Cathédrale Notre-Dame-de-la-Seds de Toulon
La cathédrale Notre-Dame-de-la-Seds de Toulon, dite aussi Sainte-Marie-de-la-Seds ou Sainte-Marie-Majeure, est une cathédrale catholique située à Toulon, dans le département du Var.
| Cathédrale Notre-Dame-de-la-Seds de Toulon | |
Façade de la cathédrale Notre-Dame-de-la-Seds située à Toulon. | |
| Présentation | |
|---|---|
| Nom local | Sainte-Marie-Majeure Sainte-Marie-de-la-Seds |
| Culte | Culte catholique |
| Dédicataire | Notre-Dame |
| Type | Cathédrale |
| Rattachement | Diocèse de Fréjus-Toulon |
| Début de la construction | XIe siècle |
| Fin des travaux | Modifications au XVIIe siècle, clocher du XVIIIe siècle |
| Style dominant | Architectures romane, gothique et classique |
| Protection | |
| Site web | https://cathedrale-toulon.fr/ |
| Géographie | |
| Pays | |
| Région | Provence-Alpes-Côte d'Azur |
| Département | Var |
| Ville | Toulon |
| Coordonnées | 43° 07′ 18″ nord, 5° 56′ 03″ est |
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Cette cathédrale fut le siège du diocèse de Toulon jusqu'à la suppression de ce diocèse en 1801. Elle est devenue le siège du diocèse de Fréjus-Toulon le , à l'occasion du transfert du siège épiscopal de Fréjus à Toulon. La cathédrale est la propriété de la commune de Toulon comme une église paroissiale, la seule cathédrale du Var appartenant à l'État étant celle de Fréjus, qui portait ce titre lors de la Loi de séparation de l'Église et de l'État.
L'édifice actuel est d'architecture romane du XIe siècle, remanié aux XVIIe et XVIIIe siècles, et classé monument historique depuis 1997.
Historique
modifierCommencée au Xe siècle, sous l'impulsion du comte de Provence Boson d'Arles qui désirait faire bâtir une église consacrée à la Vierge Marie, la cathédrale porte le nom de Sainte-Marie-de-la-Seds, qui vient du latin sedis signifiant « siège ». Elle a été consacrée le par Jean Colombi, évêque in partibus de Troie, suffragant de Nicolas Fieschi, évêque de Fréjus.
Au cours de l'hiver 1543-1544, sur ordre de François Ier, la ville de Toulon accueille les corsaires musulmans dirigés par l'amiral ottoman Khayr ad-Din Barberousse en attente de campagnes contre l'Italie, dans le cadre de l'alliance franco-ottomane. A cette occasion, plusieurs sources récentes affirment que la cathédrale a été transformée en mosquée[1]. La ville fut en effet, durant cette période, surnommée la « petite Constantinople »[2]. Cependant, une analyse poussée des sources montre clairement que ce n'est pas le cas : les historiens toulonnais du XIXe siècle, Dominique-Marie-Joseph Henry[3], le Dr Gustave Lambert[4] et Octave Teissier[5] n'en disent aucun mot, pas plus que le Livre du Chapitre de Toulon[6]. Au contraire, les registres de la cathédrale, en ligne sur le site des Archives départementales du Var[7], indiquent la tenue d'une dizaine de baptêmes par mois pendant le séjour de Barberousse, soit autant qu'avant et après sa venue. Trois contemporains des événements, Jean Sleidan, Blaise de Montluc et le prêtre Jérôme Maurand[8], sont silencieux sur une éventuelle transformation de la cathédrale en mosquée. Voltaire écrit plutôt que Barberousse "fit changer une grande maison en mosquée"[9].
La cathédrale présente des styles architecturaux hétérogènes. En effet, l'église romane a été agrandie de 1654 à 1659, englobant du même coup l'ancienne chapelle des Saintes-Reliques, construite au XVe siècle.
La façade de la cathédrale, de style classique, a été édifiée de 1696 à 1701 selon les plans d'Albert Duparc qui a aussi emporté le marché de sculpture contre François Caravaque le , associé au sculpteur toulonnais Antoine Fleury[10], le clocher de 1737 à 1740.
Le monument renferme notamment un retable datant de 1682 et des tableaux des XVIIe et XVIIIe siècles.
La cathédrale Sainte-Marie-de-la-Seds a été inscrite Monument historique par arrêté du , inscription annulée par un classement par arrêté du [11].
Architecture
modifierCette église comporte trois nefs d’inégale largeur et cinq travées sur une longueur de 50 mètres. La voûte est à croisée d’ogives. La grande nef se termine par un chevet plat et le chœur est de forme rectangulaire. Ses murs portent depuis 1864 des fresques du peintre seynois Ludovic Bonifay, Moïse et Elie et Les douze apôtres.
Chapelles
modifierChapelle de la Vierge (à gauche de la nef centrale)
modifierElle abrite le retable et la statue de la Vierge en bois doré de Vian de Pignans (1838), et des tableaux de Pierre Puget (L’Annonciation, 1650), de Damery-Walter (La Vierge au Carmel, 1664) et de Jacques Voltaire (L’adoration du Saint Sacrement, 1745).
Chapelle du Corpus Domini (à droite de la nef centrale)
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Initialement de Puget, le retable en bois, détruit en 1681 par un incendie, est remplacé par un ensemble en marbre et en stuc de la main d'un de ses élèves, Christophe Veyrier[12]. Deux grands tableaux, Le Triomphe de l’Eucharistie de Jean-Baptiste van Loo et Le Sacrifice de Melchisédech de Jean-Baptiste Achard, sont surmontés d'une sculpture en bas-relief provenant du maître-autel de 1746 et déplacée lors de la réalisation de celui de 1863[13].
Chapelle Saint-Joseph
modifierAncienne abside, elle comporte le tableau Saint Roch priant pour les pestiférés de Pierre Puget.
Chapelle du Saint-Cœur-de-Marie
modifierAppelée aussi chapelle Sainte-Anne, elle comporte également une toile de Pierre Puget : La Vision de Saint Félix de Cantalice", originellement pour l’église des Capucins, donnée à la cathédrale après la Révolution.
Chapelle de la tombe des évêques et chapelle Saint-Cyprien
modifierElles se font face en bas de la nef.
Autres éléments architecturaux
modifierSanctuaire
modifierIl comporte un autel plat qui remplace depuis 1961 celui de 1864 dont il reste un bas-relief et un chœur entouré de stalles également de Bernard Sénéquier (1784-1868).
La chaire est également de Sénéquier (1829) et les statuettes et le médaillon représentant saint Augustin sont du sculpteur toulonnais Joseph Louis Hubac, maître-sculpteur de la Marine.
Vitraux
modifierDétruits au cours de la Seconde Guerre mondiale, ils comportent aujourd'hui des œuvres de facture moderne.
Orgues et cloches
modifierMaîtres de musique
modifierRéférences
modifier- ↑ Jacques Heers, Les Barbaresques, la course et la guerre en Méditerranée XIVe – XVIe siècle, Perrin, 2001, cité dans 14 octobre 1543 : Barberousse s'invite chez François 1er sur le site Herodote.net ; Roger Crowley, Empires of the Sea. The final battle for the Mediterranean, 1521-1580, Londres, Faber and Faber, 2008, p. 74.
- ↑ Ernle Bradford, The Sultan Admiral : the Life of Barbarossa, London, Hodder & Stoughton, , 240 p. (ISBN 978-0340025048)
- ↑ Dominique Marie Joseph Henry, « "Sur le séjour de la flotte de Barberousse à Toulon en 1543" », Bulletin trimestriel de la Société des Sciences, Belles Lettres et Arts du Var, vol. 15eA, no N1, , p. 13-62 (lire en ligne)
- ↑ Gustave Lambert, Histoire de Toulon, 2e partie, tome 3, Toulon, Imprimerie du Var, (lire en ligne), p. 52-69
- ↑ Octave Teissier, « "Agrandissements et fortifications de la ville de Toulon" », Bulletin de l'Académie du Var, (lire en ligne)
- ↑ Pierre Vey, « Thierry Pécout, Le livre du chapitre cathédral Notre-Dame de la Seds de Toulon, Jacques Verger (dir.), Nathalie Molina et Jean-Loup Lemaître (collab.) », Cahiers de civilisation médiévale, vol. n° 263-264, no 3, , p. 334–336 (ISSN 0007-9731, DOI 10.3917/ccm.263.0334, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Archives départementales du Var, « Baptêmes 1540-1544 » (consulté le )
- ↑ Léon Dorez, « L'Itinéraire de Jérôme Maurand, prêtre d'Antibes (texte écrit en 1545) », Comptes-rendus des séances de l'année - Académie des inscriptions et belles-lettres, vol. 43, no 2, , p. 213–214 (ISSN 0065-0536, DOI 10.3406/crai.1899.71379, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Essai sur les mœurs », dans Œuvres de Voltaire, tome 17, Paris, Werdet et Lequien Editeurs, , 1–422 p. (lire en ligne)
- ↑ Joseph Billioud, « Les Duparc trois générations d'artistes marseillais », Mémoires de l'Institut historique de Provence, , p. 175-176, 183 (lire en ligne)
- ↑ « Cathédrale Sainte-Marie-de-la-Seds », notice no PA00081749, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
- ↑ Charles Ginoux, La chapelle du Corpus Christi de la cathédrale de Toulon et sa décoration par Christophe Veyrier, Paris, Typographie E. Plon, Nourrit et Cie, (lire en ligne)
- ↑ Ch. Ginoux, La chapelle du Corpus Domini, de la cathédrale de Toulon, et sa décoration par Christophe Veyrier, p. 158-176, Réunion des sociétés savantes des départements à la Sorbonne. Section des beaux-arts, ministère de l'instruction publique, 1892, 16e session (lire en ligne).
- ↑ « Orgue de la cathédrale Notre-Dame-de-la-Seds » (consulté le ).
- ↑ Notice no PM83000634, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture église Sainte-Marie-de-la-Seds, ancienne cathédrale
- ↑ Karine Bellifa, « La cathédrale de Toulon retrouve sa deuxième cloche comme neuve », sur France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur, (consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Christian Fontaine, « Cathédrale Sainte-Marie de la Seds », in Congrès archéologique de France. 160e session Monuments du Var. 2002, Société française d'archéologie, Paris, 2005, p. 265-268.
- Frédéric Curnier-Laroche, Cathédrale Notre Dame de Toulon, Lyon, Imprimerie Beau'lieu, n.d., 40 p..
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressources relatives à la religion :
- Ressource relative à l'architecture :
- Paroisse Cathédrale Toulon-Centre
- Cathédrale Notre Dame de la Seds, sur wabby.free.fr
- Historique et informations, diocèse de Fréjus-Toulon
- Historique de la cathédrale, chapitre du diocèse de Toulon
- Les orgues de la cathédrale Fréjus-Toulon, Inventaire national des orgues
