Le Centre Jean Abadie est un établissement du Centre Hospitalier Universitaire de Bordeaux rattaché au groupe hospitalier Saint André, situé 89 rue des Sablières. À sa création en 1956 par le Professeur Paul Delmas-Marsalet, ce centre de neuropsychiatrie réunissait en un même lieu toutes les spécialités médicales et chirurgicales du cerveau.

Informations essentielles

Centre Jean Abadie
Image illustrative de l’article Centre Jean Abadie
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Vue de l’hôpital.
Présentation
Coordonnées 44° 49′ 27″ nord, 0° 34′ 30″ ouest
Pays France
Ville Bordeaux
Adresse 89 rue des sablières
Fondation 1957
Organisation
Type Centre Hospitalier Universitaire

Carte

Création du Centre Jean Abadie

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Le centre est nommé ainsi en hommage au Pr Jean Abadie (1873-1946), médecin neuropsychiatre, titulaire de la chaire de « clinique des maladies nerveuses et mentales » à la Faculté de Médecine de Bordeaux (1919-1941)[1]. Jean Abadie est un des fondateurs de l'école de neuropsychiatrie universitaire bordelaise, qui a promu le modèle d'une psychiatrie médicale intégrée au sein des autres spécialités du cerveau[2],[3].

Le Centre Jean Abadie est créé par son élève, le Pr Paul Delmas-Marsalet, également neuropsychiatre, qui lui succède en 1941 à la chaire des maladies nerveuses et mentales[4]. Au cours de ses voyages, Paul Delmas-Marsalet visite les structures hospitalières et universitaires neurologiques et psychiatriques dans de nombreux pays[5]. C'est à partir du modèle des instituts nord-américains, basé sur une neuropsychiatrie académique intégrée, qu'il conçoit le projet et les plans d'une telle structure à Bordeaux[4]. L'objectif était de réunir dans un même lieu toutes les spécialités du cerveau : psychiatrie, neurologie, neurochirurgie, neuroradiologie, neuropathologie, et explorations fonctionnelles et biochimiques[3].

Ce centre est construit sur un terrain rue des Sablières, jusqu'alors occupé par l'ancien pavillon des maladies infectieuses de l'hôpital des enfants de Bordeaux[6]. Ce pavillon avait été construit en 1896 à l'écart des autres bâtiments, afin d'isoler les enfants présentant des infections contagieuses, permettant ainsi de réduire la mortalité chez les enfants hospitalisés. Son utilité ayant décliné après la découverte des vaccins et de l'antibiothérapie, il est démoli au début des années cinquante pour construire le Centre Jean Abadie[6]. Ce centre est financé par les collectivités territoriales présidées par le maire de Bordeaux, Jacques Chaban-Delmas, et construit par les architectes Richard-Chauvin et Mathieu[7]. Il s'agit du premier centre de ce type en France, présenté comme un « établissement modèle »[7] et le « centre neuropsychiatrique le plus moderne d'Europe »[3].

Le Centre Jean Abadie à son ouverture en 1956

Paul Delmas-Marsalet décrit sa conception en ces termes[5] : « Nous tenons à dire, cependant, que jamais chef de service ne fut sans doute plus formellement invité que nous à faire connaitre son point de vue d'usager et à le matérialiser sous la forme de plans concrets. Et, précisement, parce que ce chef de service avait eu la chance de visiter en détail de nombreux hôpitaux neurologiques, psychiatriques et neurochirurgicaux, du Canada, des Etats-Unis, des Pays scandinaves, de la Suisse, de la Hollande et de la Belgique, il peut affirmer que le Centre Jean Abadie dépasse tous ces hôpitaux, à la fois sur le plan architectural et sur le plan de la technique médicale. »

Lors de son inauguration en , Paul Delmas-Marsalet déclare dans son discours que « Le niveau atteint par l'angoisse humaine, le taux élevé des maladies mentales et celui de l'alcoolisme ont nécessité la création de ce centre de neurologie, psychiatrie et de neuro-chirurgie. » Il conclut son discours en proposant comme devise pour ce centre « Vous qui entrez ici, gardez toute espérance »[7].

Structure et fonctionnement du Centre Jean Abadie de 1956 à 1973

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Pr Jean Abadie (1873-1946)

Le Centre est ouvert en . Paul Delmas-Marsalet rapporte que cette date, liée à des retards dans les travaux, était la plus défavorable de l'année (période de changement des internes, d'examens universitaires, de soutenances de thèse et de congés annuels)[5]. Néanmoins, le déménagement des services, jusqu'alors localisés à l'hôpital Saint André, et leur installation dans les nouveaux locaux, se déroule sans encombre grâce à l'investissement de tous les professionnels. Ce déménagement induit un changement majeur dans le fonctionnement des services, car le personnel infirmier est constitué de soignants sans expérience en neuropsychiatrie. En effet, les sœurs de Saint Vincent de Paul, qui assurent les fonctions d'infirmières à l'hôpital Saint André, ne sont pas autorisées par leur ordre à suivre les services de neuropsychiatrie dans le nouveau centre[5].

Le Centre est un bâtiment de quatre étages, au sein duquel les activités étaient réparties à son ouverture en six niveaux[5]. Au sous-sol, le Pavillon d’Observation Psychiatrique (POP, professeurs Marc Blanc et Marc Louis Bourgeois[8]) accueille toutes les urgences psychiatriques, incluant les personnes du département de la Gironde envoyées en observation avant une mesure de soins psychiatriques sans consentement (alors dénommées placement d'office et placement volontaire, selon les termes de la loi du 30 juin 1838)[2],[9].

Pr Delmas-Marsalet (1898-1977)

Au rez-de-chaussée sont localisés : un centre d'électroencéphalographie avec deux appareils à six plumes, un à 15 plumes, un appareil transportable à 8 plumes, des photostimulateurs; une salle d'électromyographie; une salle de myographie analytique et électrobiologie; une salle d'anatomopathologie; deux laboratoires de biophysique et neurochimie; ainsi que les secrétariats, bureaux (dont un pour une psychologue), salles d'attente, salle de cours et bibliothèque[5]. Les quatre étages sont dévolus aux unités d'hospitalisation, avec au total 180 lits. Ces lits sont répartis en 130 lits de neuropsychiatrie universitaire d'une part, et 20 lits de psychiatrie et 30 lits de neurochirurgie dépendant des hôpitaux généraux de l'autre. Les chambres à cinq lits sont majoritaires[5]. Les services de psychiatrie supervisés par Paul Delmas-Marsalet (MLM) sont situés au 4e étage (service des hommes, Pr Marc Blanc) et 3e étage (service des femmes, accueillant également des hospitalisations mère-enfant[9], Pr Michel Bergouignan), la neurologie aux 3e et 4e étages, et la neurochirurgie au 1er étage.

Le Centre Jean Abadie après la séparation entre la psychiatrie et la neurologie

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Après la scission entre la neurologie et la psychiatrie en 1969[10], Marc Blanc, qui est alors le seul professeur de psychiatrie, décide que les psychiatres universitaires du Centre Jean Abadie doivent rejoindre les psychiatres aliénistes du "cadre" exerçant dans les hôpitaux psychiatriques[2],[9]. Le départ des psychiatres universitaires à l'hôpital psychiatrique Château Picon en 1973 (actuel Centre Hospitalier Charles Perrens), puis des autres spécialités sur les sites hospitaliers de Pellegrin et du Haut-Lévêque, marque la fin de la neuropsychiatrie historique bordelaise, qui a connu son apogée au Centre Jean Abadie[3].

Sous l'impulsion du Dr Xavier Pommereau, le Centre Jean Abadie retrouve en 1992 sa valence psychiatrique, avec la création de l'Unité médico-psychologique de l'adolescent et du jeune adulte (UMPAJA). Sont ensuite ouvertes dans le Centre Jean Abadie l'unité pour troubles des conduites alimentaires (UTCA) en 2000, puis l'unité universitaire de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent en 2001[11].

Références

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  1. Roger Bargues, « Quelques souvenirs sur Jean Abadie », Bordeaux Médical, vol. n°13, , p. 1867-1869
  2. 1 2 3 Chantal Labadie, Fragments d'une histoire de la psychiatrie à Bordeaux. Thèse de Médecine, Bordeaux, , 135 p.
  3. 1 2 3 4 Michel Le Moal, Jacques Battin, Bernard Bioulac et Marc Louis Bourgeois, « [Neurosciences in Bordeaux] », Bulletin De l'Académie Nationale de Médecine, vol. 192, no 4, , p. 817–831 (ISSN 0001-4079, PMID 19024950, lire en ligne, consulté le )
  4. 1 2 Marc L. Bourgeois, « Paul Delmas-Marsalet (1898–1977) », Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique, vol. 175, no 7, , p. 674–675 (ISSN 0003-4487, DOI 10.1016/j.amp.2017.07.004, lire en ligne, consulté le )
  5. 1 2 3 4 5 6 7 P. Delmas-Marsalet, « L'activité neuro-psychiatrique bordelaise de deux années », Journal de Médecine de Bordeaux et Du Sud-Ouest, vol. 133, no 10, , p. 1015–1025 (ISSN 0368-3001, PMID 13377041, lire en ligne, consulté le )
  6. 1 2 Jean Paul Emeriau, Histoire(s) des hôpitaux de Bordeaux - Des origines à nos jours, Bordeaux, Aquitaine Historique, , 156 p. (ISBN 9782954975511)
  7. 1 2 3 « Une étape de plus dans la modernisation de nos hôpitaux. Les centres Jean-Abadie et de phtisiologie Xavier-Arnozan, établissements modèles. », Sud-Ouest, vol. 22e Edition - édition de Bordeaux et de la Banlieue,
  8. Hélène Verdoux, « Marc Louis Bourgeois (1934–2025) », Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique, (DOI 10.1016/j.amp.2026.04.001, lire en ligne, consulté le )
  9. 1 2 3 M.-L. Bourgeois, « Une brève histoire de la psychiatrie à Bordeaux », Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique, vol. 163, nos 3-4, , p. 351–356 (DOI 10.1016/j.amp.2005.03.008, lire en ligne, consulté le )
  10. Delay, Jean, « Neurologie et psychiatrie », Le Monde, (lire en ligne)
  11. « Bordeaux : le centre Abadie fête les 100 ans de ses unités pour adolescents suicidaires », Sud-Ouest, (lire en ligne)

Articles connexes

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