Cameroun septentrional
Le Cameroun septentrional ou Cameroun du Nord (en anglais : Northern Cameroons) était la partie nord du Cameroun britannique, un territoire sous mandat de la Société des Nations administré par le Royaume-Uni. Aujourd'hui, il correspond à trois États du Nigeria : Adamawa, Borno et Taraba[1].
(en) Northern Cameroons
–
(38 ans, 10 mois et 11 jours)
| Statut | Partie nord du Cameroun britannique |
|---|---|
| Langue(s) | Anglais |
| Religion | Islam, animisme |
| Population (1925) | 700 000 |
|---|
| Premier référendum | |
| Second référendum | |
| Rattachement au Nigeria |
Entités précédentes :
Entités suivantes :
Nigeria (Province de Sardauna)
Administration territoriale
modifierLe Cameroun septentrional est divisé en deux provinces : Bornu et Adamawa, chacune dirigée par un résident. La province de Bornu comprend l'émirat de Dikoa. La province d'Adamawa comprend les districts d'Adamawa, les districts situés au nord et au sud du fleuve Bénoué, ainsi que Gurumpao et Yebbi. Ces territoires sont administrés par le Lamido d'Adamawa, sous l'autorité du résident de la province d'Adamawa. La division de Gashaka est, quant à elle, administrée par un district officer basé à Gashaka, également sous l'autorité du résident de la province d'Adamawa[2].
Afin de préserver leurs ressources et pour des raisons de commodité administrative, les Britanniques, conformément au décret du , administrent le Cameroun septentrional depuis la région du nord du Nigeria, sans pour autant l'intégrer au Nigeria[1].
Histoire
modifierLe Kamerun (dont le territoire correspond à l’actuel Cameroun et à la frange Est du Nigeria) est colonisé par l'Allemagne sous le régime du protectorat durant la « course à l'Afrique » entre puissances européennes à la fin du XIXe siècle. Pendant la Première Guerre mondiale, le protectorat est occupé par les troupes britanniques, françaises et belges. À l'issue du traité de Versailles, le protectorat est divisé entre un territoire sous mandat français et un territoire sous mandat britannique.
Période du mandat (1922-1946)
modifierPériode de la tutelle (1946-1961)
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Le , le territoire organise son premier référendum : les électeurs avaient le choix entre rejoindre le Nigeria et reporter la décision[4] ; ils optent pour cette dernière solution, 62,25 % d'entre eux s'étant prononcés en faveur du report de la décision[4].
Un deuxième référendum a lieu le , offrant aux électeurs le choix entre l'union avec le Nigeria (indépendant depuis le ) ou avec le Cameroun (indépendant depuis le ) ; 60 % des électeurs du Cameroun septentrional se prononcent en faveur de l'union avec le Nigeria, contre 40 % en faveur de l'union avec le Cameroun[4]. C'est ainsi que le Cameroun septentrional devient la province de Sardauna au Nigeria[1].
Du au , le territoire dispose d'un quasi-gouvernement régional[1].
Dirigeants
modifierÉducation
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Dans les années 1920, les Britanniques proposent de créer une école musulmane officielle à Dikoa[5].
Au Cameroun septentrional, l’éducation est en retard par rapport à celle du Cameroun méridional. Pour pallier la pénurie d’enseignants, le nombre d’écoles est réduit de 10 à 6, tandis que l’effectif moyen par classe augmente[5].
En 1925, le territoire compte trois écoles primaires, pour un effectif total de 31 élèves[6]. En 1930, il n’y a plus qu’une seule école à Mubi, qui accueillait 28 enfants. Il existe une autre école, non subventionnée et non reconnue, dans la province de Dikoa, sous juridiction nigériane[6]. Cinq habitants du Cameroun septentrional suivent une formation pour devenir instituteurs au Nigeria. La même année, on compte 619 écoles musulmanes qui n’avaient que peu ou pas de lien avec l’enseignement de type occidental. En 1938, le Cameroun septentrional compte quatre écoles primaires reconnues[6].
Un représentant britannique au Conseil de tutelle des Nations unies déclare au début des années 1950 : « Dans la partie reculée du Cameroun septentrional (district de Dikwa), l'analphabétisme atteint presque 100 % »[6].
La situation s’améliore légèrement à la fin des années 1950 avec la création de trois écoles primaires dans les provinces d'Adamawa du Nord et d'Adamawa du Sud[6]. En 1961, à la fin de la tutelle britannique, il n’y avait jamais eu d’école secondaire au Cameroun septentrional, ni aucune école pour filles[6].
Population
modifierLe Cameroun septentrional est principalement composé de groupes tribaux animistes — c'est-à-dire qui pratiquent le culte des esprits — et d'une minorité de tribus musulmanes plus avancées et mieux organisées sur le plan politique[7].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 (en-US) PRNigeria, « The Nigerian States that Formed Parts of Northern Cameroons », sur PRNigeria News, (consulté le )
- ↑ (en) Robert René Kuczynski et Royal Institute of International Affairs, The Cameroons and Togoland., Oxford University Press, (lire en ligne), p.226-227
- ↑ Article du journal La Dépêche coloniale du 7 août 1924, page 1
- 1 2 3 « Sub-National Referendums in Sub-Saharan Africa », sur africanelections.tripod.com (consulté le )
- 1 2 Article du journal La Dépêche coloniale du 7 août 1924, page 2
- 1 2 3 4 5 6 (en) W. Munji, « The United Kingdom’s Troubled Legacy in the Cameroons », sur Medium, (consulté le )
- ↑ (en) « Cameroons Area To Stay as Trust; Northern Section Plebiscite Favors Retaining British Under U. N. Mandate », sur The New York Times,
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Anicet Oloa Zambo, L'affaire du Cameroun septentrional - Cameroun/Royaume-Uni, Paris, L'Harmattan, 2007, 288 p. (ISBN 978-2-296-02494-6)