Brulhois (AOC)

région viticole

Un brulhois[note 2], anciennement labellisé VDQS sous le nom de côtes-du-brulhois[3] (de 1984 à 2011), est un vin français d'appellation d'origine contrôlée produit dans trois départements[2], le Lot-et-Garonne, le Tarn-et-Garonne et le Gers, situés dans la région Nouvelle-Aquitaine et la région Midi-Pyrénées. Il fait partie du vignoble du Sud-Ouest. Il est produit en rouge et en rosé.

Brulhois
Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1981 (VDP), 1984 (VDQS) et 2011 (AOC)
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble du Sud-Ouest
Sous-région(s) moyenne Garonne
Localisation Lot-et-Garonne, Tarn-et-Garonne et Gers
Climat océanique dégradé
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
2 019 heures (à Agen-La Garenne)
Superficie plantée 120 hectares (moyenne 2022-2024)[1]
Cépages dominants merlot N[note 1], tannat N et cabernet franc N
Vins produits 75 % rouges et 25 % rosés
Production 4 000 hectolitres (moyenne 2022-2024)[1]
Pieds à l'hectare minimum 3 300 ceps/ha[2]
Rendement moyen à l'hectare 33 hl/ha en rouge et 52 en rosé (en 2024)[1]

Le cahier des charges de l'AOC a été homologué par le décret du [4]. La superficie de production est de 120 hectares (moyenne 2022-2024[1]). Les vins rouges représentent approximativement deux-tiers de la production (moyenne 2022-2024[1]). Les vins sont des vins d'assemblage avec le cabernet franc, le merlot et le tannat comme cépages principaux[2].

Histoire

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Antiquité

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Le vignoble du Brulhois apparaît avec l'arrivée des Romains sur la rive gauche de la Garonne. Les premières traces d'exploitation de la vigne remontent à l'époque gallo-romaine.

Moyen Âge

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La vicomté du Brulhois apparaît au Xe siècle. Ses vins ont été appelés « vins noirs » dès le XIIIe siècle. Au début du XIVe siècle, sous l'occupation anglaise, le terroir exporte ses produits par le fleuve. 48 000 hl de vin, mais aussi de la faïence, remontent ainsi la Garonne.

Époque moderne

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L'histoire de ce terroir se confond avec celle du duché d'Albret, auquel il est rattaché, à partir de 1515. Le duché d'Albret étant terre huguenote, le Brulhois souffrit des guerres de Religion.

Le duché fut uni à la couronne de France en 1607 à la suite de l'accession au trône d'Henri IV. Il fut alors cédé, avec le Brulhois, à Frédéric-Maurice de La Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne, en 1651 en échange de la principauté de Sedan et Raucourt.

Époque contemporaine

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Au XXe siècle, le nom même de Brulhois est quasiment oublié, mais la production de vin s'accroche à son terroir et se maintient jusqu'à la fin du siècle.

En 1981, est reconnu le « vin de pays des côtes du Brulhois », concernant 38 communes du Lot-et-Garonne et quatre du Gers, autorisant 15 cépages avec un rendement maximum de 70 hl/ha[5]. Par l'arrêté du , les vignerons obtiennent la reconnaissance de leurs produits comme un vin délimité de qualité supérieure (VDQS) sous le nom de « Côtes du Brulhois »[6].

Ils obtiennent l'appellation d'origine contrôlée (AOC) sous le nom plus court « Brulhois » par le décret du [4]. Le cahier des charges de l'appellation a été modifié en [2].

Étymologie

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Brulhois vient du mot gaulois brogilo qui signifie : « talus, bordure », « taillis », « bord de rivière boisé ». Brulhès en occitan signifie bord de rivière boisé.

Vignoble

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Aire d'appellation

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Carte du Lot-et-Garonne et du Brulhois.
Images externes
Carte des communes concernées
Cartes cadastrales de l'appellation
Orthophotos du parcellaire de l'AOC

Le vignoble s'étend principalement au sud de la Garonne (sur la rive gauche) sur une partie des départements du Lot-et-Garonne, de Tarn-et-Garonne et du Gers. L'aire d'appellation concerne un total de 22 communes :

Le brulhois est au centre du vignoble de la vallée de la Garonne, entre le buzet à l'ouest et le saint-sardos à l'est. L'aire d'appellation est plus réduite que celle de l'ancienne appellation VDQS côtes-du-brulhois.

Orographie et géologie

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La zone géographique de production est située de part et d’autre de la vallée de la Garonne, entre Agen et Valence‑d’Agen[2].

En rive droite (au nord), elle correspond aux plateaux calcaires du Bas‑Quercy, constitués de calcaires aquitaniens, encadrés par les vallées de la Séoune au nord et de la Barguelonne au sud. Le réseau hydrographique a fortement entaillé ces plateaux, formant des cuestas marquées.

En rive gauche (au sud), le substrat est composé de calcaires et de molasses d’âge oligocène et miocène. Les premiers coteaux surplombant la Garonne sont constitués de terrasses graveleuses, dans un relief modéré caractérisé par des cuestas peu accentuées et par de vastes versants aux expositions diverses.

Pédologie

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Trois grands types de sols sont identifiés sur l’aire de production[2] :

  • les plateaux calcaires portant des sols argilo‑calcaires plus ou moins lessivés, enrichis en débris rocheux, généralement orientés vers les grandes cultures, qui portent peu de vignes ;
  • les croupes molassiques constituées de sols bruns calcaires peu lessivés et relativement fertiles ; lorsqu’ils ont subi un lessivage plus marqué, ils donnent naissance aux boulbènes, aptes à la viticulture.
  • les sols développés sur les alluvions de la Garonne présentant une évolution podzolique en surface et une accumulation d’argiles rubéfiées en profondeur. Profonds et meubles, ils offrent une réserve hydrique permettant un équilibre favorable à la vigne malgré une fertilité naturelle modérée.

Climatologie

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Ce terroir viticole bénéficie d'un climat tempéré doux en automne, avec des printemps le plus souvent pluvieux et humides, des étés assez chauds et secs et des hivers doux. L'hiver est doux et le mois de janvier le plus froid comporte des températures proches de 5 °C. Le record de température minimale a été enregistré à −17,4 °C en . Au printemps, les températures sont en hausse régulière avec des mois d'avril et de mai souvent pluvieux. L'été est chaud et sec et les records de chaleur sont réguliers. Les orages sont des phénomènes réguliers dont les précipitations sont abondantes et ponctuelles. Enfin, l'automne est doux et peu pluvieux[7]. La station météorologique d'Agen-La Garenne (sur l'aéroport, à 58 mètres d'altitude : 44° 10′ 19″ N, 0° 35′ 40″ E)[8] fournit les moyennes suivantes :

Relevés à Agen de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 9,6 11,6 15,6 18,2 22 25,6 28 28,3 24,8 20 13,6 10 18,9
Moyenne 6,1 6,9 10,1 12,6 16,3 19,8 21,9 22 18,6 14,9 9,6 6,6 13,8
Minimale moyenne 2,5 2,3 4,6 7 10,5 13,9 15,7 15,7 12,3 9,8 5,6 3,1 8,6
Nombre de jours avec gel 9,1 8,6 4,3 0,6 0 0 0 0 0 0,8 3,6 8 35
Précipitations
Hauteur (mm) 59,6 44,2 49 70 73,3 62,2 49,4 50,4 60,6 58,7 70,1 60,7 708,2
Nombre de jours avec neige 1,5 1,5 0,4 0 0 0 0 0 0 0 0,2 0,7 4,2
Ensoleillement
Heures 75,6 112,7 171,8 186,2 215,5 234,9 260,2 250,1 210,7 142,9 87,6 71,7 2 019,7
9,6
2,5
59,6
20 mm
40 mm
60 mm
jan.
11,6
2,3
44,2
fév.
15,6
4,6
49
mars
18,2
7
70
avril
22
10,5
73,3
mai
25,6
13,9
62,2
juin
28
15,7
49,4
jui.
28,3
15,7
50,4
août
24,8
12,3
60,6
sep.
20
9,8
58,7
oct.
13,6
5,6
70,1
nov.
10
3,1
60,7
déc.
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Encépagement

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L'encépagement comprend le merlot N[note 1], le tannat N et le cabernet franc N comme cépages principaux, devant représenter au minimum 60 % de l'encépagement, et le cabernet sauvignon N, le malbec N (aussi appelé « côt »), le fer servadou N et l'aboriou N comme cépages complémentaires, pour un maximum combiné de maximum 10 %[2].

Rendements

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Le rendement visé est fixé à 55 hectolitres par hectare pour les vins rouges et à 60 hl/ha pour les vins rosés. Les rendements butoirs sont de 63 hl/ha pour les vins rouges et 66 hl/ha pour les vins rosés[2].

Méthodes culturales

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Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 4 000 pieds par hectare. Les vignes sont conduites en taille guyot ou en taille à cots. Le nombre maximal d’yeux francs par pied est fixé à 12. La charge maximale est de 9 500 kilogrammes par hectare (7800 kg/ha en cas d'irrigation)[2].

Normes analytiques

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La richesse minimale en sucre des raisins à la récolte est de 171 g/l pour les vins rosés et 189g/l pour les vins rouges. Le titre alcoométrique volumétrique naturel est de 10.5 % pour les vins rosés et 11% pour les vins rouges. Après enrichissement, le titre alcoométrique volumétrique maximal est de 12.5 % pour les vins rosés et 13 % pour les vins rouges[2].

Volumes

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Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes[1], sont :

Annéebrulhois rouge brulhois rosé
superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha) superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha)
2022983 27834211 31662
2023942 05922241 47660
2024973 23733201 06852

Gastronomie

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Vue depuis Auvillar du terroir du Brulhois, le long de la Garonne, le vignoble est au second plan, séparé du fleuve par des plantations arbustives.

Longtemps baptisé « vin noir », le vin rouge a une robe très sombre due à la présence du tannat. Ces vins dégagent des arômes de fruits mûrs comme cerise et cassis, avec des notes de chocolat et de fleurs des champs (bleuet). D’après le Guide Hachette ‘Sur la route des vins’ (p . 269), ces vins sont généreusement bouquetés, avec des notes de champignons et d’épices[10].

À Paris, dégustation de fromages et d'un brulhois rouge.

Ses vins rouges parviennent au summum de leur potentiel vers leur 5e année. Ce sont des vins charnus et généreux qui accompagnement la cuisine traditionnelle de la Gascogne.

Notes et références

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  1. 1 2 Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
  2. Le nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 « Open Data | Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects », sur www.douane.gouv.fr (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « BRULHOIS » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
  3. Le texte de l'AOVDQS Côtes-du-brulhois (AOVDQS) sur le site de l'Institut National des Appellations d'Origine
  4. 1 2 « Décret n° 2011-1296 du 12 octobre 2011 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Brulhois » », publié au JORF no 0239 du .
  5. « Décret du 16 novembre 1981 définissant les conditions de production de divers vins de pays », publié au JORF no 0272 du numéro complémentaire.
  6. « Arrêté du 21 novembre 1984 relatif aux conditions d'attribution du label « Vin délimité de qualité supérieure » aux vins à appellation d'origine « Côtes du Brulhois » », publié au JORF du .
  7. « Climat du Lot-et-Garonne », météo France (consulté le )
  8. « 47091001 – AGEN-LA GARENNE » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  9. « Fiche 47091001 Agen » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  10. Sur la route des vins, Vanves, Hachette, , 378 p. (ISBN 978-2-01-704751-3), p. 269

Voir aussi

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