Catherine Dior

résistante française

Ginette Dior, dite Catherine Dior, née à Granville (Manche) le et morte le à Grasse[1],[2], est une résistante française. Membre du réseau franco-polonais F2, elle est arrêtée et déportée à Ravensbrück d'où elle est libérée en 1945.

Biographie

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Enfance

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Fille de l’industriel Maurice Dior et de son épouse Madeleine, et sœur du grand couturier Christian Dior[3], Catherine Dior naît dans une famille bourgeoise qui a fait fortune dans la production d’engrais[4]. Elle est la cadette de cinq enfants[5] et est élevée selon les principes de l’époque, avec sévérité et sans démonstrations d’affection : « ma mère était encore plus sévère avec les filles qu’avec les garçons », dit-elle[6].

En 1931, son père est ruiné à la suite de la crise de 1929. Ensemble ils quittent leur appartement parisien et déménagent dans le Sud de la France, à Callian. Catherine Dior, qui a 14 ans, contribue à assurer leur subsistance en cultivant des haricots verts et des petits pois sur le terrain qui entoure la maison[7]. Catherine Dior a 22 ans quand éclate la Seconde guerre mondiale.

Rôle dans la Résistance intérieure

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En novembre 1941, Catherine Dior rencontre à Cannes Hervé des Charbonneries[8], résistant du réseau franco-polonais F2, auprès de qui elle s'engage dans la résistance au sein de la cellule cannoise sous le pseudonyme de "Caro"[9]. Le réseau F2 était spécialisé dans le renseignement sur l'implantation de l'armée allemande en France[10]. Il a compté jusqu’à deux mille agents et est considéré comme l’un des réseaux de résistance les plus dynamiques en France.

Les tâches de Catherine Dior consistent à établir des relevés des infrastructures militaires allemandes autour de Marseille (fortifications, champs de mines, etc.), à les cartographier avant de les transmettre à Londres. Elle transmet aussi les informations sur les mouvements de troupes et de vaisseaux allemands[9].

Après une série d'arrestations, en mars 1943, Cannes devient trop dangereuse et Catherine rejoint son frère, Christian Dior à Paris[9], où celui-ci s'est installé fin 1941 dans un appartement situé au 10, rue Royale. À Paris, Catherine poursuit ses missions auprès des deux chefs du réseau encore en vie, Gilbert Foury et Stan Lasocki, et il lui arrive d'utiliser l'appartement de son frère pour son travail clandestin[11].

Déportation

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Le 6 juillet 1944, à 16 h 30, alors qu’elle a rendez-vous avec un autre membre de son réseau, Catherine est arrêtée place du Trocadéro par un groupe de quatre hommes armés. Ils s’emparent de son vélo, de son sac à main, pour la conduire au 180 rue de la Pompe[12].

Comme ses camarades du F2, dont le poète Jean Desbordes, ami de Jean Cocteau, qui dirigeait son secteur et meurt le jour même sous la torture, Catherine Dior est alors torturée par les accolytes de Friedrich Berger[9]. Elle est ensuite conduite au bureau de la Gestapo rue des Saussaies avec ses camarades du F2, Anne de Bauffremont, Yvonne de Turenne et Jeanne van Roey, puis incarcérée à Fresnes. Deux jours plus tard elle est ramenée rue de la Pompe pour y être de nouveau longuement torturée. Elle en gardera de graves séquelles[13].

Le silence de Catherine Dior sauvera la vie à ses amis Liliane Dietlin, Hervé et Lucie des Charbonneries, et aux autres membres du réseau[9].

De Fresnes, Catherine est transférée fin juillet au fort de Romainville puis, le , déportée vers l'Allemagne dans l’un des derniers convois à quitter la France, le « convoi des 57000 », qui l'emmène jusqu'au camp de concentration pour femmes de Ravensbrück[10]. De là elle est transférée successivement dans les camps annexes de Torgau, Abteroda et Markkleeberg.

Elle parvient à s'échapper le 21 avril 1945, près de Dresde, pendant la marche de la mort qui suit l'évacuation de Markkleeberg[9]. Catherine Dior est rapatriée à Paris, dans un état d'extrême faiblesse[13]

Elle est décorée de la croix de guerre  une distinction rarement accordée à des civils , de la Croix du combattant volontaire de la Résistance, et de la Légion d’honneur[10].

Après la guerre

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Jusqu’à la fin de sa vie, Catherine Dior mène alors une existence discrète, prenant part à la Fondation de la Résistance[14] et suivant de loin les succès de son frère Christian Dior, dont elle est très proche. C’est d’ailleurs en hommage à sa sœur que, en 1947, le couturier-parfumeur appelle son premier parfum Miss Dior[8].

Comme lui, elle a hérité de sa mère une passion pour les fleurs et les parfums. D’abord concessionnaire en fleurs aux halles de Paris, elle finit sa vie en Provence, où elle possède une exploitation de près de deux hectares de roses à parfum et des vignes[2].

En 1997, Catherine Dior participe à l’inauguration du musée Christian-Dior de Granville, dont elle est présidente d’honneur[5]. Elle s’y est investie dès le début en faisant notamment don d’une robe qui a appartenu à sa mère, Madeleine Dior[2].

Elle repose au cimetière de Callian, aux côtés de son frère.

Décorations

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Pour approfondir

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Bibliographie

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  • Justine Picardie, Miss Dior. Muse et résistante : le destin insoupçonné de Catherine Dior, Flammarion, 2021, 384 pages
  • Collection Catherine Dior : derniers souvenirs de famille, vente, Paris, Hôtel Drouot, salle 1 & 7, , Éditions Maréchaux Laurentin, 2012
  • Marie-Jo Bonnet, Tortionnaires truands et collabos, La bande de la rue de la Pompe, 1944, Éditions Ouest-France, 2013. (ISBN 978-2-7373-6042-8)
  • Anne Sebba, Les Parisiennes: How the Women of Paris Lived, Loved and Died in the 1940s, Weidenfeld & Nicolson, 2016
  • Bertrand Meyer-Stabley, Christian Dior, sous toutes les coutures, City Edition, 2017

Liens externes

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Notes et références

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  1. « matchID - moteur de recherche des personnes décédées », sur deces.matchid.io (consulté le )
  2. 1 2 3 Ingrid Brunschwig, « Le conservateur rend hommage a Catherine Dior », Ouest-France, (lire en ligne, consulté le ).
  3. Marie-France Pochna, Christian Dior, Éditions Flammarion, , 387 p.
  4. « Hommage à Catherine Dior », sur Pays de Fayence (consulté le ).
  5. 1 2 Roberte Jourdon, « Messe en hommage à Catherine et Christian Dior », Ouest-France, (lire en ligne, consulté le ).
  6. Marie-France Pochna, Christian Dior, Éditions Flammarion, , p. 19.
  7. Marie-France Pochna, Christian Dior, Éditions Flammarion, , p. 96.
  8. 1 2 Anne-Cécile Beaudoin, « La vraie Miss Dior : Catherine Dior, héroïne de la résistance », Paris Match, (lire en ligne, consulté le ).
  9. 1 2 3 4 5 6 Justine Picardie, Miss Dior, Flammarion, , 384 p. (ISBN 978-2080257871)
  10. 1 2 3 (en) Jenna Sauers, « The Dior Family's Strange Wartime History », sur Jezebel, (consulté le ).
  11. Gitta Sereny, The Healing Wound: Experiences and Reflections : Germany, 1938-2001, W. W. Norton & Company, , 428 p..
  12. Marie-Jo Bonnet, Tortionnaires Truands et collabos, La bande de la rue de la Pompe, 1944, Ed. Ouest-France, 2013. (ISBN 978-2-7373-6042-8)
  13. 1 2 Erin Solaro, « Miss Dior: A Story of Courage and Couture », sur pritzkermilitary.org (consulté le )
  14. (en) « Fondation de la Résistance »
  15. Décret du  ; cf. Ordre de la Libération, « Fiche Médaille de la Résistance - Catherine Dior » (consulté le )