Bref apostolique

classe de documents pontificaux et autres documents courts

Un bref apostolique, bref papal ou un bref pontifical[1], est un acte administratif du Saint-Siège appelé ainsi en raison de sa brièveté.

Exemple d'un sceau pontifical, servant à sceller et authentifier les diplômes émanant de cette autorité.

Histoire

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L'introduction des brefs, ayant lieu au début du pontificat du pape Eugène IV, est motivée par un désir d'une plus grande simplicité et expédition, tel qu'on a déjà pu le voir avec la disparition des plus grandes bulles ainsi que l'adoption générale des mandements moins encombrants. Un bref s'agit d'une lettre papale abrégée dispensée de certaines formalités préalables[2].

Les brefs sont écrits sur des vélins, généralement fermés, c'est-à-dire pliés, et scellés dans de la cire rouge avec l'Anneau du pêcheur papale. Le nom du pape apparaît en premier et tout en haut, rédigées normalement en majuscules, par exemple : « PIUS PP III » et au lieu de la salutation formelle à la troisième personne employée dans les bulles papales, le bref adopte à la fois une forme directe d'adresse, par exemple : « Dilecte fili—Carissime in Christo fili », l'expression étant adaptée à la dignité ainsi qu'à la personnalité du destinataire. La lettre commence, en guise de préambule, par une déclaration du cas ainsi que la cause de l'écriture et est suivie de certaines instructions, sans clauses comminatoires ni autres formules. À la fin, la date est exprimée par le jour du mois ainsi que l'année avec une mention du sceau, dans cette forme, par exemple : « Datum Romae apud Sanctum Petrum, sub annulo Piscatoris die V Marii, MDLXXXXI, pont. nostri anno primo ». L'année spécifiée ici, utilisée dans les documents de datation, doit probablement être comprise dans chaque cas particulier comme l'année de la Nativité, commençant le 25 décembre. Toujours est-il qu'Herbert Thurston, en 1908, note qu'il ne s'agit point d'une règle absolue, affirmant qu'« il ne faut pas se fier aux affirmations à l'emporte-pièce parfois formulées à ce sujet ». Dans certains cas, les années en question sont des années civiles ordinaires, c'est-à-dire des années commençant le 1er janvier[2].

Une volonté similaire d'uniformité est généralement observée dans la datation des bulles du milieu du XIe siècle à la fin du XVIIIe siècle : les bulles papales sont datées par les années de l'Incarnation, commençant le 25 mars, la Solennité de l'Annonciation. Après l'institution des brefs par le pape Eugène IV, l'utilisation de bulles encore plus mineures, dans la forme de mandements, devient notoirement moins fréquente. Néanmoins, pour de nombreuses raisons, les bulles continuent d'êtres employées, par exemple, dans les canonisations, dans lesquelles des formes particulières de cas sont observées, le pape, par exception, signe son propre nom, sous lequel est ajouté un timbre imitant la rota ainsi que les signatures de nombreux cardinaux, tout comme dans les nominations des évêques, les promotions à certains bénéfices, certaines dispenses de mariage, et cetera. Mais le choix de la forme précise de l'instrument est souvent arbitraire. Par exemple, en accordant la dispense ayant permis au roi Henri VIII d'Angleterre d'épouser la veuve de son frère, Catherine d'Aragon, deux protocoles de dispense sont publiés par le pape Jules II, un bref, apparemment expédié à la hâte, et une bulle, envoyée par la suite. De même, nous pouvons remarquer que tandis que la hiérarchie catholique anglaise est restaurée en 1850 par un bref, le pape Léon XIII, lors de la première année de son règne, utilise une bulle afin d'établir l'épiscopat catholique d'Écosse. De même, la Société de Jésus, supprimé par un bref en 1773, est restaurée par une bulle en 1818[2].

Depuis le XVIe siècle, les brefs ont été écrits dans une écriture romaine très lisible sur une feuille de vélin de taille convenable, alors même que la cire avec sa protection de soie ainsi que l'impression de l'anneau du pêcheur furent remplacées en 1842 par un timbre apposant les mêmes dispositifs à l'encre rouge. Les bulles, d'autre part, à la mort du pape Pie IX, conservent de nombreux traits médiévaux, outre leurs grandes dimensions, le sceau de plomb et le mode de datation romain. En particulier, bien qu'environ 1050 à la Réforme, l'écriture employée dans la Chancellerie apostolique ne diffère pas sensiblement de l'écriture livresque ordinaire alors en usage partout dans la Chrétienté, les rédacteurs des bulles papales, y compris après le XVIe siècle, continuent d'utiliser un type d'écriture vraiment artificiel et archaïque connu sous le nom de « scrittura bollatica », avec des contractions de variété ainsi qu'une absence de toute ponctuation, étant pratiquement indéchiffrable par les lecteurs ordinaires. Il s'agit de l'usage, lors de l'émission d'une bulle, de l'accompagner d'une « transsomption » (copie) sur manuscrit ordinaire. Cet état de choses se termine par un motu proprio du pape Léon XIII peu de temps après son élection : les bulles sont rédigées dans la même écriture romaine lisible étant utilisée pour les brefs, et compte tenu des difficultés liées à l'envoi par la poste, l'ancien sceau de plomb est remplacé à de nombreuses reprises par un simple timbre portant le même motif à l'encre rouge[2].

Les « minutanti », en tant que membres spécialisés de la Curie romaine chargés de la préparation des brefs, constituent un service distinct sous la présidence d'un cardinal palatin, surnommé le « Secrétaire cardinal des brefs » avec la « Secrétairerie des lettres latines et des brefs aux princes », dont la fonction revêt la dignité de prélature, en tant que son substitut[2].

Lorsqu'au commencement du XXe siècle, la Secrétairerie des lettres latines et des brefs aux princes est placée sous la direction du Cardinal secrétaire d'État, les bureaux de ce grand département sont transférés au Palais apostolique au Vatican et établis dans les salles inoccupées de la vieille galerie d'images, tous sur le même sol. L'ampleur des transactions commerciales s'y déroulant est prouvée par les archives[2].

Notes et références

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  1. Bref pontifical du 15 mai 1951 consacrant Saint Jean Baptiste de la Salle
  2. 1 2 3 4 5 6 (en) Herbert Thurston, « Bulls and Briefs », dans Catholic Encyclopedia,

Voir aussi

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