Cassiciacum est la maison de campagne du grammairien romain Verecundus en 386 d'après le livre des Confessions d'Augustin ix, 3, 5[1]. Elle est située dans un parc de Cassago Brianza[2], au sud du Lac de Côme situé à 33 kilomètres au nord de Milan[3] en Italie. Ce lieu est fameux car Augustin d'Hiponne et ses amis firent une retraite philosophique et pré-baptismale de 386 à 387, et de nombreux ouvrages furent composés.

Monument mémorial du Parc Saint Augustin lieu dit du Cassiciacum à Cassago Brianza

Lieu de retraite philosophique et pré-batismale d'Augustin

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Cassiciacum est un bourg, une villa appartenant à Verecundus, un ami d'Augustin d'Hippone[4]. Augustin en plein doute sur sa carrière de fonctionnaire romain (il a été soutenu par le préfet Symmaque pour devenir rhéteur à Milan), s'y retire à l'automne de l'année 386 avec des élèves (Licentius, Alypius …), des membres de sa famille (sa mère Monique, son frère Navigius, son fils Adéodat et ses cousins Lastidianus et Rusticus), probablement soutenu financièrement par Manlius Theodorus. Il y médita, rédigea quatre textes importants sous forme de dialogues. Ces quatre textes sont : Contra Academicos, De Beata Vita, De Ordine et les Soliloquia. Au milieu de cette période, il reçoit le baptême à Milan de l'évêque Ambroise de Milan[5] à Pâques de 387.

« ô fidèle prometteur, vous rendrez à Verecundus, en retour de l’hospitalité de Cassiacum, où nous nous reposâmes des tourmentes du siècle, la fraîcheur à jamais verdoyante de votre paradis, car vous lui avez remis ses péchés sur la terre, sur votre montagne, la montagne opime, la montagne féconde »Livre IX, iii, 5

 Augustin d'Hiponne, Les Confessions (trad. Poujoulat)

Cassiciacum apparaît comme le lieu spécifique de l'otium augustinien, c'est-à-dire de ce temps consacré à l'étude qui, au contraire du loisir patricien, qui consiste à s'entretenir des belles choses avec ses amis (du jardin, de la maison, des livres, voire de la politique, comme dans la République de Cicéron), joue un rôle important dans sa conversion au christianisme. Augustin a « toujours soupiré après la philosophie », dit-il lui-même dans ses Confessions. À Cassiciacum, il prend le temps de lire les libri platonicorum (les "livres des Platoniciens") que lui ont confiés certains amis de Milan. Parmi eux, on sait qu'il y a certains livres des Ennéades de Plotin, des traductions de Porphyre par Marius Victorinus, notamment le De regressu animae (Du retour de l'âme).

Un villa romaine à Cassago Brianza

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L'identification de Cassiciacum avec l'actuelle Cassago Brianza est admise par la majorité des historiens modernes, mais une hypothèse concurrente le situait sur le site à Casciago, près de Varèse.

L'identification avec Cassago Brianza repose principalement sur la continuité du toponyme entre Cassiciacum et Cassago, sur la présence de vestiges d'époque romaine dans la localité et sur la concordance entre le paysage décrit dans les Dialogues d'Augustin et celui de la Brianza. Des recherches archéologiques ont en outre mis au jour des structures et des artefacts attestant une occupation romaine du site. À l'inverse, les partisans de Casciago mettent surtout en avant la proximité phonétique entre les noms Cassiciacum et Casciago. Les sources anciennes ne fournissant pas d'indication géographique suffisamment précise pour trancher définitivement, l'identification repose sur un faisceau d'indices toponymiques, historiques et archéologiques[6].

Le parc achéologique

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Dans le parc archéologique de Saint Augustin de Cassago Brianza, site du Cassiciacum[7], est érigé un retable en bronze de 1986 représentant Augustin et sa mère Monique présente lors de sa retraite, œuvre du Maestro Enrico Manfrini. Le monument a été inauguré par le cardinal de Milan : l’archevêque Carlo Maria Martini le 28 août 1986[8].

Fontaine de Saint-Augustin au Parc Saint Augustin lieu dit du Cassiciacum à Cassago Brianza

L'incription contemporaine rend hommage en disant : Verecundo Mediolanesi et civil et grammatico Aurelius Augustinus Rure eius Cassiaco feriatus ubi ab aestu seculi requievit in Deo ob egregiam erga se humanitatem amici familliarissimi M.F Valentitiano Aug III et Eutropio Coss (« « À Verecundus, Milanais, homme de lettres et grammairien, Aurélius Augustin, séjournant dans sa propriété rurale de Cassiciacum, où il trouva en Dieu le repos loin de l'agitation du monde, en reconnaissance de l'éminente bienveillance de son très proche ami. Sous le consulat de Flavius Valentinien Auguste (pour la troisième fois) et d'Eutrope. » »).


Bibliographie

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  • Saint Augustin. Les Confessions, Paris, Institut d'études augustiniennes, 1998 (1962), 2 volumes latin/français. Nombreuses et substantielles notes.
  • Hervé Savon, Ambroise de Milan (340-397), Paris, Desclée, 1997, 382 p. (ISBN 2-7189-0687-1)
  • Serge Lancel, Saint Augustin, Paris, Fayard, 1999, 792 p. (ISBN 2-213-60282-4)

Bibliographie sur Augustin et le néoplatonisme

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  • Gaston Boissier, La Fin du Paganisme. Paris, Hachette, 1891.
  • Pierre Courcelle, Les Lettres grecques en Occident, de Macrobe à Cassiodore. Paris, éditions de Boccard, 1948.
  • Paul Henry, Plotin et l'Occident. Louvain, 1934.
  • Pierre Hadot, Porphyre et Victorinus. Paris, Études augustiniennes, 1969 (2 volumes).
  • Henri-Irénée Marrou, Augustin et la fin de la culture antique. Paris, éditions de Boccard, 1964.
  1. Les Confessions, note et index, Pleiade
  2. Lucien Jerphagnon, Les Confessions, Gallimard, coll. « Bibliothèque des Pleiades », , Préface, xxi
  3. (it) Associazione S. Agostino di Cassago, « Parco arco storico-archeologico di sant'Agostino »
  4. Les sources sont tirées en partie des Confessions de saint Augustin. Voir la bibliographie.
  5. Comme Augustin est baptisé à Pâques de 387, il reste à Cassiciacum de septembre 386 au printemps 387
  6. Serge Lancel, Saint Augustin, Paris, Fayard, Cassiciacum p. 146
  7. (it) « PARCO sant'Agostino », sur cassiciaco.it (consulté le ).
  8. (it) « Monumento a sant'Agostino », sur cassiciaco.it (consulté le ).