Thélyson Orélien
Thélyson Orélien, né le aux Gonaïves (Haïti), est un écrivain québécois d’origine haïtienne. Poète, romancier, essayiste, chroniqueur et critique, il est notamment l’auteur du roman C'était ça ou mourir.
| Naissance | |
|---|---|
| Nom de naissance |
Thélyson Orélien |
| Nationalité | |
| Activités |
| Genre artistique |
roman, essai, poésie |
|---|---|
| Distinctions |
En 2026, il est accusé d'avoir commis des plagiats (ce qu'il reconnait) et utilisé une IA générative (ce qu'il dément) dans plusieurs de ses travaux.
Biographie
modifierJeunesse et études
modifierThélyson Orélien naît et grandit aux Gonaïves (Haïti) en 1988. Troisième d'une fratrie de cinq enfants, il est issu d'une famille protestante de classe moyenne qui parle le créole haïtien à la maison[3]. Son père, comptable dans une grande ONG américaine et passionné de théologie, est un ancien professeur et directeur d'école, tandis que sa mère est institutrice[4], couturière[3] ou orthophoniste[5]. Dans son enfance, Thélyson Orélien est scolarisé dans une école privée catholique[3].
En 2007, il est récompensé du Prix interrégional Jeunes Auteurs (PIJA), un concours d'écriture suisse destiné aux « jeunes francophones et francophiles de 15 à 20 ans de partout dans le monde »[6], pour un poème intitulé Les Couleurs de ma terre[5]. Le texte est par la suite publié aux éditions de l'Hèbe[7].
Après avoir étudié le droit à Port-au-Prince, il rejoint la faculté de droit aux Gonaïves, où il complète une formation de juriste, avant de quitter Haïti[7].
Départ pour le Canada
modifierEn 2010, sa maison est détruite par le séisme qui frappe Haïti. Il s’installe alors au Québec, aidé par des proches déjà présents au Canada pour obtenir un visa puis un titre de séjour. Il poursuit des études d'économie et de science politique à l'Université de Montréal[3].
Il indique s'engager dans le journalisme en parallèle de ses études[3],[8],[7].
Débuts littéraires
modifierIl écrit dans différents journaux, plateformes et espaces de réflexion : il signe des chroniques d'opinion sur Mondoblog et sur La Presse au début des années 2010. En 2012, Radio-Canada décerne le prix du public à sa nouvelle Où va le monde[9]. Entre 2023 et 2024, il tient un site d'information nommé Erra Magazine[10].
C’était ça ou mourir
modifierEn 2026 paraît le roman intitulé C’était ça ou mourir aux Éditions du Boréal.
Avant même sa parution québécoise, le , le livre suscite un intérêt exceptionnel auprès de plusieurs éditeurs internationaux. Les droits pour l’Europe francophone sont acquis par les Éditions Grasset, maison présidée, alors, par Olivier Nora. Son éditeur français est Joachim Schnerf qui dirige le domaine étranger chez Grasset, et qui a obtenu les droits après enchères (pour un montant qu’il tient à garder confidentiel, mais qui avoisinerait les 80 000 euros, selon Le Monde[11]).
Le roman reçoit aussi un accueil louangeur dans le milieu littéraire français[12].
Le 21 septembre 2026, jour où l'ouvrage gagne le prix du roman Fnac, un compte X anonyme nommé Balance ton Claude, créé en , accuse Thélyson Orélien d'avoir utilisé une IA pour écrire la quasi intégralité de son roman, sur la base de l'analyse de l'outil Pangram[13].
Des analyses complémentaires et des enquêtes journalistiques soutiennent cette hypothèse[14],[15],[16],[17],[18],[19] mais l'écrivain et ses éditeurs contestent les accusations et certains médias appellent à la prudence[20],[21],[22].
Le 24 septembre 2026, Le Figaro révèle que la personne derrière le compte Balance ton Claude est l'essayiste Samuel Fitoussi, chroniqueur dans le même quotidien[23].
Le 25 septembre 2026, l'Académie Goncourt retire C'était ça ou mourir de la première sélection du prix Goncourt 2026, considérant que l'ouvrage « est selon toute vraisemblance très largement le produit d'une intelligence artificielle »[24]. Le même jour, le prix Strasbourg Espoir CIC lui est également retiré pour les mêmes raisons[25]. Néanmoins, les ventes du livres ne sont pas nécessairement impactées par la polémique, notamment en Suisse[26]. En France, il se classe à la meilleure place des ventes[27]. Avec le soutien de son éditeur[28], il dément mi octobre avoir utilisé une IA générative pour écrire son roman[29],[30].
Plagiats
modifierÀ la suite de ces accusations, une vingtaine de ses productions sont identifiées comme des plagiats en [31]. Dans sa nouvelle Où va le monde, près de la moitié du contenu est identique à la préface du Matin des magiciens de Louis Pauwels et Jacques Bergier[9],[32],[33],[34],[35]. Plusieurs de ses chroniques publiées dans la presse sont aussi touchées par cette pratique[9],[32],[33],[34],[36],[37],[38]. L'auteur reconnaît des plagiats[29],[30].
Vie privée
modifierPère de trois garçons, il se marie en 2017 au Canada[6].
Œuvres
modifierRoman
modifier- C'était ça ou mourir, Éditions du Boréal, Montréal, 2026[39] puis Éditions Grasset, Paris, 2026
Poésie
modifierEssai
modifier- Penser le mot en N : Cartographie d’une blessure vivante, Éditions Rocheuses, Ottawa, 2024
Publications collectives
modifier- Rimbaud 009 : anthologie de la jeune poésie d'aujourd'hui : 90 poèmes inédits, Maison de la Poésie de Paris, 2009
- Poètes pour Haïti, avec Alain Mabanckou, Ernest Pepin, Khal Torabully, Lélio Brun, André Robèr, José Le Moigne, Jean-Luc Maxence, Colette Nys-Mazure, Nicole Barrière, Gaëlle Josse, Catherine Boudet, Philippe Tancelin, Eric Dubois, Patricia Laranco, Saint-John Kauss et Dana Shishmanian[42], L’Harmattan, 2011
- Milcé Jean-Euphèle (dir.), Kettly Mars, Emmelie Prophète et al., Ancre des dattes : textes réunis, Port-au-Prince, Haïti, éd. Page Ailée, (ISBN 978-9-9935-7860-4)
- IntranQu'Îllités no 2, sous la direction de James Noël et Pascale Monnin, éditions Passagers des Vents, 2013[43]
- IntranQu'îllités no 3, éditions Passagers des Vents, 2014 (ISBN 978-9-9970-6103-4)[44]
- James Noël (dir.) (préf. Rodney Saint-Éloi), Anthologie de poésie haïtienne contemporaine: 73 poètes : 27 750 Km², p. 509-511 avec Anthony Phelps, René Depestre, Frankétienne, Georges Castera, Claude Pierre, Gérald Bloncourt, Josaphat-Robert Large, Gary Klang, Évelyne Trouillot, Lyonel Trouillot, Michèle Marcelin, Christopher Charles. Éditions Points, novembre 2015, 576 p.
Distinctions
modifier- 2006 : lauréat du concours d’écriture des Nations unies pour Haïti
- 2007 : prix international jeunes auteurs (PIJA) dans la catégorie langue apprise[41]
- 2009 : finaliste du prix Arthur Rimbaud : anthologie de la jeune poésie d'aujourd'hui : 90 poèmes inédits (Maison de la Poésie de Paris, 2009)
- 2014 : prix du public de Radio-Canada pour sa nouvelle Où va le monde dans la série Les écrivains et la science, petites découvertes et grandes révélations[45]
- 2024 : prix Amaranthe[1] pour Le rêve de la mer Noire Fiction (inédit)
- 2026 : prix Méduse pour C'était ça ou mourir[46]
- 2026 : prix Première Plume pour C'était ça ou mourir[47]
- 2026 : prix du Roman FNAC pour C'était ça ou mourir[48]
Notes et références
modifier- 1 2 Joseph Joubert, « Thélyson Orélien : l’écriture comme territoire, la parole comme engagement », sur Le Nouvelliste, (consulté le ).
- ↑ « Vos bons mots pour ceux qui aiment le Québec avec style », sur La Presse, (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 (en-US) Norimitsu Onishi et Nasuna Stuart-Ulin, « Quebec Novelist Shines a Harsh Spotlight on Migration, and on Trump’s America », The New York Times, (ISSN 0362-4331, lire en ligne
, consulté le ) - ↑ Lisbeth Koutchoumoff Arman, « Thélyson Orélien, auteur du roman-phénomène de la rentrée : "Je devais redonner un visage et une voix aux migrants anonymes" », Le Temps, (lire en ligne
, consulté le ). - 1 2 Amaury da Cunha, « Qui est Thélyson Orélien, le jeune écrivain promis à un début de gloire littéraire qui a tourné court ? », Le Monde, (lire en ligne
, consulté le ). - 1 2 Valérie Lessard, « C’était ça ou mourir : au nom de tous les migrants », sur Radio Canada, (consulté le ).
- 1 2 3 Thélyson Orélien (Propos recueillis par Valérie Marin La Meslée), « Thélyson Orélien : "Ce qui me touche vraiment, c’est d’avoir été accueilli" », Le Point, (lire en ligne).
- ↑ « Thélyson Orélien », sur La Press€ (consulté le ).
- 1 2 3 Stéphanie Dupuis, « Des allégations de plagiat pèsent sur Thélyson Orélien », sur Radio-Canada, (consulté le )
- ↑ « Thélyson Orélien a-t-il oublié un prompt ChatGPT sur son site internet ? », sur ActuaLitté.com (consulté le )
- ↑ Clémentine Goldszal, « Une rentrée littéraire marquée par les écrivains québécois : « Notre littérature est peut-être moins normée et plus libre » », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Thierry Clermont, « Des louanges unanimes aux soupçons de plagiat et d’IA : la chute brutale de Thélyson Orélien, le phénomène de la rentrée littéraire », Le Figaro, (lire en ligne).
- ↑ « Accusé d'avoir utilisé l'IA pour C’était ça ou mourir, l'écrivain haïtien Thélyson Orélien s'en défend », RFI, 23/09/2026
- ↑ « Un spécialiste de l’IA décrypte la polémique Thélyson Orélien : « Les indices sont assez parlants… » », sur Le Nouvel Obs, (consulté le ).
- ↑ Florian Gouthière et Vincent Coquaz, « C’était ça ou mourir de Thélyson Orélien : le livre phénomène de la rentrée littéraire a-t-il été "intégralement rédigé" avec l’IA ? », Libération, (lire en ligne).
- ↑ Stéphane Jourdain, « Thélyson Orélien accusé d'avoir utilisé l'IA pour son premier roman, Grasset dénonce "une campagne de haine" », sur France Inter, (consulté le ).
- ↑ « Roman de la rentrée 2026 et IA : 35 chapitres sur 35 classés générés », sur Lucide.ai, (consulté le ).
- ↑ Héloïse Pons, « Pangram, le logiciel qui accuse Thélyson Orélien d’avoir écrit son livre avec l’IA, est-il vraiment fiable ? », Le Point, (lire en ligne).
- ↑ Michaël Szadkowski, « Affaire Thélyson Orélien : le concepteur de Pangram, Max Spero, n’a « aucun doute » sur la présence d’IA dans le roman « C’était ça ou mourir » », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Sud-Ouest avec AFP, « L’écrivain Thélyson Orélien accusé d’avoir utilisé l’intelligence artificielle pour écrire C’était ça ou mourir, succès de la rentrée littéraire », sur sudouest.fr, (consulté le ).
- ↑ « Le phénomène littéraire de la rentrée C'était ça ou mourir soupçonné d'avoir été écrit par l'IA, l'éditeur dénonce une "fake news" », sur BFM, (consulté le ).
- ↑ Nicolas Six, « Polémique Thélyson Orélien : comment fonctionne le détecteur de textes générés par IA, Pangram, et à quel point est-il fiable ? », sur Le Monde, (consulté le ).
- ↑ Victoire Lemoigne, « Thélyson Orélien accusé d’avoir écrit son roman avec l’IA : Le Figaro révèle qui se cache derrière «Balance ton Claude» »
, sur Le Figaro, (consulté le ) - ↑ Ilana Moryoussef, « Le roman C'était ça ou mourir de Thélyson Orélien retiré de la sélection du prix Goncourt », sur France Inter, (consulté le )
- ↑ « Accusé d’avoir utilisé l’IA et de plagiat, Thélyson Orélien suspendu du prix Strasbourg Espoir CIC », sur DNA, (consulté le ).
- ↑ Julien Bury, « «La polémique ne va pas m’enlever mon émotion»: les librairies romandes continuent de soutenir Thélyson Orélien », Le Temps, (lire en ligne
, consulté le ). - ↑ Sandrine Bajos y, « Malgré la polémique, « C’était ça ou mourir » de Thélyson Orélien devient le roman le plus vendu en France », Le Parisien, (lire en ligne
, consulté le ). - ↑ « Thélyson Orélien soutenu par son éditeur québécois après son démenti sur l’IA », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 « «Des erreurs inacceptables» : Thélyson Orélien reconnaît des plagiats mais conteste l’usage de l’IA pour son roman «C’était ça ou mourir» », Libération, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 « Thélyson Orélien nie avoir utilisé une IA pour son roman « C’était ça ou mourir » : « Ce roman vient de mes blessures et de celles des autres migrants » », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Affaire Thélyson Orélien: il a aussi plagié le romancier québécois Jacques Poulin », Le Journal de Québec, (lire en ligne)
- 1 2 CheckNews, « «Prix du public» de Radio Canada : le texte soumis par Thélyson Orélien, lauréat de l’édition 2012, était un plagiat de Louis Pauwels », Libération, (lire en ligne)
- 1 2 Erwan Seznec, « Avant l’IA, le plagiat ? Thélyson Orélien, la polémique rebondit », Le Point, (lire en ligne)
- 1 2 Charles-Éric Blais-Poulin et Ulysse Bergeron, « Thélyson Orélien rattrapé par un passé de plagiaire », La Presse, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Par Le Parisien avec AFP, « "Cette tromperie est décevante et inexcusable" : l’écrivain Thélyson Orélien est aussi accusé de plagiat au Canada », Le Parisien, (lire en ligne)
- ↑ service actu, « Après le soupçon du recours à l’IA, Thélyson Orélien visé par des allégations de plagiat au Canada et en France »
(Article), Le Nouvel Obs, (consulté le ) - ↑ Jacques Besnard, « Autre dossier épineux pour Thélyson Orélien, désormais soupçonné de plagiat », sur La Libre.be, (consulté le )
- ↑ Étienne Jacob, « Accusé d’avoir écrit son livre avec l’IA, Thélyson Orélien désormais soupçonné de nombreux plagiats », Le Figaro, (lire en ligne).
- ↑ Joseph Joubert, « C'était ça ou mourir, nouveau roman de Thélyson Orélien », sur Le Nouvelliste, (consulté le ).
- 1 2 Philippe Monneveux, « La poésie haïtienne des origines à nos jours », sur Sens public, (consulté le ).
- 1 2 « Les Couleurs de ma terre », sur Palmarès du prix PIJA 2007 (consulté le ).
- ↑ « Poètes pour Haïti », sur Potomitan (consulté le ).
- ↑ Éditions Zulma, « IntranQu’îllités n° 2, Revue littéraire et artistique ».
- ↑ Éditions Zulma, « IntranQu’îllités n° 3, Revue littéraire et artistique ».
- ↑ « Défi Radio-Canada - Thélyson Orélien Prix du public », sur Potomitan, (consulté le )
- ↑ Hocine Bouhadjera, « Thélyson Orélien remporte le Prix Méduse 2026 avec C’était ça ou mourir », sur ActuaLitté.com, (consulté le )
- ↑ Is R, « Thélyson Orélien remporte le prix Première Plume 2026 », sur La Voix du Nord, (consulté le )
- ↑ « Prix du roman Fnac 2026 », sur www.fnac.com (consulté le )
Liens externes
modifier- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Port d’Attache