Celadet Alî Bedirxan

écrivain, linguiste et homme politique kurde

Celadet Alî Bedirxan, aussi connu sous le nom de Mîr Celadet Bedirxan, né le à Istanbul et mort le à Damas, est un écrivain, linguiste, journaliste et militant politique kurde. Issu de la famille des Bedirxan. Il est principalement connu pour son rôle dans la codification écrite du kurmandji et dans la diffusion d’un alphabet kurde latin à travers la revue Hawar, qu’il fonde à Damas en 1932[1],[2].

Celadet Alî Bedirxan
Celadet Alî Bedirxan.
Biographie
Naissance
Décès
(à 58 ans)
Damas, Syrie
Nom de naissance
Celadet Alî Bedirxan
Surnom
Mîr Celadet
Nationalités
Formation
Faculté de droit de l'université d'Istanbul (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité
écrivain, linguiste, journaliste, homme politique
Famille
Conjoint
Roshan Badrkhan (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Biographie

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Origines familiales et formation

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Celadet Alî Bedirxan appartient à la famille Bedirxan, issue de l’ancienne principauté kurde de Botan. Plusieurs membres de leur famille jouent un rôle important dans les milieux politiques et intellectuels kurdes de la fin de l’Empire ottoman et du début du XXe siècle[1].

Il étudie le droit à Istanbul. Après avoir quitté la Turquie au début des années 1920, il s’inscrit en 1923 à la faculté de droit de l’université Louis-et-Maximilien de Munich, où il ne reste que deux semestres[1]. Cette précision permet de distinguer son parcours de celui de son frère Kamuran Alî Bedirxan, qui poursuit plus durablement ses études en Allemagne[1].

Engagement politique kurde

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Après la Première Guerre mondiale, Celadet Alî Bedirxan participe aux réseaux qui ont des revendications kurde nationales après la chute de l’Empire ottoman.

Dans les années 1920, il s'exile au Levant (Proche-Orient) (Mandat français en Syrie et au Liban) avec d'autres kurdes, Il participe aux activités de Xoybûn, organisation kurde nationaliste qu'il a fondé en 1927[3]. Cette organisation soutient notamment la République de l'Ararat contre la République turque à la fin des années 1920 et au début des années 1930[3].

Après l’échec des mouvements insurrectionnels kurdes, Bedirxan s’installe en Syrie pour de bon. Son activité se déplace alors progressivement du terrain politique vers le domaine culturel et linguistique[1],[4].

Vie familiale et dernières années

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En 1935, il épouse Rewşen Bedirxan, également issue de la famille Bedirxan. Le couple a plusieurs enfants, dont Cemşîd et Sînemxan et Safter qui meurt en bas âge[1].

Il meurt le 15 juillet 1951 à Damas[1].

Travaux linguistiques et culturels

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Alphabet latin kurde

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Celadet Alî Bedirxan joue un rôle principal dans l’élaboration et la diffusion d’un alphabet kurde en caractères latins, souvent appelé alphabet Hawar dû a la revue ou elle était postée. Son objectif est de faire une écriture adaptée au kurmanci et de favoriser une production écrite dans cette langue[4].

En 1931, il publie Bingehên gramera kurdmancî, un livre consacré aux a la grammaire kurmanci[1]. Ses travaux linguistiques participent à la constitution d’un kurmanci écrit moderne et servent de référence aux auteurs et éditeurs kurdes[4].

Revue Hawar

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Le 15 mai 1932, Celadet Alî Bedirxan fonde la revue Hawar a Damas[2],[4]. Publiée en kurde et en français, la revue paraît jusqu’en 1943 et est une des principales revues en kurmanci[2].

Hawar associe des textes linguistiques, littéraires, folkloriques et historiques. La revue contribue à former un espace culturel kurde en exil, en lien avec les milieux intellectuels kurdes de chaque pays du Moyen-Orient[3],[4].

Revue Ronahî

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À partir de 1942, Bedirxan participe également à la fondation de Ronahî, une autre revue kurde éditée à Damas. Celle-ci prolonge en partie le travail avec Hawar, en publiant des textes en kurde sur la langue, la littérature et la culture[3].

Grammaire kurde avec Roger Lescot

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Celadet Alî Bedirxan travaille aussi avec l’orientaliste français Roger Lescot sur la description grammaticale du kurmanci. Son livre Grammaire kurde : dialecte kurmandji est publiée à Paris en 1970, après la mort de Bedirxan[5].

Œuvres

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  • Bingehên gramera kurdmancî, 1931.
  • Elfabêya Kurdî.
  • Nivêjên Êzidiyan.
  • Ji Mesela Kurdistanê, publié dans Hawar.
  • Grammaire kurde : dialecte kurmandji, avec Roger Lescot, Paris, Maisonneuve, 1970.

Postérité

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Celadet Alî Bedirxan est considéré comme l’une des figures majeures du nationalisme kurde dû à la modernisation écrite du kurmanci. Son action à travers Hawar a durablement marqué la presse au moyen orient au XXe siècle[2],[4].

Son rôle est aussi lié à celui de la famille Bedirxan, dont plusieurs membres ont participé aux mouvements politiques et culturels kurdes dans l’Empire ottoman et ont finis dans des exiles kurdes en Europe et au Moyen-Orient[1].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (en) Barbara Henning, Narratives of the History of the Ottoman-Kurdish Bedirhani Family in Imperial and Post-Imperial Contexts: Continuities and Changes, Bamberg, University of Bamberg Press, (ISBN 978-3-86309-551-2, lire en ligne).
  2. 1 2 3 4 « Hawar », sur SISMO, Institut national d’histoire de l’art (consulté le ).
  3. 1 2 3 4 Jordi Tejel Gorgas, Le mouvement kurde de Turquie en exil : continuités et discontinuités du nationalisme kurde sous le mandat français en Syrie et au Liban (1925-1946), Berne, Peter Lang, (ISBN 978-3-03911-209-8).
  4. 1 2 3 4 5 6 (en) « Celadet Alî Bedirxan as an Agent », dans Translators' Formative Agency in the Periodical Hawar (1932-1943), Brill, (lire en ligne).
  5. Djeladet Ali Bedir Khan et Roger Lescot, Grammaire kurde : dialecte kurmandji, Paris, Maisonneuve, .

Voir aussi

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Articles connexes

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Bibliographie

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  • (en) Barbara Henning, Narratives of the History of the Ottoman-Kurdish Bedirhani Family in Imperial and Post-Imperial Contexts: Continuities and Changes, Bamberg, University of Bamberg Press, (ISBN 978-3-86309-551-2, lire en ligne)
  • Jordi Tejel Gorgas, Le mouvement kurde de Turquie en exil : continuités et discontinuités du nationalisme kurde sous le mandat français en Syrie et au Liban (1925-1946), Berne, Peter Lang, (ISBN 978-3-03911-209-8)
  • (en) Jordi Tejel Gorgas, « The Other Nahḍah: The Bedirxans, the Millîs and the Tribal Roots of Kurdish Nationalism in Syria », Oriente Moderno, vol. 25, no 3, , p. 461-474 (DOI 10.1163/22138617-08603003)
  • Djeladet Ali Bedir Khan et Roger Lescot, Grammaire kurde : dialecte kurmandji, Paris, Maisonneuve,
  • (en) « Celadet Alî Bedirxan as an Agent », dans Translators' Formative Agency in the Periodical Hawar (1932-1943), Brill, (lire en ligne)