coulé au fond du détroit de Barrow[7] à la position approximative 74° 41′ N, 91° 50′ O. L’équipage a été secouru par le HMS Phoenix[2].

L’épave du Breadalbane a été découverte pour la première fois en août 1980 par une équipe dirigée par Joseph B. MacInnis. Deux tentatives précédentes, en 1978 et 1979, n’avaient trouvé aucune trace du navire. À l’aide d’un sonar à balayage latéral remorqué par le NGCC John A. Macdonald, le navire a été retrouvé sous 100 mètres d’eau à un kilomètre et demi au sud de l’île Beechey. Il gisait intact sur le fond marin, deux de ses trois mâts encore debout et sa proue pointant vers l’est.

En septembre 1981, MacInnis, travaillant sur le NGCC Pierre Radisson, a dirigé une équipe qui a utilisé un véhicule sous-marin téléopéré pour collecter plus de 1000 images. Cela a révélé un champ de débris avec le mât tombé, la coque inférieure recouverte de cuivre du navire, et un pont à toit plat. Un petit meuble à l’arrière du pont abritait une boussole et un feu de signalisation. Sous le meuble se trouvait la barre en bois. Le navire était enveloppé de corail rose doux.

En 1983, quatre autres plongées humaines et six avec robot télécommandé ont été effectuées, au cours desquelles la barre du navire a été récupérée et remise à Parcs Canada pour préservation et exposition.

Notes et références

modifier
  1. 1 2 (en) Joseph B. MacInnis, « Breadalbane », sur The Canadian Encyclopedia (consulté le ).
  2. 1 2 3 (en) « The Farthest North Known Shipwreck: the H.M.S. Breadalbane - Arctos Canadensis » [archive du ], sur Northernwaterways.com, (consulté le ).
  3. (en) « Archives & Special Collections » [archive du ], sur Ryerson.ca (consulté le ).
  4. 1 2 Doug Payne, « Technology lights up an Arctic shipwreck », New Scientist, vol. 89, no 1236, , p. 136-139 (ISSN 0262-4079, lire en ligne).
  5. Mia Bennett, « Military exercises in Arctic reveal gap in US capabilities », Anchorage Daily News, (lire en ligne).
  6. (en) Andrew H. Malcolm, « A Find That Would Shiver Anyone's Timbers », The New York Times, , p. 10 (lire en ligne).
  7. 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) « Wreck of Breadalbane National Historic Site of Canada », sur HistoricPlaces.ca (consulté le ).
  8. 1 2 3 4 5 L. P. Paine, Ships of Discovery and Exploration, Boston, Houghton Mifflin, (ISBN 0-395-98415-7), p. 26-27.
  9. Fawckner, W. H. (22 October 1853). The Illustrated London News

Bibliographie

modifier

Liens externes

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :