Château Saint-Georges (Lisbonne)
Le château Saint-Georges (Castelo de São Jorge en portugais) se situe dans la freguesia (paroisse) de Castelo de Lisbonne au Portugal. L'occupation humaine de la colline du château remonte au moins au VIIIe siècle av. J.-C., tandis que les premières fortifications construites datent du Ier siècle av. J.-C.
| Château Saint-Georges Castelo de São Jorge | |
| Nom local | Castelo de São Jorge |
|---|---|
| Début construction | Inconnu |
| Fin construction | Xe siècle |
| Protection | Monument national (1910)[1]. |
| Coordonnées | 38° 42′ 50″ nord, 9° 08′ 01″ ouest |
| Pays | |
| Région | Région de Lisbonne |
| Ville | Lisbonne |
| Site web | castelodesaojorge.pt |
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Il est situé en position dominante sur la colline la plus haute du centre historique, donnant aux visiteurs une des plus belles vues sur la ville et l'estuaire.
Histoire
modifierDe la Préhistoire au début du Moyen-Âge
modifierLa présence humaine sur ce site remonte à l'âge du fer et des fouilles archéologiques permettent de prouver une occupation primitive de Lisbonne datant du VIe siècle av. J.-C., avec la présence de vestiges Phéniciens, Grecs et Carthaginois.
Cependant, les informations historiques datent seulement de la Conquête romaine de la péninsule Ibérique, alors que Lisbonne est encore nommée Olissipo. Le site a servi à partir de -139 de base d'opérations du consul Decimus Junius Brutus Callaicus, contre les guerriers lusitaniens dispersés après l'assassinat de leur chef, Viriate. Pour cette raison, on admet qu'il aurait déjà existé en ce lieu une sorte de structure défensive. Plus tard, en 60, Jules César, alors propréteur, ayant conclu la conquête définitive de la Lusitanie, donne à la localité le nom de Felicitas Julia, concédant à ses habitants le privilège de citoyenneté romaine.
Durant les invasions de l'empire par les barbares, la cité est conquise par les Suèves sous le commandement du roi Maldras, au milieu du Ve siècle, et quelques années après par le roi Euric, devenant définitivement wisigothe sous le règne de Léovigilde.
Période musulmane et Reconquista
modifierAu VIIIe siècle, la cité est conquise par les Omeyyades, pour être renommée Lissabona (Al-Ushbuna). Les descriptions de leurs géographes font référence à l'existence d'une fortification avec ses murailles, protégeant la quasabah (Alcazaba ou Alcáçova), le centre du pouvoir politique et militaire de la ville. Ce que l'on désigne aujourd'hui par «Muraille Maure» daterait plutôt de la fin de la période romaine puis aurait ensuite été reconstruite et renforcée durant la période islamique.
Face à la Reconquista, Lisbonne change de main au gré des attaques chrétiennes, qui y voient une cible privilégiée au bord du Tage. En 796, la cité est conquise par Alphonse II des Asturies dont les forces, trop loin de leur base dans la région de Entre-Douro-e-Minho, finissent par se retirer. La même chose se répète en 955, lorsque l'armée d'Ordoño III de León inflige à la ville de sévères dommages.
Au XIe siècle, Lisbonne fait partie du territoire de la Taïfa de Badajoz, dont l'existence est menacée par l'invasion almoravide d'al-Andalus, menée par l'émir Youssef ben Tachfine, depuis le Maghreb al-Aqsa. L'émir de Badajoz, Omar ibn Muhammad al-Mutawakkil, tente de conclure une alliance défensive en remettant ce château au roi Alphonse VI de León, au printemps 1093, ainsi que ceux de Santarém et de Sintra. Occupé par la défense de son propre royaume, le souverain chrétien ne parvient pas à aider l'émir de Badajoz, dont les territoires tombent, l'année suivante, aux mains des envahisseurs almoravides. Ces derniers s'emparent également de Lisbonne, Santarém et Sintra, qui retombent ainsi sous domination musulmane. Lisbonne est reconquise par les forces d'Alphonse VI, avant de redevenir musulmane en 1095.
La fortification, à cette époque, est constituée par l'Alcáçova de forme approximativement quadrangulaire avec environ 60 mètres de côté, en position dominante au sommet de la colline, défendue par des murailles avec approximativement 200 mètres de largeur. De ce noyau, dont le périmètre correspond sensiblement aux limites de l'actuelle freguesia de Castelo, des murs renforcés par des tours et percés de portes, descendent à l'est et à l'ouest jusqu'au fleuve protégeant les habitations.
Reconquête portugaise
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Suite à la conquête de Santarém, les forces d'Alphonse Ier de Portugal, avec l'aide de croisés se dirigeant vers la Terre sainte, attaquent Lisbonne qui capitule après un siège de trois mois (1147)[2]. Selon la légende, le chevalier Martim Moniz s'illustre durant le siège en apercevant une des portes entrouverte du château où il sacrifie sa propre vie en s'interposant pour empêcher la fermeture, permettant ainsi l'accès et la victoire de ses compagnons.
En signe de gratitude, le château, devenu chrétien, est placé sous la protection du martyr Georges de Lydda (Saint-Georges, ou São Jorge en portugais), à qui beaucoup de croisés vouent un culte. Le 25 octobre, jour anniversaire de cette conquête, est devenu le jour de commémoration de l'Armée (Dia do Exército) dont Georges est le saint patron.
Quelques décennies plus tard, entre 1179 et 1183, le château résiste avec succès face aux envahisseurs Almohades, qui dévastent la région entre Lisbonne et Santarém.
Le palais royal
modifierLisbonne devenue la capitale du Royaume de Portugal en 1255, le château connaît son apogée en devenant palais royal (Paço Real), mais aussi palais des évêques, lieu d'hébergement pour la noblesse de la Cour et caserne militaire. Les tremblements de terre qui touchent la ville en 1290, 1344 et 1356 lui causent des dommages. Le château est assiégé par les Castillans, de février à mars 1373, qui pillent et incendient les faubourgs de la capitale portugaise. Cette année-là est entreprise la construction d'une muraille par Ferdinand Ier de Portugal, terminée deux ans plus tard. Durant la crise de 1383-1385, les faubourgs de Lisbonne sont à nouveau attaqués par les forces de Jean Ier de Castille et le château est assiégé en 1384.
En tant que Palais royal, il est un lieu de réception pour Vasco de Gama, après la découverte de la voie maritime pour l'Inde à la fin du XVe siècle, et de la première représentation, au XVIe siècle, du Monologue du vacher (Monólogo do Vaqueiro), de Gil Vicente, première pièce de théâtre portugais, commémorant la naissance de Jean III de Portugal (1521-1557).
De la guerre de restauration à nos jours
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Comme la ville, le château a souffert des tremblements de terre de 1531, 1551, 1597 et 1699. Son rôle comme palais royal s'est terminé au XVIe siècle avec l'installation de la famille royale dans le nouveau palais (Paço da Ribeira (en) ou Palais de la Rive, du nom du quartier de Lisbonne situé au bord du Tage). Il est alors utilisé comme caserne, puis comme prison pendant l'Union ibérique.
Durant la Guerre de restauration, Martim Afonso Valente, honorant son serment de fidélité envers les Habsbourg d'Espagne, ne livre le château aux insurgés portugais qu'après avoir reçu des instructions de Marguerite de Savoie, vice-reine de Portugal, qui lui ordonne la reddition (1640).
Entre 1780 et 1807, il sera le siège de la Casa Pia (centre pour les orphelins et les mendiants), avant d'être utilisé comme quartier-général par le général Jean-Andoche Junot.
L'abandon comme Palais royal, l'installation de cantonnements et le Tremblement de terre de Lisbonne de 1755 ont contribué au déclin ainsi qu'à la dégradation du monument. Il va perdre de son caractère et être en partie interdit aux Lisboètes jusqu'au XXe siècle.
Classé monument national par décret du , il bénéficie d'importants travaux de restauration à partir des Années 1940 jusqu'à la fin des années 1990, qui réhabilitent le monument et rendent son aspect médiéval. Il est actuellement un des lieux les plus visités par les touristes dans la ville de Lisbonne.
Le monument offre à ses visiteurs des jardins, des panoramas, un spectacle multimédia (Olisipónia), un cinéma (Torre de Ulisses), un espace d'expositions, une salle de réunions et réceptions (Casa do Governador) et une boutique thématique.
La conciergerie du monastère de Saint-Vincent de Fora a un grand panneau d'azulejos représentant la prise de Lisbonne sur les Maures où on peut reconnaître le château de Saint-Georges et la Cathédrale Sainte-Marie-Majeure de Lisbonne.
Caractéristiques
modifierLe château fortifie l'ancienne citadelle islamique, l'alcazar. Il comporte douze portes en ses murs crénelés dont sept du côté de la paroisse de Santa Cruz do Castelo. De l'extérieur, un pan de muraille donne accès à une tour barbacane. Dix-huit tours viennent renforcer et soutenir les murs. Par la porte sud (Portão Sul), depuis la rue de Santa Cruz do Castelo, on accède à la place d'armes (Praça de Armas).
Galerie
modifierNotes et références
modifier- (pt) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en portugais intitulé « Castelo de São Jorge » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (en + pt) DGPC, « Notice no 70523 », sur Património Cultural Imóvel.
- ↑ Cette histoire est racontée dans le manuscrit "De expugnatione Lyxbonensi (en)", lettre écrite par un croisé anglais ayant participé à la conquête.