Fort de Burginatium
Burginatium est un ancien fort romain situé dans l'ancienne province romaine de Germanie inférieure, dont le site archéologique se trouve sur le territoire de Kalkar (Rhénanie-du-Nord-Westphalie, en Allemagne)[1],[2].
| Période d'activité |
Fin du Ier siècle à la fin du IVe siècle |
|---|---|
| Localité moderne | |
| Unité présente | |
| Dimension du fort |
150 × 180 m (=2,7 ha) |
| Province romaine | |
| Coordonnées |
Ce fort fait partie du limes de Germanie inférieure, site inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2021[3]. il abritait une unité de cavalerie, une ala, une garnison de troupes auxiliaires d'environ 480 hommes. Du début du Ier à la fin du IVe siècle, il assurait la protection du tronçon de route entre Colonia Ulpia Traiana (l'actuelle Xanten) et Ulpia Noviomagus Batavorum] (l'actuelle Nimègue), sur la voie impériale romaine reliant Lugdunum Batavorum (l'actuelle Katwijk) à Argentoratum (l'actuelle Strasbourg).
Historique
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L'origine étymologique du nom Burginatium remonte à un développement suffixal du mot racine germanique Burg, dont dérive également la forme latine burgus.
Burginatium est mentionné sur la Table de Peutinger et dans l'Itinéraire d'Antonin. Ce dernier indique qu'il était occupé par un village. L'emplacement du site est connu depuis l'Antiquité. Des documents provenant de la ville de Kalkar attestent de l'utilisation des ruines, encore visibles à cette époque, comme carrière au XVIe siècle[4].
Diverses fouilles de sauvetage menées par le Rheinisches Landesmuseum Bonn et le Landschaftsverband Rheinland (de), rendues nécessaires par des travaux de construction après la Seconde guerre mondiale, ont permis de reconstituer partiellement le site. À ce jour, aucune fouille systématique n'a été entreprise dans cette zone.
Description
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Le camp fut probablement fondé sous Tibère (14-37 apr. J.-C.)[6]. Cette hypothèse est étayée par des céramiques découvertes dans la zone fortifiée, datées de la période augustéenne-tibérienne. L'inventaire plus complet permet de supposer une occupation continue jusqu'à la fin du IVe siècle, voire jusqu'au début du Ve siècle. La série monétaire débute avec des émissions césariennes. La dernière pièce date de l'époque de l'empereur Flavius Honorius, à la fin de l'Antiquité.
À la fin du Ier et au début du IIe siècle, les Ala I Noricorum (de)[7], Ala Augusta Vocontiorum [8] et Ala Afrorum (de)[9] sont successivement documentées comme garnisons[10].
Le fort
modifierÀ ce jour, seule la dernière phase de construction du fort, datant de la fin de l'Antiquité, est connue. Ses fortifications consistaient en un mur de pierre entouré d'un double fossé en forme de V[11]. La fortification couvrait une superficie d'environ 150 × 180 m. Le ruisseau Leybach formait la limite ouest du camp. De part et d'autre de la route principale du camp se trouvaient les casernes à colombages, pouvant accueillir environ 480 soldats, soit l'effectif d'une ala quingenaria. Tout porte à croire que ces casernes ont brûlé à plusieurs reprises.
Vicus et cimetière
modifierL'agglomération civile (vicus) entourait le fort en demi-cercle au nord-est et au sud-ouest. Les nécropoles associées se situaient sur le Monreberg et le Pierenberg voisin. Une autre nécropole s'étendait le long de la Limesstraße, aujourd'hui Bundesstraße 57, dans le quartier de Kehrum.
Dans la zone du vicus, on a découvert une pierre du culte de Mithra du IIIe siècle, qui servait de socle à une statue en bronze[12]. Parmi les autres découvertes figurent une figure en bronze d'un géant agenouillé. Une inscription mise au jour lors des fouilles[13] atteste du culte de la déesse guerrière germanique Vagdavercustis (de) à Burginatium[14].
Protection des découvertes
modifierLe fort et la zone du vicus sont classés Bodendenkmal (de) (monuments archéologiques) au titre de la loi de protection des monuments de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (DSchG). Les fouilles et les prélèvements ciblés nécessitent une autorisation. Toute découverte fortuite doit être signalée aux autorités compétentes.
Certaines des découvertes de Burginatium sont exposées au musée municipal de Kalkar (de).
Galerie
modifierVoir aussi
modifierRéférences
modifier- ↑ (en) « Burginatium (Alt-Kalkar) », sur livius.org
- ↑ « Burginatium », sur arbre-celtique.com.
- ↑ (en) « Frontières de l’Empire romain – le limes de Germanie inférieure », sur whc.unesco.org.
- ↑ (de) Rudolf Pörtner, Das Alenlager Burginatium (Altkalkar) in Führer zu vor-und frühgeschichtlichen Denkmälern, Bd. 14, Linker Niederrhein, Zabern, Mainz, 1969, p. 198–201.
- ↑ CIL 13, 08670
- ↑ (de) Tilmann Bechert, Römisches Germanien zwischen Rhein und Maas, München 1982 (ISBN 3-7774-3440-X).
- ↑ CIL 13, 08669
- ↑ CIL 13, 08671
- ↑ CIL 16, 0059
- ↑ (de) Rudolf Pörtner, Das Alenlager Burginatium (Altkalkar) in Führer zu vor-und frühgeschichtlichen Denkmälern, Bd. 14, Linker Niederrhein, Zabern, Mainz, 1969, p. 199–200.
- ↑ (de) Michael Gechter, Kalkar-Altkalkar in Heinz Günter Horn, Die Römer in Nordrhein-Westfalen, Theiss, Stuttgart, 1987 (ISBN 3-8062-0312-1), p. 452.
- ↑ (en) Richard Gordon, Viewing Mithraic art: The altar from Burginatium (Kalkar), Germania Inferior in Arys Bd.1, 1998, p. 227–258.
- ↑ AE 2003, 01227
- ↑ (de) Gabriele Uelsberg, Krieg und Frieden. Kelten-Römer-Germanen in Katalog der Ausstellung im Rheinischen Landesmuseum Bonn, Bonn und Darmstadt, 2007 (ISBN 3-89678-349-1), p. 291.
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressource relative à la géographie :
- Ressource relative à l'architecture :
