Carolco Pictures Inc. est une société de production cinématographique américaine indépendante, créée en 1976 et disparue en 1995. Elle a principalement produit des films d'action comme Rambo (et ses deux premières suites), Total Recall, Terminator 2 : Le Jugement dernier ainsi que des thrillers comme Basic Instinct.

Carolco Pictures
logo de Carolco Pictures

Création 1976
Dates clés 1996 : faillite de la société
2015 : relance par Alex Bafer
Disparition 1996
Fondateurs Mario Kassar
Andrew G. Vajna
Siège social Drapeau États-Unis
Direction Alex Bafer
Mario Kassar
Activité Production audiovisuelle
Produits films, téléfilms
Site web carolcopictures.com

Histoire

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Création

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La société est fondée par deux investisseurs du cinéma, Mario Kassar et Andrew Vajna sous le nom d’Anabasis Investments en 1982. Leur but est alors de créer une nouvelle société de production, indépendante des « majors ». Carolco est un nom qu’ils ont emprunté à une ancienne entreprise basée au Panama. « Nous venons d'acheter le nom », a déclaré plus tard Kassar à Entertainment Weekly. « Cela ne signifie rien. »[1]

Premiers succès

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L'un des premiers films produits par Carolco est Rambo en 1982 suivi par Rambo 2 : La Mission en 1985 avec Sylvester Stallone.

Dès 1989, des désaccords apparaissent entre les deux fondateurs sur l'orientation de Carolco. Mario Kassar et le PDG Peter Hoffman souhaitent transformer l'entreprise en un studio de plus grande envergure, alors qu'Andy Vajna estime que leur expansion est trop excessive et rapide[2],[3]. Andy Vajna fonde Cinergi Pictures en novembre 1989, avec un partenariat avec Hollywood Pictures, filiale de The Walt Disney Company. Le mois suivant, Andrew Vajna vend ses parts de Carolco à Mario Kassar pour 106 millions de dollars, portant ainsi la participation de ce dernier dans Carolco à 62 %[4]

Terminator et les années 1990

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Grâce notamment au succès de Rambo, Carolco peut acheter les droits de la franchise Terminator à la compagnie Hemdale Film Corporation. Elle engage à nouveau James Cameron (qui a également travaillé sur le script de Rambo 2 : La Mission) et Arnold Schwarzenegger pour réaliser et interpréter Terminator 2 : Le Jugement dernier (sorti en 1991) qui devient le plus gros succès de cette année et également celui de la société Carolco.

Parmi les autres films de Carolco on trouve également Extrême préjudice, Angel Heart, Cliffhanger : Traque au sommet (Cliffhanger), The Doors, Total Recall, Chaplin, Basic Instinct, L'Aigle de fer 2, et Stargate, la porte des étoiles.

L'île aux pirates puis la faillite

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Carolco acquiert ensuite plusieurs compagnies actives dans la production et la distribution d'émissions et de séries de télévision. La société tente d'acquérir les droits de Spider-Man, sans succès.

En mai 1994, Carolco développe en paralèlle deux films à gros budget : Crusade, un film épique avec Arnold Schwarzenegger, écrit par Walon Green et réalisé par Paul Verhoeven ; et L'Île aux pirates, un Film de cape et d'épée avec Michael Douglas en tête d'affiche et Renny Harlin à la réalisation[5],[6]. À ce stade, les pertes financières et les dettes du studio s'étaient fortement aggravées, au point qu'il pouvait à peine financer l'un des deux projets. Mais il était alors impossible d'annuler les deux projets, le financement par des investisseurs étrangers étant déjà en place[7]. Carolco décide donc de poursuivre le projet L'Île aux pirates et d'annuler Crusade, car le budget prévisionnel de ce dernier atteignait 100 millions de dollars et Paul Verhoeven n'a pas pu garantir qu'il n'augmenterait pas davantage[5],[6],[8].

Au début de la production de L'Île aux pirates, Michael Douglas se désiste et est remplacé par un acteur bien moins bankable, Matthew Modine. Geena Davis, choisie pour le rôle féminin principal par l'intermédiaire de Renny Harlin  son mari de l'époque  était déjà une vedette de premier plan, mais elle sortait d'une série d'échecs commerciaux. La MGM espérait promouvoir le film en misant sur le grand spectacle plutôt que sur la distribution, mais le studio ne peut se consacrer pleinement à une campagne marketing, car il était alors en cours de vente[7]. Afin de réunir davantage de fonds pour le film, Carolco cède les droits de plusieurs films en cours de production, notamment Le Dernier Cheyenne, Stargate, la porte des étoiles et Showgirls[9],[10],[11],[12],[13]. En octobre 1994, Carolco se retrouve à court de fonds. Pioneer investit alors 8 millions de dollars[14]. En avril 1995, Carolco annonce qu'elle est dans l'impossibilité d'honorer les paiements d'intérêts sur une dette de près de 55 millions de dollars[15]. En novembre de la même année, la société se place sous la protection du Chapitre 11 de la loi sur les faillites. L'Île aux pirates sort le mois suivant et est un échec cuisant au box-office, rapportant 16 millions de dollars pour un budget final estimé entre 90 et 100 millions de dollars[16],[17].

Faute de recettes au box-office conformes aux attentes, Carolco est contrainte de se liquider. En novembre 1995, la société accepte de vendre ses actifs à la 20th Century Fox pour 50 millions de dollars[18]. Dans le cadre de l'accord, la Fox acquiert alors le catalogue de films de Carolco ainsi que les droits de produire des suites basées sur leur films, notamment la franchise Terminator[19],[20]. En janvier 1996, Canal+ formule une contre-offre de 58 millions de dollars pour le catalogue. La Fox, qui avait entre-temps ramené son offre à 47,5 millions de dollars, renonce finalement à la transaction[20]. La Fox perçoit donc une indemnité de rupture de 1,25 million de dollars, car le groupe avait déjà signé un accord pour ces actifs[20]. Contrairement à l'offre de la Fox, celle de Canal+ ne portait que sur le catalogue de films, et non sur les droits relatifs aux suites de ces œuvres[20]. À la suite de la vente de Canal+, il a été supposé que les droits des suites des films de Carolco seraient ultérieurement cédés à d'autres parties dans le cadre de transactions distinctes[20].

Au cours de la procédure de faillite, les finances de Carolco font l'objet d'une enquête de l'Internal Revenue Service. L'organisme soupçonnait qu'entre 1988 et 1990, le PDG de Carolco Peter Hoffman avait mis en place des mécanismes de rémunération différée et d'évasion fiscale  fondés sur une sous-déclaration des revenus  afin de maintenir l'activité du studio tout en préservant son propre salaire[21] ,[22]. Peter Hoffman sera inculpé de quatre chefs d'accusation pour fraude fiscale. En 1997, il conclut finalement un accord et plaide coupable d'une infraction fiscale mineure. Il accepte de payer une amende de 5 000 dollars et deux des chefs d'accusation sont abandonnés[23],[24].

Bien que Mario Kassar et Andrew Vajna n'étaient pas été directement impliqués dans les activités frauduleuses de Peter Hoffman, ils devaient conjointement à l'IRS 109,7 millions de dollars, au titre d'arriérés d'impôts et de pénalités découlant des paiements insuffisants du studio [21],[25]. Ces arriérés d'impôts seront finalement réglés en 2002, Andrew Vajna acceptera de verser 6,5 millions de dollars et Mario Kassar 45 millions de dollars[26].

C-2 Pictures

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En 1998, Kassar et Vajna se sont associés pour fonder C-2 Pictures (en), société destinée à succéder à la fois à Carolco et à Cinergi. La première production de la société est le film Espion et demi (2003) avec Eddie Murphy et Owen Wilson. Les deux producteurs relancent ensuite la franchise Terminator avec le film Terminator 3 : Le Soulèvement des machines, des jeux vidéo et même une série télévisée, Terminator : Les Chroniques de Sarah Connor (2008-2009). Entre-temps, C-2 Pictures produit Basic Instinct 2 (2006), suite de Basic Instinct (1992). L'activité de la société s'arrête en 2008. Parallèlement, Peter Hoffman dirige Seven Arts Pictures (en) jusqu'en 2014, date à laquelle il a fait l'objet de nouvelles poursuites pénales pour avoir fraudé le système de crédit d'impôt de l'État de Louisiane[24],[27].

2015 : la renaissance

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En , Mario Kassar annonce le retour de Carolco. Le producteur vient alors de se joindre à l’équipe de l'entreprise Brick Top Productions. Cette dernière avait acquis la marque de commerce « Carolco Pictures ». Elle décide de ressusciter le studio « culte », en plus de changer son nom légal pour celui de Carolco Pictures[28]. La société annonce travailler sur le film Audition réalisé par Richard Gray et remake du film japonais du même nom sorti en 1999[29],[30].

Postérité

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En 2026, le documentaire français Carolco, un rêve hollywoodien revient sur les grandes années du studio, ses grands projets inaboutis (notamment Isobar, Crusades et Gale Force), le style des deux fondateurs et surtout le déclin de l'entreprise. Réalisé par Julien Dupuy et Jérémy Fauchoux, le film met en scène les témoignages de plusieurs collaborateurs réguliers du studio : Pierre Lescure (ancien président de Canal+), Lynwood Spinks (président de la production de Carolco), Chris Yogerst (auteur et journaliste au Hollywood Reporter), les scénaristes Joe Eszterhas, Dean Devlin et Steven E. de Souza, Ross Lamanna (scénariste interne chez Carolco), les réalisateurs Costa-Gavras, Adrian Lyne, Paul Verhoeven, Peter MacDonald et Roland Emmerich[31],[1].

Filmographie

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Cinéma

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Une catégorie est consacrée à ce sujet : Film de Carolco Pictures.

Télévision

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Notes et références

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  1. 1 2 [vidéo] Capture-Mag, « Carolco, un rêve hollywoodien - Steroïds le podcast », sur YouTube,
  2. (en) Ryan Lambie, « The rise and fall of Carolco », sur Den of Geek, (consulté le )
  3. (en) James Parish, Fiasco: A History of Hollywood's Iconic Flops, United States, Trade Paper Press, , 213 p. (ISBN 978-0470098295)
  4. (en) Bill Daniels, « Vajna to receive $106-mil from sale of his Carolco Pictures stake », Variety, , p. 3
  5. 1 2 Prince, pp. 148.
  6. 1 2 (en) Scott Campbell, « The studio-killing flop that torpedoed an Arnold Schwarzenegger epic », (consulté le )
  7. 1 2 The Business. "Action Director Renny Harlin" (radio interview). KCRW, Santa Monica, California. Retrieved October 17, 2011.
  8. (en) Ali Plumb, « Schwarzenegger On How Crusade Failed », sur Empire, (consulté le )
  9. Prince, pp. 148-149.
  10. (en) « 'RECALL' IN NEW DIMENSION », sur Variety, (consulté le )
  11. (en) « Company Town: Carolco May Be Close to Restructuring », sur LA Times, (consulté le )
  12. (en) « Kassar signs deal with Paramount », United Press International, (consulté le )
  13. (en) « Carlco Pictures Contract », (consulté le )
  14. (en) Gwen Robinson et Rex Weiner, « Pioneer pulls back », Variety, , p. 4
  15. (en) Anita M. Busch, « Will 'Island' cut Carolco's throat? », Variety, , p. 4
  16. (en) « Largest box office loss » [archive du ], Guinness World Records, (consulté le )
  17. (en) James Sterngold, « Debacle on the High Seas », The New York Times, (consulté le )
  18. (en) « COMPANY NEWS; CAROLCO PICTURES FILES FOR BANKRUPTCY PROTECTION », New York Times,
  19. (en) « Carolco Opens Final Chapter – No. 11 – With Fox Sale » [archive du ], Variety, (consulté le )
  20. 1 2 3 4 5 Bates, James. "New Carolco Library Bid Sends Fox Running." Los Angeles Times (January 17, 1996)
  21. 1 2 (en) James Bates, « Tax Case Against Producer Isn’t What It Seems », Los Angeles Times, (consulté le )
  22. (en) Janet Shprintz, « Tax evasion trial begins for Hoffman » [archive du ], Variety, (consulté le )
  23. (en) James Bates, « Producer Pleads Guilty to Tax Misdemeanor » Accès payant, Los Angeles Times, (consulté le )
  24. 1 2 (en) Eriq Gardner, « Movie Producer Peter Hoffman Charged With Film Tax Credit Fraud » [archive du ], The Hollywood Reporter, (consulté le )
  25. (en) James Bates, « Big Tax Trouble For Ex-Carolco Pair » Accès payant, Los Angeles Times, (consulté le )
  26. (en) James Bates, « Producer to Pay Hefty Back Taxes » Accès payant, Los Angeles Times, (consulté le )
  27. (en) David Robb, « Seven Arts Founder Peter Hoffman Gets Probation & Fine For Louisiana Film Tax Fraud Scheme – Update », sur Deadline.com, (consulté le )
  28. (en) « Iconic Film Name Carolco Pictures Returns for First Time in 20 Years », sur BrickTopProductions.com, (consulté le )
  29. « Carolco Pictures renaît de ses cendres!! », sur Ciné masculin.com, (consulté le )
  30. « Carolco Pictures : Le célèbre studio renait de ses cendres », sur Eklecty-city.fr, (consulté le )
  31. « CAROLCO – Un rêve hollywoodien », sur L'atelier d'images (consulté le ).
  32. Également connu sous le titre L'Exorciste en folie

Annexes

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