C'était ça ou mourir

roman de Thélyson Orélien publié en 2026

C'était ça ou mourir est un roman de l'écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien, publié aux éditions Grasset le .

C'était ça ou mourir
Auteur Thélyson Orélien
Pays Canada/ Haïti
Genre roman
Version originale
Langue Français
Version française
Éditeur éditions Grasset
ISBN 978-2-246-84706-9

Le roman raconte le parcours de Jonas Dorléon, un professeur d'histoire-géographie haïtien contraint de quitter Port-au-Prince en raison des violences qui touchent son quartier. Le récit aborde notamment les thèmes de l'exil, de la migration, de la survie et de la dignité humaine.

Il reçoit le prix du roman Fnac en . À la suite de l'attribution du prix, le livre fait l'objet d'une controverse concernant un probable recours à des outils d'intelligence artificielle générative lors de son écriture.

Résumé

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Le roman suit Jonas Dorléon, un professeur d'histoire-géographie haïtien qui quitte Port-au-Prince après l'embrasement de son quartier. Il entreprend un parcours migratoire à travers les Amériques, notamment par la République dominicaine, le Brésil, le Mexique et la jungle du Darién, dans l'espoir d'atteindre le Canada[1].

Le récit met en scène les différentes étapes de cette migration et les rencontres du personnage avec d'autres personnes confrontées à l'exil. La survie, la violence, la solidarité et la recherche d'un avenir meilleur constituent plusieurs des thèmes centraux de l'ouvrage[1].

Réception

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Avant même sa parution québécoise, le , C'était ça ou mourir suscite un intérêt exceptionnel auprès de plusieurs éditeurs internationaux. Cet engouement constitue un fait marquant dans l’histoire des éditions du Boréal, fondées en 1963, puisqu’aucun premier roman publié par la maison n’aurait connu une telle attention internationale avant sa sortie[2]. The New York Times consacre un long portrait à l'auteur[3].

Les droits pour l’Europe francophone sont acquis par les éditions Grasset. Le livre fait partie des ouvrages de la rentrée littéraire qui a été préparée par Olivier Nora, PDG de la maison d’édition, avant qu’il ne soit limogé[4].

Le livre paraît le aux éditions Grasset. Il est présenté comme le premier roman de Thélyson Orélien et connaît rapidement un succès commercial et médiatique. Il reçoit un accueil louangeur dans le milieu littéraire français[5].

La Fnac le décrit comme l'un des phénomènes de la rentrée littéraire 2026[1] et lui attribue le prix du roman Fnac 2026 le . Le jury du prix est composé de 400 libraires Fnac et de 400 lecteurs[6].

Des offres de traduction sont annoncées dans plus de vingt pays, notamment en Europe, en Amérique latine, au Brésil, aux États-Unis, au Canada anglais et au Royaume-Uni. Le livre se hisse, dès sa première semaine, au premier rang des ventes francophones dans les librairies indépendantes[7].

Le livre fait partie de la présélection de plusieurs grands prix littéraires français comme le Goncourt[8], le Renaudot[9], le Femina[10] ou encore le Médicis[11].

Distinction

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Allégations d'utilisation de l'IA

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Le , jour où l'ouvrage gagne le prix du roman Fnac, un compte X anonyme de 92 abonnés, nommé Balance ton Claude, créé en , accuse Thélyson Orélien d'avoir utilisé une IA pour écrire la quasi intégralité de son roman C'était ça ou mourir. Il s'appuie sur des analyses effectuées avec le détecteur d'intelligence artificielle Pangram, un détecteur considéré comme fiable par les experts du secteur[12],[13],[14] et qui revendique un taux de faux positifs de 1 sur 38 000 pour les textes écrits en français[15],[16],[17]. Le compte Balance ton Claude reconnaît l'existence de ces très rares faux positifs, affirmant au sujet de l'auteur qu'il « existe une chance non nulle (même si elle est infime) qu’il soit de bonne foi[18] ».

En revanche, le concepteur de Pangram, Max Spero, effectue des analyses complémentaires et considère que les résultats sont exceptionnellement élevés et que « ça ne peut pas être une coïncidence[19] ».

Le post est repartagé plus de 1 000 fois et cumule plus de trois millions de vues en moins de deux jours[12]. L'auteur et son éditeur contestent ces accusations et certains médias appellent à la prudence[20],[21],[22].

Des analyses complémentaires sur les 35 chapitres du roman, testés individuellement par plusieurs détecteurs d'IA, dont Pangram, estiment qu'ils seraient tous produits par IA avec un indice de certitude entre 95 % et 100 %[16],[23],[24]. Pour tester l'hypothèse selon laquelle le style littéraire d'Haïti serait mal pris en charge par les détecteurs d'intelligence artificielle, d'autres romans d'auteurs haïtiens sont analysés avec les mêmes outils et sont tous évalués comme humains[16],[25].

Selon l'AFP cependant, d'autres logiciels de détection donnent des résultats divergents, certains d'entre eux suggérant que C'était ça ou mourir est une production humaine[20],[21]. Plusieurs experts appellent à la prudence devant le manque de fiabilité de certains détecteurs d'IA[18]. Les deux éditeurs, Éditions du Boréal et Grasset soutiennent l'auteur et nient toute utilisation de l'IA : le premier affirme qu'il existerait des versions du manuscrit témoignant du processus de création[18], sans pour autant les fournir, tandis que le deuxième dénonce des « fake news »[21]. L'écrivain nie également ces accusations et assure être victime « d'attaques racistes »[26], décrivant ce qu'il considère être « une campagne de haine »[24]. Selon lui, l'ouvrage reflète son style d'écriture[18].

Alors que le compte Balance ton Claude avait affirmé quelques jours plus tôt ne pas être lié au monde de l'édition ni à aucune entreprise privée[27], et que le succès du tweet est attribué par Télérama à son relais dans Le Figaro par l'essayiste Samuel Fitoussi puis par deux journalistes très à droite[28], Le Figaro révèle le [29] que la personne derrière le compte Balance ton Claude est Samuel Fitoussi, chroniqueur dans le même quotidien[30], « poreux aux idées d’extrême droite » selon Télérama, et également investisseur dans l'IA[28] et auteur d'un essai contre le wokisme[31],[32]. Le lendemain, Samuel Fitoussi, après plusieurs jours à nier auprès de l'AFP être derrière ce compte, admet faire partie de ce qu'il qualifie de « projet collectif » sans nommer d'autre membre. Il avait été un des premiers à relayer le tweet.

Pour Le Monde, ses chroniques sont défavorables « à la gauche ou à l’extrême gauche » et dénoncent « la discrimination positive » et « le « wokisme » dans les universités »[33]. Son tweet a ensuite été relayé par Paul Sugy du Figaro ou Charles Sapin de Valeurs actuelles ce qui lui a permis d'assurer son succès[34]. Médiapart accuse l'extrême droite médiatique d'être à l'origine de la controverse[35]. Le Monde relève que le tweet a bénéficié du « concours d’un certain nombre de profils conservateurs » pour atteindre finalement près de 5 millions de vues. Le Nouvel Obs note le cyberharcèlement et le racisme dont a été victime Thélyson Orélien, que ce n'est « pas la première fois que des accusations de cet ordre visent des auteurs étrangers noirs » et que la polémique a été « immédiatement relayée par la fachosphère »[36].

Conséquences

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Le 23 septembre 2026, et les jours suivants, des enquêtes journalistiques sur d'autres travaux de l'auteur révèlent qu'il a effectué des plagiats dans une nouvelle et dans plusieurs articles, ce qui alimente la controverse[37],[38],[39],[40],[41],[42],[43].

Le , l'Académie Goncourt retire C'était ça ou mourir de la première sélection du prix Goncourt 2026, à cause de ces plagiats, et considérant que l'ouvrage « est selon toute vraisemblance très largement le produit d'une intelligence artificielle »[44].

Le même jour, le prix Strasbourg Espoir CIC lui est également retiré pour les mêmes raisons[45].

Notes et références

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  1. 1 2 3 « Prix du Roman Fnac 2026 : le lauréat, les finalistes et la sélection des 30 titres en lice », sur Fnac, (consulté le ).
  2. ↑ Patricia Tadros, « Thélyson Orélien signe un succès historique chez Boréal », sur Radio-Canada, (consulté le ).
  3. ↑ (en-US) Norimitsu Onishi et Nasuna Stuart-Ulin, « Quebec Novelist Shines a Harsh Spotlight on Migration, and on Trump’s America », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le ).
  4. ↑ Maxime Dubernet de Boscq, « Accusé d’avoir utilisé l’IA pour écrire son roman phénomène de la rentrée, Thélyson Orélien assure être victime "d’attaques racistes" », sur lefigaro.fr, (consulté le ).
  5. ↑ Thierry Clermont, « Des louanges unanimes aux soupçons de plagiat et d’IA : la chute brutale de Thélyson Orélien, le phénomène de la rentrée littéraire », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  6. ↑ « Prix du Roman Fnac 2026 : C'était ça ou mourir de Thélyson Orélien récompensé », sur Hachette Livre, (consulté le ).
  7. ↑ Sarah-Émilie Nault, « Un engouement international pour le bouleversant premier roman portant sur l'immigration de Thélyson Orélien : C’était ça ou mourir », sur journaldemontreal.com, (consulté le ).
  8. ↑ « Première sélection du prix Goncourt 2026 » [PDF], sur Académie Goncourt, (consulté le ).
  9. ↑ « Prix Renaudot 2026 : les premières sélections du centenaire, Beigbeder président », sur ActuaLitté.com (consulté le ).
  10. ↑ Hocine Bouhadjera, « Prix Femina 2026 : les premières sélections, 33 romans en lice », sur ActuaLitté.com, (consulté le ).
  11. ↑ Hocine Bouhadjera, « Prix Médicis 2026 : 35 livres retenus, aucun Gallimard côté français », Actualitté,‎ (lire en ligne).
  12. 1 2 « Accusé d'avoir utilisé l'IA pour C’était ça ou mourir, l'écrivain haïtien Thélyson Orélien s'en défend », RFI, 23/09/2026.
  13. ↑ Nicolas Six, « Polémique Thélyson Orélien : comment fonctionne le détecteur de textes générés par IA, Pangram, et à quel point est-il fiable ? », Le Monde, .
  14. ↑ Noé Megel, « Recours à l’IA, plagiat… Thélyson Orélien sous le feu des accusations pour C’était ça ou mourir », Le Point,‎ (lire en ligne).
  15. ↑ Héloïse Pons, « Pangram, le logiciel qui accuse Thélyson Orélien d’avoir écrit son livre avec l’IA, est-il vraiment fiable ? », Le Point,‎ (lire en ligne).
  16. 1 2 3 « Un spécialiste de l’IA décrypte la polémique Thélyson Orélien : "Les indices sont assez parlants…" », sur Le Nouvel Obs, (consulté le ).
  17. ↑ Michaël Szadkowski, « Affaire Thélyson Orélien : le concepteur de Pangram, Max Spero, n’a "aucun doute" sur la présence d’IA dans le roman C’était ça ou mourir », Le Monde,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le ).
  18. 1 2 3 4 « Peut-être qu’il faut que j’arrête d’écrire » , La Presse, 23 septembre 2026
  19. ↑ Michaël Szadkowski, « Affaire Thélyson Orélien : le concepteur de Pangram, Max Spero, n’a "aucun doute" sur la présence d’IA dans le roman C’était ça ou mourir », Le Monde,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le ).
  20. 1 2 Sud-Ouest avec AFP, « L’écrivain Thélyson Orélien accusé d’avoir utilisé l’intelligence artificielle pour écrire C’était ça ou mourir, succès de la rentrée littéraire », sur sudouest.fr, (consulté le ).
  21. 1 2 3 « Le phénomène littéraire de la rentrée C'était ça ou mourir soupçonné d'avoir été écrit par l'IA, l'éditeur dénonce une "fake news" », sur BFM, (consulté le ).
  22. ↑ Nicolas Six, « Polémique Thélyson Orélien : comment fonctionne le détecteur de textes générés par IA, Pangram, et à quel point est-il fiable ? », sur Le Monde, (consulté le ).
  23. ↑ Florian Gouthière et Vincent Coquaz, « C’était ça ou mourir de Thélyson Orélien : le livre phénomène de la rentrée littéraire a-t-il été "intégralement rédigé" avec l’IA ? », Libération,‎ (lire en ligne).
  24. 1 2 Stéphane Jourdain, « Thélyson Orélien accusé d'avoir utilisé l'IA pour son premier roman, Grasset dénonce "une campagne de haine" », sur France Inter, (consulté le ).
  25. ↑ « Roman de la rentrée 2026 et IA : 35 chapitres sur 35 classés générés », sur Lucide.ai, (consulté le ).
  26. ↑ Maxime Dubernet de Boscq, « Accusé d’avoir utilisé l’IA pour écrire son roman phénomène de la rentrée, Thélyson Orélien assure être victime "d’attaques racistes" », sur lefigaro.fr, (consulté le ).
  27. ↑ Adrien Serrière, « Qui se cache derrière le compte "Balance ton Claude", à l'origine des accusations à l'encontre de Thélyson Orélien ? », sur France Inter, (consulté le ).
  28. 1 2 « Derrière l’affaire Thélyson Orélien, un mystérieux compte X et… un chroniqueur du Figaro », Télérama, 25 septembre 2026.
  29. ↑ Nathan Joubioux et Alexander Kazakevich, « Le phénomène de la rentrée littéraire C'était ça ou mourir face aux accusations de recours à l'IA », sur Euronews, (consulté le ).
  30. ↑ Victoire Lemoigne, « Thélyson Orélien accusé d’avoir écrit son roman avec l’IA : Le Figaro révèle qui se cache derrière "Balance ton Claude" » Accès payant, sur Le Figaro, (consulté le ).
  31. ↑ « Affaire Thélyson Orélien : Samuel Fitoussi, chroniqueur au Figaro, est le détenteur du compte X "Balance ton Claude" », Libération, .
  32. ↑ « Affaire Thélyson Orélien : l’essayiste Samuel Fitoussi, chroniqueur au Figaro, affirme être derrière le compte Balance ton Claude », Le Monde, .
  33. ↑ « Affaire Thélyson Orélien : l’essayiste Samuel Fitoussi, chroniqueur au Figaro, affirme être derrière le compte "Balance ton Claude" », Le Monde, 25 septembre 2026.
  34. ↑ « Derrière l’affaire Thélyson Orélien, un mystérieux compte X et… un chroniqueur du “Figaro” », Télérama, 25 septembre 2026.
  35. ↑ « Thélyson Orélien : mécanique d’une polémique », Médiapart, 23 septembre 2026.
  36. ↑ « "Balance ton Claude" : Samuel Fitoussi dit être derrière la polémique Orélien et se justifie (mais le flou persiste) », Huffpost, .
  37. ↑ Stéphanie Dupuis, « Des allégations de plagiat pèsent sur Thélyson Orélien », sur Radio-Canada, (consulté le )
  38. ↑ CheckNews, « «Prix du public» de Radio Canada : le texte soumis par Thélyson Orélien, lauréat de l’édition 2012, était un plagiat de Louis Pauwels », Libération,‎ (lire en ligne)
  39. ↑ Erwan Seznec, « Avant l’IA, le plagiat ? Thélyson Orélien, la polémique rebondit », Le Point,‎ (lire en ligne)
  40. ↑ Charles-Éric Blais-Poulin et Ulysse Bergeron, « Thélyson Orélien rattrapé par un passé de plagiaire », La Presse,‎ (lire en ligne, consulté le )
  41. ↑ service actu, « Après le soupçon du recours à l’IA, Thélyson Orélien visé par des allégations de plagiat au Canada et en France » Accès libre (Article), Le Nouvel Obs, (consulté le )
  42. ↑ Jacques Besnard, « Autre dossier épineux pour Thélyson Orélien, désormais soupçonné de plagiat », sur La Libre.be, (consulté le )
  43. ↑ Étienne Jacob, « Accusé d’avoir écrit son livre avec l’IA, Thélyson Orélien désormais soupçonné de nombreux plagiats », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  44. ↑ Ilana Moryoussef, « Le roman C'était ça ou mourir de Thélyson Orélien retiré de la sélection du prix Goncourt », sur France Inter, (consulté le ).
  45. ↑ « Accusé d’avoir utilisé l’IA et de plagiat, Thélyson Orélien suspendu du prix Strasbourg Espoir CIC », sur DNA, (consulté le ).

Voir aussi

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