Breton du Goëlo
Le breton du Goëlo (en breton : brezhoneg Goueloù), aussi appelé goëloard, est la variété de breton parlée dans le Goëlo; la partie bretonnante du Pays de Saint-Brieuc. Les spécialistes le distinguent souvent du trégorrois et le situent sur la lisière est du domaine brittophone, autour de Paimpol et de Plouha. La plupart des classifications le rattachent au trégorrois, mais il a une place à part dans l’histoire de la dialectologie bretonne car il est le seul dialecte breton encore parlé dans un pays breton majoritairement situé en Basse-Bretagne[1],[2].
| Breton du Goëlo Brezhoneg Goueloù | |
| Pays | Bretagne |
|---|---|
| Région | Pays de Saint-Brieuc |
| Typologie | V2, flexionnelle, accusative, à accent d'intensité |
| Classification par famille | |
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| Étendue | Goëlo |
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Aire linguistique
modifierLe Goëlo est un ancien pays de Bretagne. Sa dualité linguistique est visible sur les cartes : les paroisses du Goëlo gallésant se trouvent au sud et celles du Goëlo bretonnant au nord et au centre. Au nord de la limite fixée par Paul Sébillot en 1886, treize paroisses et deux trèves parlent breton. Elles sont rattachées au diocèse de Saint-Brieuc massivement gallésant[3].
La ville de Châtelaudren, ancienne capitale du Goëlo, est traversée par le Leff, que ce site touristique présente comme la rivière-frontière entre le pays breton et le pays gallo. Une étude de Thomas Buckley est consacrée à la frontière linguistique breton/gallo autour de Plouha. Le drapeau du Goëlo (2009) représente cette ancienne frontière linguistique par une diagonale.

Bréhat
modifierL’idiome de l’île de Bréhat est décrit comme très typé au sein du Goëlo.
Classification
modifierLe dialecte du Goëlo est souvent classé à part parce que la région appartenait au diocèse de Saint-Brieuc et non à celui de Tréguier. Mais il n'est pas si différent que ça du trégorrois. Les seuls traits qui le distinguent ne sont souvent qu’une accentuation de tendances observées en Trégorrois.
Erwan Vallerie rattache historiquement le goëloard à un « dialecte oriental », avec le vannetais et l’extrême est de la Cornouaille. Les linguistes distinguent aussi une vaste zone centrale, qui s’est étendue en isolant le breton du Goëlo, lequel par certains traits archaïques reste proche du léonard. Certains découpages le regroupent avec les parlers du sud-est, autour de Vannes[4].
Caractéristiques
modifierComme variante du trégorrois, le goëloard partage l’essentiel des traits décrits dans l’article Breton trégorrois. Les particularités suivantes sont attestées :
- Le -v final est articulé /f/. On entend ainsi /pif/ pour piv (qui ?) et /ataf/ pour atav (toujours). Le même phénomène touche d’autres mots comme bliv, gwiskriv, giv, liv et riv.
- L’uvulaire c’h s’affaiblit. c’hwerv (amer), /χwɛʁw/ ailleurs, se prononce localement /wɛʁf/.
- Le futur présente un -a- de liaison. Les formes -ahomp, -ahet, -ahont sont communes au vannetais et au goëloard. Le trégorrois proprement dit a -fomp, -fet, -font.
Situation
modifierLes données chiffrées portent sur le pays administratif du Trégor-Goëlo, pas sur le seul Goëlo bretonnant. Le diagnostic de l’Observatoire de la langue bretonne (2009) décrit un pays de 69 communes et 117 956 habitants en 2006. Le sondage de 2000 qu’il exploite excluait les cantons de Lézardrieux et de Paimpol, c’est-à-dire le cœur du Goëlo bretonnant[5].
Voir aussi
modifierSources
modifier- ↑ Ronan LE Coadic, Brezhoneg Goueloù, (lire en ligne)
- ↑ Ronan LE Coadic, « Brezhoneg Goelo. Éléments sur la langue bretonne telle qu'elle est parlée dans la région du Goëlo », Centre Culturel Anjela Duval, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Georges Provost, « Comment peut-on être bretonnant ? Le clergé du Goëlo dans le diocèse de Saint-Brieuc aux XVIIe et XVIIIe siècles », revue scientifique, , p. 73 (lire en ligne [PDF])
- ↑ « Geographical language variations | Becedia », sur bcd.bzh (consulté le )
- ↑ Lena Louarn, « Diagnostic de l’état de la langue bretonne dans le pays du Trégor-Goëlo. Mise à jour 2004-2009. », revue scientifique, , p. 51 (lire en ligne [PDF])