Comédie de Colmar
La Comédie de Colmar est un centre dramatique national basé à Colmar. Créé en 1972 sous le nom d’Atelier lyrique du Rhin, il devient l’Atelier du Rhin en 1988 et obtient en 1990 le statut de Centre dramatique régional d’Alsace. Renommé Théâtre de la Manufacture en 1990 puis Comédie de l’Est en 2009, il obtient le label Centre dramatique national en 2009[1]. Il est encore une fois renommé en 2019 Comédie de Colmar[2].
| Type | |
|---|---|
| Site web |
| Localisation |
|---|
Historique
modifierLe Centre dramatique de l'Est
modifierL'histoire de la décentralisation théâtrale à Colmar commence dès l'après-Seconde Guerre mondiale. Le Centre dramatique de l'Est est créé à Colmar en 1946 dans le cadre de la politique de décentralisation théâtrale mise en place par l'État. Il fait partie des premières structures permanentes créées en province dans cette perspective.
Le Centre dramatique de l'Est est d'abord dirigé par Roland Piétri, puis par André Clavé à partir de 1947. Il a pour mission de constituer une troupe permanente et de diffuser des spectacles dans les villes de l'Est de la France. Son activité s'inscrit dans le mouvement de décentralisation théâtrale qui vise à développer la création et la diffusion professionnelles en dehors de Paris[3].
En 1954, le Centre dramatique de l'Est quitte Colmar pour Strasbourg et prend le nom de Comédie de l'Est. Il est ensuite dirigé notamment par Michel Saint-Denis et Hubert Gignoux. En 1968, la Comédie de l'Est devient le Théâtre national de Strasbourg[3].
Cette première histoire du Centre dramatique de l'Est à Colmar est ainsi à l'origine du futur Théâtre national de Strasbourg, mais elle est distincte de l'histoire institutionnelle de la structure qui deviendra la Comédie de Colmar à partir des années 1970.
L'Atelier lyrique du Rhin
modifierAu début des années 1970 il existe trois scènes lyriques en Alsace : Strasbourg, Mulhouse et Colmar. Chacune est financée par la ville où elle se trouve, ce qui représente un coût conséquent pour des résultats jugés peu satisfaisants : la production originale est faible à Strasbourg, inexistante à Mulhouse et Colmar et la plupart des pièces jouées sont achetées à l’extérieur ; le public est par ailleurs peu nombreux, ce qui augmente encore le poids sur les budgets[4].
Afin de résoudre ces problèmes, les municipalités concernées décident en 1972 de fusionner les trois structures dans un syndicat intercommunal appelé Opéra du Rhin. Cette union, qui permet d’unir les moyens financiers, permet également d’obtenir une aide de l’État correspondant à 33 % du budget dans le cadre du plan décennal pour la musique de Marcel Landowski. Les trois villes se répartissent les compétences de la nouvelle structure : la scène d’opéra à Strasbourg et le ballet à Mulhouse, tandis que Colmar reçoit un atelier devant devenir à la fois centre de formation et lieu de recherche sur le théâtre chanté[5].
La direction de l’atelier, nommé Atelier lyrique du Rhin, est confiée à Raymond Vogel et la Ville met à sa disposition le Château Kiener. Les problèmes ne tardent cependant pas à émerger : dans le domaine de la formation, l’Atelier est en concurrence frontale avec l’Opéra-Studio, bien établi et disposant de moyens supérieurs ; les travaux en cours au Château Kiener rendent l’activité difficile ; enfin, et surtout, Raymond Vogel et Pierre Barrat, directeur général de l’Opéra du Rhin, n’ont pas la même vision de ce que doit être l’Atelier[5].
Du fait de ces difficultés, l’Atelier reste presque à l’arrêt jusqu’en 1974. Afin de débloquer la situation, il est décidé à cette date de donner un peu d’autonomie à l’Atelier en le transformant en association de droit local : bien que celle-ci demeure intégrée et financée par l’Opéra du Rhin, la direction, confiée à Pierre Barrat, est ainsi indépendante. L’Atelier se recentre alors sur la création artistique, avec trois axes de travail : politique artistique, politique des interprètes et politique des publics[6].
Cette indépendance a toutefois pour conséquence de déconnecter l’Atelier des besoins de l’Opéra du Rhin : alors que la raison d’être de l’Atelier est de produire des pièces pour la scène lyrique strasbourgeoise, au début des années 1980 seules deux de ses productions sur quatorze ont été intégrées dans les abonnements de l’Opéra du Rhin[7].
À partir de 1974, l'Atelier lyrique du Rhin est dirigé par Pierre Barrat. Il développe une activité de création musicale et théâtrale depuis Colmar, notamment dans l'ancienne manufacture des tabacs, qui devient progressivement le principal lieu d'activité de la structure[8].
Le Théâtre de la Manufacture
modifierEn 1990, l'Atelier lyrique du Rhin devient le Théâtre de la Manufacture et obtient le statut de Centre dramatique régional d'Alsace[9].
La structure est alors dirigée par Pierre Barrat jusqu'en 1998, puis par Matthew Jocelyn de 1998 à 2008 et par Guy Pierre Couleau à partir de 2008[9].
Installé dans l'ancienne manufacture des tabacs de Colmar, le Théâtre de la Manufacture poursuit une activité de création, de production, de diffusion et d'accueil de spectacles[10].
La Comédie de l'Est
modifierEn 2009, le Théâtre de la Manufacture devient la Comédie de l'Est et prend le statut de Centre dramatique national. Guy Pierre Couleau en assure la direction[11].
La Comédie de l'Est poursuit ses activités de création et de production théâtrale depuis la Manufacture. Elle développe également des activités de coproduction, d'accueil d'artistes et de diffusion des spectacles en Alsace et au-delà.
La Comédie de Colmar
modifierEn 2019, la Comédie de l'Est prend le nom de Comédie de Colmar. Émilie Capliez et Matthieu Cruciani en assurent conjointement la direction à partir du 24 mai 2019[2].
La Comédie de Colmar est un Centre dramatique national consacré à la création, à la production et à la diffusion théâtrales. Elle accueille des artistes et développe des actions en direction des publics, notamment par des ateliers et des projets d'éducation artistique et culturelle.
La structure est installée dans l'ancienne manufacture des tabacs, située route d'Ingersheim à Colmar. Le lieu est aujourd'hui désigné sous le nom de La Manufacture[10].
En 2026, Servane Ducorps et Mikaël Serre succèdent à Émilie Capliez et Matthieu Cruciani à la direction de la Comédie de Colmar. Ils sont directeurs et artistes du CDN[12].
Direction
modifier- Roland Piétri : 1946-1947, Centre dramatique de l'Est
- André Clavé : 1947-1953, Centre dramatique de l'Est
- Michel Saint-Denis : 1953-1954, Centre dramatique de l'Est
- Pierre Barrat : 1974-1998, Atelier lyrique du Rhin puis Théâtre de la Manufacture
- Matthew Jocelyn : 1998-2008, Théâtre de la Manufacture
- Guy Pierre Couleau : 2008-2019, Théâtre de la Manufacture puis Comédie de l'Est
- Émilie Capliez et Matthieu Cruciani : 2019-2025, Comédie de Colmar
- Servane Ducorps et Mikaël Serre : depuis 2026, Comédie de Colmar[12]
Salles
modifierLa Comédie de Colmar est installée dans l'ancienne manufacture des tabacs de Colmar, également appelée La Manufacture. Le site est utilisé par l'Atelier lyrique du Rhin puis par le Théâtre de la Manufacture, la Comédie de l'Est et la Comédie de Colmar[10].
Productions
modifierLa Comédie de Colmar produit et coproduit des spectacles de théâtre et de spectacle vivant. Parmi les créations et coproductions répertoriées figurent notamment :
- Une histoire de cinéma, mise en scène et conception Émilie Capliez
- Woyzeck ou la Vocation, mise en scène Tünde Deak
- Une cerisaie, d'après Anton Tchekhov, mise en scène Aurélie Van Den Daele
- Minetti, de Thomas Bernhard, mise en scène Matthieu Cruciani
- Résurrection, de Leïla Slimani, mise en scène Simon Delétang
- Fanfare – Tout a une fin sauf la saucisse qui en a deux, d'après Charlotte Delbo, mise en scène Samuel Achache[2]
Notes et références
modifier- ↑ « Comédie de Colmar. Centre dramatique national d'Alsace », sur data.bnf.fr (consulté le )
- 1 2 3 « Comédie de Colmar », sur Les Archives du spectacle (consulté le )
- 1 2 « Centre dramatique de l'Est », sur Les Archives du spectacle (consulté le )
- ↑ Rio 1982, p. 157.
- 1 2 Rio 1982, p. 158.
- ↑ Rio 1982, p. 158-159.
- ↑ Rio 1982, p. 161.
- ↑ « Atelier Lyrique du Rhin », sur Les Archives du spectacle (consulté le )
- 1 2 « Théâtre de la Manufacture », sur Les Archives du spectacle (consulté le )
- 1 2 3 « La Manufacture », sur Les Archives du spectacle (consulté le )
- ↑ « Comédie de l'Est », sur Les Archives du spectacle (consulté le )
- 1 2 « l'équipe », sur Comédie de Colmar (consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Marie-Noël Rio, « L’Atelier lyrique du Rhin », Annuaire de la Société d’histoire et d’archéologie de Colmar, no 30, , p. 157-166 (lire en ligne, consulté le )
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Site officiel
- « Comédie de Colmar », sur Les Archives du spectacle (consulté le )
- « Comédie de Colmar », sur Association des Centres dramatiques nationaux (consulté le )