Brigade Etzioni
La brigade Etzioni (hébreu : חֲטִיבַת עֶצְיוֹנִי, Hativat Etzyoni), également connue sous les noms de 6e brigade et brigade de Jérusalem, est une brigade d’infanterie des forces de défense israéliennes. Elle est fondée à la fin de l’année 1947 comme unité du Corps de campagne chargée de la défense de Jérusalem et de ses environs. Elle opère durant la guerre israélo-arabe de 1948 aux côtés de la brigade Harel. Son premier commandant est Israël Amir (en), remplacé par la suite par David Shealtiel.
| Brigade Etzioni | |
Insigne de la 6e brigade. | |
| Création | 1948 |
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| Activité | 1948 à 1949, 1955 à septembre 1958, depuis 2010 |
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| Type | Brigade de réserve |
| Rôle | Infanterie |
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Fondation et organisation
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La brigade Etzioni est créée à la suite de la décision du commandement de la Haganah, le , d’organiser quatre brigades d’infanterie fondées sur le Hish : Levanoni, Alexandroni, Guivati et Etzioni[1]. Trois bataillons sont prévus au total et deux sont d’abord déployés : le 61e bataillon « Moriah » et le 63e bataillon « Mikhmas ». Le 62e bataillon « Beit Horon » est ajouté en , tandis que le 63e est dissous au cours du même mois. Des unités du Corps de garde (en) et de Gadna opérant dans la région de Jérusalem, totalisant cinq bataillons, sont également placées sous l’autorité de la brigade[1]. Au , Moshe Zadok (en) de la direction des ressources humaines (en) évalue l’effectif de la brigade à 3 166 soldats[2].
La région de Jérusalem, et donc le théâtre d’opérations de la brigade, s’étend de la mer Morte à l’est jusqu’à Hartouv à l’ouest, d’Atarot (en) au nord jusqu’au bloc d’implantations de Goush Etzion au sud[3]. Selon le plan Daleth, la mission assignée à la brigade Etzioni est de « prendre les positions clés sur la route Jérusalem–Tel-Aviv et d’assurer l’implantation dans la ville de Jérusalem »[4]. Israël Amir (en), qui avait occupé plusieurs postes d’état-major avant la guerre, est nommé commandant de la brigade sur la recommandation de Moshe Sneh (en)[5].
Conflits de commandement et réorganisation
modifierAvant la réorganisation des forces d’infanterie de la Haganah en , la brigade est structurée en deux bataillons. Le premier, commandé par Zalman Mart, est chargé de la zone couvrant le nord de Jérusalem, Motza, Atarot et Neve Yaakov. Le second, sous le commandement de Shalom Dror, est responsable de la vieille ville et de Gush Etzion[6],[7]. La brigade n’est toutefois pas préparée aux combats qui s’annoncent, et son commandant, Israël Amir, ne coopère pas avec les autres unités actives dans le secteur[4].
David Shealtiel, qui remplace Amir à la tête de la brigade au cours du même mois, réorganise les forces et divise Jérusalem en cinq secteurs : quatre sont confiés au Corps de garde, tandis que la vieille ville et les quartiers du sud reviennent aux bataillons opérationnels (61e et 63e)[6],[8]. Cette réorganisation ne porte pas ses fruits et, en , Shaltiel constate que l’unité souffre de graves problèmes de ravitaillement et de discipline. À ce rythme, selon lui, Jérusalem ne pourrait pas tenir même jusqu’au [6].
La méthode de commandement de Shaltiel aggrave encore les problèmes de discipline, au point qu’en le 61e bataillon se mutine et est placé sous l’autorité de la brigade Harel jusqu’en [4]. En , Israël Galili met en place au sein de la brigade Etzioni une unité d’état-major basée à Tel-Aviv, chargée de superviser les implantations périphériques et isolées de la région de Jérusalem[3].
Le changement de commandement n’améliore pas la coopération entre les différentes unités de la région de Jérusalem. Shaltiel insiste pour que le commandement régional soit responsable de toutes les unités de sa zone, y compris celles de la brigade Harel, qui selon lui ne reçoivent d’ordres que du quartier général de la Palmah à Tel-Aviv. Shaltiel entre en conflit avec le haut commandement de la Haganah à propos de ses accords unilatéraux avec l’Irgoun et le Lehi, qui n’ont pas été approuvés par l’état-major[4].
Les dirigeants politiques et culturels de Jérusalem n’acceptent pas l’autorité de la brigade sur les questions de sécurité, en particulier sous le commandement de Shaltiel. La population civile de Jérusalem refuse de fournir à Etzioni le carburant et les effectifs nécessaires[9], et Dov Joseph (en), président du conseil municipal, adresse une plainte personnelle à David Ben Gourion concernant les méthodes de recrutement de Shaltiel[10].
Moshe Dayan remplace David Shaltiel au poste de commandant régional de Jérusalem le [11], bien qu’il ne parvienne pas à provoquer de changements territoriaux significatifs dans la région. Il termine son mandat en [12].
Opérations
modifierLa brigade Etzioni, disposant d’une force opérationnelle (Corps de campagne) plus réduite que les autres brigades, ne quitte jamais le théâtre de Jérusalem[13]. Elle subit au total entre 592 et 651 pertes tuées au combat lors des batailles pour Jérusalem et Goush Etzion, soit le plus grand nombre de tués au combat de toutes les brigades au cours de la guerre[14],[15]. En raison du manque d’effectifs et de formation des unités du Corps de garde, la brigade se limite pendant les premières phases du conflit à des missions de surveillance, sans disposer d’unités de réserve pour mener des attaques[5].
La brigade Etzioni participe à l’opération Yevousi (avril–), première opération de l’histoire de la Haganah menée par plus d’une brigade, l’autre étant la brigade Harel. Le 61e bataillon capture le quartier de Katamon les 2 et et établit la liaison avec Mekor Chaim (en), jusque-là isolé[16].
Après le retrait des Britanniques de Jérusalem en , et à la suite de l’opération Shfifon (en) dans la vieille ville, la brigade Etzioni, assistée par les paramilitaires de l’Irgoun et du Lehi, lance l’opération Kilshon (en) pour prendre le contrôle des secteurs précédemment occupés par les Britanniques. Cheikh Jarrah et les zones situées entre Yemin Moshé et Réhavia sont prises le , suivies des colonies allemande et grecque, de Baka, du camp Allenby et de la majeure partie de « Bevingrad » le . Abu Tor (en) est capturé les 17 et , mettant fin à l’opération[17]. Après Kilshon, la brigade réalise de nouveaux gains mineurs en prenant le monastère Notre-Dame (en), à proximité de la Nouvelle Porte, les 17 et , tandis qu’une attaque simultanée sur la tour de David échoue[18].
Après la prise de Cheikh Jarrah et l’entrée dans la vieille ville par la Légion arabe jordanienne, toutes les unités israéliennes présentes à Jérusalem entrent en action, y compris la brigade Etzioni, notamment dans le nord de la ville entre Sanhédriah et le monastère Notre-Dame[18],[19]. Une attaque de la Légion sur le mont Scopus est repoussée principalement par les soldats d’Etzioni qui y sont stationnés[20].
La brigade participe activement aux combats de Ramat-Rachel. Le , le kibboutz est pris et pillé par les forces de la Confrérie musulmane égyptienne après de lourds bombardements. À 17 h, une unité du 61e bataillon reprend le village et le remet aux unités du Corps de garde. Cette tentative échoue, et le , les forces arabes reprennent le contrôle du village. La brigade Etzioni le reconquiert dans la nuit, laissant sur place 75 défenseurs, dont 50 membres de l’Irgoun et 25 soldats d’Etzioni. La troisième attaque conjointe de la Confrérie musulmane et de la Légion arabe a lieu le et est repoussée principalement par les unités de l’Irgoun. Les renforts d’Etzioni et de Harel repoussent les forces arabes et s’emparent du monastère de Mar Élias, au sud-ouest[20],[21].
Pendant les batailles des Dix Jours, la brigade Etzioni est chargée d’étendre considérablement le contrôle juif sur Jérusalem et ses environs, y compris la prise de la vieille ville. Dans le nord de Jérusalem, l’initiative reste aux mains de la Légion arabe, qui attaque Mandelbaum et Mousrara (en), attirant les unités de Tsahal dans la zone. Malgré cela, Etzioni et les unités régionales de Gadna parviennent à s’emparer de la porte de Sion, d’al-Maliha et d’Ein Kerem entre le 10 et le [22].
Le 62e bataillon de la brigade Etzioni participe à l’opération Kedem (en) les 16 et , visant à prendre la vieille ville par une attaque frontale, en raison du temps limité imposé par le cessez-le-feu imminent, mais il échoue à franchir ses murs. Malgré quelques succès locaux, l’opération s’interrompt avec l’annonce du cessez-le-feu[23].
Après le second cessez-le-feu de la guerre, la brigade Etzioni participe à l’opération Yekev, destinée à prendre les montagnes de Beit Jala, mais échoue dans sa mission et se retire[11]. Elle prend ensuite part à l’opération Ha-Har (en), qui permet de nettoyer les villages situés à l’ouest de Jérusalem.
La 6e brigade Etzioni est dissoute à l’issue de la guerre, dans le cadre de la réorganisation générale de Tsahal, qui ne conserve que trois brigades actives à l’été 1949[24]. Elle est recréée en 1955 en tant que brigade de réserve du commandement central. En , elle est transférée au commandement sud et renommée 14e brigade[25].
En 2010, la 408e brigade d’infanterie de réserve est renommée brigade Etzioni et reprend le numéro 6.
À partir de 2023, dans le cadre de la guerre de Gaza, la brigade participe aux incursions israéliennes en Cisjordanie[26].
Organisation
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6e brigade d’infanterie « Etzioni »
- 8103e bataillon d’infanterie « Moriah »
- 9219e bataillon d’infanterie « Beit Horon »
- 9220e bataillon d’infanterie « Michmash »
- 6408e bataillon de reconnaissance « Yonathan »
- 8173e bataillon du génie de combat (réserve)
- 5166e bataillon logistique « Etzioni »
- Compagnie de transmissions « Etzioni »
Notes et références
modifier- 1 2 Pail 1982a, p. 41–42.
- ↑ Ben Gourion, Oren et Rivlin 1982, p. 428.
- 1 2 Ehrnwald 2005, p. 349-351.
- 1 2 3 4 Ehrnwald 2005, p. 347–348.
- 1 2 Milstein 1989, p. 31–32.
- 1 2 3 Ehrnwald 2005, p. 345-347.
- ↑ (he) « he:שלום דרור, מפקד גדוד "מכמש" בתש"ח, 1921-2009 » [« Shalom Dror, Command of the Mikhmas Battalion in 1948, 1921–2009 »], Haaretz, (consulté le )
- ↑ Levy 1986, p. 360.
- ↑ Ehrnwald 2005, p. 352-354.
- ↑ Ehrnwald 2005, p. 376-377.
- 1 2 Ehrnwald 2005, p. 379.
- ↑ Gelber 1986, p. 554.
- ↑ Pail 1982b, p. 16.
- ↑ Levy 1986, p. couvertures.
- ↑ Ostfeld 1994, p. 827.
- ↑ Pail 2005, p. 493–497.
- ↑ Wallach 1978, p. 21.
- 1 2 Wallach 1978, p. 24.
- ↑ Ehrnwald 2005, p. 373.
- 1 2 Ehrnwald 2005, p. 374.
- ↑ Wallach 1978, p. 25.
- ↑ Wallach 1978, p. 43.
- ↑ Wallach 1978, p. 44.
- ↑ Gelber 1986, p. 205.
- ↑ (he) Amiad Brezner, « The Brigade from its Beginning Until Today » [archive du ], 14th Brigade website (consulté le )
- ↑ (en-US) Emanuel Fabian, « IDF evacuates troops from West Bank base as large fire engulfs area », The Times of Israel, (ISSN 0040-7909, lire en ligne, consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- (he) David Ben Gourion, Elhannan Oren et Gershon Rivlin (ed.), War Diary, Ministry of Defense Publishing, (ISBN 965-05-0286-6)
- (he) Yoav Gelber, The Emergence of a Jewish Army, Yad Ben Zvi Publishers, (ISBN 965-217-031-3)
- (he) Alon Kadish (ed.), Israel's War of Independence 1948–1949, Ministry of Defense Publishing, (ISBN 965-05-1251-9)
- (he) Itzhak Levy, Jerusalem in the War of Independence (English title), Ministry of Defense Publishing, (ISBN 965-05-0287-4)
- (he) Uri Milstein, The War of Independence – The First Month, Zmora-Bitan Publishing,
- (he) Zehava Ostfeld, An Army is Born, Ministry of Defense Publishing, (ISBN 965-05-0695-0)
- (he) Meir Pail, « From the Haganah, through War of Independence – into IDF », dans IDF in its Corps: Army and Security Encyclopedia, vol. 1, Revivim Publishing,
- (he) Meir Pail, « Infantry Brigades », dans IDF in its Corps: Army and Security Encyclopedia, vol. 11, Revivim Publishing,
- (he) Jeuda Wallach (ed.), « Security », dans Carta's Atlas of Israel, vol. First Years 1948–1961, Carta Jerusalem,
- Moshe Ehrnwald, « The Military Campaign in Jerusalem in the War of Independence – November 1947 – April 1949 », dans Alon Kadish, Israel’s War of Independence 1948–1949, Ministry of Defense Publishing, (ISBN 965-05-1251-9)
Liens externes
modifier- (he) « 14th Brigade, the successor of the 6th Brigade », sur hativa14.org.il (version du sur archive.org)
- (he) « Organization of the Veterans of the Moriah Battalion », sur gdudmoria.blogli.co.il